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Rendement locatif au Japon 2026 : moyennes et calcul type

Au Japon, le rendement locatif des mansions (appartements en copropriété) s'établit en avril 2026 à 3,6 % dans le sud de Tokyo (Jonan) et entre 4,2 % et 5,0 % dans les grandes villes régionales — un système de mesure propre au marché japonais, sans équivalent direct en France. Cet article détaille le barème des 12 zones nationales ainsi qu'un exemple de calcul complet où un rendement apparent de 3,92 % tombe à 2,40 % net une fois charges, frais d'acquisition et vacance locative intégrés.

Dernière mise à jour: Lecture d'environ 22 min

La mansion (マンション) — un appartement en copropriété dans un immeuble collectif japonais, généralement en béton armé — est le véhicule d'investissement locatif le plus courant au Japon, un marché structuré très différemment du marché résidentiel français ou plus largement européen : loyers encadrés par des usages professionnels stricts plutôt que par une loi de plafonnement, charges de copropriété standardisées au niveau national par des enquêtes gouvernementales, et fiscalité de mutation propre aux biens locatifs. En avril 2026, le rendement locatif attendu d'un immeuble locatif entier (studio type one-room) s'établit à 3,6 % dans le quartier de Jonan, au sud de Tokyo, et entre 4,2 % et 5,0 % dans les grandes villes régionales. Le rendement « idéal » n'est pas une valeur fixe qu'il suffirait d'atteindre : il se définit par l'écart que l'on peut dégager au-dessus du taux d'emprunt. Cet article s'adresse aux investisseurs qui ont déjà en main le prix et le loyer d'un bien japonais qu'ils envisagent d'acheter et qui veulent trancher : faut-il acheter ce bien ? Nous y rassemblons le barème de marché le plus récent, le coût unitaire des charges à intégrer dans le rendement net, ainsi qu'un exemple de calcul en quatre étapes construit à partir d'un appartement ancien moyen du Grand Tokyo (52 080 000 ¥, soit environ 302 800 € au taux indicatif retenu dans cet article de 1 € ≈ 172 ¥ ; 63,02 m² ; 27,48 ans d'ancienneté) — le tout sourcé exclusivement à partir de données officielles de première main.

Les points clés de cet article

  • En avril 2026, le rendement locatif attendu d'un immeuble locatif entier s'élève à 3,6 % à Tokyo-Jonan, 4,2 % à Osaka et Yokohama, 4,9 % à Sapporo, et 5,0 % à Sendai et Hiroshima (Japan Real Estate Institute [日本不動産研究所], 54ᵉ enquête auprès des investisseurs immobiliers).
  • Toujours à Tokyo-Jonan, le « rendement attendu » de 3,6 % visé par les investisseurs contraste avec le « rendement transactionnel » réellement observé de 3,4 %. Cet écart de 0,2 point mesure la marge que les acheteurs concèdent lors de la négociation — un indicateur de rapport de force entre acheteurs et vendeurs sans réel équivalent publié dans les statistiques immobilières françaises.
  • Le calcul du rendement net repose sur des coûts unitaires documentés officiellement : les charges de copropriété (kanrihi, 管理費) s'élèvent en moyenne à 11 503 ¥/mois par lot (environ 67 €/mois) et le fonds de travaux (shūzen sekitatekin, 修繕積立金) à 13 054 ¥/mois par lot (environ 76 €/mois), en moyenne nationale (ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme [国土交通省, MLIT], enquête générale sur les copropriétés de l'exercice 2023).
  • Pour un appartement ancien moyen du Grand Tokyo (52 080 000 ¥, environ 302 800 €), le rendement apparent de 3,92 % retombe à 2,40 % en base « investissement total » une fois intégrés les charges, les frais d'acquisition et la vacance locative.
  • Depuis le passage du taux directeur à 1,0 %, le critère de décision n'est plus le niveau absolu du rendement mais la question suivante : le rendement net dépasse-t-il la constante d'emprunt (loan constant) ? Si ce n'est pas le cas, plus vous empruntez, moins il vous reste en poche.

Quel est le niveau du rendement locatif des mansions en 2026 ?

Commençons par la conclusion. En avril 2026, le rendement locatif attendu d'un immeuble locatif entier s'établit à 3,6 % à Tokyo-Jonan et entre 4,2 % et 5,0 % dans les grandes villes régionales. Même lorsqu'on achète un seul lot en copropriété (kubun shoyū, 区分所有 — la propriété divisée d'un unique appartement au sein d'un immeuble, par opposition à l'achat de l'immeuble entier), ce niveau de rendement « immeuble entier » sert de référence de prix. Les vendeurs fixent en effet leur prix en gardant à l'esprit le rendement que l'immeuble dégagerait dans son ensemble.

Ces chiffres proviennent de l'« Enquête auprès des investisseurs immobiliers » (Fudōsan Tōshika Chōsa, 不動産投資家調査), publiée deux fois par an par le Japan Real Estate Institute (一般財団法人日本不動産研究所, fondation reconnue d'intérêt général). La 54ᵉ édition, publiée le 27 mai 2026 (situation au avril 2026, 111 sociétés répondantes), constitue la version la plus récente. Il s'agit de chiffres déclarés par les investisseurs eux-mêmes — et non de valeurs publicitaires diffusées par des agences —, ce qui en fait une référence fiable pour évaluer le marché. Contrairement à la France, où l'on s'appuie souvent sur les indices notariaux de prix ou sur les données de rendement publiées par les réseaux d'agences, le marché japonais dispose ainsi d'une enquête semestrielle standardisée, interrogeant directement les investisseurs institutionnels.

Rendement attendu et rendement transactionnel dans Tokyo (Jonan et Joto)

Pour Tokyo, le rendement attendu et le rendement transactionnel sont publiés en parallèle. Le bien type retenu par l'enquête se situe à moins de 10 minutes à pied de la gare la plus proche, a moins de 5 ans d'ancienneté et compte environ 50 lots, pour un immeuble locatif entier.

Type de logementZoneRendement attenduRendement transactionnel
Studio (one-room, 25-30 m²)Jonan (Meguro, Setagaya)3,6 %3,4 %
Studio (one-room, 25-30 m²)Joto (Sumida, Koto)3,8 %3,5 %
Type familial (50-80 m²)Jonan (Meguro, Setagaya)3,7 %3,4 %
Type familial (50-80 m²)Joto (Sumida, Koto)3,9 %3,6 %
Résidence locative haut de gamme pour clientèle étrangère (immeuble bas)Minato-ku, Azabu, Akasaka, Aoyama3,9 %3,5 %
Résidence locative haut de gamme pour clientèle étrangère (tour de grande hauteur)Minato-ku, Azabu, Akasaka, Aoyama3,9 %3,5 %

Source : Japan Real Estate Institute, « 54ᵉ enquête auprès des investisseurs immobiliers » (situation au avril 2026).

Le premier point à observer dans ce tableau est l'écart entre rendement attendu et rendement transactionnel : 0,2 point pour les studios de Jonan, 0,3 point pour ceux de Joto. Autrement dit, les transactions réellement conclues se règlent à un rendement inférieur de 0,2 à 0,3 point au niveau que les investisseurs jugeaient nécessaire. En clair, les acheteurs se font concurrence, font monter le prix, et concèdent d'autant de rendement.

Rendement attendu dans les 12 zones du Japon (studio / type familial)

Pour les 11 autres zones du pays, le rendement attendu d'un immeuble locatif entier dans les mêmes conditions est également publié. Nous avons ajouté l'écart avec l'enquête précédente (53ᵉ édition, octobre 2025).

ZoneStudioÉcart vs enquête précédenteType familialÉcart vs enquête précédente
Tokyo, Jonan3,6 %−0,13,7 %−0,1
Osaka4,2 %−0,14,3 %0,0
Yokohama4,2 %−0,14,3 %0,0
Saitama4,5 %non publié4,5 %non publié
Chiba4,5 %non publié4,6 %non publié
Nagoya4,5 %0,04,5 %0,0
Fukuoka4,5 %0,04,5 %0,0
Kyoto4,6 %0,04,6 %0,0
Kobe4,7 %0,04,7 %0,0
Sapporo4,9 %−0,15,0 %0,0
Sendai5,0 %0,05,0 %0,0
Hiroshima5,0 %0,05,1 %0,0

Source : Japan Real Estate Institute, « 54ᵉ enquête auprès des investisseurs immobiliers » (situation au avril 2026). Saitama et Chiba ne figurent que dans la version imprimée de l'enquête ; l'écart avec l'enquête précédente n'y est pas publié.

Trois enseignements se dégagent. Premièrement, l'écart entre Tokyo et la province n'est pas uniforme : entre Tokyo-Jonan (3,6 %) et les zones les plus élevées, Sendai et Hiroshima (5,0 %), l'écart atteint 1,4 point, alors qu'il n'est que de 0,6 point avec Osaka et Yokohama (4,2 %). Deuxièmement, l'écart entre studio et type familial reste limité à 0,0-0,1 point : c'est la zone géographique, bien plus que la typologie du logement, qui fait varier le rendement. Troisièmement, seuls les studios de Tokyo-Jonan, Sapporo, Yokohama et Osaka, ainsi que le type familial de Tokyo-Jonan, ont reculé lors de cette enquête ; le type familial des zones régionales est resté stable partout ailleurs.

Rendement attendu et rendement transactionnel : quelle différence ?

Le rendement attendu correspond au niveau de rentabilité en dessous duquel un investisseur n'achèterait pas un bien donné — en somme, le seuil souhaité par l'acheteur. Le rendement transactionnel, lui, est le rendement effectivement observé lorsqu'une vente se conclut réellement : c'est le résultat constaté sur le marché.

Lorsque les deux valeurs s'écartent, le marché penche soit du côté des acheteurs, soit du côté des vendeurs. Dans l'enquête d'avril 2026, le rendement transactionnel est resté inférieur au rendement attendu : les biens se sont vendus à un rendement plus bas que ce que les acheteurs espéraient, ce qui signale un marché favorable aux vendeurs, avec des prix élevés. De fait, dans cette même enquête, 93 % des investisseurs interrogés déclarent vouloir « poursuivre activement de nouveaux investissements ».

Lorsque vous évaluez un bien, utilisez ces deux indicateurs séparément : le rendement attendu comme « seuil minimal à préserver pour vous-même », le rendement transactionnel comme « indication de la marge de négociation nécessaire pour acheter dans le marché actuel ».

Pourquoi le rendement continue-t-il de baisser ?

La raison de cette baisse est simple : les prix augmentent plus vite que les loyers. Selon l'indice des prix de l'immobilier du MLIT (base 100 = moyenne 2010), la valeur corrigée des variations saisonnières pour les appartements en copropriété a atteint 225,1 en décembre de l'année Reiwa 7 (décembre 2025), contre 207,7 un an plus tôt, soit une hausse de 8,4 % en un an. Comparé à l'indice « logement total », à 148,0, ce sont bien les seuls appartements en copropriété qui se distinguent nettement à la hausse.

Le segment de l'immobilier commercial « immeubles locatifs et résidences entiers » affiche également 176,1, en hausse de 1,2 % par rapport à la période précédente. Dès lors que le dénominateur — le prix — augmente à ce rythme, le rendement ne peut que baisser tant que les loyers ne suivent pas la même cadence. La baisse du rendement ne traduit donc pas une dégradation du marché, mais l'envers de la hausse des prix. Précisons que la publication de cet indice a été reportée pour les données à partir de janvier de l'année Reiwa 8 (janvier 2026), initialement prévues à partir d'avril Reiwa 8, en raison d'un dysfonctionnement du programme de calcul (avis du MLIT du 29 juillet Reiwa 8). Les données les plus récentes disponibles restent donc celles de décembre Reiwa 7 et du 4ᵉ trimestre Reiwa 7, publiées le 31 mars Reiwa 8.

Quatre types de rendement : apparent, net, sur investissement total et CCR

Le terme « rendement » recouvre en réalité quatre indicateurs distincts. Selon celui que l'on regarde, la conclusion change du tout au tout — commençons donc par les distinguer clairement. Cette granularité est plus poussée que ce à quoi un investisseur habitué au seul « rendement brut » affiché sur les annonces en France peut être habitué : au Japon, la pratique professionnelle distingue systématiquement quatre niveaux de calcul.

IndicateurFormuleÉléments au dénominateurUsage
Rendement apparent (brut)Loyer annuel ÷ prix du bienPrix du bien uniquementComparer rapidement plusieurs biens (premier tri)
Rendement net (rendement NOI)(Loyer annuel − charges d'exploitation annuelles) ÷ prix du bienPrix du bien uniquementMesurer la rentabilité intrinsèque du bien
Rendement sur investissement total (FCR)NOI annuel ÷ (prix du bien + frais d'acquisition)Prix du bien + commission d'agence, taxes, frais d'enregistrementComparer au taux d'emprunt et à la constante d'emprunt pour décider du recours au crédit
CCR (rendement sur fonds propres, Cash-on-Cash Return)Cash-flow annuel avant impôt ÷ apport personnelUniquement les liquidités effectivement engagéesComparer où placer son apport personnel de la façon la plus avantageuse

Dans la pratique, le rendement le plus souvent négligé est le troisième de la liste : le rendement sur investissement total. Les frais liés à l'acquisition représentent environ 5 % du prix du bien ; si on les ignore au dénominateur et qu'on compare directement le rendement apparent au taux d'emprunt, on risque une erreur de jugement. Nous détaillons également la définition de ces deux notions dans notre article différence entre rendement apparent et rendement net, et points de vigilance dans le choix d'un bien.

Un « rendement de 10 % » dans une annonce est un rendement apparent : que manque-t-il au dénominateur ?

Le rendement affiché sur les fiches de vente ou les portails immobiliers japonais est presque toujours un rendement apparent : un simple calcul du loyer annuel divisé par le prix du bien, sans déduction des charges de copropriété, du fonds de travaux ni des taxes. La commission d'agence et la taxe d'acquisition immobilière payées lors de l'achat ne figurent pas non plus au dénominateur.

Face à un rendement publié dans une annonce, posez systématiquement ces trois questions au vendeur ou à l'agent : « Ce loyer correspond-il à l'occupation réelle ou à une hypothèse de pleine occupation ? », « Quel est le montant mensuel des charges de copropriété et du fonds de travaux ? », « Quel est le montant annuel de la taxe foncière et de la taxe d'urbanisme ? ». Une fois ces trois éléments réunis, vous pourrez calculer vous-même le rendement net.

L'écart entre loyer à pleine occupation supposée et loyer réel peut faire varier le rendement d'un point

Pour un immeuble entier, le rendement publié inclut parfois, pour les lots vacants, un loyer hypothétique du type « on devrait pouvoir le louer à ce niveau ». Si un immeuble de 10 lots dont 2 sont vacants affiche un rendement calculé en pleine occupation supposée, ce rendement repose sur un revenu locatif supérieur de 20 % au revenu réel.

Un bien affichant un rendement apparent de 8 % ne rapporte en réalité que 6,4 % sur la base des revenus effectifs si le taux d'occupation n'est que de 80 %. Un écart de 1,6 point suffit à faire basculer la décision d'achat. Demandez systématiquement le rent roll (レントロール, tableau récapitulatif détaillant, pour chaque lot, la date de signature du bail, le loyer et la durée du contrat) avant de recalculer vous-même le rendement.

Quelles charges faut-il prévoir pour calculer le rendement net ?

Pour établir un rendement net, il faut chiffrer précisément les charges d'exploitation annuelles. Utiliser une estimation approximative — « environ 20 % du loyer », par exemple — gomme les différences propres à chaque bien. Le gouvernement japonais publie des moyennes officielles en montants réels : partez de ces données plutôt que d'une règle empirique.

PosteMontant / tauxSource
Charges de copropriété (par mois et par lot)Moyenne 11 503 ¥ (≈ 67 €), hors montants affectés provenant des recettes de parking, etc. Total incluant ces affectations : 17 103 ¥ (≈ 99 €)MLIT, enquête générale sur les copropriétés, exercice 2023
Fonds de travaux (par mois et par lot)Moyenne 13 054 ¥ (≈ 76 €). Total incluant les affectations : 13 378 ¥ (≈ 78 €). Exercice 2018 : 12 268 ¥ (≈ 71 €)MLIT, enquête générale sur les copropriétés, exercice 2023
Repère du fonds de travaux (par mois et par m²)Moins de 20 étages, surface totale 5 000-10 000 m² : moyenne 252 ¥/m² (≈ 1,5 €), fourchette 170-320 ¥ (≈ 1,0-1,9 €) ; 20 étages et plus : moyenne 338 ¥/m² (≈ 2,0 €), fourchette 240-410 ¥ (≈ 1,4-2,4 €)MLIT, lignes directrices relatives au fonds de travaux des copropriétés (révisées en juin de l'année Reiwa 6, 2024)
Taxe foncièreTaux standard de 1,4 % (assiette : valeur cadastrale ; fait générateur au 1er janvier)Ministère des Affaires intérieures et des Communications (総務省), Aperçu de la taxe foncière
Taxe d'urbanismeFixée par arrêté municipal, plafonnée à 0,3 % (taux plafond légal). 639 collectivités l'appliquentMinistère des Affaires intérieures et des Communications, Taxe d'urbanisme
Honoraires de gestion locativePourcentage du loyer fixé contractuellement avec la société de gestion ; utiliser le montant réel inscrit au contratContrat de gestion locative
Assurance dommages et frais de réparationDéductibles comme charges nécessaires des revenus fonciers (taxe foncière, prime d'assurance dommages, amortissement, frais de réparation)Agence nationale des impôts (国税庁), fiche n° 1370, « Percevoir des revenus immobiliers »

Moyenne nationale : 11 503 ¥ de charges et 13 054 ¥ de fonds de travaux

Le MLIT mène tous les cinq ans une enquête sur l'état réel de la gestion des copropriétés. La plus récente, portant sur l'exercice Reiwa 5 (2023), a été publiée le 21 juin de l'année Reiwa 6 (2024). Elle établit une charge de copropriété moyenne de 11 503 ¥ (≈ 67 €) et un fonds de travaux moyen de 13 054 ¥ (≈ 76 €) par mois et par lot. Ces deux seuls postes représentent 294 684 ¥ par an (≈ 1 713 €).

Pour un lot dont le loyer annuel s'élève à 2 000 000 ¥ (≈ 11 630 €), charges de copropriété et fonds de travaux à eux seuls absorbent 14,7 % du loyer. À cela s'ajoutent la taxe foncière, la taxe d'urbanisme, les honoraires de gestion locative, la prime d'assurance et les frais de remise en état (genjō kaifuku, 原状回復 — la remise en état du logement à l'état d'origine au départ du locataire, un poste encadré par des lignes directrices nationales détaillées, sans équivalent strict dans l'état des lieux de sortie français) à régler au départ du locataire.

Anticiper la hausse future du fonds de travaux

Un point souvent négligé dans le calcul du rendement net est la hausse à venir du fonds de travaux. La même enquête révèle que 36,6 % des copropriétés présentent un fonds de travaux insuffisant. Dès lors qu'il existe un déficit, une hausse des cotisations ou un appel de fonds exceptionnel finira, tôt ou tard, par intervenir.

Les lignes directrices du MLIT (élaborées en avril de l'année Heisei 23, 2011, révisées en juin Reiwa 6, 2024) s'appuient sur 366 exemples de plans de travaux à long terme pour fixer un repère moyen sur la durée totale du plan : 252 ¥/m² par mois (≈ 1,5 €) pour un immeuble de moins de 20 étages avec une surface totale de 5 000 à 10 000 m², et 338 ¥/m² par mois (≈ 2,0 €) à partir de 20 étages.

Rapporté à un lot de 63 m² de surface privative, cela représente environ 15 900 ¥ (≈ 92 €) par mois au tarif de 252 ¥/m², ou environ 21 300 ¥ (≈ 124 €) au tarif de 338 ¥/m². La moyenne nationale actuelle de 13 054 ¥ reste inférieure à ce repère. Avant l'achat, demandez le plan de travaux à long terme et le solde du fonds pour vérifier si une hausse est déjà programmée. La démarche à suivre est détaillée dans notre article niveau de marché, traitement comptable et risque de hausse du fonds de travaux.

Taxe foncière (1,4 %), taxe d'urbanisme (max. 0,3 %) et valeur cadastrale

Le taux standard de la taxe foncière est de 1,4 %, l'assiette étant la valeur cadastrale inscrite au registre fiscal municipal. Les terrains à bâtir sont évalués sur la base d'environ 70 % du prix officiel publié des terrains (地価公示価格). La taxe d'urbanisme s'applique aux terrains et bâtiments situés en zone urbanisable ; son taux, fixé par arrêté municipal, ne peut dépasser 0,3 %. Au 1er avril 2025, 639 collectivités sur les 1 719 municipalités du pays appliquent cette taxe.

Pour un lot en copropriété, une exemption spéciale applicable aux terrains résidentiels s'applique, de sorte que le montant de taxe correspondant à la part du terrain est inférieur à un calcul simple sur la base de la valeur cadastrale. N'estimez donc jamais ce montant : demandez au vendeur le relevé de taxation (taxe foncière et taxe d'urbanisme) et utilisez le montant réel. C'est le poste où l'écart entre biens est le plus important.

De combien de points le rendement baisse-t-il une fois les frais d'acquisition intégrés ?

Un rendement calculé en ne rapportant le loyer qu'au seul prix du bien affiche mécaniquement un niveau supérieur à la réalité. À l'achat s'ajoutent en effet la commission d'agence, la taxe d'enregistrement (登録免許税), la taxe d'acquisition immobilière (不動産取得税), le droit de timbre (印紙税) et les honoraires du shihō shoshi (司法書士, officier chargé des formalités d'enregistrement immobilier au Japon, dont le rôle recoupe partiellement celui du notaire français) — pour un total avoisinant 5 % du prix du bien. Le rendement sur investissement total (FCR) intègre ce montant au dénominateur.

PosteTaux de droit communTaux applicable à l'investissement locatifÉchéance
Taxe d'enregistrement — transfert de propriété du terrain2,0 %1,5 % (taux réduit)Jusqu'au 31 mars de l'année Reiwa 11 (2029)
Taxe d'enregistrement — transfert de propriété du bâtiment2,0 %2,0 % (le taux réduit de 0,3 % n'est pas applicable)Sans limite de durée
Taxe d'enregistrement — constitution d'hypothèque0,4 %0,4 % (le taux réduit de 0,1 % n'est pas applicable)Sans limite de durée
Taxe d'acquisition immobilière — logement et terrain4 %3 %Jusqu'au 31 mars de l'année Reiwa 9 (2027)
Taxe d'acquisition immobilière — assiette pour terrain à bâtirValeur cadastrale1/2 de la valeur cadastraleJusqu'au 31 mars de l'année Reiwa 9 (2027)
Droit de timbre — contrat de vente60 000 ¥ (≈ 349 €) pour une tranche de 50 à 100 M¥10 000 ¥ (≈ 58 €) pour 10-50 M¥ ; 30 000 ¥ (≈ 175 €) pour 50-100 M¥ (après réduction)Jusqu'au 31 mars de l'année Reiwa 9 (2027)
Commission d'agence (plafond légal)Plafond fixé par avis ministériel≤ 2 M¥ : 5,5 % / 2-4 M¥ : 4,4 % / > 4 M¥ : 3,3 % (taxe à la consommation incluse)Sans limite de durée

Détail et échéances de la taxe d'enregistrement, de la taxe d'acquisition, du droit de timbre et de la commission d'agence

La taxe d'enregistrement liée au transfert de propriété d'un terrain, dont le taux de droit commun est de 2,0 %, bénéficie d'un taux réduit à 1,5 %. Cette mesure a été prolongée de trois ans par la réforme fiscale de l'exercice Reiwa 8 (2026) et s'applique du 1er avril Reiwa 8 au 31 mars Reiwa 11 (2029). L'enregistrement d'une fiducie bénéficie lui aussi d'une réduction, de 0,4 % à 0,3 %.

La taxe d'acquisition immobilière, dont le taux de droit commun est de 4 %, est ramenée à 3 % pour le logement et le terrain (jusqu'au 31 mars Reiwa 9, 2027). Pour les terrains à bâtir, l'assiette est en outre réduite à 1/2 de la valeur cadastrale. Le droit de timbre bénéficie également d'une mesure de réduction pour les contrats de cession immobilière : pour un montant contractuel compris entre 50 et 100 millions de yens, il s'élève à 30 000 ¥ (≈ 175 €) (jusqu'au 31 mars Reiwa 9, 2027).

Le plafond de la commission d'agence est fixé par l'avis n° 1552 du ministère de la Construction de l'année Showa 45 (1970) (dernière révision : avis n° 949 du MLIT du 21 juin Reiwa 6, 2024). Au-delà de 4 millions de yens, le taux applicable est de 3,3 %. La formule rapide de calcul est « prix du bien × 3 % + 60 000 ¥ », taxe à la consommation en sus.

Les mansions d'investissement locatif ne bénéficient pas de la réduction de taxe d'enregistrement réservée à la résidence principale

C'est un point souvent négligé. Le transfert de propriété d'un bâtiment bénéficie, pour une résidence à usage d'habitation, d'une réduction importante à 0,3 % (3/1000). Mais comme l'indique explicitement le barème de l'Agence nationale des impôts, cette mesure ne s'applique que lorsqu'« une personne physique acquiert un bâtiment à usage d'habitation et l'affecte à sa propre résidence ». Une mansion destinée à la location, elle, n'y est pas éligible : le taux de droit commun de 2,0 % s'applique. C'est une différence structurelle avec de nombreux régimes occidentaux de mutation immobilière, où la distinction résidence principale / bien locatif porte davantage sur l'impôt sur le revenu ou la fiscalité de la plus-value que sur les droits d'enregistrement eux-mêmes.

La réduction à 0,1 % pour la constitution d'hypothèque est elle aussi conditionnée à un usage de résidence personnelle ; en investissement locatif, le taux applicable est de 0,4 %. De même, l'abattement d'assiette de la taxe d'acquisition immobilière pour les logements anciens, réservé aux biens « affectés par une personne physique à sa propre résidence », ne s'applique pas non plus aux lots anciens acquis à des fins locatives.

Reprendre tel quel un article ou un simulateur conçu pour l'achat d'une résidence principale conduit à sous-estimer les frais initiaux de plusieurs centaines de milliers de yens. Calculez toujours les frais d'un investissement locatif avec les taux applicables à l'investissement. Consultez également notre article sur les mesures de réduction de la taxe d'acquisition immobilière et la procédure de demande de remboursement.

Calculer le rendement d'une mansion ancienne à 52 080 000 ¥

Passons maintenant au calcul concret. L'hypothèse de départ reprend la moyenne des transactions conclues sur les mansions anciennes du Grand Tokyo publiée par le East Japan Real Estate Information Network (東日本不動産流通機構, dit « East Japan REINS ») pour juin 2026 : prix de vente moyen 52 080 000 ¥ (≈ 302 800 €), surface privative 63,02 m², ancienneté 27,48 ans. Le nombre de transactions s'est établi à 4 241, pour un prix moyen au m² de 826 400 ¥ (≈ 4 805 €/m²).

Le loyer variant d'un bien à l'autre, nous retenons ici 170 000 ¥ par mois (≈ 988 €), soit 2 040 000 ¥ par an (≈ 11 860 €). Il ne s'agit pas d'une valeur statistique, mais d'une hypothèse que vous remplacerez par le loyer de marché réel du bien que vous envisagez. L'ensemble du calcul ci-dessous reste reproductible à l'identique en substituant simplement ce chiffre.

Étape 1 : calculer le rendement apparent

Commençons par le rendement apparent, où seul le prix du bien figure au dénominateur.

  • Loyer annuel : 170 000 ¥ (≈ 988 €) × 12 mois = 2 040 000 ¥ (≈ 11 860 €)
  • Rendement apparent : 2 040 000 ¥ ÷ 52 080 000 ¥ = 3,92 %

Ce chiffre de 3,92 % se situe entre le rendement attendu des studios de Tokyo-Jonan (3,6 %) et de Tokyo-Joto (3,8 %). À ce stade, on peut donc estimer que le bien ne s'écarte pas fortement du marché.

Étape 2 : déduire les charges annuelles pour obtenir le rendement net

Déduisons à présent les charges d'exploitation. Les charges de copropriété et le fonds de travaux reprennent les moyennes de l'enquête générale sur les copropriétés de l'exercice Reiwa 5 (2023) ; les autres postes sont explicitement des hypothèses.

PosteMontant annuelMéthode retenue
Charges de copropriété138 036 ¥ (≈ 803 €)11 503 ¥/mois (moyenne nationale MLIT)
Fonds de travaux156 648 ¥ (≈ 911 €)13 054 ¥/mois (moyenne nationale MLIT)
Taxe foncière et taxe d'urbanisme120 000 ¥ (≈ 698 €)Hypothèse ; à remplacer par le montant réel du relevé de taxation
Honoraires de gestion locative102 000 ¥ (≈ 593 €)Hypothèse de 5 % du loyer ; à remplacer par le montant réel du contrat
Prime d'assurance incendie10 000 ¥ (≈ 58 €)Hypothèse
Provision pour remise en état et renouvellement des équipements100 000 ¥ (≈ 581 €)Hypothèse (environ 0,6 mois de loyer, annualisé)
Total des charges annuelles626 684 ¥ (≈ 3 644 €)30,7 % du loyer
  • NOI annuel : 2 040 000 ¥ − 626 684 ¥ = 1 413 316 ¥ (≈ 8 217 €)
  • Rendement net (base prix du bien) : 1 413 316 ¥ ÷ 52 080 000 ¥ = 2,71 %

Le rendement apparent de 3,92 % retombe ainsi à 2,71 % net — une baisse de 1,21 point à ce stade. Ajoutons maintenant les frais d'acquisition au dénominateur.

  • Commission d'agence : (52 080 000 ¥ × 3 % + 60 000 ¥) × 1,1 = 1 784 640 ¥ (≈ 10 376 €)
  • Taxe d'enregistrement, terrain : valeur cadastrale 10 000 000 ¥ (≈ 58 100 €) × 1,5 % = 150 000 ¥ (≈ 872 €)
  • Taxe d'enregistrement, bâtiment : valeur cadastrale 6 000 000 ¥ (≈ 34 900 €) × 2,0 % = 120 000 ¥ (≈ 698 €)
  • Taxe d'enregistrement, constitution d'hypothèque : emprunt de 40 000 000 ¥ (≈ 232 600 €) × 0,4 % = 160 000 ¥ (≈ 930 €)
  • Taxe d'acquisition, terrain : 10 000 000 ¥ × 1/2 × 3 % = 150 000 ¥ (≈ 872 €)
  • Taxe d'acquisition, bâtiment : 6 000 000 ¥ × 3 % = 180 000 ¥ (≈ 1 047 €)
  • Droit de timbre : 30 000 ¥ (≈ 175 €)
  • Honoraires du shihō shoshi, etc. : 100 000 ¥ (≈ 581 €)
  • Total des frais annexes : 2 674 640 ¥ (≈ 15 550 €) — soit 5,14 % du prix du bien

※ La valeur cadastrale retenue (terrain 10 000 000 ¥, bâtiment 6 000 000 ¥) est une hypothèse. Utilisez en pratique les montants figurant sur le relevé de taxation.

  • Investissement total : 52 080 000 ¥ + 2 674 640 ¥ = 54 754 640 ¥ (≈ 318 340 €)
  • Rendement sur investissement total (FCR, pleine occupation supposée) : 1 413 316 ¥ ÷ 54 754 640 ¥ = 2,58 %

Étape 3 : intégrer un taux de vacance pour une hypothèse prudente

Jusqu'ici, l'hypothèse est celle d'une occupation continue. Pour un lot unique en copropriété, la vacance est en réalité binaire — occupé ou vide — mais lissée sur plusieurs années, elle peut être exprimée sous forme de taux. Un taux d'occupation de 95 % équivaut par exemple à un déménagement tous les 4 ans, avec environ 2,4 mois de vacance à chaque fois.

Taux d'occupationLoyer annuelCharges annuellesNOI annuelFCR
100 % (pleine occupation supposée)2 040 000 ¥ (≈ 11 860 €)626 684 ¥ (≈ 3 644 €)1 413 316 ¥ (≈ 8 217 €)2,58 %
95 %1 938 000 ¥ (≈ 11 267 €)621 584 ¥ (≈ 3 614 €)1 316 416 ¥ (≈ 7 653 €)2,40 %
90 %1 836 000 ¥ (≈ 10 674 €)616 484 ¥ (≈ 3 584 €)1 219 516 ¥ (≈ 7 090 €)2,23 %

※ Les honoraires de gestion locative étant indexés sur le loyer, les charges diminuent également avec le taux d'occupation.

Le 3,92 % initialement affiché tombe ainsi à 2,40 % une fois intégrés charges, frais annexes et vacance locative — un écart de 1,52 point. C'est ce 2,40 % qui représente la véritable capacité bénéficiaire du bien.

Étape 4 : intégrer l'emprunt pour observer le CCR et l'écart de rendement (yield gap)

Terminons en observant l'effet du recours à l'emprunt. Lors de sa réunion de politique monétaire du 16 juin 2026, la Banque du Japon (日本銀行, BoJ) a décidé d'orienter le taux au jour le jour non garanti (call rate) autour de 1,0 %. Le taux appliqué au dispositif de dépôts complémentaires est de 1,0 %, et le taux de base des prêts de 1,25 %. Sur cette base, nous posons l'hypothèse d'un prêt immobilier locatif à 2,5 % annuel, sur 30 ans, en annuités constantes (les conditions réelles varient selon l'établissement financier et le profil de l'emprunteur).

C'est ici qu'intervient la constante d'emprunt (ローン定数, notée K) : le montant du remboursement annuel divisé par l'encours emprunté. Elle exprime le « coût réel de l'emprunt », intérêts et remboursement du capital compris — une notion plus large que le simple taux d'intérêt nominal auquel un emprunteur français est généralement habitué à raisonner.

  • Remboursement annuel pour un emprunt de 40 000 000 ¥ (≈ 232 600 €) à 2,5 % sur 30 ans : 1 896 580 ¥ (≈ 11 027 €)
  • Constante d'emprunt K : 1 896 580 ¥ ÷ 40 000 000 ¥ = 4,741 %

Le FCR calculé plus haut (taux d'occupation 95 %) s'élevait à 2,40 %. Ce FCR de 2,40 % est très largement inférieur à la constante d'emprunt de 4,741 %. Dans cette configuration, augmenter l'emprunt réduit le cash-flow. Comparons trois niveaux d'apport personnel.

Montant empruntéApport personnelRemboursement annuelCash-flow annuel avant impôtCCR
0 ¥ (achat comptant)54 754 640 ¥ (≈ 318 340 €)0 ¥1 316 416 ¥ (≈ 7 653 €)2,40 %
20 000 000 ¥ (≈ 116 300 €)34 754 640 ¥ (≈ 202 060 €)948 290 ¥ (≈ 5 513 €)368 126 ¥ (≈ 2 140 €)1,06 %
40 000 000 ¥ (≈ 232 600 €)14 754 640 ¥ (≈ 85 780 €)1 896 580 ¥ (≈ 11 027 €)−580 164 ¥ (≈ −3 373 €)−3,93 %

Plus l'on emprunte, plus le CCR baisse ; à 40 000 000 ¥ d'emprunt, le cash-flow devient négatif. C'est ce que l'on appelle l'effet de levier inversé. L'effet de levier n'est pas quelque chose que l'on « active » à volonté : il ne joue en votre faveur que lorsque le FCR dépasse la constante d'emprunt. Ce principe de l'écart de rendement (yield gap) est détaillé dans notre article définition et méthode de calcul de l'écart de rendement (yield gap).

Pour que l'emprunt joue positivement sur ce bien, il faudrait que le FCR dépasse 4,741 %. Pour un investissement total de 54 750 000 ¥ (≈ 318 300 €), cela suppose un NOI d'environ 2 590 000 ¥ (≈ 15 060 €) — soit près du double des 1 320 000 ¥ (≈ 7 670 €) actuels. À loyer égal, il faudrait donc que le prix soit divisé par deux. C'est précisément pour cette raison que les zones régionales, avec leur rendement attendu de 4,5 à 5,0 %, ou les biens dont le prix est mieux maîtrisé, entrent en ligne de compte comme alternatives.

Notons enfin que, dans cette même enquête du Japan Real Estate Institute, la « hausse des taux d'intérêt » arrive en tête des facteurs de risque cités par les investisseurs, avec 122 sociétés, suivie par la « flambée des coûts de construction et la hausse des coûts d'exploitation, dont les charges de copropriété », citée par 73 sociétés. L'ensemble du marché observe donc les mêmes enjeux.

Quel taux de vacance locative faut-il retenir ?

Il n'existe pas de règle absolue pour fixer un taux de vacance, mais poser « environ 5 % » au jugé n'a pas la même force de conviction qu'une hypothèse appuyée sur des statistiques. Voici trois séries de données publiques utiles à la décision.

IndicateurValeurSource
Nombre et taux de logements vacants9 002 000 logements, 13,8 % (deux records historiques)Ministère des Affaires intérieures et des Communications, Enquête sur le logement et le foncier, exercice Reiwa 5 (2023)
Logements vacants à usage locatif4 436 000 logementsIdem
Nombre de logements locatifs (dont locatif privé)19 462 000 logements, soit 35,0 % du parc total (dont 15 684 000 logements locatifs privés)Idem
Loyer mensuel moyen des logements locatifs (usage exclusivement résidentiel)Moyenne 59 656 ¥ (≈ 347 €/mois) ; locatif privé non-bois 68 548 ¥ (≈ 399 €/mois), bois 54 409 ¥ (≈ 316 €/mois)Idem
Copropriétés comptant au moins un lot vacant depuis 3 mois ou plus34,0 % (dont 0,8 % avec un taux de vacance supérieur à 20 %)MLIT, enquête générale sur les copropriétés, exercice 2023
Copropriétés comptant au moins un lot mis en location77,8 %Idem

Ce que signifient un taux de vacance de 13,8 % et 4 436 000 logements locatifs vacants

Selon l'enquête sur le logement et le foncier de l'exercice Reiwa 5, sur un parc total de 65 047 000 logements, 9 002 000 étaient vacants, soit un taux de 13,8 %. Ce chiffre est en hausse de 513 000 logements par rapport aux 8 489 000 de 2018 — un nouveau record, tout comme le taux lui-même. Parmi ces logements vacants, 4 436 000 sont à usage locatif, soit environ la moitié du total.

Le fait que 4,436 millions de logements locatifs n'ont, à ce jour, trouvé aucun locataire illustre le risque qu'il y a à poser un taux de vacance proche de zéro. Il s'agit toutefois d'une moyenne nationale : vérifiez toujours l'état de l'offre dans le marché locatif proche du bien envisagé — via le nombre d'annonces publiées sur les portails ou un échange avec une société de gestion locale — avant de fixer votre propre hypothèse.

34,0 % des copropriétés comptent un lot vacant depuis 3 mois ou plus

Selon l'enquête générale du MLIT sur les copropriétés de l'exercice 2023, 34,0 % des copropriétés comptaient au moins un lot vacant depuis 3 mois ou plus. Ce chiffre a reculé par rapport à l'exercice 2018, mais reste tout de même d'une copropriété sur trois. Seules 0,8 % des copropriétés affichent un taux de vacance supérieur à 20 %.

À l'inverse, 77,8 % des copropriétés comptent au moins un lot en location. La majorité des copropriétés vendues en lots individuels compte donc déjà des logements mis en location, une caractéristique du marché japonais où propriétaires occupants et bailleurs coexistent massivement au sein d'un même immeuble — une configuration moins fréquente dans les copropriétés françaises, où la part de bailleurs varie fortement selon les résidences mais atteint rarement une telle proportion. Or la présence de lots concurrents en location au sein d'un même immeuble exerce une pression à la baisse sur les loyers. Avant l'achat, vérifiez donc combien de lots sont actuellement proposés à la location dans la même copropriété.

Neuf ou ancien, immeuble entier ou lot en copropriété : quelles différences de rendement ?

Le niveau du rendement varie structurellement selon qu'il s'agit d'un bien neuf ou ancien, d'un immeuble entier ou d'un lot en copropriété. Nous avons résumé les caractéristiques de chaque catégorie dans le tableau suivant.

CatégorieNiveau de rendementDurée d'amortissement (structure béton armé)Structure des chargesSortie (revente)
Neuf — immeuble entierLe plus bas (référence 3,6-3,7 % à Tokyo-Jonan)47 ansPeu de travaux à court terme, mais hausse à prévoir du fonds de travauxBassin d'acheteurs large, mais une décote liée à la « prime du neuf » est à anticiper
Neuf — lot en copropriétéBas (prix souvent plus élevé qu'un immeuble entier)47 ansCharges de copropriété et fonds de travaux pèsent comme charges fixesLes autres lots du même immeuble deviennent des concurrents directs
Ancien — immeuble entierÉlevé (référence 4,2-5,1 % dans les grandes villes régionales)Raccourcie par la méthode simplifiée (25 ans pour 27 ans d'ancienneté)L'investisseur assume seul les grosses réparations et le renouvellement des équipementsLa valeur résiduelle du terrain facilite la revente même lorsque le bâtiment vieillit
Ancien — lot en copropriétéMoyen (fortement dépendant de l'état de la copropriété)Raccourcie par la méthode simplifiée (25 ans pour 27 ans d'ancienneté)Risque de hausse du fonds de travaux ou d'appel de fonds exceptionnelL'état de la gestion et le solde du fonds de travaux déterminent l'appréciation des acheteurs potentiels

La durée d'amortissement modifie le résultat net après impôt

À rendement égal, une durée d'amortissement différente change le résultat net après impôt. Le barème de durées de vie utile de l'Agence nationale des impôts fixe 47 ans pour les structures en acier-béton armé et en béton armé à usage d'habitation, 38 ans pour les structures en brique, pierre ou parpaing, et 22 ans pour les structures en bois.

Pour un bien acquis d'occasion, une méthode simplifiée permet de raccourcir cette durée. Pour un actif ayant déjà traversé une partie de sa durée de vie légale, la formule est : « (durée légale − années écoulées) + années écoulées × 20 % ». Les fractions d'année inférieures à un an sont arrondies à l'unité inférieure, et le résultat ne peut jamais être inférieur à 2 ans.

  • Mansion en béton armé de 27 ans : (47 ans − 27 ans) + 27 ans × 20 % = 20 ans + 5,4 ans = 25,4 ans → 25 ans
  • Amortissement annuel indicatif pour un bâtiment évalué à 18 000 000 ¥ (≈ 104 700 €) : environ 380 000 ¥ (≈ 2 209 €) sur 47 ans (neuf), contre environ 720 000 ¥ (≈ 4 186 €) sur 25 ans (ancien)

L'amortissement annuel est donc environ 1,9 fois plus élevé pour un bien ancien, ce qui comprime d'autant le revenu imposable et améliore le cash-flow après impôt. Mais une fois l'amortissement épuisé, cette charge disparaît, et à la revente, la plus-value imposable augmente à hauteur exacte du montant déjà amorti. Comprenez l'amortissement non pas comme un moyen d'effacer l'impôt, mais comme un mécanisme qui en décale le paiement dans le temps. La méthode de calcul est détaillée dans notre article calcul de l'amortissement immobilier et de la durée de vie légale. Notez enfin que la méthode simplifiée devient inapplicable dès lors que des dépenses en capital dépassant 50 % du prix d'acquisition ont été engagées.

Les risques typiques associés aux biens à haut rendement

L'écart de 1,4 point entre le rendement attendu de 5,0 % à Hiroshima et de 3,6 % à Tokyo-Jonan représente très précisément le prix du risque que l'acheteur accepte de porter. Un bien à haut rendement a presque toujours une raison de l'être.

  1. Une demande locative limitée, ou fortement dépendante d'une entreprise ou d'une université en particulier
  2. Une ancienneté élevée, avec un renouvellement proche des canalisations ou de la façade
  3. Un fonds de travaux insuffisant au niveau du syndic de copropriété, laissant présager une hausse des cotisations ou un appel de fonds exceptionnel
  4. Une reconstruction difficile, ou une évaluation en garantie peu favorable auprès des établissements financiers
  5. Un nombre limité d'acheteurs potentiels à la sortie (les futurs acheteurs ayant eux-mêmes plus de mal à obtenir un financement)

Aucun de ces risques ne se manifeste immédiatement après l'achat : ils apparaissent typiquement 5 à 10 ans plus tard. Le critère à retenir n'est pas d'acheter un rendement élevé, mais de pouvoir expliquer précisément de quel risque ce rendement est la contrepartie. La démarche à suivre pour envisager l'achat d'un immeuble entier est détaillée dans notre article comment se lancer dans l'investissement en immeuble locatif entier.

Comment déterminer le rendement idéal : la vision d'INA&Associates

On nous demande parfois : « Quel est le rendement idéal ? » Nous nous refusons à répondre par un chiffre fixe. Un rendement de 4 % financé à 1 % d'intérêt et le même rendement financé à 3 % ne constituent absolument pas le même investissement.

Ne pas raisonner en « combien de % faut-il ? » mais en « quel écart puis-je dégager au-dessus du taux d'emprunt ? »

L'ordre du raisonnement est le suivant. Calculer d'abord le rendement sur investissement total (FCR). Calculer ensuite la constante d'emprunt (K) à partir des conditions de prêt envisageables pour ce bien. Vérifier enfin si le FCR dépasse K. S'il le dépasse, l'emprunt augmente le cash-flow disponible ; s'il lui est inférieur, l'emprunt le réduit.

Dans un environnement où le taux directeur est passé à 1,0 %, cet écart s'est resserré par rapport aux années précédentes. À l'époque où l'on pouvait emprunter dans le bas de la fourchette des 1 %, un FCR de 4 % suffisait largement à dégager une marge confortable. Aujourd'hui, un même FCR peut ne laisser presque aucune marge. C'est précisément pour cela que nous recommandons de raisonner en écart, et non en niveau absolu de rendement. Il n'existe que quatre leviers pour créer cet écart : baisser le prix d'achat, réduire les charges, augmenter le taux d'occupation, ou augmenter la part d'apport personnel.

Parmi ces quatre leviers, seuls deux restent actionnables après l'achat : les charges et le taux d'occupation. C'est précisément pour cela que nous accordons une importance particulière à la gestion opérationnelle : ce sont les rares variables qui déterminent la réussite ou l'échec de l'investissement dans la durée. Le prix, lui, est figé à l'instant de l'achat — mais le taux d'occupation et les charges continuent d'évoluer tout au long de la vie du bien.

Cinq autres chiffres à vérifier au-delà du rendement

Se fier uniquement au rendement pour décider fait passer à côté d'éléments qui pèseront plus tard. Lorsque nous examinons un bien, voici les cinq éléments que nous vérifions systématiquement, en parallèle du rendement.

  1. L'historique réel du taux d'occupation : non pas une hypothèse, mais la situation locative effective des trois dernières années, vérifiée à partir du rent roll et de l'historique des entrées/sorties.
  2. Le solde du fonds de travaux et le plan de travaux à long terme : le montant du déficit du solde par rapport au plan. Selon l'enquête du MLIT, 36,6 % des copropriétés présentent un déficit.
  3. Les impayés de charges : 30,1 % des copropriétés comptent au moins un lot en impayé depuis 3 mois ou plus. Les impayés fragilisent directement la solidité financière du syndic.
  4. L'ancienneté et la structure du bâtiment : la durée résiduelle par rapport à la durée légale de 47 ans pour le béton armé, qui influence à la fois la durée de financement possible et l'amortissement.
  5. Le prix de sortie envisagé : en cas de revente dans 10 ans, qui achèterait, à quel prix et à quel niveau de rendement, en tenant compte aussi de la capacité de financement des futurs acheteurs.

Ce n'est qu'une fois ces cinq éléments réunis que le chiffre du rendement prend tout son sens. Nous vous invitons à construire votre propre grille de décision en vous appuyant également sur nos articles consacrés à la structure des frais d'entretien d'une mansion ancienne et au seuil minimal de rendement en investissement immobilier.

Questions fréquentes (FAQ)

Q. Quel est, en 2026, le rendement moyen d'un investissement en mansion ?

En avril 2026, le rendement attendu d'un immeuble locatif entier s'établit à 3,6 % à Tokyo-Jonan, 4,2 % à Osaka et Yokohama, 4,5 % à Nagoya, Fukuoka, Saitama et Chiba, 4,6 % à Kyoto, 4,7 % à Kobe, 4,9 % à Sapporo, et 5,0 % à Sendai et Hiroshima (Japan Real Estate Institute, 54ᵉ enquête auprès des investisseurs immobiliers). Le rendement transactionnel de Tokyo-Jonan est de 3,4 %, soit 0,2 point de moins que le rendement attendu.

Q. Comment définir le rendement idéal ?

Il ne s'agit pas d'une valeur fixe : jugez plutôt si le rendement sur investissement total (FCR) dépasse la constante d'emprunt (remboursement annuel ÷ montant emprunté). Lors de sa réunion de politique monétaire du 16 juin 2026, la Banque du Japon a orienté le taux au jour le jour non garanti autour de 1,0 % ; pour un emprunt à 2,5 % sur 30 ans, la constante d'emprunt s'élève à environ 4,74 %. Si le FCR reste inférieur à ce seuil, plus vous empruntez, moins il vous reste en poche.

Q. Quel est l'écart typique entre rendement apparent et rendement net ?

Pour une mansion ancienne moyenne du Grand Tokyo (prix de vente 52 080 000 ¥, ≈ 302 800 € ; 63,02 m² ; 27,48 ans ; loyer mensuel supposé à 170 000 ¥, ≈ 988 €), le calcul donne un rendement apparent de 3,92 %, un rendement net de 2,71 %, un rendement sur investissement total de 2,58 % en intégrant les frais annexes, et 2,40 % à un taux d'occupation de 95 %. L'écart cumulé atteint 1,52 point.

Q. Quel taux de vacance locative faut-il anticiper ?

Vérifiez d'abord le marché locatif local proche du bien, en termes de localisation et de typologie. À titre de repère national : le taux de logements vacants s'élève à 13,8 %, les logements locatifs vacants à 4 436 000 (Ministère des Affaires intérieures et des Communications, enquête sur le logement et le foncier, exercice Reiwa 5), et les copropriétés comptant un lot vacant depuis 3 mois ou plus à 34,0 % (MLIT, enquête générale sur les copropriétés, exercice 2023). Nous recommandons une hypothèse d'autant plus prudente que le bien est ancien.

Q. Les mansions d'investissement bénéficient-elles de la réduction de taxe d'enregistrement ?

La réduction à 0,3 % pour le transfert de propriété du bâtiment et la réduction à 0,1 % pour la constitution d'hypothèque sont toutes deux réservées aux biens « affectés par une personne physique à sa propre résidence » : elles ne s'appliquent pas à l'investissement locatif. Pour le bâtiment, le taux de droit commun de 2,0 % s'applique ; pour l'hypothèque, 0,4 %. En revanche, la réduction à 1,5 % pour le transfert de propriété du terrain (jusqu'au 31 mars de l'année Reiwa 11, 2029) s'applique quel que soit l'usage du bien.

Sources et références

Daisuke Inazawa, President & CEO of INA&Associates Inc.

Auteur

Président-directeur généralINA&Associates Inc.

Président-directeur général d'INA&Associates Inc. Dirige le courtage immobilier, la location et la gestion de biens dans le Grand Tokyo et la région du Kansai. Spécialisé dans la stratégie d'investissement en immobilier de rendement et le conseil aux grandes fortunes.

Daisuke Inazawa est le président-directeur général d'INA&Associates Inc., une société immobilière japonaise dont le siège se trouve à Osaka et qui dispose d'une succursale à Tokyo. Il dirige les trois activités fondamentales du groupe — courtage en vente immobilière, location et gestion de biens — dans le Grand Tokyo et la région du Kansai.

Ses domaines d'expertise recouvrent la stratégie d'investissement en immobilier de rendement, l'optimisation de la rentabilité des opérations locatives, le conseil immobilier destiné aux grandes fortunes (UHNWI) et aux investisseurs institutionnels, ainsi que l'investissement immobilier transfrontalier. Il fournit un conseil de long terme, fondé sur les données, à une clientèle d'investisseurs au Japon comme à l'étranger.

Sous la devise « l'actif le plus précieux d'une entreprise, ce sont ses hommes », il positionne INA&Associates comme une « entreprise d'investissement dans le capital humain » et s'engage à créer une valeur d'entreprise durable par le développement des talents. En tant que dirigeant, il s'exprime également sur le leadership et la culture organisationnelle en période de changement.

Il a obtenu onze qualifications professionnelles japonaises : courtier immobilier agréé (Takken), Master agréé en conseil immobilier, gestionnaire agréé de copropriétés, superviseur agréé de gestion d'immeubles, professionnel certifié de gestion locative, gyōseishoshi (juriste administratif), responsable certifié de la protection des données personnelles, responsable de prévention incendie de classe A, spécialiste certifié de l'immobilier vendu aux enchères, ingénieur de maintenance de copropriétés, et superviseur agréé des opérations de crédit.

  • Courtier immobilier agréé (Takken)
  • Master agréé en conseil immobilier
  • Gestionnaire agréé de copropriétés
  • Superviseur agréé de gestion d'immeubles
  • Professionnel certifié de gestion locative
  • Gyōseishoshi (juriste administratif)
  • Responsable certifié de la protection des données personnelles
  • Responsable de prévention incendie de classe A
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  • Superviseur agréé des opérations de crédit