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Le jinteki shihon keiei (人的資本経営), management du capital humain à la japonaise : guide pratique pour la productivité et la fidélisation en gestion locative

Le jinteki shihon keiei (人的資本経営) est le modèle de gouvernance japonais qui traite les salariés non comme un coût, mais comme un capital dans lequel investir pour créer de la valeur à moyen et long terme. Ce guide explique les 5 éléments communs (5F) du rapport Itō version capital humain, les 4 étapes d'implémentation pour une société de gestion locative, les effets mesurés sur la productivité, le turnover et la marque employeur, ainsi que les obligations de publication d'informations extra-financières — à travers la pratique d'INA&Associates et sa notion de « richesses humaines » (人財).

Dernière mise à jour: Lecture d'environ 27 min

Le jinteki shihon keiei (人的資本経営, littéralement « management du capital humain ») est une philosophie de gestion selon laquelle les salariés ne sont plus perçus comme un « coût » à maîtriser mais comme un « capital » qui crée de la valeur pour l'entreprise — un capital dans lequel il faut investir pour renforcer la valeur de l'entreprise à moyen et long terme. C'est aujourd'hui un cadre codifié au Japon, adossé à un rapport gouvernemental et à des obligations de publication pour les sociétés cotées, sans équivalent réglementaire strict en France ou dans le reste de l'Europe francophone. Pour une société de gestion locative, cette logique est déterminante : la qualité du service dépend directement du jugement et du comportement de chaque gestionnaire, lot par lot, locataire par locataire. Quand les équipes montent en compétence, la précision des explications progresse, la satisfaction des locataires et des propriétaires augmente, le turnover recule et le nombre de lots gérés par personne progresse. Investir dans les personnes se traduit donc en chiffres : productivité et taux de rétention.

Le secteur de la gestion locative au Japon porte depuis longtemps les mêmes difficultés : la charge que représente le traitement des réclamations, une dépendance excessive au savoir-faire individuel — une pratique que les Japonais nomment eux-mêmes zonjinka (属人化, littéralement « personnalisation du travail », c'est-à-dire la concentration du savoir-faire dans la tête d'un seul salarié plutôt que dans des processus partagés) — et des parcours de carrière peu lisibles. Les collaborateurs expérimentés partent, et leur savoir-faire ne reste pas dans l'organisation. Rompre ce cercle vicieux est, pour une direction, un point de bascule stratégique. Cet article présente la définition et le contexte du jinteki shihon keiei, les spécificités du secteur immobilier, le cadre pratique publié par le ministère japonais de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie (経済産業省, METI), les étapes que doit suivre une société de gestion locative pour l'adopter, et ses effets sur la productivité, le turnover, la marque employeur et la publication d'informations extra-financières. Nous expliquons aussi pourquoi INA&Associates株式会社 continue d'employer le mot jinzai (人財) plutôt que le terme usuel jinzai (人材) — deux mots strictement homophones en japonais, mais écrits avec des caractères différents. Le premier, 人材, associe l'humain (人) au caractère 材, « matériau » ou « ressource » : c'est le terme standard des affaires japonaises, que l'on traduit d'ordinaire par « ressources humaines ». Le second, 人財, remplace 材 par 財, « richesse » ou « trésor ». Pour préserver en français cet écho phonétique intraduisible tel quel, nous traduisons 人材 par « ressources humaines » et 人財 — le choix délibéré d'INA — par « richesses humaines » : le même glissement, de la ressource que l'on consomme à la richesse que l'on fait fructifier.

Les points clés de cet article

  • Le jinteki shihon keiei consiste à ne plus considérer la masse salariale comme un « coût à gérer », mais comme un « investissement dans la création de valeur future ».
  • En 2020, environ 90 % de la valeur des entreprises du S&P 500 provenait d'actifs immatériels, contre environ 17 % dans les années 1970 — une bascule que l'on retrouve, sous une forme différente, dans les critères ESG et la CSRD européenne.
  • Depuis les rapports financiers annuels (有価証券報告書, yūka shōken hōkokusho, l'équivalent japonais du document d'enregistrement universel) de l'exercice clos en mars 2023, environ 4 000 sociétés cotées japonaises sont soumises à une obligation de publication d'informations sur le capital humain — un mouvement parallèle à la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) européenne, bien qu'antérieur et structuré différemment.
  • La gestion locative japonaise cumule trois défis structurels — pénurie de main-d'œuvre, activité à forte intensité de travail, dépendance au savoir-faire individuel — qui rendent l'effet d'un investissement dans les richesses humaines particulièrement visible dans les chiffres.
  • La mise en œuvre progresse en quatre étapes : clarifier la vision de direction, construire un processus de développement des compétences, revoir le système d'évaluation, et mobiliser la technologie.
  • La mesure des effets ne se limite pas au chiffre d'affaires : elle combine taux de rétention, engagement des salariés, satisfaction client et taux de recommandation.

Qu'est-ce que le jinteki shihon keiei ? Du « matériau humain » à la « richesse humaine »

Le jinteki shihon keiei désigne une gestion qui considère les connaissances, les compétences et l'expérience des salariés comme un « capital » de l'entreprise, et qui vise, en y investissant, une hausse de la valeur d'entreprise à moyen et long terme. Le METI le définit ainsi : « une gestion qui appréhende les jinzai (人材) comme un ‘capital', et qui, en en maximisant la valeur, la relie à une hausse de la valeur d'entreprise à moyen et long terme ». Là où la gestion des ressources humaines traditionnelle partait de la question « comment limiter la masse salariale », le jinteki shihon keiei part de la question inverse : « comment tirer le meilleur parti de ce que l'on dépense pour les personnes ».

Cette différence n'est pas seulement sémantique. À partir du moment où les dépenses de personnel et de formation sont requalifiées en « investissement », les décisions de gestion elles-mêmes changent de nature. Réduire le budget formation gonfle le résultat de l'exercice en cours, mais revient, quelques années plus tard, sous la forme d'un écart de compétences et d'une pénurie de richesses humaines. À l'inverse, consacrer du temps au développement des équipes réduit la disponibilité opérationnelle à court terme, mais se traduit, en retour, par une meilleure qualité d'explication et un taux de rétention plus élevé. Le choix dépend d'une seule question : considère-t-on les personnes comme quelque chose que l'on consomme, ou comme quelque chose que l'on fait grandir ?

Angle de lectureGestion traditionnelle des « ressources humaines » (Human Resources)Jinteki shihon keiei, gestion du « capital humain » (Human Capital)
Regard porté sur les personnesObjet de gestion et de consommation. Un coûtObjet d'investissement et de développement. Une source de création de valeur
Logique de développementEfficacité et standardisationRespect de l'individualité et développement des compétences
Objectif de l'investissementRéduction des coûts, gains d'efficacité opérationnelleHausse de la valeur d'entreprise à moyen et long terme
Axe d'évaluationPerformance à court terme, taux de distribution du travail et ratio de charges salarialesContribution et croissance à moyen et long terme, engagement, retour sur investissement
Forme organisationnelleHiérarchique et administrativePlate et autonome
Horizon temporelCourt termeLong terme et durable

Pourquoi le jinteki shihon keiei suscite-t-il autant d'attention aujourd'hui ?

La raison principale tient au déplacement de la source de valeur d'entreprise, des actifs corporels vers les actifs immatériels. En 2020, environ 90 % de la valeur d'entreprise du S&P 500 provenait d'actifs immatériels, contre environ 17 % dans les années 1970 — une hausse spectaculaire. Ce ne sont plus les usines et les équipements, mais les connaissances, les relations et la marque portées par les personnes qui déterminent une part croissante de la valeur d'une entreprise. La numérisation, la transition vers une économie bas carbone et la diversification des attentes des salariés se conjuguent : la qualité des richesses humaines et leur mobilisation stratégique sont devenues un facteur décisif de compétitivité — un constat que partagent, sous d'autres appellations, la plupart des économies développées.

Le cadre réglementaire japonais accompagne ce mouvement. Le rapport Itō version capital humain (人材版伊藤レポート, Jinzai-ban Itō Repōto), publié par le METI en 2020, préconise de transformer la stratégie ressources humaines pour l'aligner sur la stratégie d'entreprise, afin de soutenir une création de valeur durable. Le Code de gouvernance d'entreprise du Japon (コーポレートガバナンス・コード), révisé en 2021, intègre désormais des dispositions sur le capital humain. Depuis les rapports financiers annuels de l'exercice clos en mars 2023, environ 4 000 sociétés cotées japonaises sont tenues de publier des informations sur leur capital humain. Pour un lecteur familier du droit européen, ce mouvement rappelle la trajectoire de la Déclaration de performance extra-financière (DPEF) puis de la CSRD en Europe, mais il s'en distingue par son antériorité — 2020-2023 contre une généralisation européenne plus tardive — et par son inscription directe dans le rapport financier annuel plutôt que dans un rapport de durabilité séparé. La demande des investisseurs et des autres parties prenantes pour une gestion qui « respecte et valorise les personnes » n'est donc plus, au Japon, un phénomène passager.

Les sociétés non cotées ne sont pas épargnées pour autant. Même hors du champ de l'obligation de publication, les candidats à l'embauche observent les entreprises avec le même regard sur le marché du travail. Une gestion qui néglige les personnes provoque le départ des richesses humaines les plus qualifiées et affaiblit la compétitivité, ce qui finit par éroder la valeur d'entreprise à moyen et long terme.

Pourquoi le jinteki shihon keiei est-il particulièrement nécessaire dans l'immobilier et la gestion locative ?

L'immobilier a l'apparence d'un secteur d'actifs corporels — terrains, bâtiments — mais ce sont en réalité le service et le savoir-faire apportés par les personnes qui déterminent le revenu. Que ce soit au stade du développement, de la transaction ou de la gestion, c'est toujours une personne qui, in fine, délivre la valeur au client. C'est précisément pour cela que les effets du jinteki shihon keiei se lisent aussi nettement dans la performance de ce secteur.

Une transaction immobilière porte sur des montants élevés, se produit rarement, et laisse une forte asymétrie d'information entre professionnel et client. Les décisions liées à l'achat, à la location, à la gestion, à la vente, à l'investissement ou à la succession d'un bien engagent la vie et le patrimoine d'une personne. Le client regarde donc moins l'annonce du bien que la fiabilité de l'interlocuteur qui la lui présente. C'est un point commun avec le marché français, où la relation de confiance avec l'agent ou le gestionnaire pèse tout autant — à ceci près qu'au Japon, cette relation passe par un professionnel titulaire d'une licence d'État spécifique, le takuchi tatemono torihiki-shi (宅地建物取引士, littéralement « spécialiste des transactions de terrains et de bâtiments »), une certification obligatoire pour certains actes de la transaction, sans équivalent strict en droit français où la carte professionnelle et le mandat encadrent la profession différemment. La Vision 2030 du secteur immobilier (不動産業ビジョン2030), publiée par le ministère japonais du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme (国土交通省, MLIT), souligne elle-même l'urgence, pour l'ensemble du secteur, d'améliorer sa productivité face au déclin démographique et à la multiplication des logements vacants.

Défi structurelCe qui se joue sur le terrainRéponse apportée par le jinteki shihon keiei
Pénurie de main-d'œuvre et vieillissementLe vieillissement des équipes s'accentue ; le recrutement et la formation des jeunes ne suivent pas. La transmission des connaissances et de l'expérience devient difficileProgrammes de montée en compétence accélérée et formalisation des connaissances. Transformer le savoir-faire des seniors en actif organisationnel
Structure à forte intensité de travailDes processus encore peu digitalisés subsistent ; la charge de travail d'un seul gestionnaire reste lourdeDigitaliser les tâches répétitives pour libérer du temps, et réaffecter les richesses humaines aux tâches de jugement et à la relation client
Dépendance au savoir-faire individuel (zonjinka)Les connaissances spécialisées et le savoir-faire reposent sur des individus, d'où une qualité de service inégalePartage de l'historique des échanges, circuits de validation, formalisation des retours d'expérience pour garantir la reproductibilité
Faible taux de rétentionLe stress lié au traitement des réclamations et l'absence de perspective de carrière poussent les collaborateurs expérimentés à partirDiversifier les parcours de carrière et rendre l'évaluation transparente, pour donner une raison de rester

Que produisent la transformation numérique et la division du travail sur le développement des richesses humaines ?

Les évolutions du terrain ne peuvent pas être ignorées. Il est désormais possible, sans contact physique, d'aller de la recherche d'un bien jusqu'à la prise de rendez-vous pour une visite, l'explication réglementaire des conditions essentielles du bail par voie numérique — l'IT-jūsetsu (IT重説), une procédure télématique propre au droit japonais du bail — puis la signature du contrat, et la signature électronique s'est elle aussi généralisée. En parallèle, la division du travail progresse : un poste dédié à la mise en ligne et à la gestion des annonces, un autre au traitement des demandes entrantes, un autre à l'accueil et aux visites, un dernier aux formalités contractuelles — chaque étape du processus confiée à un spécialiste. La construction d'un système de gestion locative sans charge mentale excessive accompagne elle aussi cette spécialisation.

Dans les entreprises qui ont adopté cette division du travail, de nombreux cas montrent que la charge de chaque poste s'est mieux équilibrée, que la rapidité de réponse au client s'est améliorée, et que le taux de conclusion et le chiffre d'affaires en ont profité. Mais une nouvelle difficulté est apparue en même temps. À trop restreindre le périmètre de chacun, les salariés perdent l'occasion d'apprendre la vue d'ensemble du métier d'intermédiation et de gestion, et n'acquièrent pas les compétences hors de leur spécialité. La fragmentation des rôles rend aussi plus difficile la capacité à embrasser l'organisation dans son ensemble.

La réponse à cette difficulté tient dans la combinaison d'une affectation qui valorise les points forts et d'occasions qui comblent les points faibles. On laisse le collaborateur se concentrer sur ce qu'il fait déjà bien, tout en lui proposant, par la rotation des postes et la formation, des occasions d'acquérir des compétences dans d'autres domaines. Un exemple : un collaborateur doué pour la relation client peut continuer à exceller dans le traitement des demandes entrantes et l'accueil, tout en se voyant proposer, s'il le souhaite, une formation aux aspects contractuels, avec pour horizon de pouvoir, à moyen terme, se saisir aussi de ces missions. Concevoir un dispositif qui profite des avantages de la division du travail sans jamais arrêter la croissance des richesses humaines : voilà le point clé.

Plus la technologie progresse, plus la valeur relative de l'humain augmente

L'estimation de prix des biens par l'IA, la visite virtuelle en réalité virtuelle, la signature électronique — ces outils de la real estate tech contribuent fortement aux gains d'efficacité opérationnelle. Nous les utilisons nous-mêmes activement. Mais plus la technologie progresse, plus la valeur relative de « ce que seul un humain peut faire » augmente. Percevoir une inquiétude que le client n'arrive pas à formuler et lui proposer une solution ; négocier avec ténacité des droits de propriété complexes jusqu'à un accord qui satisfait toutes les parties : ce sont des terrains que la seule analyse de données passées ne permet pas d'atteindre.

L'IA excelle dans l'analyse de données et la reconnaissance de motifs. En lui confiant les tâches répétitives, on libère les salariés du travail de routine et on leur permet de consacrer leur temps aux missions qui demandent créativité et empathie. En pratique, il est plus juste de considérer l'IA non comme un substitut de l'humain, mais comme un partenaire qui étend ses capacités. Concentrer le temps et l'énergie ainsi libérés sur « la création de valeur que seul un humain peut apporter » : voilà la forme concrète que prend le jinteki shihon keiei dans l'immobilier.

Pourquoi INA&Associates parle de « jinzai » (人財) et non de « jinzai » (人材)

Nous, INA&Associates株式会社, employons délibérément le mot jinzai écrit 人財 plutôt que le terme usuel 人材 — deux mots rigoureusement homophones en japonais, mais dont le second caractère diffère. 人材 contient une nuance de matériau, de ressource, et tend à faire percevoir la personne comme un objet de gestion. Or une personne n'est pas un matériau interchangeable : c'est une richesse irremplaçable pour l'entreprise. Cette différence d'un seul caractère porte toute une posture de gestion.

Le choix de ce mot part d'une réalité que j'ai observée moi-même. Le secteur immobilier japonais reste marqué par une structure de sous-traitance en cascade, où la contribution et les efforts de ceux qui travaillent sur le terrain sont rarement reconnus à leur juste valeur. Qui a fait quel travail, et à quelle hauteur, reste souvent invisible, et l'opacité des transactions rend difficile l'obtention d'une rémunération juste. La volonté de changer cette structure est la raison pour laquelle j'ai fondé INA à Osaka en février 2020. La vision — « bâtir une plateforme où ceux qui se donnent du mal sont justement récompensés » — n'a pas changé depuis.

Philosophie d'entreprise, mission et politique de gestion

INA affiche pour philosophie d'entreprise l'ambition de « devenir la première société d'investissement dans les richesses humaines au monde ». Sa mission est de « fusionner l'imagination humaine et la technologie de pointe pour bâtir une société où chacun est justement évalué et récompensé ». Et sa devise, « pas de croissance d'entreprise sans croissance des salariés », traduit la conviction que la croissance des richesses humaines est le véritable moteur de la création de valeur d'entreprise.

La politique de gestion repose sur trois piliers : la création de valeur à long terme, une conduite des affaires intègre, et la contribution sociale à travers l'activité. Le critère de toute décision de gestion reste invariablement « est-ce que cela sert l'atteinte de la vision à long terme et le bien-être des parties prenantes ? ». Plutôt que de céder à des baisses de prix faciles ou à la recherche d'un profit immédiat, nous pensons que continuer à fournir un service de qualité à un juste prix est ce qui, au final, construit la confiance du client et une croissance durable. Nos principes d'action quotidiens — « toujours agir en acteur responsable », « clarté, structuration, cohérence, objectivité », « recherche autonome, esprit d'initiative, remise en question permanente » — orientent ce que nous évaluons et célébrons en interne.

Nous nous définissons non comme une simple agence immobilière, mais comme une « société d'investissement dans les richesses humaines ». Notre activité couvre principalement la transaction de biens résidentiels haut de gamme, de biens à usage professionnel et de biens d'investissement, ainsi que la gestion locative, la technologie, le recrutement de richesses humaines et le conseil, depuis notre siège d'Osaka et notre bureau de Tokyo, sur les zones métropolitaines de Kansai et du Grand Tokyo. Nous accompagnons aussi une clientèle internationale, en japonais, en anglais et en chinois.

Traduire la philosophie en pratique

Une philosophie affichée ne devient pas, à elle seule, une culture. C'est seulement lorsqu'elle irrigue le recrutement, le développement des compétences, l'évaluation et l'organisation du travail qu'elle fonctionne réellement comme culture d'entreprise. Au recrutement, nous privilégions, plus que les compétences techniques ou l'expérience, l'adhésion à la philosophie et à la vision, l'intégrité et l'envie de progresser — parce que nous pensons qu'« avec qui l'on travaille » compte davantage que tout le reste. Pour le développement des compétences, nous combinons entretiens de carrière, mentorat, financement de séminaires externes et dispositif d'incitation à l'obtention de certifications professionnelles, en donnant l'occasion de participer à des projets transverses et à des groupes d'étude internes. Pour l'évaluation, nous regardons non seulement le résultat mais aussi le processus et la prise de risque elle-même, afin qu'aucun effort ne passe inaperçu.

Nous accompagnons aussi chaque salarié dans la mise en avant de sa personnalité et de ses points forts, avec un soutien à la marque personnelle qui inclut une formation aux réseaux sociaux. Ce cadre de reconnaissance, interne et externe, donne confiance aux salariés et les rend plus autonomes dans leurs initiatives. Cette croissance individuelle élève la qualité du service rendu au client, ce qui renforce à son tour la confiance et la valeur de marque de l'entreprise.

Côté organisation du travail, nous avons construit un « modèle d'affaires de gestion locative qui mobilise les richesses humaines en région ». En nous appuyant sur Internet et le cloud, nous avons mis en place un dispositif de travail à distance qui s'affranchit des contraintes géographiques. Des richesses humaines de qualité, vivant en région et empêchées de travailler dans une métropole pour des raisons familiales, peuvent ainsi gérer à distance des biens situés en centre-ville. C'est à la fois un service à coût maîtrisé et de haute qualité pour nos propriétaires, et une démarche de création d'emplois en région. Depuis le lancement de notre activité de gestion locative en 2021, nous avons dépassé les 100 lots gérés en un peu plus de six mois, et poursuivi notre croissance depuis. Notre plateforme de recherche de logement en ligne « Town Map », connectée à notre base de données de biens en gestion, touche aujourd'hui près de 20 000 utilisateurs par mois.

Les 4 axes de différenciation que nous cultivons

Les entreprises qui revendiquent une gestion centrée sur les richesses humaines se sont multipliées. Voici, en quatre points, ce sur quoi nous fondons notre différence.

  • Une culture d'entreprise qui place les richesses humaines en premier : nous traitons les salariés comme la source de la valeur d'entreprise, du critère de recrutement jusqu'au management du quotidien.
  • La fusion de la technologie et de l'immobilier : nous introduisons les outils numériques dans un métier traditionnel pour construire des modèles de mise en relation et de gains d'efficacité opérationnelle — la technologie restant un moyen au service d'un service humain de haute qualité, jamais une fin en soi.
  • Un engagement sur des enjeux de société : la création d'emplois par la mobilisation des richesses humaines en région, et l'offre d'une chance d'être évalué équitablement pour chacun, sont intégrées à la stratégie d'entreprise elle-même.
  • Une pluralité de métiers et une portée internationale : au-delà de la transaction et de la gestion immobilière, nous étendons notre périmètre à la technologie, au recrutement de richesses humaines et au conseil, avec un accompagnement multilingue.

Nos objectifs à venir restent centrés sur l'investissement dans les personnes : enrichir nos programmes de formation interne et intégrer une dimension de marque personnelle dans le système d'évaluation pour faire émerger des richesses humaines aptes à diriger ; améliorer, grâce à l'IA et à l'analyse de données, la précision de la mise en relation et la sophistication des systèmes de contrat et de gestion entièrement en ligne ; et transposer le savoir-faire acquis dans la real estate tech vers l'accompagnement à la transformation numérique d'autres secteurs. Bâtir un écosystème où toutes les parties prenantes sont gagnantes : c'est ainsi que nous concevons notre plateforme.

Les 5 éléments communs (5F) pour mettre en œuvre le jinteki shihon keiei

Pour que le jinteki shihon keiei ne reste pas une « bonne idée » sans suite, le rapport Itō version capital humain du METI propose un cadre en trois perspectives (3P) et cinq éléments communs (5F). Le 5F peut servir de carte pour situer chaque action.

1. Construire un portefeuille de richesses humaines dynamique

Pour pouvoir répondre aux évolutions de la stratégie d'entreprise, il s'agit de rassembler des richesses humaines diverses, internes et externes, et de les affecter au bon endroit. Le point de départ consiste à dessiner le profil de compétences et d'effectifs nécessaire au modèle d'affaires futur, puis à mesurer régulièrement l'écart avec la situation actuelle. Une entreprise qui veut renforcer son pôle numérique mènera de front la formation de ses salariés en place et le recrutement externe de profils expérimentés. La question à se poser est : « notre portefeuille de richesses humaines est-il assez flexible pour que des profils divers puissent s'y épanouir ? ».

2. Promouvoir la diversité et l'inclusion

Il s'agit de vérifier si l'organisation compte des richesses humaines aux savoirs, expériences et parcours variés, et si elle parvient à en tirer parti. La diversité seule ne suffit pas. Il faut un environnement inclusif où chacun peut échanger des idées et apprendre des autres. Constituer une équipe projet avec des membres d'âges, de sexes et de nationalités différents facilite l'émergence d'idées sous des angles multiples.

3. Encourager le reskilling et le développement des compétences

Quand l'environnement économique change, les compétences requises changent aussi. Il s'agit de mesurer quantitativement l'écart entre les compétences actuelles et celles dont on aura besoin, puis de déployer des dispositifs de remise à niveau. Formation interne à la transformation numérique, soutien à des cursus dans des écoles de commerce, formation par rotation de postes : ce sont des exemples typiques. La condition pour maintenir la capacité d'adaptation au changement n'est pas une formation ponctuelle, mais un dispositif d'apprentissage continu.

4. Renforcer l'engagement des salariés

Le fait que les salariés travaillent avec initiative et motivation est l'un des indicateurs les plus regardés du jinteki shihon keiei. Les études montrent que les salariés engagés sont plus productifs et quittent moins souvent l'entreprise. Les piliers en sont : faire vivre la vision et la stratégie de l'entreprise auprès de chacun, faire remonter activement la voix des salariés jusqu'à la direction pour améliorer l'environnement de travail, et disposer d'un système qui évalue justement les résultats et la prise d'initiative. On installe un cycle où une enquête d'engagement régulière alimente directement le plan de gestion.

5. Ancrer des modes de travail flexibles

Un environnement de travail affranchi des contraintes de temps et de lieu est lui aussi un élément essentiel du jinteki shihon keiei. Cela recouvre une infrastructure informatique qui permet de rester productif en télétravail, les horaires flexibles, le cumul d'activités, et des dispositifs qui laissent choisir son mode de travail selon les étapes de la vie. La flexibilité des modes de travail agit directement à la fois sur l'équilibre vie professionnelle-vie personnelle et sur l'engagement.

Les 5 éléments communs (5F)Déclinaison en société de gestion locativePoint de vigilance pour réussir
Portefeuille de richesses humaines dynamiquePlan d'effectifs aligné sur la croissance du nombre de lots gérés. Rendre visibles les compétences requises en location, gestion et comptabilitéLe lien avec la stratégie d'entreprise. Bâtir le plan d'investissement en richesses humaines à partir des enjeux de gestion réels
Diversité et inclusionUne organisation où des salariés vivant en région, des parents de jeunes enfants et des richesses humaines multilingues obtiennent des résultats dans une même équipeCréer un environnement où la diversité se traduit en dialogue et en performance
Reskilling et développement des compétencesSoutien à l'obtention du takuchi tatemono torihiki-shi et d'autres certifications, formation aux évolutions réglementaires, formation aux logiciels de gestionFixer des indicateurs et appliquer une boucle PDCA. Définir des indicateurs de capital humain et vérifier régulièrement leur effet
Engagement des salariésEntretiens individuels réguliers et enquête d'engagement, mise en visibilité et répartition de la charge liée aux réclamationsL'implication de la direction elle-même. Que le dirigeant porte et communique sa propre vision de la gestion des richesses humaines
Modes de travail flexiblesUn environnement cloud permettant la gestion des biens et la relation locataire à distanceLa publication d'informations. Rendre les démarches liées au capital humain transparentes pour les parties prenantes

Le rapport Itō version capital humain 2.0 présente des exemples concrets pour chaque élément : un grand fabricant ayant bâti une base de données interne de richesses humaines pour organiser le partage de profils au sein du groupe, ou une entreprise informatique ayant fait de l'anglais sa langue de travail officielle pour faciliter le recrutement de talents internationaux. Chaque entreprise peut choisir l'ordre dans lequel avancer, selon sa taille et son stade de développement.

Les 4 étapes pour qu'une société de gestion locative adopte le jinteki shihon keiei

La bascule vers le jinteki shihon keiei ne se fait pas du jour au lendemain. Avancer par étapes, en s'appuyant sur une vision claire, est la condition pour que cela s'ancre durablement. Voici quatre étapes qu'une société de gestion locative peut mettre en pratique.

Étape 1 : clarifier la vision de direction et la partager

La direction doit d'abord expliquer, avec ses propres mots, « pourquoi nous nous engageons dans le jinteki shihon keiei », et la partager avec l'ensemble des salariés. Une philosophie ne se termine pas une fois formulée. Ce n'est qu'en la répétant à chaque occasion — réunion du matin, assemblée générale, journal interne, entretiens individuels — qu'elle finit par s'ancrer. Intégrer les comportements conformes à cette philosophie dans l'évaluation et les systèmes de reconnaissance accélère cette appropriation. La première cause qui vide une philosophie de son sens est que la direction elle-même cesse de s'y référer dans ses décisions quotidiennes. Montrer que l'on revient à cette philosophie précisément dans les moments difficiles transforme la philosophie : elle cesse d'être « un mot d'ordre venu d'en haut » pour devenir « notre propre principe d'action ».

Étape 2 : construire le processus de développement des richesses humaines

Il s'agit ensuite de concevoir le processus de développement qui permettra de réaliser cette vision. L'essentiel n'est pas une formation uniforme pour tous, mais un développement adapté aux compétences et au plan de carrière de chacun. On définit, pour chaque niveau hiérarchique, du junior à l'encadrement, les compétences attendues, puis on bâtit un plan de développement progressif.

Niveau hiérarchiqueObjectif de développementExemples de contenu de formation
JuniorAcquisition des bases, montée en compétence accéléréeConnaissance du secteur, savoir-être professionnel, formation sur le terrain (accompagnement pratique par un senior)
ConfirméRenforcement de l'expertise, encadrement des juniorsFormation aux compétences spécialisées, mentorat, bases du coaching
EncadrementManagement d'équipe, leadershipFormation au leadership, pensée stratégique, formation à l'évaluation des collaborateurs

Sur le plan des dispositifs, on combine formation sur le terrain, formation par niveau hiérarchique ou par métier, rotation des postes, évaluation des salariés, gestion par objectifs et mentorat. La formation d'accueil pose les bases, la formation sur le terrain affine les compétences pratiques, le mentor accompagne les questions, et l'évaluation régulière mesure la progression avant de fixer l'objectif suivant. L'objectif est que ce cycle tourne comme un système organisationnel. Il ne suffit pas de créer ces dispositifs : il faut vérifier qu'ils fonctionnent réellement sur le terrain et les faire évoluer avec le temps.

Étape 3 : revoir le système d'évaluation

Faire grandir les richesses humaines suppose un système d'évaluation juste et transparent. Au-delà de la performance à court terme, on intègre à l'évaluation l'acquisition de nouvelles compétences et la contribution à l'encadrement des juniors — une création de valeur à moyen et long terme. Des entretiens individuels réguliers, où manager et collaborateur échangent des retours dans les deux sens, cultivent une culture qui soutient la croissance de chacun.

Étape 4 : mobiliser la technologie (transformation numérique)

Maximiser les effets du jinteki shihon keiei suppose de mobiliser la technologie. L'introduction d'un SFA (outil d'aide à la vente) permet de partager, au niveau de l'organisation, un savoir-faire commercial qui reposait auparavant sur l'expérience individuelle, et de réduire ainsi la dépendance au savoir-faire d'une seule personne. La gestion centralisée des informations clients et des informations sur les biens améliore l'efficacité opérationnelle et libère du temps pour des tâches plus créatives. Mais la transformation numérique n'est pas une fin en soi : c'est un moyen d'accélérer le jinteki shihon keiei. En cohérence avec l'idée de fusionner la technologie et les qualités humaines, l'introduction d'un outil doit toujours s'accompagner d'une formation à son usage.

Comment éviter que le développement post-recrutement ne repose que sur le terrain ?

Le recrutement est la porte d'entrée du développement des richesses humaines, mais le recrutement seul ne rend pas une entreprise plus forte. Si ce que l'on apprend après le recrutement, de qui l'on reçoit des retours, et à quel stade on confie la relation client restent flous, la vitesse de progression dépend alors du hasard de l'affectation et de l'entente avec le supérieur direct. L'idée selon laquelle « on apprend naturellement sur le terrain » ne tient pas. Transformer l'expérience de terrain en apprentissage exige de décomposer le travail, d'accompagner en binôme, de débriefer, de vérifier les connaissances, de pratiquer des mises en situation et de revoir les échanges avec les clients.

Domaine de développementRisque si laissé au seul terrainEffet d'un dispositif structuré
Connaissance des biens et des contratsErreurs d'explication et oublis de vérification fréquentsLa qualité des explications se stabilise
Écoute du clientLa profondeur de l'écoute varie selon le collaborateurLa précision dans la compréhension des besoins augmente
Entretien commercial et visiteTendance à une approche trop orientée venteLes propositions emportent davantage l'adhésion
Traitement des réclamationsDépend uniquement de l'expérience personnelleLa première réponse et la prévention de la récidive s'accélèrent
DébriefingLes échecs ne s'accumulent pas comme apprentissageIls s'intègrent comme savoir organisationnel

Le développement des compétences n'a pas pour but de contrôler les salariés. Il vise à rendre reproductible une bonne pratique, et à transformer un échec — plutôt que de le laisser à la seule responsabilité individuelle — en apprentissage pour l'organisation.

La structure managériale verticale qui soutient la division horizontale du travail

Dans une organisation où la division du travail est poussée, il faut concevoir non seulement la répartition horizontale des rôles, mais aussi la chaîne de commandement verticale. Clarifier les rôles sur quatre niveaux — responsable de terrain, chef de service, directeur, direction générale — permet une affectation des ressources et une expression des compétences véritablement systématiques.

NiveauRôle principalResponsabilité en matière de développement des richesses humaines
Responsable de terrain (chef d'agence, responsable de site)Piloter l'activité commerciale en première ligneEncadrement et développement de l'équipe, gestion des objectifs
Chef de service (référent développement des richesses humaines)Coordonner plusieurs sitesÉlaboration du plan de formation sur le terrain, mise en œuvre des formations, évaluation et retours
Directeur (offre de services et développement d'activité)Réforme du modèle de service et des processus métierConception des rôles et définition des compétences requises pour élever la valeur délivrée
Direction générale (organisation et stratégie)Mise en place des systèmes RH, de la stratégie financière, du marketing et de l'infrastructure informatiqueFormulation et partage de la philosophie, décisions d'investissement dans les richesses humaines

À mesure que l'entreprise grandit, il devient nécessaire de revoir la situation où le dirigeant cumule les tâches opérationnelles de terrain. Déléguer le pouvoir — en structurant une fonction RH, en nommant un directeur financier, en créant un service marketing — et laisser la direction se concentrer sur la vue d'ensemble : c'est le point de bascule qui permet à une entreprise de croître dans la durée.

Comment le système d'évaluation et les occasions de prise de risque orientent la croissance des richesses humaines

Le système d'évaluation est le dispositif par lequel l'entreprise signale aux salariés « ce qu'elle considère comme un comportement de valeur ». Évaluer uniquement le chiffre d'affaires oriente les comportements vers le résultat à court terme. Évaluer uniquement la satisfaction client affaiblit l'attention portée à la rentabilité. Évaluer uniquement l'acquisition de connaissances distend le lien avec la performance opérationnelle réelle.

Dans le jinteki shihon keiei, l'évaluation doit porter à la fois sur le résultat et sur le processus. Pour une société de gestion locative, au-delà du nombre de contrats conclus ou du nombre de lots gérés, la précision des explications, la confiance des clients, le partage des connaissances au sein de l'équipe, l'encadrement des juniors et la conscience de la conformité réglementaire doivent aussi entrer dans l'évaluation. L'important n'est pas de multiplier les critères, mais de clarifier le comportement de croissance que la direction souhaite encourager. Si l'entreprise affiche « le client d'abord », alors le fait d'avoir expliqué en premier une information défavorable au client doit lui aussi être valorisé. Si elle affiche « la prise de risque », alors il faut aussi regarder ce qu'un salarié a appris de l'échec d'une mission nouvelle qu'il a tentée.

La prise de risque n'est pas du laisser-faire

La plupart des progrès ne viennent pas de la formation, mais de la prise de risque dans le travail réel : se voir confier un dossier un peu plus difficile, devenir le référent principal d'un client, participer à un projet d'amélioration, assister à un entretien de recrutement, encadrer un junior. Ce sont ces expériences qui transforment le savoir en capacité d'action. Mais offrir l'occasion ne suffit pas. La prise de risque exige un objectif, une marge d'autonomie, un accompagnement et un débriefing. Confier une responsabilité sans clarifier le périmètre laisse le collaborateur dans l'incertitude, et son entourage a du mal à le soutenir. À l'inverse, un supérieur qui anticipe tout à sa place empêche le jugement personnel de se développer.

  • Clarifier le périmètre de la mission confiée
  • Distinguer ce qui relève de l'échec tolérable et ce qui relève d'un standard à respecter
  • Désigner à l'avance qui consulter en cas d'hésitation
  • Après le dossier, débriefer sur le raisonnement suivi plutôt que sur le seul résultat
  • Partager avec l'organisation non seulement les réussites, mais aussi les points à améliorer

La sécurité psychologique, socle de la prise de risque

L'apparition ou non de la prise de risque dépend de l'atmosphère du lieu de travail. Dans un environnement où la sécurité psychologique est assurée, les membres s'expriment et prennent des initiatives sans crainte de l'échec, ce qui accroît, selon plusieurs études, la productivité et la créativité. Le projet de recherche de Google, baptisé « Aristote », a lui aussi conclu que le point commun des équipes les plus performantes était précisément cette sécurité psychologique.

Un malentendu fréquent mérite d'être corrigé : la sécurité psychologique ne consiste pas à créer un « lieu de travail bienveillant » au sens mou du terme. Son cœur est une tension saine, où chacun exige un haut niveau de l'autre tout en échangeant des retours francs sans crainte. Dans un environnement trop confortable, la croissance s'arrête. C'est quand exigence et sentiment de sécurité coexistent que les personnes donnent le meilleur d'elles-mêmes.

Nous partageons la conviction que « l'échec n'est pas une faute ; ne pas oser est la vraie faute », et nous avons cultivé, au fil du temps, une culture qui tolère l'échec et célèbre la prise de risque. Après chaque projet, l'équipe débriefe collectivement sur ce qui a fonctionné et ce qui n'a pas fonctionné, et discute ouvertement des cas qui n'ont pas abouti. En transformant en intelligence collective les questions « pourquoi cela a-t-il échoué » et « que fait-on la prochaine fois », on évite de répéter la même erreur, et l'échec s'accumule comme savoir organisationnel. Il y a cependant une distinction à faire : un échec né d'un manque de préparation ou d'attention appelle, lui, une analyse des causes et des mesures pour éviter qu'il se reproduise. Ce que nous encourageons n'est pas l'imprudence, mais la prise de risque qui s'accompagne d'un apprentissage.

À titre de repère, l'enquête 2022 de l'institut américain Gallup situait la part de « salariés pleinement engagés » au Japon à 5 %, soit la 128e place sur 129 pays étudiés. Ce chiffre montre que la plupart des entreprises japonaises n'ont pas encore posé les bases nécessaires à la prise de risque et au dialogue. Vu autrement, cela signifie aussi qu'une entreprise capable d'agir sur ce point dispose là d'une marge de progression considérable — un signal utile pour un investisseur qui évalue la qualité de gestion d'un opérateur japonais.

Accompagnement de carrière et organisation du travail : le choix des richesses humaines en région

L'accompagnement de carrière est souvent présenté comme un simple élément de rétention ou un avantage social parmi d'autres. Mais du point de vue du jinteki shihon keiei, c'est un investissement qui accroît la valeur d'entreprise. Dans une entreprise où le salarié ne peut pas se projeter, le travail quotidien se réduit au traitement de tâches immédiates. Quand la voie vers plus d'expertise, la voie vers le management, ou la voie vers de nouveaux projets et la construction de dispositifs sont visibles, la personne trouve une raison d'apprendre.

Dans l'immobilier, la carrière n'est pas un chemin unique. Commercial, gestion locative, intermédiation en vente, conseil en investissement, gestion de patrimoine, marketing, recrutement, formation, gestion d'agence, pilotage de la transformation numérique : les domaines de spécialisation sont multiples. Le cœur de l'accompagnement de carrière consiste à identifier les points forts de chacun et à les relier aux domaines de croissance de l'entreprise. Il ne s'agit pas de dire « développez-vous librement » et de s'en remettre entièrement à l'intéressé, mais de trouver le point de rencontre entre les compétences dont l'entreprise a besoin et celles que la personne souhaite développer, puis de le traduire en occasions concrètes.

L'organisation du travail élargit directement l'éventail des richesses humaines accessibles au recrutement. Il existe, entre les métropoles et les régions, un déséquilibre de ressources économiques et humaines, et les régions comptent encore de nombreuses richesses humaines sous-employées. Avec une infrastructure cloud et un environnement de télétravail bien conçus, des richesses humaines de qualité vivant en région peuvent prendre en charge la gestion de biens situés en centre-ville. Les propriétaires bénéficient d'un service à coût maîtrisé et de haute qualité, et les régions gagnent de nouveaux emplois. Cette démarche qui ouvre un terrain de croissance aux profils en région ou sans expérience préalable répond à un enjeu de société tout en constituant, dans un secteur où la concurrence pour recruter est vive, une stratégie de richesses humaines parfaitement réaliste.

Si vous rencontrez des difficultés dans la structuration de votre dispositif de gestion locative ou dans l'affectation de vos richesses humaines, la consultation gratuite d'INA peut être un premier pas pour clarifier votre situation.

Comment l'investissement en richesses humaines agit-il sur la productivité et le turnover ?

L'investissement dans les richesses humaines se répercute sur la valeur d'entreprise à travers cinq mécanismes : la mise en visibilité des compétences, la hausse de la productivité, le renforcement de l'engagement, le renforcement de la marque, et une meilleure appréciation par les investisseurs. Voyons-les un par un.

1. Mise en visibilité des compétences : un programme de développement structuré fait apparaître clairement les compétences et connaissances de chaque salarié. L'affectation aux bons postes, en fonction des points forts de chacun, devient possible, et la performance de l'organisation dans son ensemble progresse.

2. Hausse de la productivité : la montée en compétence se traduit directement par des gains d'efficacité opérationnelle. Au-delà de l'introduction d'outils numériques, la formation à leur usage permet d'automatiser les tâches répétitives, et les salariés peuvent se concentrer sur des missions à plus forte valeur ajoutée.

3. Renforcement de l'engagement des salariés : sentir que l'entreprise investit réellement dans sa propre progression renforce la motivation et l'attachement à l'entreprise. Le sentiment « je veux continuer à travailler ici » se développe, ce qui fait baisser le turnover et retient les meilleures richesses humaines.

4. Renforcement de la marque employeur : la réputation d'« entreprise qui prend soin de ses collaborateurs » renforce la confiance sociale et l'image de l'entreprise. Elle facilite la confiance des clients, et fait aussi une différence considérable en matière de recrutement.

5. Amélioration de la perception par les investisseurs : au-delà des informations financières, les investisseurs accordent désormais une importance croissante aux informations extra-financières qui mesurent la durabilité de l'entreprise — en particulier les démarches liées au capital humain. Les entreprises engagées dans le jinteki shihon keiei accèdent plus facilement à un financement stable et à de nouveaux investissements de croissance.

Que cette chaîne de causalité soit réelle, plusieurs recherches le montrent. Une étude de la Harvard Law School, portant sur 36 articles analysant la relation entre formation des salariés et performance financière, a trouvé une corrélation positive entre investissement dans la formation et amélioration de la performance dans 22 d'entre eux. Une étude sur des entreprises britanniques, où la publication d'informations sur le capital humain est plus développée, a rapporté un profit par livre investie dans le développement des richesses humaines environ 2,6 fois supérieur, et une marge opérationnelle supérieure de 33 %. Une étude de la Wharton School a établi que les entreprises où l'engagement des salariés envers l'entreprise est élevé affichent, sur trois ans, un retour sur investissement supérieur de 4 points. Un autre rapport indique que la rentabilité progresse de 21 % dans les organisations à fort engagement.

Dans les services, ce lien de causalité a été formalisé sous le nom de « chaîne service-profit » (service-profit chain) : la satisfaction des salariés augmente, la qualité de service augmente, la satisfaction client augmente, la performance augmente. Ramené à la gestion locative, un gestionnaire qui dispose de la marge nécessaire pour bien traiter chaque dossier se traduit par une réponse plus rapide et plus soignée aux locataires, ce qui limite les départs et génère des recommandations.

Domaine d'investissementEffet attenduIndicateur de mesure
Formation au développement des compétencesHausse de la productivité, amélioration de la qualitéChiffre d'affaires, lots gérés par personne, satisfaction client
Accompagnement de carrièreRenforcement de l'engagementTurnover, taux de promotion interne
Développement du leadershipRenforcement de la capacité organisationnellePerformance d'équipe, taux de réussite des projets
Amélioration des avantages sociauxRenforcement de l'attractivité au recrutementNombre de candidatures, indicateurs de santé

L'horizon temporel des effets mérite d'être connu. Les effets d'une formation aux compétences apparaissent en général sous 3 à 6 mois, ceux liés à l'engagement sous 6 mois à 1 an, et ceux de l'accompagnement de carrière sous 1 à 3 ans. Il faut donc s'abstenir de réagir aux chiffres à court terme et considérer la continuité comme un prérequis.

Les 5 mécanismes par lesquels l'investissement en richesses humaines renforce la marque et le pouvoir d'attraction au recrutement

La marque d'une entreprise n'est ni un logo ni une campagne publicitaire : c'est l'ensemble des valeurs incarnées par chaque salarié. Le salarié est le « visage » de l'entreprise dans son contact avec les clients et la société, et son comportement détermine la confiance accordée à la marque. Le chemin par lequel la gestion des richesses humaines renforce la marque peut se résumer en cinq points.

1. Renforcement de l'engagement des salariés : un salarié qui sent que l'entreprise prend au sérieux sa propre progression approfondit sa confiance et son attachement envers elle. Cette conviction se retrouve dans la relation client au quotidien. Clarifier et partager la mission, la vision et les valeurs façonne la culture d'entreprise, et cela finit par nourrir la valeur de marque.

2. Création d'innovation : dans un environnement où la sécurité psychologique est assurée et où des richesses humaines diverses peuvent exprimer leurs compétences, des échanges d'idées animés font naître de nouvelles idées. Une culture qui encourage la prise de risque et tolère l'échec accélère l'innovation.

3. Renforcement de l'attractivité au recrutement : la réputation « cette entreprise prend soin de ses salariés », « il y a un environnement où l'on peut progresser » agit comme un aimant pour attirer les meilleures richesses humaines. Les candidats d'aujourd'hui accordent une importance croissante non seulement au salaire et aux avantages, mais aussi à « pourquoi je travaille » et à « quelle valeur cette entreprise apporte-t-elle à la société ».

4. Construction de la fidélité client : des salariés fiers de leur entreprise inspirent confiance aux clients. Comme le veut la formule « pas de satisfaction client sans satisfaction des salariés », de nombreuses études montrent une corrélation positive entre satisfaction des salariés et satisfaction des clients. C'est cette conviction qui pousse une enseigne comme Starbucks à ne pas imposer un manuel rigide, et à laisser chaque équipier réfléchir lui-même au « meilleur accueil pour ce client ». Un client satisfait ne se contente pas de revenir : il en parle autour de lui.

5. Gain de confiance auprès de la société : dans un contexte d'expansion de l'investissement ESG, la manière dont une entreprise assume sa responsabilité envers ses salariés et la société pèse directement sur l'appréciation des investisseurs et de l'opinion. L'investissement dans le capital humain et sa publication renforcent la transparence et la fiabilité de l'entreprise. À l'inverse, si des pratiques négligeant les salariés — heures excessives, harcèlement — remontent à la surface, la réputation se dégrade instantanément et la marque en pâtit. La gestion des richesses humaines est donc aussi, en soi, un outil de maîtrise du risque de réputation.

Catégorie d'actionMise en œuvre concrèteObjectif
Système d'évaluation et de rémunération équitableConstruire un système transparent évaluant la performance et la contribution sous plusieurs angles, avec l'ambition d'atteindre le meilleur niveau de rémunération du secteurRenforcer la motivation et garantir une juste rémunération du travail
Offre continue d'occasions d'apprentissageSoutien à l'obtention de certifications immobilières spécialisées, et incitation à participer à des formations et séminaires externes selon le plan de carrière de chacunRenforcer l'expertise et la valeur sur le marché, au service de la croissance de l'entreprise
Culture qui encourage la prise de risquePartager la conviction « l'échec n'est pas une faute ; ne pas oser est la vraie faute » et bâtir un environnement à forte sécurité psychologiqueFaire émerger une innovation libérée des idées reçues
Promotion du bien-êtreHoraires flexibles, télétravail, accompagnement en santé mentaleMaximiser la performance et soutenir une carrière construite sur la durée

Ce qu'enseignent les exemples d'investissement en richesses humaines dans l'immobilier, au Japon et à l'étranger

Voyons, à partir de cas rendus publics, à quoi ressemble concrètement l'investissement en richesses humaines. Certains éléments ne seront pas transposables à votre échelle, mais ils donnent matière à réfléchir sur la direction à prendre.

Exemples japonais

Mitsui Fudosan s'est fixé pour objectif de former 25 % de ses salariés aux compétences numériques d'ici 2030, avec un budget de formation cumulé d'environ un milliard de yens (soit environ 6,3 millions d'euros, à un taux de change approximatif de 160 JPY pour 1 EUR). C'est un exemple où la stratégie de transformation numérique et le dispositif de développement des richesses humaines sont directement reliés : le profil de richesses humaines nécessaire se déduit de la stratégie d'entreprise, et non l'inverse.

Open House Group gère de manière centralisée les données de richesses humaines de l'ensemble de ses quelque 6 000 salariés, et mobilise cette information de façon stratégique. L'entreprise revendique un modèle d'affaires original et un taux de croissance moyen du chiffre d'affaires de 28 %, qui l'aurait portée au 4e rang du secteur, avec un chiffre d'affaires supérieur à 1 000 milliards de yens (soit environ 6,25 milliards d'euros au même taux approximatif). Les grands groupes comme Tokyu Fudosan Holdings publient, dans leur rapport financier annuel, une stratégie et des indicateurs de capital humain reliés explicitement à leur vision de moyen et long terme, pour rendre lisible leur récit de création de valeur par les richesses humaines.

Exemples étrangers

JLL, l'un des grands groupes internationaux de services immobiliers, a déployé un programme de développement du leadership baptisé « Real Leadership ». Les résultats rapportés : un taux de rétention de 87 % pour les équipes des managers ayant suivi le programme, un taux de promotion de 11 % pour ces managers (contre 6 % pour le groupe témoin), et une progression de 10 % des indicateurs de diversité. C'est un cas où l'investissement au niveau de l'encadrement se répercute sur la rétention des équipes qu'il dirige.

Camden Property Trust, une REIT américaine spécialisée dans le logement locatif, a construit, à partir de la satisfaction de ses salariés, un service stable aux locataires et un taux d'occupation élevé, ce qui s'est traduit par une hausse durable de son cours de bourse. C'est un exemple qui montre, dans l'exploitation d'un patrimoine résidentiel, le lien direct entre satisfaction des salariés et taux d'occupation — un indicateur d'exploitation aussi suivi par les investisseurs occidentaux que par leurs homologues japonais.

Le point commun à tous ces cas est que l'investissement en richesses humaines est relié à la stratégie d'entreprise. Ce n'est pas « on forme parce que c'est une bonne chose », mais « cette stratégie exige telle compétence », dans cet ordre précis.

Comment concilier profit à court terme et investissement à long terme : intégrité et empathie comme socle du leadership

Un dirigeant a la responsabilité d'atteindre des objectifs trimestriels, tout en devant garder en vue la croissance durable à cinq ou dix ans. Ce dilemme se manifeste avec le plus d'acuité dans l'investissement en richesses humaines. Réduire le budget de formation pour préserver le résultat immédiat produit un effet de baisse des coûts à court terme. Mais la douleur de cette réduction reste invisible sur le moment ; elle se révèle, quelques années plus tard, sous la forme d'un écart de compétences sévère et d'une pénurie de richesses humaines.

Les données confirment qu'une gestion orientée long terme porte ses fruits. Une étude McKinsey portant sur plus de 600 entreprises cotées américaines sur 15 ans montre que les entreprises dirigées par des PDG pensant la croissance sur le long terme affichaient, en moyenne, un chiffre d'affaires supérieur de 47 % et un profit supérieur de 36 % à celui des entreprises comparables. Mais ces entreprises orientées long terme représentaient moins de 5 % de l'échantillon. C'est la pression des objectifs trimestriels, à laquelle la plupart des entreprises ne peuvent échapper, qui explique cet écart.

Trois leviers pratiques permettent de concilier les deux horizons. D'abord, le dirigeant doit porter lui-même une vision de long terme claire et expliquer en interne où mènent, à terme, les objectifs de court terme. Ensuite, il faut fixer, en parallèle des indicateurs à court terme (chiffre d'affaires, profit), des indicateurs à long terme — satisfaction client, avancement du développement des richesses humaines, préparation de la relève — et les examiner avec le même poids. Enfin, il faut décider de réinvestir dans l'avenir précisément lorsque les résultats sont bons. Court terme et long terme ne s'opposent pas : c'est l'accumulation du court terme qui façonne le long terme. La question à se reposer sans cesse est : « en quoi cette action sert-elle l'avenir ? ».

Un leadership fondé sur l'intégrité et l'empathie

La capacité à poursuivre l'investissement en richesses humaines finit par se ramener à l'attitude du dirigeant. Ce que je privilégie, personnellement, ce sont l'intégrité et la capacité d'empathie. Un dirigeant intègre est quelqu'un qui tient une éthique constante et assume la responsabilité de ses paroles comme de ses actes. Tenir parole, bâtir la confiance par une conduite cohérente, reconnaître sa faute et en assumer la responsabilité en cas d'échec : cette constance forme le socle qui empêche l'organisation de vaciller dans les moments difficiles. Kazuo Inamori, fondateur de Kyocera, avait pour credo de fonder toute décision de gestion sur la question « qu'est-ce qui est juste, en tant qu'être humain ? » — une philosophie partagée par l'ensemble de ses salariés, devenue le socle éthique de l'organisation.

La capacité d'empathie est la capacité à comprendre et à respecter la position et les émotions d'autrui. Un dirigeant doté d'une forte empathie écoute la voix de ses équipes et leur apporte le soutien nécessaire, ce qui procure un sentiment de sécurité psychologique. Dans une organisation où travaillent ensemble des personnes aux valeurs et aux parcours variés, l'empathie devient aussi la clé de voûte du management de la diversité. Satya Nadella, PDG de Microsoft, a opéré un virage vers un leadership empathique et conduit une transformation culturelle qui privilégie le bien-être et la diversité des salariés — une démarche largement documentée comme ayant renforcé la motivation et la créativité des équipes, et accéléré la croissance du groupe.

L'empathie n'est pas déterminée uniquement par un trait de caractère inné. C'est une capacité que l'on peut développer par la pratique, en affinant sa technique d'écoute et en prenant l'habitude d'imaginer le contexte et l'histoire de l'autre. L'intégrité et l'empathie sont à la fois le socle du leadership et des compétences pratiques que l'on continue de travailler jour après jour.

Publication d'informations sur le capital humain et gestion du risque : les indicateurs que la direction doit suivre

L'investissement en richesses humaines comporte aussi des risques que la direction doit maîtriser. Un salarié formé qui part chez un concurrent, un effet difficile à mesurer, des compétences développées qui ne correspondent pas à la stratégie : ce sont des situations bien réelles, mais qui se gèrent.

RisqueDescriptionMesure de gestion
Risque de départ des richesses humainesUn salarié formé part chez un concurrentPromotions et augmentations équitables, modes de travail flexibles, mesures de renforcement de l'engagement
Difficulté à mesurer les résultatsL'évaluation quantitative de l'effet d'une formation est difficileFixer des indicateurs, les suivre et les rendre visibles
Décalage dans l'orientation de l'investissementDévelopper des compétences qui ne correspondent pas à la stratégie d'entrepriseDéfinir le profil de richesses humaines requis à partir de la vision à moyen et long terme, et bâtir un plan

Le moyen le plus efficace de minimiser ces risques est de relier l'investissement en richesses humaines à la stratégie d'entreprise. Comme Mitsui Fudosan a conçu son dispositif de développement des richesses humaines numériques en cohérence avec sa stratégie de transformation numérique, dès lors que « l'objet de l'investissement » est clair, l'orientation du développement et la conception de la mesure des effets se fixent d'elles-mêmes.

Ce qui compte dans la publication d'informations, c'est le récit, pas seulement les chiffres

Les sociétés cotées sont tenues de mentionner les informations relatives au capital humain dans leur rapport financier annuel, et une publication volontaire est également recommandée aux sociétés non cotées. Un lecteur familier du contexte européen y reconnaîtra un mouvement parallèle à la Déclaration de performance extra-financière puis à la CSRD, avec des rubriques comparables : politique de développement des richesses humaines, montant investi en formation, score d'engagement des salariés, indicateurs de diversité, évolution du taux de rotation du personnel.

Ce qui compte ici n'est pas d'aligner des chiffres, mais de montrer, sous forme de récit concret, comment la stratégie d'entreprise et la stratégie de richesses humaines s'articulent. Un raisonnement du type « pour atteindre cet objectif d'affaires, il nous faut des richesses humaines dotées de telle compétence ; c'est pourquoi nous avons fait tel investissement ; et nous en suivons l'avancement avec tel indicateur » se comprend aussi bien par un investisseur que par un candidat au recrutement.

Domaine à observerExemples d'indicateursSens pour la gestion
DéveloppementTaux de participation aux formations, certifications obtenues, avancement de la formation sur le terrain, taux de réalisation des entretiensLes occasions de progresser sont-elles réellement offertes ?
ÉvaluationDegré d'adhésion à l'évaluation, fréquence des retours, compréhension des critères de promotionLe système d'évaluation encourage-t-il les comportements de croissance ?
Prise de risqueNombre de participations à de nouveaux dossiers, nombre de propositions d'amélioration, historique d'élargissement des rôlesLa prochaine génération de richesses humaines se développe-t-elle ?
Relation clientSatisfaction client, taux de recommandation, taux de récidive des réclamations, rapidité de réponseLa qualité de service progresse-t-elle ?
OrganisationTaux de rétention, engagement, résultats de mobilité interne et d'appels à candidatures internesL'environnement permet-il aux richesses humaines de créer de la valeur sur la durée ?
Valeur d'entrepriseNombre de candidatures, notoriété de la marque, rentabilité, taux de fidélisationL'investissement dans les personnes se traduit-il en performance d'affaires ?

Multiplier les indicateurs n'est pas en soi une qualité. L'essentiel est de choisir ceux qui se rattachent à la stratégie d'entreprise, et de les revoir régulièrement. Ne suivre que les chiffres finit par les vider de sens ; ne pas les regarder du tout laisse les points à améliorer dans le flou.

En résumé : ce qui transforme la productivité et la rétention d'une société de gestion locative, c'est l'investissement en richesses humaines

Le jinteki shihon keiei n'est pas un mot à la mode. C'est une stratégie de gestion fondamentale pour qu'une entreprise traverse une époque de changements rapides et croisse durablement. Dans un secteur comme la gestion locative, où le jugement humain détermine la qualité du service, cet effet se lit dans des chiffres concrets : lots gérés par personne, taux de rotation du personnel, satisfaction des locataires.

L'ordre à suivre n'a rien de compliqué. D'abord, la direction met en mots et partage « pourquoi investir dans les personnes » ; ensuite, elle fait passer le processus de développement du seul terrain à un dispositif structuré ; puis elle clarifie, à travers le système d'évaluation, les comportements souhaités ; elle prépare méthodiquement des occasions de prise de risque ; et elle élève, comme un effort d'organisation, la qualité de la relation client. Faire tourner sans relâche ces cinq actions, c'est transformer le développement des richesses humaines en un véritable système de gestion.

L'idée que les richesses humaines constituent le premier patrimoine de l'entreprise ne suffit pas en tant que simple déclaration de principe. Ce n'est qu'une fois traduite dans le management quotidien, l'évaluation, la manière de déléguer et les standards de relation client qu'elle devient une véritable culture d'entreprise. Nous, INA&Associates株式会社, sommes convaincus que rehausser la valeur que nous apportons, à travers l'investissement dans les richesses humaines, est le chemin qui contribue à la satisfaction de nos clients et à la prospérité de la société dans son ensemble. Quel que soit le degré de progrès de la technologie, c'est une personne qui accompagne la vie du client et lui apporte de la valeur.

Si vous rencontrez des difficultés dans la structuration de votre dispositif de gestion locative ou dans le développement de vos richesses humaines, n'hésitez pas à nous consulter. Nous serons heureux de réfléchir avec vous à un chemin de croissance durable.

Signature du CEO d'INA&Associates

Questions fréquentes (FAQ)

Quelle est la différence entre le jinteki shihon keiei et la gestion RH traditionnelle ?

La gestion RH traditionnelle partait avant tout de la volonté de minimiser la masse salariale comme un « coût ». Le jinteki shihon keiei repositionne les dépenses liées aux richesses humaines comme un « investissement », dont on cherche à maximiser la valeur pour accroître la valeur d'entreprise à moyen et long terme. L'axe d'évaluation s'élargit lui aussi : des indicateurs de court terme comme le taux de distribution du travail ou le ratio de charges salariales, vers des indicateurs de moyen et long terme comme l'engagement ou le retour sur investissement.

Une PME ou une petite société de gestion locative peut-elle aussi mettre en œuvre le jinteki shihon keiei ?

Oui. Quelle que soit la taille de l'entreprise, le principe fondamental — traiter les richesses humaines comme une priorité — ne change pas. Une PME, où la distance entre la direction et les salariés est plus courte, a même l'avantage de pouvoir partager sa vision plus facilement et de déployer ses actions plus rapidement. On peut commencer à l'échelle qui convient : instaurer des entretiens réguliers, organiser des groupes d'étude internes, ou prendre en charge une partie du coût des certifications professionnelles.

Que faire si l'on ne peut pas consacrer un budget important au développement des richesses humaines ?

Des méthodes à faible coût existent : des groupes d'étude internes animés par des salariés expérimentés, une formation sur le terrain structurée en dispositif plutôt que laissée à l'improvisation, ou le recours à des aides publiques pour financer des programmes de formation. Ce qui compte n'est pas le montant du budget, mais la volonté de l'entreprise de faire grandir ses richesses humaines, et sa capacité à traduire cette volonté en dispositif du quotidien.

Comment mesurer l'effet d'un investissement en richesses humaines ?

Il faut combiner plusieurs indicateurs pour avoir une vue d'ensemble. Aux indicateurs extra-financiers — enquête de satisfaction des salariés, score d'engagement, taux de rotation du personnel — s'ajoutent des indicateurs de productivité suivis dans la durée, comme le chiffre d'affaires par personne ou le nombre de lots gérés par personne. L'évolution de la performance après une formation, les résultats des enquêtes de satisfaction client et l'évolution du taux de recommandation sont également utiles. L'essentiel est d'analyser la corrélation entre ces indicateurs extra-financiers et financiers, puis de la réinjecter dans la stratégie d'entreprise.

Pourquoi le jinteki shihon keiei est-il particulièrement important dans la gestion locative ?

Parce que la communication directe avec les locataires et les propriétaires est au cœur du métier, et que la qualité de service dépend fortement de la compétence individuelle du gestionnaire. Investir dans les richesses humaines pour renforcer l'expertise et les qualités relationnelles se traduit directement par une meilleure satisfaction client et une gestion plus stable. C'est aussi une réponse concrète aux défis propres au secteur : pénurie de main-d'œuvre, forte intensité de travail, dépendance au savoir-faire individuel.

Comment concilier transformation numérique et jinteki shihon keiei ?

La transformation numérique doit être vue comme un moyen d'accélérer le jinteki shihon keiei. Le point clé est d'utiliser la technologie pour fluidifier les tâches répétitives, afin que les salariés puissent se concentrer sur des missions plus créatives et à plus forte valeur ajoutée. Introduire un outil ne suffit pas à produire cet effet : il faut l'accompagner d'une formation à son usage et d'une réflexion sur l'emploi du temps ainsi libéré.

La publication d'informations sur le capital humain est-elle obligatoire ?

Pour les sociétés cotées, la mention d'informations sur le capital humain dans le rapport financier annuel est obligatoire depuis l'exercice clos en mars 2023, pour environ 4 000 sociétés cotées japonaises. Les sociétés non cotées n'y sont pas soumises, mais une publication volontaire est recommandée. Les principales rubriques sont la politique de développement des richesses humaines, le montant investi en formation, le score d'engagement, les indicateurs de diversité et l'évolution du taux de rotation du personnel.

Liens de référence

Daisuke Inazawa, President & CEO of INA&Associates Inc.

Auteur

Président-directeur généralINA&Associates Inc.

Président-directeur général d'INA&Associates Inc. Dirige le courtage immobilier, la location et la gestion de biens dans le Grand Tokyo et la région du Kansai. Spécialisé dans la stratégie d'investissement en immobilier de rendement et le conseil aux grandes fortunes.

Daisuke Inazawa est le président-directeur général d'INA&Associates Inc., une société immobilière japonaise dont le siège se trouve à Osaka et qui dispose d'une succursale à Tokyo. Il dirige les trois activités fondamentales du groupe — courtage en vente immobilière, location et gestion de biens — dans le Grand Tokyo et la région du Kansai.

Ses domaines d'expertise recouvrent la stratégie d'investissement en immobilier de rendement, l'optimisation de la rentabilité des opérations locatives, le conseil immobilier destiné aux grandes fortunes (UHNWI) et aux investisseurs institutionnels, ainsi que l'investissement immobilier transfrontalier. Il fournit un conseil de long terme, fondé sur les données, à une clientèle d'investisseurs au Japon comme à l'étranger.

Sous la devise « l'actif le plus précieux d'une entreprise, ce sont ses hommes », il positionne INA&Associates comme une « entreprise d'investissement dans le capital humain » et s'engage à créer une valeur d'entreprise durable par le développement des talents. En tant que dirigeant, il s'exprime également sur le leadership et la culture organisationnelle en période de changement.

Il a obtenu onze qualifications professionnelles japonaises : courtier immobilier agréé (Takken), Master agréé en conseil immobilier, gestionnaire agréé de copropriétés, superviseur agréé de gestion d'immeubles, professionnel certifié de gestion locative, gyōseishoshi (juriste administratif), responsable certifié de la protection des données personnelles, responsable de prévention incendie de classe A, spécialiste certifié de l'immobilier vendu aux enchères, ingénieur de maintenance de copropriétés, et superviseur agréé des opérations de crédit.

  • Courtier immobilier agréé (Takken)
  • Master agréé en conseil immobilier
  • Gestionnaire agréé de copropriétés
  • Superviseur agréé de gestion d'immeubles
  • Professionnel certifié de gestion locative
  • Gyōseishoshi (juriste administratif)
  • Responsable certifié de la protection des données personnelles
  • Responsable de prévention incendie de classe A
  • Spécialiste certifié de l'immobilier aux enchères
  • Ingénieur de maintenance de copropriétés
  • Superviseur agréé des opérations de crédit