Dans l'investissement et la cession immobilière, une compréhension précise de l'amortissement et de la durée d'utilisation légale est une connaissance indispensable pour maximiser l'effet de réduction d'impôt. Cet article présente, de manière opérationnelle, les trois conceptions de la durée d'utilisation et les formules de calcul lorsque la durée d'utilisation légale est ou n'est pas dépassée.
Qu'est-ce que la « durée d'utilisation » d'un bien immobilier ? Trois conceptions
Il existe trois types de durées d'utilisation pour un bien immobilier. Dans l'investissement et la fiscalité, on utilise principalement la durée d'utilisation légale.
Durée d'utilisation physique
La durée d'utilisation physique est le nombre d'années jusqu'à ce que le bâtiment ne puisse plus être utilisé en raison de sa dégradation. Elle désigne la période pendant laquelle la structure et la qualité des matériaux peuvent perdurer, concept proche de celui appliqué aux téléviseurs et appareils électroménagers, dont l'application aux biens immobiliers reste limitée.
Durée d'utilisation légale
La durée d'utilisation légale est le nombre d'années de référence fixé par l'État dans le droit fiscal afin de calculer équitablement la valeur des biens immobiliers. Aucune restriction d'usage ne s'applique au-delà de cette durée, et celle-ci sert au calcul de la taxe sur les actifs immobilisés et de l'amortissement. C'est l'indicateur le plus important dans la pratique immobilière.
Durée d'utilisation économique
La durée d'utilisation économique est la période au terme de laquelle la valeur immobilière disparaît. Elle n'est pas calculée en fonction du nombre d'années jusqu'à la rupture physique, mais en tenant compte de la dégradation fonctionnelle du bâtiment et des perspectives de réparation. Pour des raisons d'équité, la durée d'utilisation légale prime dans la pratique fiscale et immobilière.
Comment fonctionne l'amortissement lors de la cession d'un bien immobilier ?
L'amortissement est un traitement comptable qui consiste à déduire des livres, année après année, la part de valeur perdue par les actifs immobilisés tels que les bâtiments, véhicules ou équipements. Il diminue la valeur de l'actif de manière uniforme, indépendamment du degré réel de dégradation. À noter que le terrain ne s'amortit pas (car, comptablement, sa valeur est considérée comme inchangée). Lors d'une cession immobilière, l'amortissement se calcule en séparant le « prix du terrain » et le « prix du bâtiment ».
Tableau des durées d'utilisation légales par structure et usage
Durée d'utilisation par structure
- Ossature bois avec mortier : 20 ans
- Bois / résine synthétique : 22 ans
- Brique, bloc ou pierre : 38 ans
- Béton armé (RC) / béton armé à ossature acier (SRC) : 47 ans
Durée d'utilisation par usage (cas du RC)
- Usage résidentiel : 47 ans
- Usage de bureaux : 50 ans
- Usage de commerce : 39 ans
- Usage de restauration : 41 ans
Lorsqu'un même bâtiment a plusieurs usages, la durée d'utilisation de l'usage principal s'applique. Exemple : bâtiment RC avec étages 1 à 7 en bureaux et 8 à 10 en logements → on applique les 50 ans de l'usage bureau.
Méthode de calcul lorsque la durée d'utilisation légale n'est pas dépassée
Formule de calcul lorsque l'âge du bâtiment est dans la durée d'utilisation légale :
Durée d'utilisation = (durée d'utilisation légale − âge) + âge × 0,2 (arrondi à l'entier inférieur)
Exemple : bureau RC âgé de 10 ans (légal 50) → (50 − 10) + 10 × 0,2 = 42 ans
Méthode de calcul lorsque la durée d'utilisation légale est dépassée
Formule de calcul lorsque l'âge du bâtiment dépasse la durée d'utilisation légale :
Durée d'utilisation = durée d'utilisation légale × 0,2 (arrondi à l'entier inférieur)
Exemple : restaurant en bois ayant dépassé la durée légale (20 ans) → 20 × 0,2 = 4 ans
À lire également
- Stratégie de sortie immobilière à l'ère de l'inflation et de la flambée des coûts de construction | Vendre ou conserver : explication détaillée
- Éviter les risques grâce à un second avis en investissement immobilier | Comment recourir aux experts pour prévenir l'échec
- Quatre règles d'or pour éviter de surpayer dans l'investissement immobilier | De l'évaluation d'un loyer juste à la maîtrise des coûts de leasing
Foire aux questions (FAQ)
Q. L'amortissement s'applique-t-il aussi au terrain ?
Non. Le terrain n'est pas amortissable. Lors d'une cession immobilière, il faut calculer le terrain et le bâtiment séparément.
Q. Un bâtiment ayant dépassé la durée d'utilisation légale ne peut-il plus être utilisé ?
Non. La durée d'utilisation légale n'est qu'un critère fiscal et n'impose aucune restriction d'usage. Le bien peut continuer à être exploité ou vendu après ce délai.
Q. Quel est l'impact en investissement lorsqu'un bien d'occasion a une durée d'utilisation résiduelle courte ?
Plus la durée d'utilisation résiduelle est courte, plus l'amortissement annuel est important, ce qui accroît l'effet de réduction d'impôt en début de période. En contrepartie, la durée du financement peut être plus courte, il faut donc considérer également l'impact sur la trésorerie.
Q. Quelle durée d'utilisation s'applique lorsque résidentiel et bureaux coexistent dans le même bâtiment ?
La durée d'utilisation légale de l'usage principal s'applique. Par exemple, si la majeure partie du bâtiment est en bureaux, on retient les 50 ans propres à cet usage.