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COLUMN

Flambée des prix immobiliers dans les 23 arrondissements de Tokyo et impact des investisseurs étrangers | Marché des appartements du centre-ville

Analyse de la hausse des prix immobiliers à Tokyo et de l'impact des investisseurs étrangers sur le marché des appartements du centre-ville.

Dernière mise à jour: Lecture d'environ 3 min

Les prix de l'immobilier dans les 23 arrondissements de Tokyo ont connu une flambée spectaculaire ces dernières années, avec l'apparition de nombreux appartements à plus d'un milliard de yens (okushon). Outre les facteurs économiques comme les taux d'intérêt bas et la dépréciation du yen, les achats effectués par des investisseurs étrangers fortunés jouent un rôle déterminant. Cet article explique, de manière accessible, la réalité de cette hausse des prix et l'impact des investisseurs étrangers. Des données chiffrées permettront d'analyser l'état actuel des hausses, les inégalités territoriales, les tendances des investisseurs étrangers (notamment chinois) et les défis liés à la transparence des transactions immobilières.

Pourquoi les prix de l'immobilier dans les 23 arrondissements de Tokyo ont-ils autant augmenté ?

Les prix de l'immobilier dans les 23 arrondissements de Tokyo ont atteint des niveaux records. En 2023, le prix moyen d'un appartement neuf en région métropolitaine s'établissait à 81,01 millions de yens, dépassant largement le précédent record de la bulle spéculative (61,23 millions en 1990), soit une hausse de 28,8 % en un an. Dans les 23 arrondissements en particulier, la moyenne a franchi pour la première fois la barre des 100 millions de yens (114,83 millions, +39,4 % sur un an), surpassant de loin les autres régions.

Cette flambée s'explique par plusieurs facteurs interdépendants :

  • Taux d'intérêt très bas sur le long terme : Le taux directeur japonais reste inférieur à 0,5 % fin 2023, très loin de ceux des autres grandes économies. Les taux hypothécaires gravitent autour de 1 à 2 %, bien inférieurs à ceux en vigueur aux États-Unis ou en Royaume-Uni (6–7 %), ce qui attire les investisseurs nationaux et étrangers.
  • Dépréciation historique du yen : Le yen a chuté à environ 150 yens pour un dollar, son niveau le plus bas depuis 1990. Les étrangers peuvent ainsi acquérir de l'immobilier japonais avec une décote de 30 %, ce qui attire les investisseurs aisés du monde entier.
  • Reprise et hausse du tourisme entrant : Les touristes étrangers affluent au Japon depuis la fin de la pandémie. Les prix des terrains commerciaux en zone centrale ont progressé de 7,0 % en 2024 selon le prix indicatif national, sous l'effet de la demande touristique.
  • Hausse des coûts de construction : Les perturbations mondiales des chaînes d'approvisionnement, la flambée des matières premières et la pénurie de main-d'œuvre dans le BTP ont fortement renchéri les coûts de construction des logements collectifs.

L'impact des investisseurs étrangers sur le marché immobilier de Tokyo

L'une des causes indéniables de la hausse des prix est la présence accrue des investisseurs étrangers. Selon une enquête de Mitsubishi UFJ Trust Bank (deuxième semestre 2024), environ 20 à 40 % des acheteurs de logements neufs dans les trois arrondissements centraux (Chiyoda, Minato, Shibuya) sont étrangers. Dans certains cas, la proportion dépasse 50 %. Les demandes d'information émanant d'étrangers ont doublé en 2023 par rapport à l'année précédente, les Chinois représentant la part la plus importante.

Les principaux facteurs d'attractivité pour les investisseurs étrangers sont les suivants :

  • Rapport qualité-prix comparativement élevé : Par rapport à Londres, New York, Singapour ou Hong Kong, le prix au mètre carré à Tokyo reste relativement abordable, même si la tendance est à la hausse.
  • Droit de propriété solide : Au Japon, le droit de propriété est protégé par la loi de façon robuste, et la stabilité politique et économique du pays en fait une destination idéale pour la diversification des risques.
  • Pas de restriction pour les acheteurs étrangers : Contrairement à Singapour ou à l'Australie, le Japon n'impose aucune taxe de timbre supplémentaire ni restriction d'achat pour les étrangers, ce qui facilite l'accès au marché.

Les investisseurs chinois : qui achète et pourquoi ?

Parmi les investisseurs étrangers, les Chinois fortunés retiennent particulièrement l'attention. On distingue deux profils principaux : des personnes ayant étudié ou travaillé au Japon et disposant d'une capacité financière élevée, et des super-riches qui ont quitté la Chine pendant la pandémie et s'y sont installés.

Les quartiers prisés sont ceux de l'hyper-centre de Tokyo (Azabu-Juban, Roppongi) ainsi que les tours résidentielles en bord de baie (Harumi, Kachidoki), dont les parts des acheteurs étrangers atteignent 30 % environ. Les motivations varient : plus-values à long terme, résidence principale ou secondaire, sécurisation d'actifs à l'étranger. La Chine offre des droits d'usage immobilier limités à 70 ans, alors qu'au Japon, la propriété est perpétuelle — un avantage déterminant pour les investisseurs chinois.

Les 6 arrondissements centraux : le moteur de la flambée des prix

La hausse des prix est particulièrement marquée dans les 6 arrondissements centraux (Chiyoda, Chuo, Minato, Shinjuku, Shibuya, Bunkyo). Le prix médian des appartements neufs dans les 3 arrondissements les plus centraux avoisine les 228,6 millions de yens — hors de portée même des ménages à double revenu élevé (power couple). Les prix des terrains dans les 5 arrondissements centraux ont progressé de 6,9 % en 2024 selon le prix indicatif national.

Évolution des prix fonciers et immobiliers : les chiffres parlent

  • Prix indicatif national (2024) : Terrain résidentiel dans les 23 arrondissements +5,4 %, terrain commercial +7,0 %. Le terrain résidentiel le plus cher est situé à Minato-ku, Akasaka 1-chome (535 000 yens/m²).
  • Flambée des appartements neufs : La part des logements neufs à moins de 50 millions de yens dans les 23 arrondissements, qui représentait près de 50 % des ventes en 2013, est tombée à environ 10 % en 2023. Inversement, la part des okushon (plus de 100 millions) est passée de 5,2 % à 33,3 %.
  • Répercussion sur le marché de l'ancien : Les prix de l'immobilier ancien en Île-de-Tokyo ont aussi progressé sans discontinuer depuis 2012, et même la banlieue et les préfectures voisines connaissent désormais une forte hausse.

Les inégalités entre Tokyo et sa périphérie

La forte hausse des prix dans les 23 arrondissements accentue le fossé avec les préfectures voisines. En 2023, le prix moyen d'un appartement neuf dans les 23 arrondissements atteignait environ 115 millions de yens, contre 48,7 millions dans la préfecture de Saitama et 47,9 millions dans celle de Chiba. Les ménages exclus des arrondissements centraux se reportent vers des zones plus éloignées, renforçant la tendance à la séparation domicile-travail.

Les différents types d'investissement immobilier au Japon

L'investissement immobilier au Japon prend des formes variées selon les profils d'investisseurs. Les particuliers japonais, notamment les salariés, privilégient les petits appartements studio pour les louer. Les investisseurs fortunés achètent des immeubles entiers. Les super-riches et investisseurs institutionnels, dont les étrangers, ciblent les logements de luxe, les bureaux et les commerces en centre-ville. Les étrangers ont généralement davantage recours aux achats au comptant, même si 54 % des acheteurs étrangers de tours résidentielles en bord de baie ont eu recours à des prêts bancaires japonais selon une enquête récente.

Conclusion : garder la tête froide dans un marché en surchauffe

Le marché immobilier des 23 arrondissements de Tokyo traverse une période historique de hausse des prix, portée par les investisseurs étrangers et les grandes fortunes. Pour les particuliers, il existe encore des options accessibles en élargissant le périmètre de recherche (banlieue, ancien). L'essentiel est de comprendre les mécanismes de ce marché et de prendre des décisions fondées sur des données fiables. N'hésitez pas à consulter un conseiller immobilier spécialisé pour vos projets.

Daisuke Inazawa, President & CEO of INA&Associates Inc.

Auteur

Président-directeur généralINA&Associates Inc.

Président-directeur général d'INA&Associates Inc. Dirige le courtage immobilier, la location et la gestion de biens dans le Grand Tokyo et la région du Kansai. Spécialisé dans la stratégie d'investissement en immobilier de rendement et le conseil aux grandes fortunes.

Daisuke Inazawa est le président-directeur général d'INA&Associates Inc., une société immobilière japonaise dont le siège se trouve à Osaka et qui dispose d'une succursale à Tokyo. Il dirige les trois activités fondamentales du groupe — courtage en vente immobilière, location et gestion de biens — dans le Grand Tokyo et la région du Kansai.

Ses domaines d'expertise recouvrent la stratégie d'investissement en immobilier de rendement, l'optimisation de la rentabilité des opérations locatives, le conseil immobilier destiné aux grandes fortunes (UHNWI) et aux investisseurs institutionnels, ainsi que l'investissement immobilier transfrontalier. Il fournit un conseil de long terme, fondé sur les données, à une clientèle d'investisseurs au Japon comme à l'étranger.

Sous la devise « l'actif le plus précieux d'une entreprise, ce sont ses hommes », il positionne INA&Associates comme une « entreprise d'investissement dans le capital humain » et s'engage à créer une valeur d'entreprise durable par le développement des talents. En tant que dirigeant, il s'exprime également sur le leadership et la culture organisationnelle en période de changement.

Il a obtenu onze qualifications professionnelles japonaises : courtier immobilier agréé (Takken), Master agréé en conseil immobilier, gestionnaire agréé de copropriétés, superviseur agréé de gestion d'immeubles, professionnel certifié de gestion locative, gyōseishoshi (juriste administratif), responsable certifié de la protection des données personnelles, responsable de prévention incendie de classe A, spécialiste certifié de l'immobilier vendu aux enchères, ingénieur de maintenance de copropriétés, et superviseur agréé des opérations de crédit.

  • Courtier immobilier agréé (Takken)
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  • Superviseur agréé de gestion d'immeubles
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