Les chauffe-eau existent en de nombreuses variantes — au gaz, à l'électricité, au fioul ou dans des versions à haute efficacité énergétique — avec en plus des différences de puissance et de capacité, ce qui rend le choix du modèle le mieux adapté à un logement locatif loin d'être simple. Leur durée de vie est généralement estimée entre 10 et 15 ans, ce qui impose un remplacement régulier.
Cet article présente de façon exhaustive les différents types de chauffe-eau et leurs différences fonctionnelles, les caractéristiques des principaux fabricants, la manière de choisir un modèle adapté à un immeuble ou à une résidence, le coût moyen d'un remplacement, ainsi que les précautions à prendre au moment du changement. Nous proposons aussi, section par section, une comparaison avec le parc locatif francophone (France, Belgique, Suisse romande, Québec), où le chauffage de l'eau repose sur des logiques souvent différentes.
Quels sont les différents types de chauffe-eau existants ?
Les chauffe-eau se répartissent en plusieurs catégories selon leur source d'énergie et leur mode de fonctionnement. Il est utile d'en connaître les caractéristiques pour choisir un modèle adapté au bien.
Le chauffe-eau au gaz
C'est le type le plus répandu au Japon ; il fonctionne au gaz de ville ou au gaz propane. Il présente l'avantage d'être fiable et de fournir un débit d'eau chaude important, mais son coût de fonctionnement est plus élevé et le bruit de fonctionnement peut être notable. Dans les régions froides, une protection contre le gel des canalisations d'arrivée d'eau est nécessaire. En France et en Belgique, ce type reste courant, mais coexiste avec bien plus de ballons électriques qu'au Japon.
Le chauffe-eau électrique
La demande pour ce type d'appareil augmente avec la généralisation du tout-électrique. Il permet de chauffer l'eau la nuit, lorsque l'électricité est moins chère, pour l'utiliser dans la journée, ce qui permet de réduire la facture énergétique. Son coût de fonctionnement est généralement inférieur à celui du gaz, mais la pression de sortie d'eau est plus faible et, une fois le ballon vidé, seule de l'eau froide est disponible. En France, le « cumulus » électrique joue historiquement un rôle bien plus central, en raison du nucléaire et des heures creuses.
Le chauffe-eau à haute efficacité énergétique
Il s'agit d'une appellation générique regroupant les appareils à rendement thermique amélioré : la version électrique appelée « Eco Cute », la version au gaz appelée « Eco Jozu », et la version au fioul appelée « Eco Feel ». L'ampleur des économies d'énergie réalisées varie selon le mode de vie des occupants et la surface du logement ; il convient donc de vérifier ces paramètres au préalable. Les pompes à chaleur air-eau françaises ou suisses relèvent de la même philosophie, mais leur diffusion reste plus limitée.
Le chauffe-eau au fioul
Il utilise le fioul comme combustible et présente généralement un coût de fonctionnement inférieur à celui du chauffe-eau électrique. Il est très utilisé dans les régions froides où la facture de chauffage tend à être élevée en hiver. Le fioul domestique, longtemps répandu en zone rurale en France et en Belgique, recule nettement avec les politiques de sortie des énergies fossiles.
Le chauffe-eau instantané au gaz
Il s'agit d'un petit appareil destiné à la cuisine, dont la puissance limitée ne permet pas d'alimenter une baignoire. Il existe en deux versions, à raccordement fixe et à raccordement amovible. Ce type d'appareil a quasiment disparu des logements francophones récents, où un chauffe-eau central dessert tous les points de puisage.
La chaudière de bain (furogama)
Il s'agit d'un appareil de chauffage au gaz exclusivement destiné à l'eau de la baignoire. Il ne dispose d'aucune fonction d'alimentation en eau chaude pour la cuisine ou la salle de bains. Cet équipement dédié à la baignoire n'a guère d'équivalent en francophonie, où la baignoire partage le circuit d'eau chaude du reste du logement.
Le générateur thermique
Strictement parlant, il ne s'agit pas d'un chauffe-eau à proprement parler, mais d'un appareil qui utilise la chaleur de l'eau pour faire fonctionner un chauffage au sol ou un sèche-serviettes de salle de bains. Il existe également des versions combinées assurant à la fois le chauffage et la production d'eau chaude sanitaire. Cette logique rejoint celle des chaudières mixtes très répandues en France et en Belgique.
Quelles sont les différences entre les types de fonctions des chauffe-eau ?
Les chauffe-eau se distinguent également selon quatre types de fonctionnalités. Le choix doit se faire en fonction du profil des locataires visés pour le bien.
Le type « eau chaude simple »
Il s'agit d'un modèle simple, dépourvu de fonction de réchauffage du bain, particulièrement adapté aux biens pour lesquels on souhaite limiter les coûts. Lorsque l'eau du bain refroidit, il faut en rajouter manuellement. Ce modèle basique, peu présent en francophonie, correspond à un chauffe-eau simple sans bouclage.
Le type automatique
Équipé d'une fonction de réchauffage du bain, ce modèle permet de remplir la baignoire à la température et au volume souhaités d'une simple pression sur un bouton. Il dispose également de fonctions de réchauffage automatique et de maintien automatique de la température, ce qui le rend simple à utiliser.
Le type entièrement automatique
En plus des fonctions du type automatique, ce modèle assure le nettoyage automatique de la tuyauterie de réchauffage, l'appoint automatique d'eau et le déclenchement automatique du chauffage lors de la détection d'un bain en cours, l'ensemble des opérations étant entièrement automatisé. En raison de son coût d'installation élevé, il est surtout retenu pour des biens haut de gamme. Cette automatisation n'a guère d'équivalent en francophonie, où le « réchauffage du bain » reste peu développé.
Le type à alimentation en eau à haute température
Ce système consiste à ajouter de l'eau à environ 80 degrés pour réchauffer le bain, sans fonction de réchauffage proprement dite. Comme il n'entraîne aucune consommation de gaz superflue, il convient particulièrement lorsque l'on souhaite privilégier les économies d'énergie.
Quelles sont les caractéristiques des principaux fabricants de chauffe-eau ?
La qualité, les fonctionnalités et les conditions de garantie varient selon les fabricants. Voici quelques repères pour choisir le fabricant le plus adapté au bien.
Les fabricants de chauffe-eau au gaz
Rinnai détient la première place du marché national et se distingue par une exigence de qualité qui va jusqu'à la fabrication nationale des plus petites pièces, avec des télécommandes intégrant le Bluetooth. Noritz, pionnier du secteur, tire sa force d'un dispositif de réponse aux catastrophes reposant sur des sites de production répartis, y compris en Chine. Paloma, fondée en 1911, maintient une haute qualité grâce à une chaîne de production intégrée. Ces trois marques dominent un marché plus concentré que le marché francophone, partagé entre Chaffoteaux, Vaillant ou Atlantic.
Les fabricants de pompes à chaleur de type « Eco Cute »
Hitachi se distingue par sa technologie « Niagara Toughness », compatible avec une eau très calcaire, et par sa « douche puissante » utilisable même au troisième étage. Mitsubishi a reçu le grand prix des économies d'énergie. Panasonic séduit par sa technologie d'éco-pilotage et sa compatibilité domotique (HOME IoT). Toshiba propose une fonction de désinfection aux ions d'argent et une garantie de cinq ans. Daikin assure une alimentation à haute pression maintenue même en coupure d'électricité. Corona, premier fabricant mondial de ce type de pompe à chaleur, a sa propre technologie d'économie d'énergie. Daikin ou Mitsubishi Electric sont aussi présents en francophonie, mais ce segment y reste de niche.
Comment choisir le chauffe-eau adapté à un immeuble ou une résidence ?
Pour le choix du chauffe-eau d'un logement locatif, quatre critères sont déterminants : l'emplacement d'installation, la puissance, les fonctionnalités et la performance énergétique.
Choisir selon le type d'installation possible
Lorsqu'il n'y a pas de place disponible dans la gaine technique (PS), on opte pour un modèle installé sur le balcon, fixé au mur ou posé au sol. Pour une installation en gaine technique, il faut choisir un modèle adapté au mode d'évacuation des fumées : installation standard, gaine en alcôve ou installation derrière une trappe. Cette contrainte rejoint les règles de ventilation encadrant les chaudières à gaz en immeuble collectif en France ou en Belgique.
Choisir la puissance en fonction du nombre d'occupants
Au Japon, la puissance d'un chauffe-eau se désigne par une unité appelée « gō » (号), qui correspond au débit d'eau chaude que l'appareil peut produire. Pour une personne seule ou un couple, une puissance de 16 gō constitue un repère raisonnable ; pour deux à trois personnes, 20 gō ; et pour une famille de quatre personnes ou plus, 24 gō. Plus le nombre de gō est élevé, plus le prix de l'appareil augmente. Le marché francophone ignore cette unité et exprime la puissance en kilowatts, mais la logique reste la même.
Choisir un modèle offrant les fonctionnalités nécessaires
Pour des raisons de coût, le type automatique constitue un choix sûr et raisonnable. Pour un bien haut de gamme ou destiné aux familles, l'adoption du type entièrement automatique mérite d'être envisagée.
Privilégier un chauffe-eau à haute performance énergétique
Le modèle « Eco Jozu » améliore le rendement thermique de 15 % par rapport à un chauffe-eau au gaz classique, ce qui permet de réaliser des économies sur la facture de gaz. Pour un bien destiné aux familles ou lorsque l'on souhaite mettre en avant l'argument des économies d'énergie, son adoption mérite d'être envisagée. La même logique motive, en francophonie, le remplacement des vieilles chaudières par des modèles à condensation, souvent via des aides à la rénovation énergétique.
Combien coûte le remplacement d'un chauffe-eau ?
Le coût moyen d'un remplacement se situe entre 100 000 et 300 000 yens, ce montant correspondant à la somme du prix de l'appareil et des frais d'installation (environ 50 000 yens). Plus la puissance et les fonctionnalités sont élevées, plus le prix de l'appareil augmente.
Comment réduire le coût de remplacement
Demander des devis à plusieurs prestataires permet de comparer les coûts tout en identifiant une entreprise fiable. Si l'appareil a moins de huit ans d'usage, un entretien permettant de prolonger sa durée de vie peut s'avérer plus économique qu'un remplacement complet.
Vérifier la garantie du fabricant
La garantie constructeur standard est généralement d'un an, mais certains fabricants proposent des garanties étendues spécifiques. Choisir un fabricant offrant une garantie complète permet de réduire les coûts sur le long terme.
À quoi faut-il faire attention lors du remplacement d'un chauffe-eau ?
Pour que le remplacement du chauffe-eau se déroule sans accroc, voici les points de vigilance à connaître.
Le remplacement en auto-installation est absolument à proscrire
L'installation d'un chauffe-eau nécessite des connaissances techniques spécialisées. Vu les risques d'accident (fuites d'eau, fuites de gaz, courts-circuits), il faut impérativement confier ce travail à un professionnel qualifié.
Choisir un prestataire capable d'intervenir rapidement
Une panne de chauffe-eau affecte directement le quotidien des locataires ; il est donc recommandé de constituer à l'avance une liste de prestataires capables d'intervenir en urgence.
Faire appel à un prestataire disposant des qualifications nécessaires
Le remplacement d'un chauffe-eau requiert des qualifications spécifiques en matière de travaux de gaz, de plomberie et d'électricité. Ces certifications sont comparables à celles des plombiers-chauffagistes qualifiés en francophonie.
Vérifier la garantie et le service après-vente du prestataire
Certains prestataires proposent, en complément de leur propre garantie, des périodes étendues de huit à dix ans. Il convient également de vérifier la qualité du service après-vente, notamment en matière de maintenance périodique.
Vérifier la clarté du détail du devis
Un prestataire dont le devis détaille clairement chaque poste inspire davantage confiance. Vérifiez au préalable la possibilité de travaux ou de coûts supplémentaires.
Ne pas oublier d'informer les locataires à l'avance
Le remplacement de la télécommande devant être effectué dans chaque logement, la présence du locataire est nécessaire. Lors d'un remplacement groupé, prévenez suffisamment à l'avance.
Questions fréquentes
Quelle est la durée de vie d'un chauffe-eau ?
La durée de vie habituelle d'un chauffe-eau se situe entre 10 et 15 ans. Si l'appareil a moins de huit ans d'usage, il est possible de prolonger sa durée de vie grâce à un entretien adapté. Au-delà de dix ans, les pièces de rechange peuvent devenir difficiles à trouver ; il est donc recommandé d'envisager un remplacement planifié.
Qui prend en charge le coût de remplacement du chauffe-eau dans un logement locatif ?
En cas de panne liée à l'usure normale, c'est généralement le propriétaire bailleur qui prend en charge les frais. Si la panne résulte d'une négligence du locataire, les frais peuvent lui être imputés. Il est important de vérifier les clauses particulières du contrat de location à ce sujet ; les pratiques francophones de répartition des charges suivent une logique similaire, avec des textes de référence différents.
Faut-il choisir un modèle « Eco Jozu » ou un modèle « Eco Cute » ?
Pour un bien disposant déjà d'une arrivée de gaz, le modèle « Eco Jozu » est adapté ; pour un bien entièrement électrique, le modèle « Eco Cute » convient mieux. Le coût initial est généralement inférieur pour l'« Eco Jozu », tandis que le coût de fonctionnement tend à être plus faible pour l'« Eco Cute ». Le choix doit se faire en fonction des équipements existants du bien et du mode de vie des locataires visés.
Que se passe-t-il si l'on se trompe de puissance de chauffe-eau ?
Si la puissance choisie est trop faible, la température ou le débit de l'eau chaude diminuent lorsque plusieurs points sont utilisés simultanément. À l'inverse, une puissance excessive entraîne un surcoût inutile à l'achat. Il est donc essentiel de choisir une puissance adaptée à la composition du foyer des locataires.
