Le Japan Finance Corporation (日本政策金融公庫, Nihon Seisaku Kinyu Koko, littéralement « Caisse publique de financement de la politique du Japon ») est un établissement financier public japonais qui accorde activement des prêts aux entrepreneurs individuels et aux petites et moyennes entreprises. Il présente des avantages propres, que l'on ne retrouve pas chez les banques privées, et il est possible d'y recourir également dans le cadre d'une activité de location immobilière. Cet article détaille en profondeur les conditions de prêt, les taux d'intérêt, les documents requis, et la manière de rédiger un plan d'affaires.
Qu'est-ce que le Japan Finance Corporation ?
Le Japan Finance Corporation est un établissement financier public dont le capital est détenu à 100 % par l'État japonais. Il a été créé en 2008 par la fusion de 3 organismes distincts : la Caisse de financement de la vie nationale, la Caisse de financement de l'agriculture, de la forêt et de la pêche, et la Caisse de financement des petites et moyennes entreprises. Il intervient aujourd'hui dans 3 domaines de financement — « activités de la vie nationale », « activités agricoles, forestières et halieutiques », et « activités des petites et moyennes entreprises » — et c'est dans le premier de ces 3 domaines, celui des activités de la vie nationale, que relèvent les prêts liés à l'investissement immobilier.
Pour un lecteur français, l'équivalent le plus proche est sans doute Bpifrance, la banque publique d'investissement née en 2012 du rapprochement d'OSEO, de CDC Entreprises et du Fonds stratégique d'investissement, et détenue conjointement par l'État et la Caisse des Dépôts. Les deux institutions partagent une même vocation : pallier, par des financements publics, les réticences des banques privées à l'égard des entrepreneurs individuels et des petites structures. Mais leur périmètre diffère sensiblement. Bpifrance intervient avant tout en soutien de projets entrepreneuriaux et industriels — souvent sous forme de garanties de prêts bancaires, de cofinancements ou de prises de participation — et ne finance pas, en tant que telle, l'investissement locatif résidentiel d'un particulier. Le Japan Finance Corporation, à l'inverse, peut financer directement une activité de location immobilière, dès lors — comme on le verra plus loin — qu'elle est présentée comme une véritable exploitation commerciale et non comme un simple placement patrimonial. C'est cette spécificité, sans équivalent strict dans le système bancaire public français, qui rend cet établissement particulièrement intéressant pour les bailleurs japonais.
Quels sont les avantages à recourir au Japan Finance Corporation ?
Voici les avantages propres à un établissement financier public.
Aucune caution personnelle n'est exigée
Si l'on remplit certaines conditions — avoir effectué au moins 2 déclarations fiscales successives, n'avoir aucun arriéré d'impôt — il est possible d'obtenir un prêt sans caution personnelle (le taux d'intérêt sera alors légèrement plus élevé).
L'assurance-groupe emprunteur reste facultative
Chez la plupart des banques privées japonaises, la souscription à une assurance-groupe emprunteur (l'équivalent de l'assurance décès-invalidité qui accompagne un crédit immobilier) est le plus souvent une condition obligatoire du prêt. Au Japon Finance Corporation, elle demeure facultative — une option séduisante pour qui souhaite limiter le coût global de son emprunt.
Un taux fixe sur toute la durée du prêt
Les mensualités ne varient pas jusqu'au terme du remboursement, ce qui permet d'anticiper sereinement l'avenir. Lorsque le prêt est garanti par une sûreté réelle, le taux se situe généralement entre 1 et 3 %, soit nettement en dessous des banques privées (de l'ordre de 4 à 5 %). Il est en outre possible d'obtenir un différé de remboursement pouvant aller jusqu'à 2 ans.
Des taux préférentiels selon le sexe et l'âge
Les personnes de moins de 29 ans, de 55 ans ou plus, ainsi que les femmes peuvent bénéficier d'un taux spécial, inférieur au taux habituel. La durée d'emprunt fait elle aussi l'objet d'un traitement préférentiel pour ces profils.
Peut-on obtenir un prêt pour une activité de location immobilière ?
En conclusion, il est bien possible d'obtenir un prêt pour une activité de location immobilière. Cela dit, plusieurs conditions et points de vigilance méritent d'être soulignés.
Les cas où le prêt peut être accordé
- Le financement de travaux de réfection sur un bien déjà détenu
- L'achat d'un bien supplémentaire par une personne exerçant déjà une activité de location immobilière
Un prêt à visée purement patrimoniale ne peut pas être accordé
Un financement dont l'objectif est simplement la constitution d'un patrimoine personnel ne sera pas approuvé. Lors de l'entretien, il est essentiel de présenter son projet non pas comme un « investissement immobilier », mais comme une véritable « activité de location immobilière » — une nuance qui, en français, se rapprocherait de la distinction entre un simple placement locatif et une activité de bailleur exercée à titre professionnel.
Les particularités du prêt
| Élément | Japan Finance Corporation | Banques privées |
|---|---|---|
| Durée d'emprunt | 20 ans au maximum (le plus souvent entre 10 et 15 ans) | 35 ans au maximum |
| Taux d'intérêt | 1 à 3 % (fixe) | 4 à 5 % (parfois variable) |
| Évaluation de la garantie | 30 à 50 % du prix de vente | Généralement plus élevée |
| Âge limite pour le remboursement intégral | Jusqu'à 79 ans | Variable selon l'établissement |
Quelles conditions faut-il remplir pour obtenir un prêt ?
Apporter le bien en garantie
Le Japan Finance Corporation applique son propre référentiel d'évaluation, et le prix retenu se situe généralement entre 30 et 50 % du prix de vente réel. Il faut donc, en général, disposer d'un apport personnel conséquent — de l'ordre de la moitié du prix du bien.
N'avoir aucun arriéré d'impôt ni de charges publiques
S'agissant d'un établissement financier public, tout arriéré d'impôt ou de charges publiques pèse lourdement sur l'instruction du dossier. Il convient donc de vérifier, avant de déposer sa demande, l'absence de tout impayé.
Quels documents faut-il fournir pour la demande de prêt ?
Voici les principaux documents à préparer :
- Formulaire de demande de prêt : disponible en agence ou téléchargeable depuis le site internet
- Plan de création d'activité : requis pour une première demande de prêt. Ce document joue un rôle déterminant dans l'instruction du dossier
- Copie du relevé de compte bancaire : couvrant les 6 derniers mois
- L'ensemble des déclarations fiscales des 2 derniers exercices
- Extrait du registre du commerce de la société : datant de moins de 3 mois
- Devis : en cas de projet d'investissement en équipement, il est recommandé d'en obtenir plusieurs, auprès de prestataires différents
- Permis de conduire : pour la vérification d'identité
Comment rédiger un plan d'affaires qui favorise l'obtention du prêt ?
Rester réaliste
Les chargés d'instruction sont eux-mêmes des professionnels du financement. Des objectifs irréalistes font perdre toute crédibilité au dossier ; mieux vaut donc bâtir un plan véritablement réalisable.
S'appuyer sur des chiffres et des données objectives
Présentez des chiffres concrets, étayés par des pièces justificatives telles que des devis. Des montants systématiquement arrondis éveillent le doute quant à la fiabilité du dossier.
Mettre en avant sa singularité
Précisez clairement ce qui distingue votre projet de la concurrence, et démontrez qu'il s'agit d'un modèle économique peu exposé à une simple guerre des prix.
Rédiger un contenu accessible à tous
Évitez le jargon technique, et privilégiez une formulation concise, sans superflu.
Quelles sont les astuces pour faciliter l'obtention d'un prêt ?
Rédiger soi-même son plan d'affaires
Lors de l'entretien, des questions porteront sur le contenu du dossier : en confier la rédaction à un tiers fait courir le risque de ne pas savoir répondre.
Accorder une réelle attention à la communication lors de l'entretien
Il est essentiel de répondre clairement aux questions posées, et de ne pas hésiter à demander franchement des précisions au chargé de dossier sur les points que l'on ne maîtrise pas.
Privilégier un bien à rendement élevé
La durée de remboursement étant plus courte que chez les banques privées, un bien affichant un rendement supérieur à 10 % laisse davantage de marge dans le plan de remboursement.
Quel est le déroulement d'une demande de prêt ?
- Prise de rendez-vous pour un premier entretien : par téléphone ou via le site internet, auprès de l'agence la plus proche
- Préparation des documents nécessaires : plan d'affaires, déclarations fiscales, etc.
- Dépôt du dossier de demande : remise de l'ensemble des documents
- Entretien : questions-réponses sur le contenu de l'activité et le plan de remboursement
- Visite sur place : expertise du bien apporté en garantie
- Instruction et décision de financement : généralement deux à trois semaines après le dépôt du dossier
- Déblocage des fonds : versement sur le compte bancaire
Questions fréquentes (FAQ)
Peut-on obtenir un prêt si l'activité de location immobilière n'est qu'une activité secondaire ?
Lorsque le demandeur exerce par ailleurs une activité principale, il existe des cas concrets où un prêt a pu être obtenu même en présence d'un déficit, dès lors que celui-ci reste compensable par les revenus de cette activité principale.
Combien de temps dure l'instruction du dossier ?
En règle générale, il faut compter environ deux à trois semaines entre le dépôt de la demande et le déblocage des fonds. Un dossier incomplet entraîne des retards ; une préparation soignée en amont est donc essentielle.
Peut-on obtenir un prêt destiné uniquement à financer des travaux de rénovation ?
Oui, c'est possible. Si l'on parvient à expliquer clairement le contenu des travaux et leur rentabilité attendue, un tel prêt peut être accordé au titre d'un investissement en équipement du bien.
Peut-on obtenir simultanément des prêts pour plusieurs biens ?
C'est possible dans la limite du plafond de financement, mais l'instruction du dossier sera alors plus rigoureuse. Il est recommandé de commencer par un seul bien, afin de constituer d'abord un historique de remboursement solide.
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