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Real Estate Intelligence
COLUMN

Choisir un premier immeuble au Japon quand on débute dans l’investissement immobilier haut de gamme : 5 critères de décision

Cet article porte sur une réalité propre au Japon : pour les investisseurs fortunés déjà expérimentés en actions et en fonds, l’immobilier japonais obéit à des règles de propriété, de fiscalité et d’exploitation différentes. Voici les 5 axes qui permettent d’évaluer un premier immeuble sans tomber dans les pièges classiques.

Dernière mise à jour: Lecture d'environ 11 min

De plus en plus d’investisseurs fortunés qui ont déjà bâti leur patrimoine via des actions, des obligations ou des fonds à l’étranger envisagent l’immobilier physique au Japon comme étape suivante. Chez INA&Associates, nous recevons régulièrement des demandes de propriétaires disposant déjà d’actifs financiers suffisants, mais n’ayant encore aucune expérience de l’immobilier domestique japonais. Cet article constitue une porte d’entrée sur un sujet spécifiquement japonais : il expose les différences structurelles qu’il faut comprendre lorsqu’on aborde l’immobilier japonais avec un raisonnement hérité des marchés actions, ainsi que les pièges propres aux débutants fortunés qui choisissent leur premier immeuble. Il est supervisé par moi-même, Daisuke Inazawa (宅地建物取引士, takuchi tatemono torihikishi, licence japonaise de transaction immobilière ; 公認不動産コンサルティングマスター, consultant immobilier certifié ; 賃貸不動産経営管理士, spécialiste certifié de la gestion locative ; ainsi que 11 autres qualifications).

Points clés de l’article

  • Les actions et l’immobilier japonais ne sont pas des actifs opposés, mais des actifs complémentaires, dont la propriété, la fiscalité et la devise de revenu diffèrent.
  • Nous organisons en 5 axes les différences structurelles que les investisseurs habitués aux marchés financiers comprennent mal au départ.
  • Les débutants fortunés se laissent facilement entraîner vers trois erreurs : le financement intégral par dette, la recherche fiscale à tout prix, et l’achat immédiat d’un immeuble RC entier.
  • Les données primaires de JLL et de Knight Frank placent l’immobilier japonais parmi les marchés les plus transparents et les plus stables dans les comparaisons internationales.
  • Pour le premier immeuble, nous recommandons de décider à partir de 5 vérifications : l’emplacement, le bâtiment, la structure du revenu, la stratégie de sortie et les partenaires.

Ce qu’un investisseur expérimenté en actions doit comprendre avant d’envisager l’immobilier japonais

L’immobilier japonais est bien une classe d’actifs au même titre que les actions, mais sa nature est complètement différente. Cette section clarifie d’abord le profil de lecteur visé et la manière dont il faut penser la relation entre actions et immobilier. Pour un lecteur francophone habitué à l’immobilier européen, il faut d’emblée préciser qu’il s’agit ici d’un système japonais avec ses propres règles de propriété, de bail et d’évaluation fiscale, et non d’une simple variante d’un marché locatif occidental.

Portée de cet article : des investisseurs déjà solides financièrement, mais novices en immobilier japonais

Le lecteur visé est une personne physique ou un dirigeant d’entreprise âgé de 40 à 60 ans, disposant en principe d’au moins 100 millions de yens d’actifs financiers (environ 610 000 EUR au taux indicatif de 2026-05), et ayant déjà investi à l’international en actions, obligations ou fonds. L’accès au crédit ou l’apport initial ne constituent généralement pas le problème principal. Le véritable enjeu est l’absence de cadre de décision pour sélectionner un premier immeuble. D’après notre expérience de terrain, cette catégorie d’investisseurs met entre trois mois et un an avant la première décision. Une décision trop rapide comme une hésitation trop longue conduisent souvent, au final, à des regrets. L’ampleur du marché japonais peut être vérifiée dans l’indice des prix immobiliers de 国土交通省 (Ministère japonais du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme). Les segments résidentiel et commercial y montrent une stabilité de long terme et un profil rendement-risque distinct de celui des actions.

Actions et immobilier ne s’opposent pas : ils se complètent

Les actions sont liquides ; l’immobilier ne l’est pas. Les actions servent à chercher du rendement nominal ; l’immobilier protège davantage par son revenu courant et sa matérialité d’actif réel. Il ne s’agit donc pas d’un arbitrage binaire, mais de deux fonctions différentes à l’intérieur d’un portefeuille. Parmi les propriétaires UHNWI que nous accompagnons, beaucoup envisagent un premier immeuble dans le cadre d’un transfert partiel de gains boursiers vers des actifs réels. Il est plus sain de raisonner non pas en se disant « je vends des actions pour acheter de l’immobilier », mais plutôt « je conserve mon portefeuille financier tout en ajoutant, sur une autre couche patrimoniale, un actif de revenu libellé en JPY ». Contrairement à un portefeuille européen très exposé à l’euro ou au dollar, cette approche ajoute aussi une logique de diversification monétaire.

Comment lire cet article et quels contenus consulter ensuite

Cet article est une entrée en matière. Si vous souhaitez comprendre plus systématiquement l’essence et les principes de l’investissement immobilier pour patrimoine élevé, poursuivez avec L’essence et les principes de l’investissement immobilier pour les investisseurs fortunés. Pour comparer l’immobilier physique et les REIT, consultez Comparaison entre immobilier physique et REIT. Nous conseillons de commencer par acquérir une vue d’ensemble ici, puis d’avancer vers les articles connexes.

Les 5 différences structurelles entre l’investissement en actions et l’investissement immobilier au Japon

C’est le cœur du sujet. Si vous regardez l’immobilier avec une logique purement boursière, vous risquez de mal juger le dossier. Voici les cinq axes que nous expliquons d’abord à nos clients UHNWI. Pour un investisseur venu d’Europe, plusieurs de ces points rappellent certes certains débats sur la détention foncière ou la protection du locataire, mais l’architecture japonaise reste singulière.

La force du droit de propriété : au Japon, terrain et bâtiment relèvent d’une pleine propriété proche du fee simple

Au Japon, le droit de propriété sur le terrain et le bâtiment correspond à une forme de pleine propriété très proche du *fee simple* dans la tradition anglo-saxonne. Sauf cas de 借地権 (shakuchiken, droit de superficie ou bail foncier à durée déterminée), la détention est en principe perpétuelle. On n’est pas dans un modèle de droit d’usage temporaire fondé sur la propriété de l’État, comme on peut l’observer dans certaines juridictions de Chine continentale ou d’Asie du Sud-Est. Une action peut tomber à zéro si la société disparaît ; un terrain, lui, demeure. Cette différence pèse énormément lorsqu’on raisonne en protection du patrimoine. En pratique, plus un investisseur a déjà observé des marchés immobiliers internationaux, plus il redécouvre la solidité particulière du droit de propriété japonais.

借地借家法 (shakuchi shakuyahō) et stabilité des loyers : la protection du locataire rend les flux plus prévisibles

Au Japon, la 借地借家法 — *shakuchi shakuyahō* (loi japonaise sur les baux fonciers et locatifs) — protège fortement le locataire. L’article 26 et les dispositions suivantes rendent difficile un refus de renouvellement sans motif légitime, ainsi qu’une augmentation unilatérale et brutale du loyer. L’inconvénient est une flexibilité plus faible pour le propriétaire ; l’avantage est une meilleure prévisibilité des flux de trésorerie. Contrairement à un dividende d’action, le loyer ne tombe pas à zéro simplement parce que la performance d’une entreprise se dégrade. En pratique, hors vacance, le loyer évolue plutôt par paliers. À la différence de certains marchés locatifs européens où la protection du locataire existe également mais selon d’autres mécanismes, le cadre japonais repose sur une logique juridique qu’il faut lire dans ses propres termes.

Une fiscalité à trois étages : impôt de détention, impôt de cession et évaluation successorale

L’immobilier japonais s’inscrit dans trois couches fiscales distinctes. Il y a d’abord l’impôt de détention avec la taxe foncière ; ensuite la 譲渡所得 — *jōto shotoku* (plus-value de cession) — lors de la vente ; enfin, pour la succession, l’évaluation selon la 財産評価基本通達 — *zaisan hyōka kihon tsūtatsu* (circulaire de base sur l’évaluation patrimoniale). Le point décisif est que l’évaluation successorale peut être inférieure à la valeur de marché, ce qui distingue fortement l’immobilier des actions. Là où l’action est généralement taxée sur une base proche de sa valeur de marché, l’immobilier utilise une mesure administrative distincte. Il faut toutefois partir du principe que les règles peuvent évoluer chaque année, comme l’a illustré la révision intervenue à partir de 2024 sur l’évaluation des tours d’habitation. La bonne pratique de long terme consiste donc à construire sa stratégie en supposant que la fiscalité changera.

Liquidité et coût d’exécution : un horizon de temps et des frais sans commune mesure avec les actions

Une action se négocie en quelques secondes, avec des frais souvent inférieurs à 0,1 % de la valeur d’exécution. La revente d’un bien immobilier japonais prend généralement de trois à six mois, et les honoraires de courtage sont plafonnés à 3 % du prix plus 60 000 JPY (environ 365 EUR au taux indicatif de 2026-05), hors taxes. S’ajoutent encore les droits d’enregistrement, la taxe d’acquisition immobilière et le droit de timbre. Il faut retenir que l’écart de coût d’exécution est d’un ordre de grandeur totalement différent. C’est pourquoi un bien immobilier ne s’achète pas en supposant qu’il pourra toujours être revendu instantanément. La stratégie de sortie doit déjà être dessinée dès l’achat. Contrairement à un portefeuille coté, l’immobilier japonais vous impose d’accepter un temps lent.

Un revenu en JPY et une fonction naturelle de couverture contre l’inflation domestique

Le revenu immobilier est perçu en yens. En consultant les statistiques de 日本銀行 (Banque du Japon), notamment sur le taux de change effectif et les prix, on constate qu’un actif réel libellé en JPY peut constituer une couverture naturelle contre l’inflation japonaise. Pour un investisseur fortuné déjà exposé à des actifs en devises étrangères, ce revenu en yens joue aussi un rôle de diversification monétaire. L’intérêt structurel est d’ajouter un flux de revenu stable en JPY à un portefeuille autrement concentré en USD, EUR, SGD ou HKD. Les fluctuations de change peuvent faire bouger l’évaluation lorsqu’on la regarde depuis l’étranger, mais en pratique la gestion devient plus sereine lorsque l’on conçoit l’actif comme un système qui fonctionne d’abord en base JPY.

Les 3 erreurs de jugement que les débutants fortunés commettent le plus souvent sur leur premier immeuble

Parce qu’ils présentent un excellent profil bancaire, les débutants fortunés tombent dans des pièges différents de ceux des débutants ordinaires. Voici trois schémas typiques que nous avons dû stopper à plusieurs reprises dans la pratique. C’est un point important pour un lecteur français ou européen : un très bon accès au crédit n’est pas, en soi, une preuve de bonne décision d’investissement.

La tentation du financement intégral : un excellent profil peut rigidifier la sortie

Les banques ont tendance à proposer des financements intégraux aux investisseurs fortunés. Plus le profil est solide, plus il devient possible d’obtenir des prêts de plusieurs centaines de millions de yens sans apport. Pourtant, en période de hausse des taux, la trésorerie se comprime rapidement et la plus-value de sortie peut elle aussi se réduire. La 金融庁 (Agence japonaise des services financiers) met régulièrement en garde contre les excès de financement dans ses travaux sur le crédit aux immeubles locatifs. Nous recommandons de commencer par des biens compatibles avec un LTV de 60 à 70 %. Le levier est un outil de construction patrimoniale, mais il existe rarement une logique rationnelle à l’utiliser à sa limite maximale dès la première opération.

L’obsession de l’avantage fiscal : sacrifier l’emplacement au nom de l’amortissement

La compression du revenu imposable par l’amortissement peut être très puissante. Mais dès que la fiscalité devient l’objectif principal, on se met à regarder des actifs dans des localisations difficiles à revendre, comme certaines maisons en bois anciennes en province. L’avantage fiscal n’est qu’un effet secondaire et dépend des revenus de votre activité principale. Si ces revenus varient, le bénéfice fiscal varie lui aussi ; il ne faut donc pas le considérer comme un coupon fixe à la manière d’un instrument financier. Un compromis sur l’emplacement se paie souvent pendant dix ans. En pratique, plus un bien paraît attractif du point de vue fiscal, plus la décote de sortie est souvent élevée.

Acheter d’emblée un immeuble RC entier : sous-estimer la concentration du risque et la complexité d’exploitation

Le choix « un immeuble RC dès le départ » attire d’autant plus que le profil de l’investisseur est solide. Mais concentrer plusieurs centaines de millions de yens dans un seul actif revient, du point de vue du risque, à faire un pari sur une seule ligne en actions. De plus, un immeuble RC (*reinforced concrete*, en béton armé) entier exige une gestion plus difficile : entretien, réparations, réponses aux locataires, arbitrages d’exploitation. Pour un débutant, l’échelle dépasse souvent celle d’un actif sur lequel on apprend en avançant. Il ne faut pas brûler l’étape consistant à accumuler de l’expérience avec une unité en copropriété ou un petit immeuble. Nous répétons souvent à nos clients UHNWI la logique suivante : « le premier immeuble sert à apprendre ; le deuxième devient le vrai pari ».

Les avantages propres à l’immobilier japonais en comparaison internationale, lus à partir de données primaires

Il faut ensuite répondre à la question : pourquoi le Japon ? C’est précisément sous cet angle que le sujet devient intéressant pour un investisseur qui a déjà opéré à l’étranger.

L’évaluation du Japon dans le JLL Global Real Estate Transparency Index

Selon la dernière édition du JLL Global Real Estate Transparency Index, le Japon appartient au groupe des marchés « Highly Transparent ». Cela signifie que la transparence des cadres juridiques, des données de transaction et de la gouvernance y est reconnue au niveau international. Par rapport à de nombreux marchés émergents, la moindre asymétrie d’information réduit le risque d’entrée pour un investisseur débutant. Lorsque nous échangeons avec des propriétaires venus des marchés financiers internationaux, c’est souvent ce score de transparence que nous montrons en premier. Le fait de pouvoir mesurer le Japon avec les mêmes grilles d’analyse que son marché d’origine accélère souvent la phase d’étude. Les classements précis et la composition exacte du groupe doivent bien sûr être vérifiés dans l’édition de l’année concernée.

Le Knight Frank Wealth Report : la place de l’immobilier dans les portefeuilles des UHNWI mondiaux

Le Knight Frank Wealth Report publie chaque année des observations sur l’allocation d’actifs des UHNWI dans le monde. En agrégeant résidence principale, résidences secondaires et immobilier d’investissement, le rapport montre de manière récurrente qu’une part importante du patrimoine de cette catégorie est constituée d’immobilier. Si un investisseur reste presque exclusivement exposé aux actions, il peut se retrouver sous-alloué à l’immobilier par rapport à ses pairs internationaux, ce qui suggère un possible coût d’opportunité structurel. Les chiffres exacts doivent être consultés directement dans l’édition annuelle correspondante.

Ce que révèle la stabilité du Japon à travers l’allocation domestique des investisseurs institutionnels comme GPIF

Le 年金積立金管理運用独立行政法人(GPIF) — *Government Pension Investment Fund* du Japon — alloue lui aussi une partie de ses investissements alternatifs à l’immobilier domestique. Les actifs retenus par des institutions portant des engagements de très long terme fournissent un point de repère utile sur la stabilité structurelle du marché. Pour un investisseur fortuné qui raisonne d’abord en conservation du patrimoine, ce signal institutionnel éclaire la compatibilité de l’immobilier japonais avec une stratégie de détention longue.

Les données de stabilité de long terme des loyers résidentiels à Tokyo (MLIT et Banque du Japon)

L’indice des loyers résidentiels privés de 国土交通省 montre, sur la zone métropolitaine de Tokyo, une tendance haussière lente et prolongée. Par rapport aux drawdowns d’un marché actions, l’amplitude beaucoup plus faible des variations de loyer contribue à stabiliser un portefeuille. Une analyse plus détaillée de l’allocation patrimoniale figure dans Tendances d’allocation d’actifs immobiliers chez les investisseurs fortunés. Là encore, la comparaison avec les marchés européens est utile : même lorsque les cadres urbains diffèrent, la faible volatilité du revenu locatif reste l’un des attraits majeurs du Japon.

Le cadre de décision pour un débutant fortuné : 5 points de contrôle

Voici maintenant la partie de notre cadre interne que nous pouvons rendre publique lorsque nous étudions avec un client UHNWI son premier immeuble.

Emplacement : une vérification à trois couches entre distance à la gare, réaménagement urbain et démographie

Nous examinons l’emplacement selon trois couches. Première couche : la distance à la gare, avec moins de sept minutes à pied comme repère fréquent. Deuxième couche : les projets de réaménagement urbain de la municipalité et les plans de localisation stratégique. Troisième couche : les projections démographiques du 国立社会保障・人口問題研究所 (Institut national japonais de recherche sur la sécurité sociale et la population). On superpose ainsi trois horizons de temps — court, moyen et long terme — à un seul bien. Les actifs qui cumulent des signaux positifs sur les trois couches sont rares, mais si vous décidez d’acheter un bien dont l’une de ces couches manque, il faut écrire noir sur blanc laquelle fait défaut. Cela facilite beaucoup les décisions de sortie ultérieures. Contrairement à une lecture trop simple du « bon quartier », l’immobilier japonais exige cette approche en strates.

Bâtiment : norme parasismique de 1981, copropriété et historique des réparations

Pour le bâtiment, nous retenons comme minimum la norme antisismique postérieure à juin 1981, en nous référant à 国土交通省 建築物の耐震化. S’il s’agit d’un lot en copropriété, nous vérifions la qualité de gestion de l’association des copropriétaires et le fonds de réserve pour réparations. S’il s’agit d’un immeuble entier, nous examinons l’historique des travaux ainsi que le plan pluriannuel de maintenance. Un bâtiment est un actif qui se dégrade avec le temps. La présence ou l’absence d’un vrai plan de remise à niveau détermine directement la capacité bénéficiaire dans dix ans. En Europe aussi, l’état technique d’un actif compte ; au Japon, il faut en plus lire ce sujet dans le contexte de la résilience sismique.

Structure du revenu : regarder le cash-flow avant impôt, pas le rendement brut affiché

Le rendement brut n’est qu’un indicateur d’entrée. En pratique, nous jugeons l’opération sur le cash-flow avant impôt après déduction de la vacance, des réparations, des frais de gestion, de l’impôt foncier, de l’assurance et des intérêts. L’écart entre rendement brut et rendement réel est souvent de 2 à 3 points. Ainsi, un bien affiché à 6 % produit fréquemment 3 à 4 % en réalité, et un bien affiché à 5 % tombe souvent à 2 à 3 %. Une fois les intérêts ajoutés, le cash-flow résiduel devient encore plus mince. Contrairement à certains discours commerciaux, ce n’est pas le taux affiché qui paie l’investisseur, mais la robustesse du flux après charges.

Stratégie de sortie : trois scénarios à tracer avant l’achat

Avant d’acheter, nous construisons trois scénarios : vente au bout de cinq ans, vente au bout de dix ans, ou transmission successorale. Dans chacun de ces scénarios, l’impôt sur la plus-value, l’évaluation successorale et la continuité d’exploitation changent. Si vous n’arrivez pas à dessiner la sortie, il peut être rationnel de ne pas acheter le bien. À la différence d’un arbitrage financier standard, l’immobilier japonais doit être pensé avec sa fin dès son origine.

Choix des partenaires : courtier, gestionnaire et fiscaliste sont de véritables actifs stratégiques

Chez nous, nous préférons parler de « personnes-ressources de valeur » plutôt que de simples « ressources humaines ». Le courtier, le gestionnaire et l’expert-comptable ou fiscaliste sont les personnes qui feront ou déferont la réussite du premier immeuble. Regardez leur expérience des dossiers haut de gamme, leur rapidité de réponse et leur capacité à révéler d’abord les informations défavorables. Les bons partenaires privilégient la confiance de long terme à la commission de court terme. Nous invitons nos clients à se demander si, dix ans après le premier achat, ils aimeraient encore exploiter leur portefeuille avec les mêmes interlocuteurs.

Les 5 idées reçues qu’INA&Associates doit corriger sans cesse auprès de ses clients UHNWI

Pour finir, voici les cinq malentendus que nous corrigeons presque à chaque premier entretien. Si l’on importe tel quel le sens commun des marchés actions, c’est souvent ici que la décision se dérègle.

« Le rendement immobilier équivaut au rendement d’une action » : non

Le rendement brut immobilier n’est pas le total return d’une action. Il faut raisonner en intégrant le levier, la fiscalité et les variations de capital.

« L’avantage fiscal est l’objectif » : non, c’est un effet secondaire

Le mécanisme de compensation des revenus et charges prévu par 国税庁 不動産所得 — *fudōsan shotoku* (revenus fonciers selon l’Agence nationale des impôts du Japon) — peut être puissant, mais ce n’est qu’un effet secondaire. Dès qu’il devient le but principal, la sélection du bien se déforme.

« Le financement intégral est la norme par défaut » : non, c’est seulement une option

Le financement intégral peut être efficace dans certains contextes, mais il ne doit pas être le réflexe automatique pour une première opération. Il faut le réexaminer sous l’angle des taux, de la sortie et du cash-flow.

« La vraie question est de choisir entre copropriété et immeuble entier » : en réalité, emplacement et gestion passent avant

Avant de débattre entre lot en copropriété et immeuble entier, il faut d’abord examiner la qualité de l’emplacement et de la gestion. Le type de bien est un moyen ; l’emplacement et la gestion sont le cœur de la performance. Inverser cet ordre conduit souvent à se laisser distraire par la forme au détriment du fond.

« L’immobilier s’achète puis se laisse vivre » : non, c’est une activité d’exploitation

L’investissement immobilier est une activité d’exploitation continue. Il faut être prêt à gérer locataires, travaux et fiscalité pendant dix ans ou plus. À la différence d’une action que l’on peut simplement conserver, l’immobilier produit son rendement par l’accumulation de décisions mensuelles de gestion. Nous expliquons plus en détail pourquoi les investisseurs fortunés choisissent la détention longue dans Pourquoi les investisseurs fortunés choisissent l’investissement immobilier.

Questions fréquentes (FAQ)

Si l’on dispose déjà de suffisamment d’actifs financiers, vaut-il mieux acheter comptant ou utiliser un prêt ?

Il n’existe pas de réponse universelle. Tout dépend du taux, de la durée de détention envisagée, du scénario successoral et du risque de change. Nous recommandons généralement de partir d’une structure compatible avec un LTV de 60 à 70 %, afin de préserver de la flexibilité à la sortie.

Pour un premier immeuble, un appartement en copropriété à Tokyo est-il un bon point de départ ?

Oui, c’est souvent un choix rationnel pour débuter. La liquidité y est plus élevée et la gestion relativement standardisée. En revanche, le rendement brut reste faible et l’effet fiscal est plus limité.

En quoi une expérience d’investissement en actions à l’étranger aide-t-elle dans l’immobilier japonais ?

Elle aide par la pensée en portefeuille et par l’habitude de travailler à partir de données primaires. En revanche, il est plus prudent de ne pas importer dans l’immobilier japonais une mentalité fondée sur la liquidité immédiate et les allers-retours de court terme.

À quel niveau de transparence l’immobilier japonais se situe-t-il par rapport aux marchés étrangers ?

Le Japon est présenté dans le Transparency Index de JLL comme appartenant au groupe « Highly Transparent », donc dans le haut du classement des marchés développés. Il convient toutefois de vérifier chaque année les critères exacts et le rang publié.

Quels points d’attention faut-il avoir si l’achat est motivé par la préparation de la succession ?

Le mécanisme d’évaluation par 路線価 (rosenka, valeur fiscale de référence des terrains le long des voies), appliqué dans le cadre de 国税庁 相続税 (droits de succession), peut conduire à une base inférieure à la valeur de marché. Mais les schémas d’optimisation trop agressifs comportent un risque de remise en cause. Il faut impérativement qu’il existe une exploitation réelle derrière le montage.

Faut-il acheter en société ou en nom propre ?

Le point de départ consiste à comparer le taux effectif d’imposition des sociétés, vérifiable sur le site du 財務省 税制 (Ministère japonais des Finances : politique fiscale), avec le taux marginal de l’impôt sur le revenu et de la taxe d’habitation locale pour une personne physique. Le bon choix dépend de la taille du patrimoine, de la succession et de l’horizon de détention ; il faut donc construire cette architecture assez tôt avec un fiscaliste.

Comment faut-il penser le risque de change ?

L’immobilier japonais produit un revenu en JPY. Pour un investisseur déjà très exposé à des actifs en devises étrangères, cela peut justement fonctionner comme une diversification monétaire.

Quel expert faut-il consulter en premier ?

Nous recommandons de consulter d’abord un conseil en immobilier dont les intérêts ne dépendent pas de la vente du bien, ainsi qu’un fiscaliste, avant même le courtier qui vous présente les actifs.

À lire aussi

  • [L’essence et les principes de l’investissement immobilier pour les investisseurs fortunés](/fr/archives/column/real-estate-investment-essentials-wealthy-investors)
  • [Comparaison entre immobilier physique et REIT](/fr/archives/column/real-estate-vs-reit-investor-comparison)
  • [Pourquoi les investisseurs fortunés choisissent l’investissement immobilier](/fr/archives/column/why-wealthy-investors-choose-real-estate-investment)

Citations et références

  • [国土交通省 不動産価格指数・民間住宅賃料指数 (Ministère japonais du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme : indice des prix immobiliers et indice des loyers résidentiels privés)](https://www.mlit.go.jp/totikensangyo/totikensangyo_tk5_000085.html)
  • [e-Gov 借地借家法 (loi japonaise sur les baux fonciers et locatifs)](https://elaws.e-gov.go.jp/document?lawid=066AC0000000090)
  • [国税庁 譲渡所得 (Agence nationale des impôts du Japon : plus-values de cession)](https://www.nta.go.jp/taxes/shiraberu/taxanswer/joto/)
  • [国税庁 財産評価基本通達 (Agence nationale des impôts du Japon : circulaire de base sur l’évaluation patrimoniale)](https://www.nta.go.jp/law/tsutatsu/kihon/sisan/hyoka_new/01.htm)
  • [日本銀行 統計 (Banque du Japon : statistiques)](https://www.boj.or.jp/statistics/)
  • [金融庁 (Agence japonaise des services financiers)](https://www.fsa.go.jp/)
  • [JLL Global Real Estate Transparency Index](https://www.jll.com/en/trends-and-insights/research/global-real-estate-transparency-index)
  • [Knight Frank Wealth Report](https://www.knightfrank.com/wealthreport)
  • [年金積立金管理運用独立行政法人(GPIF) (Government Pension Investment Fund du Japon)](https://www.gpif.go.jp/)
  • [国土交通省 建築物の耐震化 (Ministère japonais du Territoire : renforcement parasismique des bâtiments)](https://www.mlit.go.jp/jutakukentiku/build/jutakukentiku_house_tk_000043.html)
  • [国立社会保障・人口問題研究所 (Institut national japonais de recherche sur la sécurité sociale et la population)](https://www.ipss.go.jp/)
  • [国税庁 不動産所得 (Agence nationale des impôts du Japon : revenus fonciers)](https://www.nta.go.jp/taxes/shiraberu/taxanswer/shotoku/1370.htm)
  • [国税庁 相続税 (Agence nationale des impôts du Japon : droits de succession)](https://www.nta.go.jp/taxes/shiraberu/taxanswer/sozoku/)
  • [財務省 税制 (Ministère japonais des Finances : politique fiscale)](https://www.mof.go.jp/tax_policy/)

Supervision : Daisuke Inazawa (président-directeur général d’INA&Associates Co., Ltd. / 宅地建物取引士, consultant immobilier certifié, spécialiste certifié de la gestion locative, et 11 autres qualifications)

Daisuke Inazawa, President & CEO of INA&Associates Inc.

Auteur

Président-directeur généralINA&Associates Inc.

Président-directeur général d'INA&Associates Inc. Dirige le courtage immobilier, la location et la gestion de biens dans le Grand Tokyo et la région du Kansai. Spécialisé dans la stratégie d'investissement en immobilier de rendement et le conseil aux grandes fortunes.

Daisuke Inazawa est le président-directeur général d'INA&Associates Inc., une société immobilière japonaise dont le siège se trouve à Osaka et qui dispose d'une succursale à Tokyo. Il dirige les trois activités fondamentales du groupe — courtage en vente immobilière, location et gestion de biens — dans le Grand Tokyo et la région du Kansai.

Ses domaines d'expertise recouvrent la stratégie d'investissement en immobilier de rendement, l'optimisation de la rentabilité des opérations locatives, le conseil immobilier destiné aux grandes fortunes (UHNWI) et aux investisseurs institutionnels, ainsi que l'investissement immobilier transfrontalier. Il fournit un conseil de long terme, fondé sur les données, à une clientèle d'investisseurs au Japon comme à l'étranger.

Sous la devise « l'actif le plus précieux d'une entreprise, ce sont ses hommes », il positionne INA&Associates comme une « entreprise d'investissement dans le capital humain » et s'engage à créer une valeur d'entreprise durable par le développement des talents. En tant que dirigeant, il s'exprime également sur le leadership et la culture organisationnelle en période de changement.

Il a obtenu onze qualifications professionnelles japonaises : courtier immobilier agréé (Takken), Master agréé en conseil immobilier, gestionnaire agréé de copropriétés, superviseur agréé de gestion d'immeubles, professionnel certifié de gestion locative, gyōseishoshi (juriste administratif), responsable certifié de la protection des données personnelles, responsable de prévention incendie de classe A, spécialiste certifié de l'immobilier vendu aux enchères, ingénieur de maintenance de copropriétés, et superviseur agréé des opérations de crédit.

  • Courtier immobilier agréé (Takken)
  • Master agréé en conseil immobilier
  • Gestionnaire agréé de copropriétés
  • Superviseur agréé de gestion d'immeubles
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  • Gyōseishoshi (juriste administratif)
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  • Responsable de prévention incendie de classe A
  • Spécialiste certifié de l'immobilier aux enchères
  • Ingénieur de maintenance de copropriétés
  • Superviseur agréé des opérations de crédit