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Real Estate Intelligence
COLUMN

Pourquoi les investisseurs chinois achètent l’immobilier au Japon | 5 critères concrets pour évaluer un achat

Cet article traite d’un cadre très japonais. Il redéfinit les raisons pour lesquelles les investisseurs chinois achètent l’immobilier japonais à travers 5 critères: rendement, propriété, devise, fiscalité et liquidité, avec comparaison institutionnelle et implications pratiques.

Dernière mise à jour: Lecture d'environ 11 min

Les raisons pour lesquelles les investisseurs chinois achètent de l’immobilier au Japon ne se résument ni à la faiblesse du yen ni à un projet d’installation. Dans notre pratique chez INA&Associates, les candidats à l’achat évaluent généralement cinq critères en parallèle: le rendement, la solidité du droit de propriété, la devise, la fiscalité et la liquidité à la revente. Il s’agit d’un cadre très japonais, fondé sur des institutions, des registres et des usages locatifs qui ne se lisent pas comme en Europe. Cet article ne cherche donc pas à expliquer le simple “boom” des achats, mais à organiser ces cinq critères pour en faire une grille de vérification avant acquisition. La supervision éditoriale est assurée par Daisuke Inazawa, agent immobilier diplômé, consultant immobilier certifié, gestionnaire locatif certifié et scrivener administratif.

Points clés de cet article

  • Les critères de décision des investisseurs chinois se concentrent en pratique sur cinq axes: rendement, propriété, devise, fiscalité et liquidité.
  • La pleine propriété japonaise et le registre foncier avec ses sections 甲区 (Kou-ku, historique de propriété) et 乙区 (Otsu-ku, sûretés et autres droits réels) constituent, face au droit d’usage chinois sur 70 ans, un argument central de préservation patrimoniale.
  • La retenue à la source de 20,42% sur certains revenus de non-résidents et la déclaration postérieure prévue par la FEFTA sont des points à vérifier avant l’achat.
  • Les appartements anciens en copropriété dans les 23 arrondissements de Tokyo présentent, par rapport à de nombreuses villes chinoises de second rang, un avantage structurel en matière de liquidité à la sortie.
  • Les questions les plus fréquentes adressées à INA portent surtout sur le registre, la fiscalité et les schémas de transfert de fonds.

1. Redéfinir les “cinq raisons” qui poussent les investisseurs chinois vers l’immobilier japonais

Dans les médias, la motivation des investisseurs chinois est souvent simplifiée en “yen faible” ou “résidence à l’étranger”. En pratique, la plupart raisonnent plutôt en combinant cinq axes. Cet article propose ces cinq critères comme cadre concret de décision d’achat.

Vue d’ensemble des cinq axes

Ces cinq axes correspondent à la rentabilité, à la stabilité du droit, au risque de change, à la prévisibilité fiscale et à la stratégie de sortie. Concrètement, il s’agit de la structure du rendement locatif, de la pleine propriété et de la transparence du registre, de la faiblesse du yen et de la diversification monétaire, de la fiscalité depuis l’acquisition jusqu’à la succession, puis du temps nécessaire pour revendre. Lorsqu’on compare le Japon au marché domestique chinois, des écarts apparaissent sur chacun de ces points et peuvent être décrits de manière chiffrée.

La position de cet article: non pas une analyse du boom, mais une grille d’achat

Le moteur structurel de la hausse des achats par les investisseurs chinois est traité dans notre article jumeau La réalité du boom de l’immobilier japonais chez les investisseurs chinois. Ici, nous nous concentrons sur une question plus opérationnelle: comment évaluer un bien, et selon quels critères, au moment concret de l’achat.

L’intérêt de séparer ces cinq axes est de rendre visible celui qui compte le plus pour chaque acheteur. Un investisseur orienté rendement ne choisira pas la même zone ni le même type de bien qu’un investisseur centré sur la transmission patrimoniale.

Guide de lecture

Chaque section H2 approfondit un axe, puis l’article relie en fin de parcours les questions réellement posées à INA&Associates à ces cinq critères. Les sources principales citées sont 国土交通省 不動産価格指数 (Indice des prix immobiliers du ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme, MLIT), 法務省 不動産登記のABC (ABC de l’enregistrement immobilier du ministère japonais de la Justice), 国税庁 Real estate income of non-residents (Agence fiscale nationale du Japon, revenus immobiliers des non-résidents) et 財務省 FEFTA関連 (Ministère japonais des Finances, documentation FEFTA).

2. Raison n°1: un avantage structurel de rendement locatif (Tokyo 3 à 4% contre Pékin et Shanghai 1 à 2%)

Le premier axe est le rendement. Pour les appartements locatifs en copropriété au centre de Tokyo, nous observons souvent un rendement locatif brut situé dans une fourchette d’environ 3,5 à 4,5%. À l’inverse, pour des biens comparables dans les centres de Pékin ou de Shanghai, les niveaux évoqués tournent plutôt autour de 1,5 à 2,0%. Cet écart structurel de rentabilité constitue souvent le point de départ de la décision.

Différence entre rendement brut et rendement net

Le rendement brut correspond au loyer annuel divisé par le prix du bien. Le rendement net tient compte des charges de copropriété, des provisions pour réparations, de la taxe foncière, des coûts de remise en état et d’autres frais d’exploitation. Pour un appartement en copropriété dans les 23 arrondissements de Tokyo, nous constatons de manière empirique une baisse de 0,8 à 1,2 point entre le brut et le net. Une question revient souvent chez les investisseurs chinois: jusqu’où le rendement net au Japon peut-il être anticipé de manière fiable?

Contrairement à certains marchés européens où l’investisseur raisonne d’abord en rendement net-net après fiscalité locale et charges d’immeuble déjà bien standardisées, l’achat au Japon impose de comprendre quelques postes très japonais dès l’amont: le *reikin* (礼金, “argent de remerciement” versé à la signature dans certains baux), le *shikikin* (敷金, dépôt locatif remboursable en fin de bail), le *koshinryo* (更新料, frais de renouvellement du bail dans certaines zones) et la logique de remise en état encadrée par la ligne directrice dite *Genjo Kaifuku Guideline* (原状回復ガイドライン, guide national sur la répartition des frais de remise en état en fin de bail).

Taux de vacance et rigidité baissière des loyers

Le taux de vacance dans le logement locatif des 23 arrondissements de Tokyo varie fortement selon le quartier et l’année de construction, mais il tend à rester relativement contenu pour les biens récents proches des gares dans les cinq arrondissements centraux. Le bail résidentiel japonais repose sur une forte protection du locataire et sur une logique de renouvellement. Cette structure contribue à une certaine rigidité baissière des loyers. Par comparaison avec des marchés urbains chinois plus libres dans l’ajustement contractuel, nous observons un risque de variation locative plus limité.

Contrairement à la pratique française, où la protection du locataire est également forte mais où l’investisseur s’appuie sur d’autres repères juridiques et sur une chronologie locative différente, le Japon combine protection du locataire et usages contractuels locaux très spécifiques. Pour un lecteur européen, c’est moins “un marché plus souple” qu’un marché où la prévisibilité opérationnelle passe par une autre architecture contractuelle.

Exemple de calcul de rendement effectif (cas d’un 1LDK à Minato)

Prenons un appartement 1LDK dans l’arrondissement de Minato, avec un prix de 70 millions de yens (environ 380 000 EUR au taux de référence BCE de mai 2026, soit 1 EUR = 184,07 JPY) et un loyer mensuel de 230 000 yens (environ 1 250 EUR). Le rendement brut ressort à environ 3,94%. Si l’on retient 750 000 yens de charges annuelles (environ 4 070 EUR) au titre des frais de copropriété, de la réserve pour travaux, de la taxe foncière, des frais de *property management* et de la vacance, le rendement net tombe à environ 2,87%. Il ne s’agit que d’un cas modèle: les résultats varient selon le quartier et l’âge de l’immeuble.

Dans les dossiers de propriétaires chinois dont nous avons repris la gestion, il n’est pas rare qu’ils soient surpris par l’écart entre le rendement brut présenté à l’achat et le rendement net réellement encaissable. Avant toute acquisition, il est donc essentiel d’intégrer dans la projection nette les coûts de sortie du locataire, y compris les frais de remise en état encadrés par la *Genjo Kaifuku Guideline* (原状回復ガイドライン, guide du MLIT sur la répartition des frais de réparation en fin de bail).

3. Raison n°2: la pleine propriété perpétuelle et la transparence du registre, un mécanisme japonais de préservation patrimoniale

Le deuxième axe concerne la nature même du droit de propriété. Au Japon, la propriété du terrain et du bâtiment peut être détenue de manière perpétuelle, et l’opposabilité aux tiers passe par l’enregistrement. Face au système chinois du droit d’usage résidentiel sur 70 ans, cet élément devient pour beaucoup d’investisseurs chinois le facteur décisif de sécurité patrimoniale.

Comparaison institutionnelle avec le droit d’usage chinois sur 70 ans

En Chine, le foncier résidentiel reste propriété de l’État et l’acquéreur obtient un droit d’usage sur 70 ans. La loi de 2007 sur les droits réels puis le Code civil de 2020 ont renforcé le mécanisme de renouvellement automatique, mais des zones d’incertitude demeurent sur le coût et les modalités concrètes de ce renouvellement. La *shoyuken* (所有権, pleine propriété) japonaise, elle, n’expire pas avec le temps et subsiste au fil des successions.

Le rôle des sections 甲区 et 乙区 dans le registre immobilier japonais

L’extrait du registre foncier japonais présente une structure en trois niveaux: la partie descriptive, la section 甲区 (*Kou-ku*, 甲区, historique et titulaires du droit de propriété) et la section 乙区 (*Otsu-ku*, 乙区, hypothèques et autres droits réels non propriétaires). Lors des premières visites, une question revient très souvent chez les investisseurs chinois: où obtenir ce registre et comment le lire? La source primaire est 法務省 不動産登記のABC (ABC de l’enregistrement immobilier du ministère japonais de la Justice).

Opposabilité aux tiers et stabilité du droit

Selon l’article 177 du Code civil japonais, une mutation de droit réel immobilier n’est pas opposable aux tiers sans enregistrement. En pratique, cela signifie aussi qu’un droit de propriété correctement inscrit bénéficie d’une protection solide, y compris en cas de contentieux comme une double vente. Les modalités d’enregistrement pour les non-résidents sont résumées dans 法務省 外国居住者・外国法人の住所証明情報 (Informations du ministère japonais de la Justice sur la preuve d’adresse des résidents et sociétés étrangers).

Dans le système chinois du “certificat de droit immobilier”, la durée du droit d’usage du sol et la propriété du bâti restent liées, et les conditions de renouvellement à l’expiration du droit d’usage laissent encore une marge d’appréciation aux autorités locales. Au Japon, à l’inverse, le terrain et le bâtiment sont inscrits comme immeubles distincts, et la durée de la propriété n’est pas plafonnée. Sur le terrain, de nombreux investisseurs chinois évaluent précisément cette absence d’échéance comme le premier facteur de sérénité patrimoniale.

En comparaison avec des juridictions européennes où la propriété semble intuitivement stable mais où les lecteurs ne rencontrent pas forcément un registre structuré de la même manière ni le même contraste avec un droit d’usage à durée fixe, le cas japonais frappe par la lisibilité du titre. Pour un investisseur francophone intéressé par l’Asie, c’est un point de compréhension essentiel: au Japon, la sécurité perçue ne tient pas seulement à la qualité du bâti, mais aussi à l’architecture documentaire du droit.

4. Raison n°3: le double avantage du yen faible et de la diversification monétaire (vision RMB, USD, JPY)

Le troisième axe est la devise. La faiblesse du yen n’est pas, à elle seule, une raison d’acheter. Elle fonctionne plutôt comme un outil de diversification entre renminbi, dollar américain et yen. Le risque de change doit être évalué à trois moments: à l’achat, pendant la détention et à la sortie.

Estimation du coût de change au moment de l’achat

Beaucoup d’investisseurs gardent à l’esprit la limite annuelle de transfert de 50 000 USD fixée dans la pratique des sorties de capitaux individuelles en Chine. Il n’est donc pas rare de voir les fonds répartis via Hong Kong ou via des structures sociétaires. Selon le canal de transfert, le coût effectif varie, d’après nos observations de terrain, dans une fourchette d’environ 0,3 à 1,5%. Pour les valeurs de référence sur les changes, nous nous appuyons sur 日本銀行 外国為替市場統計 (Banque du Japon, statistiques du marché des changes).

Pendant la détention: la logique de couverture en devise

Un revenu locatif libellé en yen peut jouer un rôle de couverture lorsque le renminbi se déprécie. À l’inverse, si le yen se réapprécie, la valeur des actifs libellés en yen augmente et le gain de cession converti en dollar peut progresser au moment de la sortie. Dans notre pratique, nous évitons donc la formule simpliste “acheter parce que le yen est faible” et parlons plutôt de détention sur trois devises.

Scénarios de conversion au moment de la sortie

Le transfert à l’étranger du produit de la vente s’exécute après traitement des obligations de retenue à la source applicables au non-résident et des vérifications d’identité imposées par la loi japonaise de lutte contre le blanchiment. Si le yen est plus fort au moment de la revente qu’au moment de l’achat, le gain peut se doubler en renminbi. Si le yen reste faible, l’investisseur conserve néanmoins la possibilité de garder l’actif sous un régime de pleine propriété. En pratique, il est donc plus rationnel de préparer plusieurs scénarios de sortie dès l’achat, afin de construire une stratégie neutre par rapport à la direction future du change.

Par rapport à un investisseur européen habitué à raisonner principalement en couple EUR/USD, cette lecture en trois devises est particulièrement instructive. Elle montre que l’immobilier japonais n’est pas seulement un actif immobilier: c’est aussi une exposition monétaire structurée.

5. Raison n°4: une fiscalité prévisible à quatre étapes (acquisition, détention, vente, succession)

Le quatrième axe est la fiscalité. L’imposition de l’immobilier au Japon est structurée en quatre étapes distinctes: acquisition, détention, vente et succession. Les taux et les échéances déclaratives sont relativement explicites, ce qui donne au système une forte prévisibilité. Pour les investisseurs chinois, la possibilité d’estimer la charge fiscale en amont pèse lourd dans la décision.

Étape d’acquisition (droits d’enregistrement et taxe d’acquisition immobilière)

Le droit d’enregistrement sur le transfert de propriété est en principe de 2,0% de la valeur d’évaluation foncière servant à la taxe foncière. La taxe d’acquisition immobilière se situe généralement entre 3 et 4%. Les délais de déclaration après l’acquisition varient selon la préfecture. Par comparaison avec la fiscalité contractuelle chinoise, les taux ne sont pas forcément radicalement plus faibles, mais la transparence procédurale est souvent perçue comme meilleure.

Étape de détention (taxe foncière et taxe d’urbanisme)

La taxe foncière est en principe de 1,4% et la taxe d’urbanisme plafonnée à 0,3%. Elles sont dues par le propriétaire au 1er janvier de chaque année. Pour un non-résident, la désignation d’un *nozei kanrinin* (納税管理人, représentant fiscal chargé des démarches et notifications fiscales au Japon) est généralement requise. Chez INA, nous assumons ce rôle pour de nombreux propriétaires chinois.

Étape de vente (plus-value et retenues applicables aux non-résidents)

Lorsqu’un non-résident vend un bien immobilier situé au Japon, l’acheteur retient 10,21% du prix de vente dans certains cas prévus par le régime fiscal applicable. Les revenus locatifs de non-résidents sont, eux, associés à une retenue à la source de 20,42%. Le taux d’imposition de la plus-value elle-même est de 39,63% en détention courte et de 20,315% en détention longue. La source primaire à consulter est 国税庁 Real estate income of non-residents (Agence fiscale nationale du Japon, revenus immobiliers des non-résidents).

Étape successorale et déclaration postérieure FEFTA

Lorsqu’un non-résident acquiert un bien immobilier au Japon, une déclaration postérieure peut être requise au titre de la *FEFTA* (*Foreign Exchange and Foreign Trade Act*, 外国為替及び外国貿易法, loi-cadre japonaise sur les opérations extérieures et les changes). Le détail figure dans 財務省 FEFTA関連 (Ministère japonais des Finances, documentation FEFTA). L’impôt sur les successions peut atteindre 55%, et l’étendue de l’obligation fiscale varie selon le domicile du défunt et celui de l’héritier. La coordination avec le régime chinois en cas de risque de double imposition fait partie des sujets sur lesquels les questions se concentrent le plus souvent.

Contrairement à des investisseurs européens qui abordent d’abord l’immobilier international par le prisme des conventions fiscales ou de l’optimisation sociétaire, les investisseurs chinois que nous rencontrons attachent souvent plus de valeur à la stabilité institutionnelle du calendrier fiscal lui-même. Le Japon attire ici non parce que la fiscalité serait légère, mais parce qu’elle est lisible, segmentée et planifiable.

6. Raison n°5: la liquidité de sortie (Tokyo 23 arrondissements: 3 à 4 mois, contre 18 à 24 mois dans des villes chinoises de second rang)

Le cinquième axe est la liquidité. Pour les appartements anciens en copropriété dans les 23 arrondissements de Tokyo, nous observons généralement un délai moyen de conclusion compris entre 3 et 4 mois. Comparé à des durées d’écoulement du stock de 18 à 24 mois évoquées pour certaines villes chinoises de second rang, l’écart de difficulté à la sortie est considérable.

Délai d’écoulement pour les appartements anciens dans Tokyo 23

Les 不動産流通機構(REINS)市況レポート (REINS, rapports de marché de l’organisme japonais de circulation immobilière) publient la durée moyenne entre l’inscription et la vente des appartements anciens dans la région métropolitaine. Les biens proches d’une gare dans les cinq arrondissements centraux se vendent en général plus vite que la moyenne, tandis que les zones périphériques prennent davantage de temps. Dans les cas de vendeurs chinois que nous avons accompagnés, l’emplacement et le niveau de prix ont été les deux principaux facteurs de dispersion.

Comparaison avec les villes chinoises de second rang

Dans de nombreuses villes chinoises de second rang, les politiques de contrôle des prix et les sorties de population ont allongé l’absorption du stock. Le bassin d’acheteurs plus profond de Tokyo 23 signifie qu’un vendeur chinois n’a pas besoin de dépendre exclusivement d’un “prochain investisseur chinois” pour revendre. La diversité des acheteurs contribue à limiter la rigidité du prix de sortie.

En outre, à Tokyo 23, les transactions conclues sont partagées entre professionnels via REINS, ce qui donne au marché un niveau de transparence élevé sur les prix. Dans certaines villes chinoises, on considère qu’une part non négligeable des transactions reste moins visible ou implique des ajustements hors affichage, ce qui réduit la fiabilité des repères de prix. Dans notre pratique de la revente pour des propriétaires chinois, la possibilité de présenter des références comparables conclues sur les trois derniers mois constitue souvent la base d’une décision rapide.

Épaisseur du bassin d’acheteurs et trajectoire de revente

Le bassin d’acheteurs d’appartements anciens à Tokyo 23 repose sur trois couches: occupants domestiques, investisseurs domestiques et investisseurs étrangers. Le fait que la sortie ne soit pas limitée à un cercle d’acheteurs chinois est l’avantage structurel majeur en matière de liquidité. La composition locale de ce bassin est détaillée dans notre Guide de la marque Tokyo pour les investisseurs chinois dans l’immobilier japonais.

Cela dit, un bassin d’acheteurs profond ne signifie pas que tous les biens se revendront dans les mêmes conditions. L’année de construction, la solidité financière du syndicat de copropriété, le niveau de la réserve pour travaux et les normes parasismiques restent des critères communs aux trois catégories d’acheteurs. Dans notre pratique, nous recommandons donc de définir dès l’achat le profil d’acheteur visé à dix ans, puis de remonter à rebours dans la sélection du bien.

Contrairement à certains marchés européens où la profondeur du marché dépend fortement de la micro-localisation patrimoniale ou du prestige d’un quartier historique, Tokyo combine lisibilité des prix, rotation relativement régulière et demande multi-segments. Pour un lecteur francophone sensible aux actifs urbains durables, c’est une différence importante dans la manière de penser la sortie.

7. Données primaires INA: les 10 questions les plus fréquentes des candidats acheteurs chinois

Nous relions ici, sur la base de notre expérience des 24 derniers mois chez INA&Associates, les questions les plus fréquentes posées par des acheteurs chinois aux cinq axes présentés plus haut. Nous ne publions pas de volumes chiffrés précis pour des raisons de confidentialité; il s’agit d’un classement d’observation.

Classement des questions les plus fréquentes (base observationnelle)

Les questions qui reviennent le plus souvent sont: (1) comment lire l’extrait du registre, (2) quel est le montant réel des retenues applicables aux non-résidents, (3) quelles sont les options pour le transfert de fonds, (4) quel est le rôle du représentant fiscal, (5) comment fonctionne le droit de vote dans le syndicat de copropriété, (6) où l’impôt sur les successions est-il exigible, (7) quelles sanctions existent en cas d’absence de déclaration FEFTA, (8) de combien le loyer peut-il baisser en cas de vacance, (9) comment calcule-t-on la plus-value à la sortie, et (10) quelle est l’acceptabilité, en copropriété, d’une proportion élevée de propriétaires étrangers.

Carte de correspondance avec les cinq axes

Les questions 1 et 5 relèvent de la propriété et du registre. Les questions 2, 4, 6, 7 et 9 relèvent de la fiscalité. La question 3 concerne la devise. La question 8 renvoie au rendement. La question 10 touche à la liquidité. Le fait qu’environ 80% des questions se concentrent sur la fiscalité et la propriété reflète bien la réalité des critères de décision. Notre lecture est la suivante: les investisseurs chinois attachent souvent plus d’importance aux éléments institutionnels stables, comme la fiscalité et le droit de propriété, qu’aux variables mouvantes comme le rendement instantané ou le change. C’est sans doute le reflet, en creux, d’une expérience préalable des variations de politique publique sur le marché domestique chinois.

Checklist avant achat

La liste de vérification fondée sur ces cinq axes comprend: calcul du rendement net, vérification des sections 甲区 et 乙区 du registre, conception du parcours de transfert de fonds, désignation du représentant fiscal et préparation de scénarios de sortie. La comparaison avec les critères d’achat d’investisseurs de Hong Kong est traitée dans notre Guide de l’immobilier japonais pour les investisseurs de Hong Kong. Les investisseurs chinois et hongkongais ne combinent pas de la même manière stratégie familiale, statut de résidence et implantation éducative, ce qui fait aussi diverger les schémas de détention après achat. Chez INA, nous vérifions donc en deux temps la grille des cinq axes et la stratégie de résidence de la famille avant de proposer un bien.

8. Questions fréquentes (FAQ)

Q1. Par rapport à un bien chinois fondé sur un droit d’usage de 70 ans, jusqu’où la pleine propriété japonaise est-elle sécurisée? La *shoyuken* (所有権, pleine propriété) japonaise est un droit perpétuel en droit civil: elle ne s’éteint pas avec le temps, y compris après succession. L’enregistrement foncier assure en outre l’opposabilité aux tiers, ce qui limite les risques liés à des conflits de titre, comme une double vente.

Q2. Un non-résident peut-il ouvrir un compte bancaire au Japon? La réponse varie selon les établissements. La détention d’un visa de gestion, d’un statut de résidence ou la présence d’un représentant fiscal peuvent influencer la décision. INA accompagne ses clients vers des banques nationales et régionales avec lesquelles nous avons l’habitude de travailler.

Q3. Que se passe-t-il si la baisse du yen s’inverse? Une remontée du yen augmente le coût d’achat exprimé en renminbi, mais elle revalorise aussi l’actif libellé en yen dans cette même devise de référence. Le gain de change à la sortie peut alors augmenter, tout en laissant ouverte l’option de conserver le bien.

Q4. Peut-on acheter un bien immobilier au Japon sans demander de visa de gestion? Oui. L’achat en lui-même est possible sans visa. En revanche, pour un non-résident, la désignation d’un représentant fiscal et, selon le cas, la déclaration postérieure FEFTA doivent être prises en compte.

Q5. Les successions peuvent-elles aussi être imposées côté chinois? À ce jour, la Chine n’a pas institué d’impôt successoral général. En revanche, le risque d’évolution future du cadre chinois et le plafond japonais pouvant atteindre 55% doivent être examinés séparément.

Q6. Existe-t-il un risque de ne pouvoir revendre qu’à un autre investisseur chinois? Dans les 23 arrondissements de Tokyo, les acheteurs potentiels se répartissent entre occupants japonais, investisseurs domestiques et investisseurs étrangers. La revente ne dépend donc pas d’une seule nationalité. En revanche, dans des zones périphériques ou régionales, le bassin d’acheteurs peut être plus limité.

Q7. Y a-t-il des sanctions si l’on néglige la déclaration postérieure FEFTA? Oui. La *FEFTA* (外国為替及び外国貿易法, loi japonaise sur les changes et le commerce extérieur) prévoit des dispositions pénales. En pratique, la déclaration postérieure doit être déposée dans les 20 jours suivant l’acquisition, par l’intermédiaire de la Banque du Japon, à destination du ministre des Finances.

Q8. Un propriétaire étranger peut-il exercer ses droits de vote dans le syndicat d’une tour de copropriété? Oui. En droit japonais de la copropriété, la nationalité du propriétaire n’affecte pas le droit de vote. En pratique, il est fréquent d’agir par procuration ou via un représentant. Nous abordons aussi ce point dans L’évolution des prix des condominiums de luxe et la stratégie des investisseurs étrangers.

Supervision: Daisuke Inazawa (agent immobilier diplômé, consultant immobilier certifié, gestionnaire locatif certifié, scrivener administratif)

À lire aussi

  • [La réalité du boom de l’immobilier japonais chez les investisseurs chinois](/fr/archives/column/chinese-investors-japan-real-estate-boom)
  • [Guide de la marque Tokyo pour les investisseurs chinois dans l’immobilier japonais](/fr/archives/column/tokyo-brand-chinese-investor-real-estate-guide)
  • [Guide de l’immobilier japonais pour les investisseurs de Hong Kong](/fr/archives/column/hong-kong-investors-japan-real-estate-guide)

Citations et sources

  • [国土交通省 不動産価格指数 (Indice des prix immobiliers du ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme, MLIT)](https://www.mlit.go.jp/totikensangyo/totikensangyo_tk5_000085.html)
  • [法務省 不動産登記のABC (ABC de l’enregistrement immobilier du ministère japonais de la Justice)](https://www.moj.go.jp/MINJI/minji02.html)
  • [法務省 外国居住者・外国法人の住所証明情報 (Informations du ministère japonais de la Justice sur la preuve d’adresse des résidents et sociétés étrangers)](https://www.moj.go.jp/MINJI/minji05_00574.html)
  • [国税庁 Real estate income of non-residents (Agence fiscale nationale du Japon, revenus immobiliers des non-résidents)](https://www.nta.go.jp/english/taxes/individual/12014.htm)
  • [財務省 外国為替及び外国貿易法(FEFTA)不動産取得報告 (Ministère japonais des Finances, déclaration d’acquisition immobilière au titre de la FEFTA)](https://www.mof.go.jp/english/policy/international_policy/real_property/index.html)
  • [日本銀行 外国為替市場統計 (Banque du Japon, statistiques du marché des changes)](https://www.boj.or.jp/statistics/market/forex/index.htm)
  • [不動産流通機構(REINS)市況レポート (REINS, rapports de marché de l’organisme japonais de circulation immobilière)](https://www.reins.or.jp/library/)
Daisuke Inazawa, President & CEO of INA&Associates Inc.

Auteur

Président-directeur généralINA&Associates Inc.

Président-directeur général d'INA&Associates Inc. Dirige le courtage immobilier, la location et la gestion de biens dans le Grand Tokyo et la région du Kansai. Spécialisé dans la stratégie d'investissement en immobilier de rendement et le conseil aux grandes fortunes.

Daisuke Inazawa est le président-directeur général d'INA&Associates Inc., une société immobilière japonaise dont le siège se trouve à Osaka et qui dispose d'une succursale à Tokyo. Il dirige les trois activités fondamentales du groupe — courtage en vente immobilière, location et gestion de biens — dans le Grand Tokyo et la région du Kansai.

Ses domaines d'expertise recouvrent la stratégie d'investissement en immobilier de rendement, l'optimisation de la rentabilité des opérations locatives, le conseil immobilier destiné aux grandes fortunes (UHNWI) et aux investisseurs institutionnels, ainsi que l'investissement immobilier transfrontalier. Il fournit un conseil de long terme, fondé sur les données, à une clientèle d'investisseurs au Japon comme à l'étranger.

Sous la devise « l'actif le plus précieux d'une entreprise, ce sont ses hommes », il positionne INA&Associates comme une « entreprise d'investissement dans le capital humain » et s'engage à créer une valeur d'entreprise durable par le développement des talents. En tant que dirigeant, il s'exprime également sur le leadership et la culture organisationnelle en période de changement.

Il a obtenu onze qualifications professionnelles japonaises : courtier immobilier agréé (Takken), Master agréé en conseil immobilier, gestionnaire agréé de copropriétés, superviseur agréé de gestion d'immeubles, professionnel certifié de gestion locative, gyōseishoshi (juriste administratif), responsable certifié de la protection des données personnelles, responsable de prévention incendie de classe A, spécialiste certifié de l'immobilier vendu aux enchères, ingénieur de maintenance de copropriétés, et superviseur agréé des opérations de crédit.

  • Courtier immobilier agréé (Takken)
  • Master agréé en conseil immobilier
  • Gestionnaire agréé de copropriétés
  • Superviseur agréé de gestion d'immeubles
  • Professionnel certifié de gestion locative
  • Gyōseishoshi (juriste administratif)
  • Responsable certifié de la protection des données personnelles
  • Responsable de prévention incendie de classe A
  • Spécialiste certifié de l'immobilier aux enchères
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  • Superviseur agréé des opérations de crédit