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Réduire les coûts de gestion : revoir la sous-traitance

Les frais de gestion restent élevés à cause des chaînes de sous-traitance. La réalité des marges intermédiaires et les étapes de révision pour le propriétaire.

Dernière mise à jour: Lecture d'environ 5 min

L'entrepreneur principal et les sous-traitants dans la gestion immobilière : de quoi s'agit-il ?

Dans la gestion locative immobilière au Japon, il est courant que le propriétaire (le bailleur) confie l'ensemble de la gestion à une société de gestion immobilière qui joue le rôle d'entrepreneur principal, laquelle sous-traite ensuite chaque tâche technique à des sous-traitants spécialisés. Par exemple, lorsqu'une entreprise de nettoyage d'immeuble prend en charge la gestion globale d'un bâtiment, elle externalise généralement tout ce qui dépasse le nettoyage proprement dit — l'inspection des équipements, les réparations — auprès d'entreprises spécialisées distinctes.
De la même manière, lorsqu'une agence immobilière assure la gestion d'un bien, presque toutes les tâches autres que les démarches d'entrée et de sortie des locataires sont externalisées ; et même chez les sociétés de gestion adossées à des entreprises de construction, une grande partie des travaux d'entretien courant est confiée à des entreprises partenaires.
Ainsi, en confiant systématiquement à des entreprises sous-traitantes spécialisées les tâches que la société de gestion ne peut pas réaliser elle-même, se forme une structure de sous-traitance en cascade (une organisation pyramidale de prestataires imbriqués les uns dans les autres), comparable à ce que l'on observe dans le secteur du bâtiment en France ou en Europe, où un maître d'œuvre délègue successivement à des corps de métier différents.
Pour le propriétaire, l'avantage apparent est de n'avoir qu'un seul interlocuteur ; mais dans les faits, les travaux sur le terrain sont répartis entre l'entrepreneur principal, le sous-traitant de premier rang, celui de second rang, et ainsi de suite, sans que le propriétaire n'en ait toujours conscience.

Les problèmes engendrés par cette structure en cascade

Cette structure d'entrepreneur principal et de sous-traitants empilés est l'une des grandes causes de la hausse des coûts et de l'inefficacité dans la gestion immobilière au Japon. Le problème le plus important est l'apparition d'une marge intermédiaire (une commission de passage) à chaque niveau. La société de gestion, en tant qu'entrepreneur principal, ajoute sa propre marge et ses frais de gestion au montant qu'elle verse au sous-traitant, puis facture le tout au propriétaire. Autrement dit, le devis du sous-traitant se voit systématiquement majoré de la part revenant à l'entrepreneur principal avant d'être présenté au propriétaire, de sorte que, sauf erreur grossière dans l'estimation, l'entrepreneur principal ne perd jamais d'argent dans l'opération.

Cette marge intermédiaire vient mécaniquement augmenter les dépenses du propriétaire. Plus la société de gestion, en tant qu'intermédiaire, s'interpose dans la chaîne, plus les frais indirects gonflent et plus le coût final s'alourdit — un phénomène assez évident lorsqu'on l'examine de près.

Par ailleurs, l'allongement du circuit de transmission des instructions et des comptes rendus entraîne souvent des retards dans la prise de décision et dans le traitement des demandes. Par exemple, lorsqu'un locataire signale un problème nécessitant une réparation, l'information doit remonter du locataire au propriétaire, puis à la société de gestion (entrepreneur principal), puis à l'entreprise partenaire (sous-traitant), avant d'atteindre enfin la personne qui exécutera réellement les travaux — ce qui ralentit d'autant la réactivité. La perte d'information en cours de route et le flou quant à la responsabilité de chacun peuvent prolonger le temps nécessaire pour résoudre un problème, avec pour conséquence une baisse de la satisfaction des locataires, voire des dommages secondaires.

Enfin, cette structure en cascade fait également craindre une baisse de la qualité de service. Chaque niveau de sous-traitance prélève sa propre marge, si bien que la rémunération qui parvient réellement à l'exécutant du travail tend à diminuer. Lorsqu'une part de bénéfice disproportionnée par rapport à la valeur réellement apportée est captée par les échelons supérieurs (l'entrepreneur principal), la part qui revient aux entreprises sous-traitantes et au personnel de terrain se trouve comprimée, et les conditions de travail de ceux qui exécutent effectivement les tâches finissent par se situer dans la moyenne, voire en dessous. Dans un tel contexte, il devient difficile de fidéliser des employés compétents et la motivation s'érode, ce qui entraîne une baisse de la qualité du travail et des retards liés au manque de personnel.

De fait, certains observateurs notent que la pénurie croissante d'ouvriers qualifiés dans le secteur de la gestion d'immeubles au Japon entraîne à la fois une hausse des coûts d'entretien et des retards d'intervention, ce qui, en laissant s'aggraver des désordres non traités, peut raccourcir la durée de vie même du bâtiment. Autrement dit, cette structure en cascade ne génère pas seulement des marges superflues : elle constitue en elle-même un facteur d'affaiblissement de la capacité opérationnelle sur le terrain et de hausse future des coûts.

Les conséquences pour le propriétaire : hausse des coûts et baisse de service

Les effets de cette structure d'entrepreneur principal et de sous-traitants finissent toujours par retomber sur le revenu net du propriétaire et sur la valeur de son bien.

Premièrement, le paiement de marges superflues vient rogner le revenu net. Aux honoraires de gestion versés à la société de gestion (généralement quelques pourcents du loyer) s'ajoutent, pour chaque chantier ou chaque prestation, des marges intermédiaires supplémentaires, si bien que le coût réel supporté par le propriétaire dépasse largement le strict nécessaire. Par exemple, si le nettoyage de l'immeuble ou l'entretien des équipements étaient commandés directement, sans passer par la société de gestion, une économie de l'ordre de 20 à 30 % serait généralement possible ; mais en suivant les usages traditionnels, le propriétaire continue de payer cette différence sans même s'en rendre compte.

Deuxièmement, la perte d'opportunités liée aux retards de traitement. Si un retard dans une réparation entame la confiance des locataires, cela peut provoquer davantage de départs et allonger la durée de vacance des logements, ce qui se traduit par un manque à gagner direct pour le propriétaire. Dans une structure aussi hiérarchisée, où la prise de décision est lente, les souhaits du propriétaire mettent du temps à se traduire en actions concrètes sur le terrain, ce qui nuit à la réactivité en cas d'urgence ou de nécessité d'amélioration rapide.

Pour les propriétaires qui souhaitent clarifier les bases de l'organisation globale, y compris la relation avec les locataires, l'article « Que fait exactement une société de gestion immobilière ? Rôle et tâches quotidiennes » peut également être utile. Il aide à comprendre quelles tâches externaliser et lesquelles conserver en interne.

Troisièmement, la baisse de la qualité de service. Un nettoyage négligé, des inspections d'équipements insuffisantes, un traitement tardif des réclamations : autant de situations qui font baisser la valeur patrimoniale du bien et la satisfaction des locataires. À long terme, cela se traduit par une pression à la baisse sur les loyers et par des difficultés croissantes à trouver de nouveaux locataires, ce qui accroît le risque financier du propriétaire. En somme, cette structure en cascade génère pour le propriétaire des « coûts invisibles » et risque fort de réduire à la fois sa souplesse de gestion et la compétitivité de son bien sur le marché.

Des stratégies pour optimiser les coûts

Pour réduire ce gaspillage structurel et maximiser le revenu du propriétaire, les stratégies suivantes se révèlent efficaces.

  • Envisager l'autogestion ou la commande directe : selon la taille et la situation du bien, opter pour une « autogestion », dans laquelle le propriétaire assure lui-même la gestion sans passer par une société tierce, permet de réduire les coûts. En autogestion, il n'est plus nécessaire de verser des honoraires de gestion mensuels (généralement quelques pourcents des loyers perçus), ce qui comprime nettement les frais fixes et les coûts initiaux. Cela demande cependant davantage de temps et d'implication de la part du propriétaire ; lorsqu'il n'est pas réaliste de tout gérer seul, externaliser uniquement certaines tâches en direct reste une option efficace. Il s'agit par exemple de contracter directement, sans intermédiaire, avec des prestataires spécialisés dans le nettoyage, l'inspection ou les réparations, tout en confiant le reste à une société de gestion. Certaines copropriétés au Japon ont ainsi réduit leurs coûts de gestion d'environ 30 % en confiant directement des tâches très techniques, comme l'inspection des systèmes incendie ou l'entretien des ascenseurs, à des prestataires spécialisés plutôt que de passer par la société de gestion. L'autogestion et la commande directe partielle constituent donc, avec un peu d'organisation, des solutions efficaces pour éliminer les marges intermédiaires tout en conservant le niveau de service nécessaire. Pour approfondir les pistes de réduction des coûts de gros travaux, l'article « Réduire d'un tiers le coût des grosses réparations grâce à un réseau de prestataires » apporte des éléments concrets.
  • Utiliser la technologie pour gagner en efficacité opérationnelle : intégrer des outils numériques à la gestion locative permet de supprimer les gaspillages liés aux processus intermédiaires et de réduire les coûts. L'adoption d'un logiciel de gestion locative en ligne ou d'une application de gestion immobilière permet par exemple de centraliser la gestion des contrats, des paiements et des échanges avec les locataires, ce qui allège la charge de travail humaine et accélère les délais de traitement. L'utilisation d'un chatbot pour répondre aux demandes des locataires, ou de capteurs connectés (IoT) pour détecter précocement une anomalie sur un équipement, permet d'automatiser et d'accélérer des échanges qui, auparavant, passaient nécessairement par la société de gestion. Ces technologies allègent la charge du propriétaire lorsqu'il gère lui-même son bien, et permettent une gestion plus efficace lorsqu'il délègue à une société tierce. Au final, elles renversent le postulat traditionnel selon lequel « déléguer coûte forcément plus cher », en rendant possible une gestion à la fois économique et efficace.
  • Bien choisir une société de gestion directe et fiable : même en cas de délégation, choisir soigneusement la société de gestion qui jouera le rôle d'entrepreneur principal permet de limiter les coûts inutiles. Le critère essentiel est de privilégier une entreprise transparente et réellement spécialisée. Concrètement, il s'agit de rechercher une société qui communique le détail de ses devis et rend visible l'existence et le montant de toute marge intermédiaire, qui dispose en interne de son propre service de maintenance ou de sa propre équipe de nettoyage — réduisant ainsi sa dépendance à la sous-traitance — et qui formule ses propositions en gardant à l'esprit les intérêts du propriétaire. Une société de gestion qui, par exemple, aide le propriétaire à obtenir directement plusieurs devis concurrents lorsqu'une réparation devient nécessaire, plutôt que de tout gérer elle-même, permet d'éviter toute majoration artificielle des prix liée à des commissions occultes. La méthode complète pour revoir l'ensemble des coûts de gestion est détaillée dans l'article « Cinq stratégies pour optimiser les coûts de gestion immobilière ».
  • Avant de signer un contrat, il est également important de vérifier le modèle économique de la société de gestion — quelles autres sources de commissions elle perçoit en dehors des honoraires de gestion — et de s'assurer qu'aucune tarification ne reste floue. En sélectionnant rigoureusement une société de gestion digne de confiance, le propriétaire évite la mauvaise surprise de voir ses coûts grimper après avoir délégué la gestion, et peut ainsi bénéficier d'un service à la fois suffisant et facturé à un prix juste.
Daisuke Inazawa, President & CEO of INA&Associates Inc.

Auteur

Président-directeur général — INA&Associates Inc.

Président-directeur général d'INA&Associates Inc. Dirige le courtage immobilier, la location et la gestion de biens dans le Grand Tokyo et la région du Kansai. Spécialisé dans la stratégie d'investissement en immobilier de rendement et le conseil aux grandes fortunes.

Daisuke Inazawa est le président-directeur général d'INA&Associates Inc., une société immobilière japonaise dont le siège se trouve à Osaka et qui dispose d'une succursale à Tokyo. Il dirige les trois activités fondamentales du groupe — courtage en vente immobilière, location et gestion de biens — dans le Grand Tokyo et la région du Kansai.

Ses domaines d'expertise recouvrent la stratégie d'investissement en immobilier de rendement, l'optimisation de la rentabilité des opérations locatives, le conseil immobilier destiné aux grandes fortunes (UHNWI) et aux investisseurs institutionnels, ainsi que l'investissement immobilier transfrontalier. Il fournit un conseil de long terme, fondé sur les données, à une clientèle d'investisseurs au Japon comme à l'étranger.

Sous la devise « l'actif le plus précieux d'une entreprise, ce sont ses hommes », il positionne INA&Associates comme une « entreprise d'investissement dans le capital humain » et s'engage à créer une valeur d'entreprise durable par le développement des talents. En tant que dirigeant, il s'exprime également sur le leadership et la culture organisationnelle en période de changement.

Il a obtenu onze qualifications professionnelles japonaises : courtier immobilier agréé (Takken), Master agréé en conseil immobilier, gestionnaire agréé de copropriétés, superviseur agréé de gestion d'immeubles, professionnel certifié de gestion locative, gyōseishoshi (juriste administratif), responsable certifié de la protection des données personnelles, responsable de prévention incendie de classe A, spécialiste certifié de l'immobilier vendu aux enchères, ingénieur de maintenance de copropriétés, et superviseur agréé des opérations de crédit.

  • Courtier immobilier agréé (Takken)
  • Master agréé en conseil immobilier
  • Gestionnaire agréé de copropriétés
  • Superviseur agréé de gestion d'immeubles
  • Professionnel certifié de gestion locative
  • Gyōseishoshi (juriste administratif)
  • Responsable certifié de la protection des données personnelles
  • Responsable de prévention incendie de classe A
  • Spécialiste certifié de l'immobilier aux enchères
  • Ingénieur de maintenance de copropriétés
  • Superviseur agréé des opérations de crédit