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Kagi kōkan-dai : qui paie le remplacement de la serrure en location au Japon ?

Qui doit régler le kagi kōkan-dai (鍵交換代), les frais de remplacement de la serrure lors d'une location au Japon ? Entre le principe « frais à la charge du bailleur » des directives du MLIT et la pratique qui les impute au locataire, ce guide détaille les coûts selon le type de serrure, la répartition en cas de perte ou de départ, et les bons réflexes contractuels pour un propriétaire bailleur au Japon.

Dernière mise à jour: Lecture d'environ 7 min

Au Japon, le kagi kōkan-dai (鍵交換代, littéralement les « frais de remplacement de la serrure et des clés ») facturé à l'entrée dans un logement locatif est une particularité qui n'a pas vraiment d'équivalent direct dans les marchés locatifs occidentaux : contrairement à la France, où le changement de serrure entre deux locataires n'est ni systématique ni facturé comme un poste distinct de l'état des lieux, cette pratique japonaise est devenue, avec le temps, presque un réflexe commercial. Elle est pourtant une source récurrente de tension entre locataires et bailleurs. Les directives du ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme (国土交通省, Kokudokōtsūshō, MLIT) considèrent qu'il est « raisonnable que le bailleur en assume la charge », alors que dans la pratique, c'est le locataire qui continue très largement de payer. Chez INA&Associates, nous gérons de nombreux dossiers locatifs et nous avons pu constater qu'un flou entretenu sur ce poste de coût, au moment de la signature comme du départ du locataire, nuit à la confiance et peut dégénérer en litige lors de la restitution du dépôt de garantie. Pour un investisseur étranger qui acquiert un bien locatif au Japon, ce point mérite d'autant plus d'attention qu'il touche à la fois à la gestion quotidienne, à l'image de marque du bien et à la solidité juridique du bail. Cet article reprend, du point de vue d'un propriétaire bailleur, les règles de répartition du kagi kōkan-dai et les bons réflexes à adopter.

Pourquoi le changement de serrure est-il nécessaire à l'entrée dans les lieux

Même si le précédent locataire restitue l'ensemble des clés à son départ, on ne peut jamais totalement exclure qu'un double ait été réalisé pendant la durée de son bail. Si un tel double reste entre des mains extérieures, le risque d'intrusion ou de cambriolage devient réel. C'est précisément pour cette raison que le changement de serrure à l'entrée dans les lieux constitue, au Japon, une mesure de sécurité à part entière destinée à protéger le nouveau locataire — une logique préventive assez éloignée de l'approche française, où la sécurité du logement repose davantage sur l'obligation légale du bailleur de délivrer un logement décent que sur un changement systématique de serrurerie à chaque rotation locative.

Le changement de serrure est un investissement destiné à protéger la sécurité du locataire et la valeur patrimoniale du bien ; ce n'est en aucun cas de simples frais de dossier. Pour le bailleur aussi, un incident lié à une faille de sécurité peut ternir la réputation du bien et peser sur son taux d'occupation — un risque à ne pas sous-estimer pour un investisseur qui gère son patrimoine japonais à distance. Le remplacement lui-même n'est pas une obligation légale mais une pratique facultative ; nous estimons néanmoins qu'il est préférable, en principe, de le mettre en œuvre systématiquement, sauf refus exprès du locataire.

Pourquoi le locataire ne doit pas changer lui-même la serrure

Pour réduire les frais, certains locataires changent la serrure de leur propre initiative, sans en informer la société de gestion ni le bailleur. Or ce geste peut s'apparenter à une modification non autorisée du logement et constituer un manquement au bail. Le barillet fait partie intégrante des équipements de l'immeuble, et le modifier sans accord complique ensuite la remise en état (genjō kaifuku, 原状回復, littéralement le retour du logement à son état d'origine) et le calcul du solde dû au départ. Si un locataire vous consulte à ce sujet, rappelez-lui systématiquement qu'une autorisation préalable est indispensable : une intervention non autorisée peut contraindre le bailleur à réclamer des pénalités contractuelles ou le coût de la remise en état.

Qui doit payer les frais de remplacement de la serrure

Dans la pratique, c'est très majoritairement le locataire qui règle ce poste, sans qu'il existe pour autant un fondement juridique clairement établi. Bien comprendre cette nuance est le point de départ d'une gestion locative honnête et cohérente — et c'est aussi un point sur lequel un investisseur non japonais gagne à être vigilant, tant l'écart entre le texte des directives et l'usage commercial peut surprendre.

Les directives du MLIT : « il est raisonnable que le bailleur en assume la charge »

Dans son document de référence intitulé genjō kaifuku o meguru toraburu to gaidorain (原状回復をめぐるトラブルとガイドライン, les « Directives relatives aux litiges portant sur la remise en état »), le ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme (国土交通省, Ministry of Land, Infrastructure, Transport and Tourism, MLIT) précise que le remplacement de la serrure relève d'un problème de gestion de l'immeuble lié à la rotation des locataires, et que « il est raisonnable que le bailleur (賃貸人) en assume la charge ». La logique sous-jacente est simple : préparer le logement pour le prochain locataire relève, par nature, des coûts de gestion du propriétaire. Ces directives ne sont toutefois pas contraignantes sur le plan juridique — à la différence, par exemple, de la grille de vétusté encadrée par décret en France pour les états des lieux — et c'est en définitive le contenu du bail qui fixe la répartition effective du coût.

Pourquoi la pratique fait porter les frais au locataire

Si l'usage s'écarte du principe des directives, c'est notamment parce que les bailleurs cherchent à maintenir un loyer affiché compétitif en reportant certains coûts vers les frais initiaux facturés au locataire — une logique de marché qui s'est installée depuis des décennies dans l'ensemble du secteur, un peu comme certains frais annexes se sont banalisés sur d'autres marchés locatifs sans toujours reposer sur une base légale ferme. S'appuyer uniquement sur cet usage comporte un risque : un locataire qui connaît l'existence des directives du MLIT peut légitimement se sentir trompé. À l'inverse, expliciter dès la signature le fondement du coût et le nom du débiteur réduit sensiblement le risque de litige ultérieur.

Les facteurs qui déterminent qui doit payer

Le débiteur dépend de la cause du remplacement et des clauses du contrat. Le tableau ci-dessous résume les cas de figure les plus courants.

CasDébiteur de principeFondement et logique
Remplacement habituel lié au changement de locataireBailleur (principe selon les directives)La préparation du logement pour le locataire suivant relève des coûts de gestion du bailleur
Charge du locataire explicitement stipulée au contratLocataire (valable en cas d'accord)Accord par clause particulière (tokuyaku, 特約) ; suppose une explication préalable
Remplacement dû à la perte de la clé ou à une négligence du locataireLocataireRemise en état liée à un manquement au devoir de diligence (zenkan chūi gimu, 善管注意義務, l'équivalent japonais du devoir de « bon gestionnaire », assez proche dans l'esprit de la notion française de bon père de famille)
Remplacement dû à l'usure normale ou à une panne naturelleBailleurL'entretien des équipements relève de la responsabilité du bailleur

Même lorsque le contrat met le coût à la charge du locataire, il est indispensable, au moment de l'explication légale préalable au bail (jūyō jikō setsumei, 重要事項説明, une étape obligatoire assurée par un agent immobilier agréé, sans réel équivalent dans le processus de signature d'un bail français), de détailler ce poste et sa justification. Une posture honnête, y compris sur les inconvénients, construit une relation de confiance dans la durée.

Coût du remplacement selon le type de serrure

Le niveau de sécurité et le coût varient fortement selon le type de serrure. En tant que bailleur, le choix des équipements ne doit pas se limiter au seul critère du prix : il doit aussi correspondre au profil des locataires visés et au positionnement du bien. Les montants ci-dessous ne sont que des ordres de grandeur ; ils varient selon la région, le prestataire et la nature des travaux. Les conversions en euros sont indicatives, sur la base d'un taux approximatif de 170 JPY pour 1 EUR (soit environ 59 € pour 10 000 JPY).

Type de serrureCaractéristiquesCoût de remplacement indicatif
Serrure à cylindre (à goupilles ou à disques)Modèle répandu et économique. Sécurité standardenviron 59 à 82 € (soit environ 10 000 à 14 000 JPY)
Carte magnétiqueDuplication de clé difficile, sécurité élevéeenviron 59 à 112 € (soit environ 10 000 à 19 000 JPY)
Serrure à clé crantée (« dimple key »)Résistante au crochetage, sécurité élevéeenviron 118 € (soit environ 20 000 JPY)
Serrure électronique / liée à un contrôle d'accès automatiqueCoût incluant les travaux d'installation, donc plus élevéenviron 118 à 235 € (soit environ 20 000 à 40 000 JPY)

Vérifier systématiquement le détail des coûts

Le kagi kōkan-dai se compose du coût des pièces (barillet et clés) et des frais de main-d'œuvre (intervention et déplacement). À réception d'un devis, vérifiez que ce détail est bien explicite et qu'aucun montant à l'intitulé flou ne s'y est glissé. Cette transparence est d'autant plus déterminante lorsque la charge est reportée sur le locataire : c'est elle qui emporte ou non son adhésion.

Comment équilibrer sécurité et coût

Une serrure très sécurisée coûte certes plus cher à l'installation, mais elle renforce le sentiment de sécurité du locataire et l'attractivité du bien. Les attentes diffèrent selon la cible : une femme vivant seule ou une famille n'auront pas les mêmes exigences en la matière. Nous privilégions systématiquement une approche qui évite le sur-équipement comme le sous-équipement, en la mettant en cohérence avec la cible locative visée et les enjeux de remplissage.

Que faire en cas de perte de clé ou de panne

Un incident de serrurerie en cours de bail se gère d'abord par une décision claire sur le débiteur, puis par une réaction rapide. Si la cause relève d'une négligence du locataire, celui-ci en supporte le coût ; si elle relève de l'usure normale ou d'une panne naturelle, le principe veut que ce soit le bailleur.

La procédure en cas de perte de clé

  1. Demander au locataire de contacter sans délai la société de gestion
  2. Compte tenu du risque sécuritaire, procéder en principe au remplacement complet du barillet, et non à la simple réalisation d'un nouveau double
  3. Faire appel à un prestataire désigné ou de confiance, et consigner par écrit la nature de l'intervention
  4. Conserver la nouvelle clé ainsi que le rapport d'intervention, en précisant clairement la répartition du coût

En cas de perte, la simple réalisation d'un double supplémentaire laisse subsister un risque pour la sécurité : ce n'est que le remplacement du barillet lui-même qui rétablit une réelle protection. Expliquer ce point au locataire facilite généralement l'acceptation du coût correspondant.

Points de vigilance lors du changement de serrure au départ du locataire

Facturer systématiquement le kagi kōkan-dai au titre des frais de remise en état lors du départ d'un locataire appelle à la prudence. Comme indiqué plus haut, un remplacement lié à la simple rotation des locataires est, selon les directives, à la charge du bailleur. Réclamer ce coût lors d'un départ sans faute imputable au locataire peut ainsi devenir un motif de litige au moment du solde du dépôt de garantie (shikikin, 敷金) — une situation qui rappelle, pour un lecteur francophone, les contentieux fréquents en France autour de la grille de vétusté et de la restitution du dépôt de garantie.

En revanche, si le locataire a perdu sa clé ou endommagé la serrure par une négligence manifeste, une facturation distincte au départ reste envisageable. Le critère opérationnel central est de déterminer si la cause relève ou non d'une négligence du locataire. Assurer la cohérence entre les clauses signées à l'entrée et la pratique appliquée au départ facilite grandement l'explication a posteriori.

Ce que le propriétaire doit maîtriser : contrat et pratiques de gestion

Le traitement du kagi kōkan-dai influe directement sur la conception des conditions de location et sur la qualité de la gestion après l'entrée du locataire. Voici, du point de vue d'un bailleur, les points pratiques à retenir. Pour un investisseur étranger gérant son bien à distance depuis l'Europe ou l'international, ces détails opérationnels pèsent souvent davantage sur la réputation du bien que le seul niveau de loyer.

Clarifier le coût dans le contrat et l'explication préalable

Si la charge revient au locataire, indiquez clairement le montant, l'objet et le motif dans le contrat, et rappelez-le oralement lors de l'explication légale préalable (重要事項説明). Faire signer un bail sans clarté sur ce point expose à ce que le locataire, informé plus tard de l'existence des directives du MLIT, perde confiance. Plus la transparence est immédiate, plus la relation locative se stabilise dans la durée.

Prestataire désigné et prix justes

Faire appel à un prestataire désigné par la société de gestion est une pratique cohérente pour garantir la qualité et le niveau de sécurité. Un tarif nettement supérieur au marché suscite en revanche le mécontentement du locataire. Réviser régulièrement les devis pour maintenir un niveau raisonnable protège, en définitive, la réputation du bien.

Une vision de long terme : la serrure comme investissement

La serrure protège la vie et les biens du locataire. Réduire le coût immédiat ne doit jamais être le seul objectif : la sécurité et la satisfaction du locataire doivent être envisagées comme des leviers de valorisation patrimoniale à long terme. Placer la sérénité de chaque locataire au cœur de la gestion constitue, selon nous, le socle d'une exploitation locative stable et durable. Sur le même thème, consultez également la liste des guides pour propriétaires bailleurs.

En résumé

Le kagi kōkan-dai reste un poste de coût aux frontières floues : les directives considèrent qu'il est raisonnable que le bailleur en assume la charge, tandis que la pratique continue très largement de la reporter sur le locataire. L'essentiel est de ne jamais laisser planer le doute sur le débiteur, et de trancher selon la cause et les clauses du contrat. À l'entrée, expliquer honnêtement le fondement du coût et sa répartition ; au départ, trancher selon l'existence ou non d'une négligence : cette cohérence construit la confiance du locataire et soutient, sur la durée, la stabilité d'une gestion locative au Japon.

Questions fréquentes

Le locataire peut-il refuser le changement de serrure à l'entrée

Le changement de serrure étant en principe facultatif, le locataire peut, dans certains cas, le refuser. Certains biens en font toutefois une condition obligatoire. En cas de refus, il convient que le locataire ait bien conscience du risque qu'un double de l'ancien locataire puisse subsister. Côté bailleur, il est recommandé d'expliquer soigneusement les enjeux de sécurité avant d'accepter ce refus.

Une clause contractuelle mettant les frais à la charge du locataire est-elle toujours valable

Une clause particulière (tokuyaku, 特約) mettant ce coût à la charge du locataire est en principe considérée comme valable, à condition que le montant et le motif aient été expliqués et acceptés au préalable. En revanche, si l'explication légale préalable a été insuffisante, ou si le contenu de la clause est manifestement déraisonnable, sa validité peut être contestée en cas de litige ultérieur. C'est pourquoi une explication claire avant la signature du bail reste indispensable.

Peut-on facturer le remplacement de la serrure au locataire lors du départ

Lors d'un départ correspondant à une simple rotation locative, les directives considèrent qu'il est raisonnable que le bailleur en assume la charge : une facturation systématique est donc à éviter. En revanche, si le locataire a perdu sa clé ou endommagé la serrure par négligence, une facturation distincte reste envisageable. Le critère déterminant reste l'existence ou non d'une négligence du locataire.

Qui paie le passage à une serrure connectée (smart lock)

Un passage à une serrure connectée à l'initiative du locataire constitue une modification du logement et requiert d'abord l'accord du bailleur. La répartition du coût dépend de l'accord conclu, sachant qu'un retour à la serrure d'origine peut être exigé au titre de la remise en état lors du départ. Lorsque c'est le bailleur qui installe une serrure connectée comme équipement du bien, l'installation est en général à sa charge.

Daisuke Inazawa, President & CEO of INA&Associates Inc.

Auteur

Président-directeur généralINA&Associates Inc.

Président-directeur général d'INA&Associates Inc. Dirige le courtage immobilier, la location et la gestion de biens dans le Grand Tokyo et la région du Kansai. Spécialisé dans la stratégie d'investissement en immobilier de rendement et le conseil aux grandes fortunes.

Daisuke Inazawa est le président-directeur général d'INA&Associates Inc., une société immobilière japonaise dont le siège se trouve à Osaka et qui dispose d'une succursale à Tokyo. Il dirige les trois activités fondamentales du groupe — courtage en vente immobilière, location et gestion de biens — dans le Grand Tokyo et la région du Kansai.

Ses domaines d'expertise recouvrent la stratégie d'investissement en immobilier de rendement, l'optimisation de la rentabilité des opérations locatives, le conseil immobilier destiné aux grandes fortunes (UHNWI) et aux investisseurs institutionnels, ainsi que l'investissement immobilier transfrontalier. Il fournit un conseil de long terme, fondé sur les données, à une clientèle d'investisseurs au Japon comme à l'étranger.

Sous la devise « l'actif le plus précieux d'une entreprise, ce sont ses hommes », il positionne INA&Associates comme une « entreprise d'investissement dans le capital humain » et s'engage à créer une valeur d'entreprise durable par le développement des talents. En tant que dirigeant, il s'exprime également sur le leadership et la culture organisationnelle en période de changement.

Il a obtenu onze qualifications professionnelles japonaises : courtier immobilier agréé (Takken), Master agréé en conseil immobilier, gestionnaire agréé de copropriétés, superviseur agréé de gestion d'immeubles, professionnel certifié de gestion locative, gyōseishoshi (juriste administratif), responsable certifié de la protection des données personnelles, responsable de prévention incendie de classe A, spécialiste certifié de l'immobilier vendu aux enchères, ingénieur de maintenance de copropriétés, et superviseur agréé des opérations de crédit.

  • Courtier immobilier agréé (Takken)
  • Master agréé en conseil immobilier
  • Gestionnaire agréé de copropriétés
  • Superviseur agréé de gestion d'immeubles
  • Professionnel certifié de gestion locative
  • Gyōseishoshi (juriste administratif)
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  • Superviseur agréé des opérations de crédit