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Real Estate Intelligence
COLUMN

Chambre japonaise traditionnelle (washitsu) en 2026 : réévaluation par les données | Guide pratique pour propriétaires bailleurs

Analyse des atouts du washitsu à la lumière des statistiques du MLIT et de la révision 2023 du Genjō-kaifuku Guideline. Comparaison des coûts sur cycle de vie tatami/parquet, conception wabi-moderne et critères de décision selon la localisation et le profil locataire : tout ce qu'un bailleur doit savoir.

Dernière mise à jour: Lecture d'environ 10 min

Faut-il conserver la chambre japonaise traditionnelle (washitsu) ou la convertir en pièce de style occidental (yōshitsu) ? C'est la question que nous posent au quotidien les propriétaires bailleurs accompagnés par INA&Associates. Cet article ne se cantonne pas à la théorie : il croise les statistiques du MLIT (Ministère des Transports, des Infrastructures, du Tourisme et du Développement du Japon), la révision 2023 du Genjō-kaifuku Guideline (guide officiel japonais sur la remise en état des logements locatifs, publié par le MLIT) et les données de notre propre portefeuille de gestion afin de dégager des critères décisionnels concrets. Conception wabi-moderne et stratégies pour éviter les erreurs coûteuses y sont également traitées. Article supervisé par Daisuke Inazawa, directeur général d'INA&Associates, Takuchi-Tatemono Torihiki-shi (agent immobilier agréé japonais) et Chintai Fudōsan Keiei Kanri-shi (gestionnaire certifié de biens locatifs japonais).

Points clés de cet article

  • Le taux d'équipement en washitsu est en recul, mais une préférence nette persiste dans certains segments de demande
  • Le cycle de remplacement du tatami est de 6 à 8 ans, contre environ 15 ans pour un parquet. La comparaison brute penche en faveur de la conversion
  • La révision 2023 du Genjō-kaifuku Guideline maintient le principe selon lequel l'usure normale de la surface tatami (omote) est à la charge du bailleur
  • L'affirmation « le tatami est bon pour la santé » repose sur des preuves médicales limitées, hormis ses propriétés hygrorégulantes
  • Les dimensions d'un espace surélevé en tatami (ko-agari) conditionnent ses fonctions : 30 cm, 40 cm ou 60 cm de hauteur

1. Le washitsu est-il vraiment nécessaire ? — État des lieux 2026 par les données

La pertinence du washitsu ne s'évalue pas à l'intuition, mais par les données. En croisant statistiques résidentielles, données de recherche sur les portails locatifs et historique de nos propres transactions, une structure apparaît : le washitsu ne peut être balayé d'un revers de main.

Évolution du taux d'équipement en washitsu selon les enquêtes sur le marché résidentiel

En consultant l'Enquête sur le logement et les terrains du Ministère des Affaires intérieures et des Communications du Japon et l'Enquête sur la dynamique du marché résidentiel du MLIT, on constate que le taux d'installation d'une pièce japonaise dans les logements neufs en accession à la propriété est en baisse continue sur le long terme. Les chiffres exacts sont à vérifier dans la dernière édition, mais la tendance est claire : après avoir dépassé 70 % dans les années 2000, ce taux est tombé sous la barre des 50 % ces dernières années.

Cette baisse concerne toutefois les flux de constructions neuves. Côté stock — l'ensemble des logements existants —, les habitations dotées d'une pièce tatami représentent encore une part significative. La grande majorité des biens en gestion locative ayant plus de 20 ans, la question « que faire du washitsu ? » restera un enjeu opérationnel concret pendant encore vingt ans. Décider de convertir systématiquement l'existant au seul prétexte des tendances du neuf, sans tenir compte de la localisation et du profil des locataires, relève de l'ajustement excessif.

Décrypter la demande locative pour les logements avec tatami : les données de recherche

D'après les articles publiés par SUUMO, LIFULL HOME'S et d'autres portails immobiliers japonais, les utilisateurs cochant « chambre tatami » comme critère de recherche restent minoritaires (les proportions exactes ne sont pas divulguées par les plateformes, à vérifier). En revanche, certains segments affichent une préférence clairement identifiée pour le washitsu : familles, personnes âgées vivant seules, visiteurs étrangers en séjour de courte durée.

L'Enquête sur les dépenses des visiteurs étrangers au Japon de la Japan Tourism Agency (Agence japonaise du tourisme, rattachée au MLIT) montre de façon constante qu'une fraction non négligeable des voyageurs en hébergement valorise « l'authenticité japonaise ». Dans les segments location saisonnière et résidence mensuelle, le washitsu peut même justifier une majoration de tarif.

Une valeur qui s'inverse selon la localisation et le profil cible

Sur le terrain, le washitsu n'est ni systématiquement un atout ni systématiquement un passif. Sa valeur dépend de la combinaison localisation / profil locataire cible.

Dans les zones périurbaines à forte demande familiale ou de logements loués par des entreprises pour leurs salariés, le washitsu tend à être un facteur neutre à positif. Il répond à des usages concrets — espace de jeux pour enfants, chambre d'appoint, emplacement pour un autel bouddhiste —, ce qui permet aux candidats locataires de se projeter lors de la visite. À l'inverse, dans les quartiers centraux ciblant les jeunes actifs vivant seuls, le washitsu pèse négativement : les contraintes de disposition des meubles et la perception de « difficile à entretenir » dégradent l'évaluation lors des visites.

Lors de nos visites de terrain, nous vérifions systématiquement la tranche d'âge des usagers de la gare la plus proche, ainsi que la présence d'une crèche, d'un supermarché ou d'une université dans un rayon de 500 m. Ces indicateurs de proximité constituent nos critères finaux pour décider de conserver ou non le washitsu. Comme première étape concrète, formulez le profil-type de votre locataire cible, puis comparez la durée d'inoccupation d'au moins trois biens similaires sur les portails. Les stratégies globales de réduction de la vacance locative sont abordées dans notre article Stratégies de réduction de la vacance en location.

2. Les atouts fonctionnels du washitsu — Séparer les faits des idées reçues

Les avantages attribués au washitsu mêlent données solides et idées reçues. Nous les passons au crible des sources primaires.

Régulation hygrométrique (données scientifiques sur l'absorption-désorption de l'igusa)

Les propriétés hygrorégulantes du jonc d'igusa (plante utilisée pour le tissage des nattes tatami) ont été démontrées à plusieurs reprises par la NARO (National Agriculture and Food Research Organization, Institut national de recherche agro-alimentaire du Japon) et par les essais techniques de l'industrie tatami. Des articles en ingénierie de l'environnement bâti référencés sur J-STAGE confirment que la surface tatami absorbe et libère de l'humidité en fonction de l'humidité relative ambiante.

Cela dit, la superficie des tatamis dans un logement ne suffit pas à réguler l'hygrométrie de l'ensemble de l'appartement. L'ordre de grandeur est de quelques centaines de grammes d'absorption par tatami : en pratique, cette propriété ne prend tout son sens qu'associée à un déshumidificateur et à une ventilation adaptée. Dans les logements anciens sans VMC 24h/24, les tatamis seuls ne parviennent pas à faire descendre suffisamment le point de rosée, ce qui peut engendrer des moisissures sous la natte. La régulation hygrométrique doit donc être comprise comme une fonction auxiliaire, non principale.

Isolation acoustique et absorption des chocs (données du BRI)

La couche de surface du tatami et sa sous-couche en paille de riz (ou en matériau de construction industriel) absorbent mieux les bruits d'impact légers que le parquet. Les travaux du BRI (Building Research Institute, Institut national de recherche en construction du Japon) sur l'acoustique des planchers montrent que la souplesse du revêtement de sol contribue à atténuer les bruits légers de choc.

Face aux nuisances sonores du quotidien — enfants qui courent, objets qui tombent —, le washitsu présente un avantage net. Les bruits d'impact lourds, eux, relèvent de la structure du bâtiment : le tatami n'y peut rien. Il faut éviter de laisser croire qu'un remplacement de sol par du tatami « réglera » les problèmes de bruit entre étages dans un immeuble collectif : les impacts lourds à basse fréquence ne sont quasi pas atténués. Lorsque l'on valorise le washitsu auprès de familles avec enfants, il est honnête de limiter l'argument à la réduction des bruits légers de choc.

Polyvalence d'usage (réception, puériculture, autel, télétravail)

Le washitsu permet de passer facilement de la position assise au sol à la position debout, rendant l'espace modulable. Couchage d'appoint pour les invités, sieste et changes pour les jeunes enfants, emplacement pour un autel bouddhiste, pause détente lors du télétravail : tout cela peut coexister dans une pièce de 6 tatamis (environ 9,7 m²), ce qui est difficile à reproduire dans une pièce standard. Depuis la pandémie de Covid-19, nous constatons une réévaluation croissante du washitsu par nos clients, qui y voient un espace de décompression lors du travail à domicile. Dans les maisons individuelles sur mesure, la demande pour un coin tatami adjacent au séjour reprend de la vigueur.

Vérification de l'affirmation « bon pour la santé »

Les affirmations du type « dormir sur tatami soulage les douleurs lombaires » ou « le parfum de l'igusa a un effet sédatif » reposent sur des preuves médicales limitées. Une recherche sur PubMed ou des bases équivalentes ne permet pas d'identifier d'essais d'intervention humaine suffisamment étayés. Les propriétés physiques — régulation hygrométrique et absorption des chocs — sont bien réelles ; mais placer « l'effet santé » au cœur de l'argumentaire doit se faire avec prudence. Dans tout support publicitaire, il est plus sûr de s'en tenir aux caractéristiques physiques mesurables.

3. Perspective du bailleur : coût sur cycle de vie, conserver le washitsu ou convertir ?

C'est le sujet qui préoccupe le plus les propriétaires. Nous comparons par les chiffres, pas par l'intuition.

Cycles de remplacement et coûts d'entretien des tatamis, fusuma et shōji

À titre indicatif, le remplacement de la surface tatami (omote-gae) intervient tous les 6 à 8 ans, pour un coût de 4 000 à 12 000 JPY (env. 24–73 EUR) par tatami ; le remplacement complet (shinchō) est à envisager tous les 10 à 15 ans pour 15 000 à 35 000 JPY (env. 91–212 EUR) par tatami (fourchettes variables selon la région et la qualité ; à confirmer). Le remplacement du papier des fusuma (cloisons coulissantes) coûte 2 000 à 6 000 JPY (env. 12–36 EUR) par face, et celui du papier shōji (cloisons translucides) entre 3 000 et 6 000 JPY (env. 18–36 EUR) par panneau.

Pour un washitsu de 6 tatamis (env. 9,7 m²) conservé 15 ans, le coût d'entretien peut être estimé à 80 000–150 000 JPY (env. 485–909 EUR), en comptant deux cycles de remplacement de surface plus les cloisons. Là où un parquet ne nécessite pratiquement aucune dépense sur 15 ans, le washitsu génère des sorties de trésorerie régulières. Ces travaux peuvent toutefois être réalisés entre deux locations, à la fin d'un bail, ce qui permet de les absorber dans la période de vacance.

Coût de rénovation et retour sur investissement (conversion en parquet)

La conversion d'un washitsu de 6 tatamis en pièce standard, reprises de sous-couche incluses, se situe généralement entre 150 000 et 300 000 JPY (env. 909–1 818 EUR ; à confirmer). L'emploi de parquet massif fait monter la facture. La stratégie de choix du revêtement de sol est détaillée dans notre article Parquet massif : pourquoi il valorise un bien locatif.

Le retour sur investissement s'évalue en combinant la hausse de loyer obtenue après conversion et le gain sur la durée de vacance. Si la conversion permet d'augmenter le loyer mensuel de 3 000 JPY (env. 18 EUR) pour un investissement initial de 200 000 JPY (env. 1 212 EUR), le remboursement brut s'établit à environ 5,5 ans. Il faut cependant évaluer simultanément le risque de perdre les locataires qui appréciaient précisément le washitsu. Dans chaque analyse d'investissement, nous établissons un mini-calcul de valeur actuelle nette (VAN) sur 15 ans, intégrant le loyer projeté avant et après conversion, la durée de vacance et les coûts d'entretien cumulés. La rentabilité brute ne suffit pas : c'est le revenu net sur l'ensemble du cycle de vie qui doit guider la décision.

Répartition des charges selon la révision 2023 du Genjō-kaifuku Guideline

Le Genjō-kaifuku Guideline (Guide MLIT sur les litiges liés à la remise en état, version révisée) maintient le principe selon lequel l'usure normale de la surface tatami, du papier fusuma et du papier shōji est à la charge du bailleur. La charge du locataire est limitée aux détériorations causées par un acte intentionnel, une négligence ou un usage anormal.

En pratique, facturer systématiquement au locataire le remplacement de la surface tatami à la sortie des lieux est contraire à ce principe. La distinction avec l'usure normale liée à l'ancienneté est indispensable. Les dommages imputables au locataire se limitent aux brûlures de cigarette, aux souillures d'animaux de compagnie ou aux rayures causées par le glissement de meubles lourds. Lorsque le remplacement tatami par tatami est possible, la version 2023 du guide préconise de se limiter aux unités endommagées. La valorisation des biens anciens avec washitsu est traitée en détail dans notre article Transformer un logement ancien avec tatami en actif à fort rendement.

Simulation d'impact sur le loyer

Dans nos dossiers récents, la conversion d'un studio en centre-ville avec washitsu en pièce standard a entraîné une multiplication par environ 1,4 du nombre de visites et une hausse du loyer de 3 000 à 5 000 JPY (env. 18–30 EUR) par mois (cas individuel, données anonymisées). À l'inverse, un bien en zone périurbaine à destination familiale a trouvé preneur sans conversion, par le simple remplacement des tatamis. La décision reste fonction de la localisation et de la cible. Consultez également notre Guide des aides à la rénovation pour appartements pour connaître les subventions applicables à la rénovation d'un washitsu.

4. Concevoir un intérieur wabi-moderne élégant

Pour éviter le mélange incohérent des styles, la conception doit harmoniser trois couches : matériaux, couleurs et lumière.

Composition spatiale (choix des matériaux pour les murs, le plafond et le sol)

Pour les murs, choisissez un enduit à la terre de diatomées (keisōdo), une peinture de style Juraku ou un papier peint en washi : l'objectif est de décaler intentionnellement la température de couleur par rapport au blanc des cloisons de pièces standards. Pour le plafond, optez pour un plafond à volige espacée (me-sukashi) ou, si vous souhaitez harmoniser avec les pièces adjacentes, une peinture blanc cassé mat et satiné. Pour le tatami, la présence ou l'absence de bordure, ainsi que le coloris, déterminent l'atmosphère générale de l'espace.

Stratification des couleurs et du mobilier

La clé d'un espace wabi-moderne réussi est de limiter la saturation chromatique à trois niveaux. Sur les trois couches — sol (tatami), murs et mobilier — réduisez les écarts de saturation et accentuez les écarts de luminosité. Préférez un mobilier bas (low-floor) pour abaisser la ligne de vision et mettre en valeur la texture du tatami. La couleur d'accent se résume à une seule teinte, introduite via des éléments déplaçables : coussins, fleur dans un vase. Introduire des couleurs saturées dans les éléments fixes empêchera toute mise à jour saisonnière.

Plan d'éclairage (température de couleur et répartition lumineuse)

Une température de couleur d'environ 2 700 K (lumière chaude type incandescente) est la règle d'or. La norme JIS Z 9110 (norme industrielle japonaise pour l'éclairage des espaces intérieurs) préconise un éclairement général de 30 à 75 lx pour une pièce de séjour ; pour un washitsu, se situer en bas de cette plage crée une atmosphère apaisante. Plutôt qu'un unique plafonnier, un plan multi-sources — suspension centrale + lampadaire de sol — génère des ombres et du relief. Conserver un tube fluorescent encastré au plafond tout en visant un style wabi-moderne compromet l'ambiance : la qualité de lumière sera discordante et l'espace paraîtra moins soigné.

Dimensions du ko-agari (espace surélevé en tatami)

La hauteur d'un ko-agari (estrade tatami surélevée) détermine sa fonction. À 30 cm, la marche est légère et les rangements peu profonds. À 40 cm, on peut s'asseoir confortablement sur le bord avec un bon équilibre entre capacité de rangement et facilité d'accès. À 60 cm, le volume de rangement est maximal, mais la hauteur est déconseillée pour les personnes âgées. Dans nos projets, nous retenons 40 cm comme valeur de référence, ajustée selon la composition du foyer. La superficie minimale pour un coin tatami fonctionnel est de 4,5 tatamis (env. 7,3 m²) ; en dessous de 3 tatamis (env. 4,9 m²), l'espace ne se prête plus ni à s'asseoir ni à s'allonger. Pour une liberté de disposition du mobilier, 6 tatamis (env. 9,7 m²) est une valeur sûre.

5. Cas d'erreurs et stratégies d'évitement (retours d'expérience INA&Associates)

Une conception parfaite sur le papier peut échouer sur le terrain. Voici des situations réelles que nous avons rencontrées, anonymisées.

Schéma typique d'incohérence wabi-occidental

Nous rencontrons régulièrement des rénovations où seul le papier peint est « japonais » dans un washitsu ouvert sur le séjour, le reste étant en finition standard. Si moins de deux des trois éléments — tatami, huisseries et murs — sont traités dans le registre japonais, le contexte esthétique ne tient pas et le résultat semble bon marché.

Erreurs de sélection du tatami (bordure, dimensions, matériau)

Le tatami sans bordure (style ryūkyū) est populaire en wabi-moderne, mais ses formats varient selon les régions, ce qui peut entraîner des incompatibilités dimensionnelles avec les encadrements de sol (kakoi) existants. Si les mesures ne sont pas relevées sur place, des jours peuvent apparaître après la pose.

Cas d'ambiance sombre par manque de lumière naturelle

Le washitsu est conçu pour bénéficier d'une lumière diffuse filtrée par les shōji. Dans les pièces orientées au nord ou dont la vue est obstruée par un bâtiment adjacent, le manque de lumière crée une atmosphère morne. La solution passe par des shōji en résine (type Walon) combinés à un éclairage indirect, ou par l'exploitation des panneaux hauts (ranma) pour redistribuer la lumière naturelle. Un éclairage indirect dirigé vers le bas depuis la partie haute d'un mur fait ressortir les reliefs du tissage du tatami. À l'inverse, conserver un tube fluorescent au plafond tout en recherchant un style wabi-moderne donne un résultat visuellement décevant.

Cas de litiges sur la remise en état

Nous avons repris plusieurs dossiers où le propriétaire avait facturé au locataire le remplacement intégral de tous les tatamis, entraînant un contentieux. Selon le guide officiel, l'usure liée à la durée d'occupation est à la charge du bailleur. Sans ventilation entre usure normale et dommages imputables au locataire — établie sur la base du contrat de bail et de la durée d'occupation —, l'affaire peut se retrouver devant le tribunal des petites créances. Lors de chaque reprise de gestion, nous vérifions systématiquement la cohérence entre les photos d'état des lieux d'entrée et les clauses spéciales du bail. Pour mettre une clause spéciale à la charge du locataire, trois conditions sont requises : information explicite, accord éclairé et caractère justifié dépassant l'usure normale. Une formulation purement formelle peut être invalidée par un tribunal.

6. Entretien pratique du washitsu

Une fois les coûts et les contraintes bien maîtrisés, le washitsu n'est plus intimidant.

Calendrier annuel d'entretien des tatamis

Au quotidien, une serpillière sèche suffit. Une à deux fois par an, par temps sec, sortez les tatamis pour les faire sécher à l'ombre. Concentrer le fonctionnement du déshumidificateur à la fin de la saison des pluies (tsuyu) réduit l'apparition d'acariens et de moisissures. Le cycle standard est de 6 à 8 ans pour le remplacement de surface (omote-gae), et 15 ans pour le remplacement complet. En gestion locative, vérifiez l'état des tatamis à chaque fin de bail et décidez au cas par cas du remplacement de surface ou du remplacement partiel selon le niveau de détérioration. Une règle automatique du type « remplacement total après X ans » risque de générer des surcoûts injustifiés.

Remplacement des fusuma et shōji : DIY ou professionnel ?

Les fusuma peuvent être remplacés en DIY. En revanche, les shōji en papier de washi nécessitent souvent un recadrage des montants, ce qui justifie de faire appel à un professionnel. Entre le shōji en washi et le shōji en résine (type Walon), le coût initial du modèle en résine est 1,5 à 2 fois plus élevé, mais sa durée de vie est 3 à 5 fois supérieure, et le risque de déchirure dans les foyers avec enfants ou animaux de compagnie est considérablement réduit.

Solutions pour les foyers avec animaux de compagnie ou jeunes enfants

Remplacer les tatamis traditionnels par des tatamis en washi (papier japonais) ou en résine les protège des griffures et des accidents. La résistance de surface est nettement supérieure à celle de l'igusa naturel, ce qui convient mieux à une utilisation locative longue durée. Ces tatamis se décolorent peu et limitent les coûts de remise en état à la fin du bail. Le surcoût initial par rapport à l'igusa naturel est de l'ordre de 1,3 à 1,7 fois, mais le calcul devient rentable sur 6 à 8 ans d'utilisation. Dans nos biens acceptant les animaux de compagnie, les tatamis en washi sont devenus notre standard.

7. Questions fréquentes (FAQ)

Q. Peut-on installer un lit sur des tatamis ? A. Oui, mais il est recommandé de placer des plaques de répartition de charge sous les pieds du lit. Les empreintes des pieds constituent des dommages dépassant l'usure normale et peuvent être imputées au locataire à la sortie des lieux.

Q. Le washitsu est-il un critère négatif à la revente ? A. Neutre pour les biens familiaux en accession ; légèrement négatif pour les studios d'investissement locatif. L'évaluation dépend du segment de marché.

Q. Le washitsu présente-t-il un risque pour les enfants en bas âge ? A. Au contraire, il amortit mieux les chutes. Veillez cependant à la combustibilité des tatamis en présence de sources de chaleur.

Q. Le washitsu est-il risqué dans un bien acceptant les animaux de compagnie ? A. L'igusa naturel est sensible aux griffures. Le passage à des tatamis en washi ou en résine permet d'éliminer la quasi-totalité de ce risque.

Q. Quel est le coût de conversion d'un washitsu de 6 tatamis en pièce standard ? A. Entre 150 000 et 300 000 JPY (env. 909–1 818 EUR), reprises de sous-couche incluses (à confirmer). Le montant varie selon la qualité du revêtement choisi.

Q. Peut-on créer un vrai washitsu dans un appartement en copropriété ? A. Les contraintes de hauteur de plancher et de plafond existent, mais un tatami fin et une finition murs à colombages apparents simplifiés (shinkabemusashi) permettent de recréer une atmosphère convaincante.

Q. Comment obtenir l'ambiance japonaise sans washitsu à proprement parler ? A. Tatamis de salon amovibles, luminaires en papier washi et mobilier bas : ces trois éléments suffisent à créer une « réminiscence japonaise ». Sans travaux fixes, cette option convient parfaitement aux locataires.

Q. Comment protéger les tatamis pendant la location pour limiter les frais de remise en état ? A. Des dalles de mousse emboîtables ou un tapis fin protègent des égratignures. Veillez toutefois à soulever régulièrement ces protections pour aérer : une circulation d'air insuffisante peut provoquer des moisissures sur l'envers du tatami.

À lire également

Sources et références

  • MLIT — Enquête sur la dynamique du marché résidentiel https://www.mlit.go.jp/statistics/details/jutaku_list.html
  • MLIT — Genjō-kaifuku Guideline (Guide sur les litiges liés à la remise en état, version révisée) https://www.mlit.go.jp/jutakukentiku/house/torikumi/honbun2.pdf
  • Ministère des Affaires intérieures et des Communications du Japon — Enquête sur le logement et les terrains https://www.stat.go.jp/data/jyutaku/
  • NARO (National Agriculture and Food Research Organization) https://www.naro.go.jp/
  • BRI (Building Research Institute, Institut national de recherche en construction du Japon) https://www.kenken.go.jp/
  • J-STAGE (Portail de revues scientifiques japonaises, dont la Société d'architecture du Japon) https://www.jstage.jst.go.jp/
  • Japan Tourism Agency — Enquête sur les dépenses des visiteurs étrangers au Japon https://www.mlit.go.jp/kankocho/

Supervision éditoriale : Daisuke Inazawa (Takuchi-Tatemono Torihiki-shi / Chintai Fudōsan Keiei Kanri-shi / Directeur général, INA&Associates Co., Ltd.)

Daisuke Inazawa, President & CEO of INA&Associates Inc.

Auteur

Président-directeur généralINA&Associates Inc.

Président-directeur général d'INA&Associates Inc. Dirige le courtage immobilier, la location et la gestion de biens dans le Grand Tokyo et la région du Kansai. Spécialisé dans la stratégie d'investissement en immobilier de rendement et le conseil aux grandes fortunes.

Daisuke Inazawa est le président-directeur général d'INA&Associates Inc., une société immobilière japonaise dont le siège se trouve à Osaka et qui dispose d'une succursale à Tokyo. Il dirige les trois activités fondamentales du groupe — courtage en vente immobilière, location et gestion de biens — dans le Grand Tokyo et la région du Kansai.

Ses domaines d'expertise recouvrent la stratégie d'investissement en immobilier de rendement, l'optimisation de la rentabilité des opérations locatives, le conseil immobilier destiné aux grandes fortunes (UHNWI) et aux investisseurs institutionnels, ainsi que l'investissement immobilier transfrontalier. Il fournit un conseil de long terme, fondé sur les données, à une clientèle d'investisseurs au Japon comme à l'étranger.

Sous la devise « l'actif le plus précieux d'une entreprise, ce sont ses hommes », il positionne INA&Associates comme une « entreprise d'investissement dans le capital humain » et s'engage à créer une valeur d'entreprise durable par le développement des talents. En tant que dirigeant, il s'exprime également sur le leadership et la culture organisationnelle en période de changement.

Il a obtenu onze qualifications professionnelles japonaises : courtier immobilier agréé (Takken), Master agréé en conseil immobilier, gestionnaire agréé de copropriétés, superviseur agréé de gestion d'immeubles, professionnel certifié de gestion locative, gyōseishoshi (juriste administratif), responsable certifié de la protection des données personnelles, responsable de prévention incendie de classe A, spécialiste certifié de l'immobilier vendu aux enchères, ingénieur de maintenance de copropriétés, et superviseur agréé des opérations de crédit.

  • Courtier immobilier agréé (Takken)
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