Skip to content
Real Estate Intelligence
COLUMN

Logements vacants et akiya au Japon : le risque de taxe foncière multipliée par 6 (et comment le gérer)

Au Japon, la taxe foncière (kotei shisan-zei, 固定資産税) s'applique même sur un logement vacant ou une maison abandonnée (akiya, 空き家). En cas de mise en demeure pour classement « akiya spécifique » ou « akiya mal entretenue », l'abattement pour terrain résidentiel est supprimé et la taxe foncière du terrain peut être multipliée par environ 6. Cet article, basé sur les sources officielles du ministère des Affaires intérieures et du ministère du Territoire, explique ce mécanisme aux lecteurs francophones et les critères pour choisir entre maintien en location, valorisation ou vente.

Dernière mise à jour: Lecture d'environ 9 min

Au Japon, posséder un terrain ou un bâtiment déclenche la taxe foncière (kotei shisan-zei, 固定資産税 — l'équivalent japonais de la taxe foncière française, avec en zone d'urbanisation une taxe d'aménagement urbain, toshi keikaku-zei, 都市計画税), que le bien soit loué, vacant ou abandonné. Le point le plus critique concerne les logements à l'abandon : si une municipalité classe un bien comme « akiya spécifique » (tokutei akiya-tō, 特定空家等) ou « akiya mal entretenue » (kanri fuzen akiya-tō, 管理不全空家等) et émet une mise en demeure (kankoku, 勧告), l'abattement pour terrain résidentiel (jūtaku yōchi tokurei, 住宅用地特例) tombe : la base d'imposition du terrain peut alors être multipliée par jusqu'à 6 pour la taxe foncière (par 3 pour la taxe d'aménagement urbain). Décider tôt de maintenir le bien en exploitation, de le valoriser, ou de le céder par vente ou démolition, est donc la clé de la gestion du risque fiscal lié à la vacance et à l'abandon au Japon.

Les points clés de cet article

  • Même vacant ou abandonné, un bien immobilier reste soumis à la taxe foncière et à la taxe d'aménagement urbain : l'obligation fiscale repose sur le propriétaire, indépendamment de l'usage réel du bien.
  • Un terrain supportant une habitation bénéficie de l'abattement pour terrain résidentiel : pour un « petit terrain résidentiel » (200 m² ou moins par logement), la base d'imposition de la taxe foncière est réduite à 1/6 et celle de la taxe d'aménagement urbain à 1/3.
  • En vertu de la loi spéciale sur les mesures relatives aux akiya (Akiya-tō Taisaku Tokubetsu Sochi-hō, 空家等対策の推進に関する特別措置法), un classement en « akiya spécifique » ou « akiya mal entretenue » suivi d'une mise en demeure fait tomber cet abattement, et la charge de taxe foncière sur le terrain peut grimper jusqu'à environ 6 fois son niveau initial.
  • La hausse réelle dépend des mesures d'atténuation progressive et des pratiques propres à chaque municipalité : ces multiplicateurs restent des ordres de grandeur, à vérifier sur l'avis d'imposition local.
  • La base de toute gestion du risque consiste à choisir tôt, selon l'état du bien, sa localisation et la trésorerie disponible, entre trois options : maintenir l'exploitation, valoriser le bien, ou s'en défaire par la vente ou la démolition.

La taxe foncière s'applique-t-elle aussi aux logements vacants et aux akiya ?

Pour répondre directement : oui, la taxe foncière s'applique aussi bien aux logements vacants qu'aux akiya. C'est un impôt municipal dû par quiconque possède un terrain, un bâtiment ou des biens amortissables à la date de référence du 1er janvier. La présence d'un locataire, ou le fait que quelqu'un habite réellement les lieux, n'entre pas en compte dans l'imposition : tant que le droit de propriété existe, un bien inutilisé est taxé chaque année — une règle qui surprend souvent les investisseurs étrangers habitués à des régimes où la vacance ouvre droit à des exonérations.

Il faut d'abord distinguer deux notions dont le niveau de risque diffère. Le logement vacant (kūshitsu, 空室) est « mis en location mais actuellement sans locataire » : remettre le bien en exploitation suffit à retrouver des revenus. L'akiya (空き家), en revanche, est un bien où personne ne réside et dont l'exploitation est arrêtée ; plus la période d'abandon se prolonge, plus la charge fiscale et les coûts d'entretien s'alourdissent. Pour la réflexion détaillée sur la remise en location, voir aussi les causes communes et solutions pour un bien locatif qui ne se loue pas.

Le mécanisme de base de la taxe foncière et de la taxe d'aménagement urbain

Le montant de la taxe foncière se calcule ainsi :

Montant de la taxe foncière = base d'imposition × taux standard de 1,4 %

La base d'imposition découle de la valeur évaluée du bien (hyōka-gaku, 評価額). Selon le ministère des Affaires intérieures et des Communications (Sōmu-shō, 総務省), le taux standard est de 1,4 %, les municipalités pouvant fixer un taux différent par ordonnance locale — une marge de manœuvre comparable à celle des collectivités françaises, à ceci près qu'au Japon la base elle-même reste calculée nationalement. Cette valeur est réexaminée tous les trois ans et le montant de la taxe varie en conséquence. Le propriétaire peut vérifier l'évaluation et la base d'imposition sur l'avis d'imposition reçu chaque printemps, ou auprès du registre fiscal municipal. Pour le détail du calcul, voir le guide de calcul et de consultation de la valeur évaluée pour la taxe foncière.

Les terrains et bâtiments en zone d'urbanisation (shigaika kuiki, 市街化区域) supportent en plus la taxe d'aménagement urbain (toshi keikaku-zei, 都市計画税), plafonnée à 0,3 % et elle aussi variable selon les municipalités. Les deux taxes figurent sur un avis d'imposition unique, ce qui conduit souvent à les confondre sous le terme générique de « taxe foncière » — alors que leurs taux d'abattement respectifs diffèrent, comme détaillé plus loin.

L'idée reçue : « vacant donc moins taxé »

On entend parfois dire qu'un bien vacant, faute de revenus, devrait logiquement bénéficier d'une taxe foncière allégée. Or la taxe foncière japonaise porte sur la détention du patrimoine, pas sur le revenu généré — une logique proche de la taxe foncière française, où la vacance n'exonère pas non plus le propriétaire. Le montant dû ne change donc pas, que le bien soit exploité ou non. Un logement vacant ou un akiya tend au contraire à devenir une situation de sortie de trésorerie pure : les revenus s'arrêtent tandis que taxe et frais d'entretien continuent de courir.

Qu'est-ce que l'abattement pour terrain résidentiel ? La véritable nature de l'allégement dont bénéficient les akiya

Comprendre la taxe foncière des akiya suppose de comprendre l'abattement pour terrain résidentiel (jūtaku yōchi tokurei, 住宅用地特例) — un dispositif sans équivalent direct en France, qui réduit fortement la base d'imposition d'un terrain supportant une habitation. Selon le ministère des Affaires intérieures, les taux de réduction sont fixés comme suit :

CatégorieSurface concernéeBase d'imposition — taxe foncièreBase d'imposition — taxe d'aménagement urbain
Petit terrain résidentiel (小規模住宅用地)Partie ≤ 200 m² par logement1/6 de la valeur évaluée1/3 de la valeur évaluée
Terrain résidentiel général (一般住宅用地)Partie au-delà de 200 m²1/3 de la valeur évaluée2/3 de la valeur évaluée

Le point essentiel est que cet allégement est accordé à « un terrain sur lequel se trouve une habitation ». Autrement dit, même un akiya ancien et inhabité fait bénéficier son terrain de l'abattement, tant que le bâtiment résidentiel subsiste — avec une charge fiscale allégée par rapport à un terrain nu. C'est l'une des raisons pour lesquelles de nombreux propriétaires japonais préfèrent ne pas démolir leur akiya.

Pourquoi un terrain bâti coûte-t-il moins cher qu'un terrain nu ?

Un terrain nu (sarachi, 更地 — sans bâtiment) ne bénéficie pas de l'abattement pour terrain résidentiel. À surface et valeur évaluée égales, il supporte donc une base d'imposition plus élevée qu'un terrain résidentiel bâti. Il n'est pas rare que des propriétaires, après avoir démoli un akiya vétuste, découvrent avec surprise dès l'année suivante une hausse de la taxe foncière sur ce terrain. La logique de la fiscalité des terrains nus est détaillée dans notre analyse de la taxe foncière des terrains nus et des stratégies de valorisation foncière.

Il serait toutefois risqué d'en conclure simplement qu'« il vaut mieux ne pas démolir » : un akiya laissé à l'abandon et dont l'état se dégrade peut perdre cet abattement même en conservant son bâtiment, dès lors qu'une mise en demeure intervient.

Que change un classement en akiya spécifique ou en akiya mal entretenue ?

Le point de bascule le plus décisif pour la charge fiscale d'un akiya est la loi spéciale relative aux mesures pour les akiya (Akiya-tō Taisaku Tokubetsu Sochi-hō, 空家等対策の推進に関する特別措置法). Entrée en vigueur en 2015 (Heisei 27), elle a été révisée le 13 décembre 2023 (Reiwa 5), élargissant le filet réglementaire. Deux catégories entrent alors en jeu : l'« akiya spécifique » (tokutei akiya-tō, 特定空家等) et, créée par la révision, l'« akiya mal entretenue » (kanri fuzen akiya-tō, 管理不全空家等).

Ce que recouvrent l'akiya spécifique et l'akiya mal entretenue

Un akiya spécifique désigne un bien à l'abandon présentant un risque important d'effondrement ou de danger pour la sécurité, un risque sanitaire grave, une dégradation majeure du paysage, ou toute autre situation dont le maintien en l'état nuit à l'environnement de vie du voisinage. En clair, un akiya qui cause déjà, ou est susceptible de causer, un danger ou une nuisance.

L'akiya mal entretenue, catégorie introduite par la révision de 2023, désigne un bien qui, faute d'entretien, risque de basculer vers le statut d'akiya spécifique s'il reste en l'état — une étape juste en amont. Avant la révision, l'administration ne pouvait intervenir qu'une fois ce stade atteint ; désormais, elle peut agir dès ce stade préventif par des conseils puis une mise en demeure, ce qui signifie que la perte de l'avantage fiscal peut intervenir plus tôt qu'auparavant — un point crucial en pratique, très différent d'un régime occidental typique où seule une infraction avérée déclenche une sanction fiscale.

De l'avis et de l'orientation à la mise en demeure, à l'injonction et à l'exécution d'office

L'action administrative ne bascule pas d'emblée vers les mesures les plus lourdes. Elle progresse généralement selon les étapes suivantes :

  • Avis et orientation (jogen/shidō, 助言・指導) : première démarche invitant à améliorer l'état du bien.
  • Mise en demeure (kankoku, 勧告) : lorsque l'orientation reste sans effet, la municipalité fixe un délai et exige une action concrète. C'est à ce stade que l'abattement pour terrain résidentiel est supprimé.
  • Injonction (meirei, 命令) : mesure légale contraignante en cas de non-respect de la mise en demeure ; son inobservation peut entraîner une amende administrative (karyō, 過料).
  • Exécution d'office (gyōsei daishikkō, 行政代執行) : ultime recours si l'abandon persiste — la municipalité fait exécuter les travaux, notamment la démolition, à la place du propriétaire, puis lui en facture le coût.

Le ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme (MLIT, 国土交通省) confirme qu'une mise en demeure entraîne la levée de l'abattement pour terrain résidentiel applicable au terrain du bien concerné. Le cœur de la révision de 2023 est que cette suppression s'applique non seulement à l'akiya spécifique, mais dès qu'une mise en demeure est prononcée pour une akiya mal entretenue.

Comment évolue le montant de la taxe une fois l'abattement supprimé

Une fois l'abattement pour terrain résidentiel supprimé, la réduction de la base d'imposition du terrain disparaît. Pour un petit terrain résidentiel, la base de la taxe foncière repasse de 1/6 à la valeur évaluée intégrale, soit jusqu'à 6 fois en base d'imposition. La taxe d'aménagement urbain repasse de 1/3 au plein montant, soit jusqu'à 3 fois. Schématiquement :

ÉtatBase d'imposition — taxe foncière (petit terrain résidentiel)Base d'imposition — taxe d'aménagement urbain
Situation normale (avec abattement)Valeur évaluée × 1/6Valeur évaluée × 1/3
Après mise en demeure (sans abattement)Valeur évaluée × 1 (jusqu'à ×6)Valeur évaluée × 1 (jusqu'à ×3)

Le calendrier de cette hausse mérite attention. La taxe foncière étant établie selon la situation au 1er janvier, l'effet d'une mise en demeure ne se reflète en principe qu'à la prochaine date de référence (fuka kijitsu, 賦課期日), soit le 1er janvier suivant. Autrement dit, si le propriétaire corrige la situation dans l'année et obtient le retrait de la mise en demeure, il conserve une chance réelle de préserver l'abattement. L'administration agissant par étapes, réagir dès la réception d'un avis ou d'une orientation laisse une marge suffisante pour éviter la mise en demeure. Anticiper avant la notification, plutôt que s'affoler après, reste la stratégie la plus efficace.

Une précision importante : le montant réellement dû ne sera pas nécessairement multiplié exactement par 6. La taxe foncière sur le terrain prévoit des mesures d'ajustement progressif de la charge (futan chōsei sochi, 負担調整措置) qui lissent les hausses brutales. Le traitement fiscal du bâtiment diffère aussi selon qu'il est conservé ou que le terrain est mis à nu. Les multiplicateurs de 6 et de 3 restent donc des ordres de grandeur ; le montant final varie selon la valeur évaluée et les pratiques de la municipalité. Pour toute estimation chiffrée, mieux vaut consulter l'avis d'imposition local ou le guichet municipal.

Comment gérer le risque de taxe foncière sur un logement vacant ou un akiya

Voici la partie opérationnelle. La gestion du risque de taxe foncière pour un bien vacant ou abandonné se résume à choisir, parmi trois orientations — maintenir l'exploitation, valoriser le bien, ou s'en défaire par la vente ou la démolition — celle qui correspond à l'état du bien, à sa localisation et à la trésorerie disponible. Voici un tableau récapitulatif des grands axes de décision :

État et localisation du bienOrientation de principePrincipaux leviers
Bon état, demande locative présenteMaintenir l'exploitation / valoriserRevoir la stratégie de recherche de locataires, rénovation, conversion en usage locatif ou professionnel
Bâtiment ancien mais localisation demandéeValoriser ou vendreRénovation, mise à nu pour valorisation foncière, vente en l'état
Faible demande, gestion difficileVendre / céderInscription à une banque d'akiya, vente au voisin, recours au régime de rétrocession des terrains hérités à l'État
Dégradation dangereuse en coursDémolition / cession anticipéeDémolition, délégation de gestion à un prestataire spécialisé, correction avant la mise en demeure

Maintenir l'exploitation (lutte contre la vacance)

Si le bien reste exploitable en location, la première option à explorer est le maintien de l'exploitation. Un bien qui reste durablement vacant a presque toujours une cause identifiable : le niveau de loyer, les conditions de location, la présentation du bien, ou l'action de l'agence de gestion. Plutôt que de conclure hâtivement que « la localisation est mauvaise », examiner un à un les points d'entrée de la recherche de locataires révèle souvent des pistes d'amélioration. Une fois le taux d'occupation restauré, la taxe foncière est largement couverte par les loyers perçus, et sa nature change : elle passe de sortie de trésorerie pure à charge d'exploitation normale.

Il ne faut pas non plus perdre de vue que la taxe foncière d'un bien loué peut être comptabilisée en charge déductible. Le positionnement de la taxe foncière en gestion locative est détaillé dans notre guide de la taxe foncière et des allégements en gestion locative. Les propriétaires confrontés à la vacance peuvent également solliciter une consultation gratuite auprès d'INA pour revoir leur stratégie de recherche de locataires.

Valoriser le bien (location, usage professionnel, banque d'akiya)

Même un akiya actuellement inoccupé peut, selon sa localisation et son état, être transformé en source de revenus : location en maison individuelle, conversion en bureau ou en espace partagé, usage du terrain comme parking — les options varient selon chaque bien. Les modèles de valorisation et leur logique de rentabilité sont regroupés dans notre guide des méthodes de valorisation d'un akiya générant des revenus.

Une autre voie consiste à inscrire le bien sur une banque d'akiya (akiya banku, 空き家バンク) gérée par la municipalité, afin de le mettre en relation avec des acheteurs ou locataires potentiels — un dispositif public sans réel équivalent en France, où ce rôle d'intermédiation reste largement privé. Remettre le bien en exploitation réduit d'ailleurs directement le risque d'être classé en akiya spécifique ou mal entretenue : réduire la charge fiscale et faire fructifier le patrimoine avancent alors ensemble.

Se défaire du bien par la vente ou la démolition

Un akiya sans réelle perspective de valorisation et pour lequel la demande est faible voit sa charge fiscale et de gestion s'alourdir à mesure qu'on le conserve. Le vendre tant que son état reste correct et que la localisation garde de la demande permet de se libérer d'un coup de la taxe foncière, des coûts d'entretien et du risque de conflit de voisinage. La banque d'akiya constitue là aussi une porte d'entrée pour la vente ; les modalités sont expliquées dans notre analyse des avantages et inconvénients de la vente via une banque d'akiya.

Un cas fréquent en conseil : un héritier ayant reçu la maison familiale en province la conserve vacante pendant plusieurs années « parce que la taxe foncière reste faible », jusqu'à ce que la dégradation s'aggrave au point que le voisinage signale des arbres envahissants ou une façade détériorée. Envisager alors la démolition ajoute au coût des travaux la hausse de la taxe foncière consécutive à la mise à nu du terrain. Comparer tôt les perspectives de location, de vente et de démolition est la clé pour ne pas voir ses options se réduire.

En cas de démolition pour mise à nu, rappelons que l'abattement pour terrain résidentiel disparaît et que la charge fiscale du terrain augmente, comme expliqué plus haut. La décision doit comparer, chiffres à l'appui, coût de démolition, hausse de taxe après mise à nu, et perspectives de vente ou de valorisation — pour retenir l'option qui laisse le plus net en poche.

Les risques au-delà de la fiscalité que fait peser l'abandon

Le danger d'un akiya laissé à l'abandon ne se limite pas à la taxe foncière : la charge fiscale n'est qu'une composante parmi d'autres des risques liés à l'abandon.

Premièrement, des coûts d'entretien continus s'accumulent : négliger la taille des arbres, l'inspection du bâtiment, la circulation d'eau ou la ventilation accélère la dégradation, ce qui gonfle in fine les frais de remise en état ou de démolition. Deuxièmement, des conflits de voisinage : mauvaises herbes, nuisibles, dépôts sauvages de déchets ou chutes de matériaux de façade dégradent le cadre de vie et alimentent les critères de classement en akiya spécifique.

Troisièmement, un risque de responsabilité civile : si une toiture ou une façade s'effondre et blesse un passant ou endommage une propriété voisine, le propriétaire peut voir sa responsabilité engagée — un point qui, en droit français comme en droit japonais, pèse sur le propriétaire. Quatrièmement, la question successorale : si le propriétaire décède sans mutation successorale enregistrée, les droits de propriété se complexifient, rendant une vente ultérieure difficile. Les points clés pour une gestion sûre d'un akiya sont détaillés dans nos quatre points essentiels de gestion d'un akiya.

La check-list à vérifier dès maintenant pour un propriétaire

Pour finir, voici les points qu'un propriétaire de bien vacant ou d'akiya a intérêt à vérifier lui-même pour gérer son risque fiscal. Avant toute décision complexe, établir d'abord les faits et les chiffres est le point de départ :

  • Vérifier sur l'avis d'imposition (kazei meisaisho, 課税明細書) la valeur évaluée et la base d'imposition du terrain et du bâtiment, ainsi que le statut d'application de l'abattement pour terrain résidentiel.
  • Vérifier si le bien se situe en zone d'urbanisation et s'il est soumis à la taxe d'aménagement urbain.
  • Inspecter l'état de dégradation du bâtiment (toiture, façade, infiltrations, inclinaison) et noter tout signe de danger.
  • Vérifier si la municipalité a déjà notifié un avis, une orientation ou une mise en demeure.
  • Étudier les prix du marché locatif et de vente locaux pour comparer les chances de succès entre maintien, valorisation et vente.
  • En cas de démolition envisagée, chiffrer à l'avance son coût et la hausse de taxe attendue après mise à nu.
  • En cas de succession en jeu, clarifier au plus tôt l'état de l'enregistrement immobilier et les intentions des co-héritiers.

Ce seul inventaire permet souvent de passer d'un abandon « par défaut » à une décision fondée sur des éléments concrets. En cas d'hésitation, une consultation permet d'examiner ensemble laquelle des trois options — maintien, valorisation, vente — laisse le plus net en poche.

Questions fréquentes (FAQ)

Q1. La taxe foncière s'applique-t-elle même à un logement vacant ou à un akiya ?

Oui, la taxe foncière s'applique aussi bien à un logement vacant qu'à un akiya. Elle est due par le propriétaire à la date de référence du 1er janvier de l'année, indépendamment de l'usage réel du bien. En zone d'urbanisation, la taxe d'aménagement urbain s'y ajoute. La taxe étant due même quand les revenus sont arrêtés, il est essentiel de raisonner en termes de maintien de l'exploitation ou de valorisation pour limiter la sortie de trésorerie.

Q2. Pourquoi dit-on que la taxe foncière d'un akiya peut être multipliée par 6 ?

Parce qu'un classement en akiya spécifique ou en akiya mal entretenue suivi d'une mise en demeure fait perdre l'abattement pour terrain résidentiel du terrain concerné. Pour un petit terrain résidentiel, la base d'imposition de la taxe foncière repasse de 1/6 à sa valeur pleine, soit jusqu'à 6 fois en base d'imposition. Le montant réellement dû varie toutefois selon les mesures d'ajustement progressif et les pratiques municipales : à vérifier auprès de la municipalité concernée.

Q3. Quelle est la différence entre akiya spécifique et akiya mal entretenue ?

L'akiya mal entretenue désigne un stade antérieur, où le bien risque de devenir un akiya spécifique s'il reste en l'état. Cette catégorie, créée par la révision entrée en vigueur en décembre 2023, peut elle aussi faire l'objet d'orientations et de mises en demeure. Comme une mise en demeure suffit à faire perdre l'abattement, corriger la situation tôt — avant même le stade d'akiya spécifique — est essentiel.

Q4. Démolir pour mettre le terrain à nu réduit-il la charge fiscale ?

Pas nécessairement. Un terrain nu ne bénéficiant pas de l'abattement pour terrain résidentiel, la base d'imposition de la taxe foncière du terrain augmente généralement après démolition. Il est recommandé de comparer le coût de la démolition, la taxe attendue après mise à nu, et les perspectives de vente ou de valorisation, pour choisir l'option qui laisse le plus net en poche.

Sources et références

Daisuke Inazawa, President & CEO of INA&Associates Inc.

Auteur

Président-directeur généralINA&Associates Inc.

Président-directeur général d'INA&Associates Inc. Dirige le courtage immobilier, la location et la gestion de biens dans le Grand Tokyo et la région du Kansai. Spécialisé dans la stratégie d'investissement en immobilier de rendement et le conseil aux grandes fortunes.

Daisuke Inazawa est le président-directeur général d'INA&Associates Inc., une société immobilière japonaise dont le siège se trouve à Osaka et qui dispose d'une succursale à Tokyo. Il dirige les trois activités fondamentales du groupe — courtage en vente immobilière, location et gestion de biens — dans le Grand Tokyo et la région du Kansai.

Ses domaines d'expertise recouvrent la stratégie d'investissement en immobilier de rendement, l'optimisation de la rentabilité des opérations locatives, le conseil immobilier destiné aux grandes fortunes (UHNWI) et aux investisseurs institutionnels, ainsi que l'investissement immobilier transfrontalier. Il fournit un conseil de long terme, fondé sur les données, à une clientèle d'investisseurs au Japon comme à l'étranger.

Sous la devise « l'actif le plus précieux d'une entreprise, ce sont ses hommes », il positionne INA&Associates comme une « entreprise d'investissement dans le capital humain » et s'engage à créer une valeur d'entreprise durable par le développement des talents. En tant que dirigeant, il s'exprime également sur le leadership et la culture organisationnelle en période de changement.

Il a obtenu onze qualifications professionnelles japonaises : courtier immobilier agréé (Takken), Master agréé en conseil immobilier, gestionnaire agréé de copropriétés, superviseur agréé de gestion d'immeubles, professionnel certifié de gestion locative, gyōseishoshi (juriste administratif), responsable certifié de la protection des données personnelles, responsable de prévention incendie de classe A, spécialiste certifié de l'immobilier vendu aux enchères, ingénieur de maintenance de copropriétés, et superviseur agréé des opérations de crédit.

  • Courtier immobilier agréé (Takken)
  • Master agréé en conseil immobilier
  • Gestionnaire agréé de copropriétés
  • Superviseur agréé de gestion d'immeubles
  • Professionnel certifié de gestion locative
  • Gyōseishoshi (juriste administratif)
  • Responsable certifié de la protection des données personnelles
  • Responsable de prévention incendie de classe A
  • Spécialiste certifié de l'immobilier aux enchères
  • Ingénieur de maintenance de copropriétés
  • Superviseur agréé des opérations de crédit