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COLUMN

Immobilier vs cryptomonnaies au Japon : comparatif fiscal et stratégie d’optimisation

Au Japon, les loyers relèvent du « fudōsan shotoku » (revenu foncier), les gains crypto en principe du « zatsu shotoku » (revenu divers). Compensation des pertes, amortissement, report des déficits, barème progressif et déclaration : comparatif basé sur la position 2025 de l’Agence nationale des impôts japonaise, avec conversion en euros et perspective de constitution de patrimoine sur le long terme. Consultez un expert-comptable fiscaliste avant toute décision.

Dernière mise à jour: Lecture d'environ 10 min

Au Japon, l'investissement immobilier locatif et les cryptomonnaies (crypto-actifs) sont tous deux perçus comme des « profits d'investissement », mais leur traitement fiscal diverge radicalement — une architecture de catégories de revenus propre au système fiscal japonais, sans équivalent direct en Occident. Pour aller droit au but : les revenus locatifs relèvent du fudōsan shotoku (不動産所得, littéralement « revenu foncier », une catégorie dédiée du code des impôts japonais) et bénéficient de la compensation des pertes et profits (son'eki tsūsan, 損益通算), de l'amortissement (genka shōkyaku, 減価償却) et, en déclaration bleue (aoiro shinkoku, 青色申告), du report des pertes sur trois ans. Les gains en cryptomonnaies, eux, relèvent en principe du zatsu shotoku (雑所得, « revenu divers », une catégorie résiduelle sans véritable équivalent en France) : ni compensation, ni report. Contrairement à la France, où les plus-values sur actifs numériques relèvent le plus souvent d'un prélèvement forfaitaire unique (PFU) à taux fixe de 30 %, le Japon impose les gains crypto au barème progressif — jusqu'à 45 % au niveau national, plus l'impôt local d'habitation d'environ 10 % — sans aucun mécanisme d'atténuation. Cet écart pèse d'autant plus lourd que l'investisseur conserve ses actifs sur la durée. Cet article s'appuie sur la position de l'Agence nationale des impôts japonaise (Kokuzeichō, 国税庁, l'équivalent de la Direction générale des Finances publiques) telle qu'elle s'établissait en 2025, pour comparer les deux régimes et réfléchir à l'architecture patrimoniale la mieux adaptée à une détention de long terme. La fiscalité dépend toujours de la situation individuelle ; consultez un expert-comptable fiscaliste (zeirishi, 税理士) avant toute décision d'exécution.

Ce qu'il faut retenir

  • Au Japon, les loyers relèvent du fudōsan shotoku (不動産所得, revenu foncier), les gains crypto en principe du zatsu shotoku (雑所得, revenu divers) — une distinction sans équivalent exact en droit fiscal français.
  • Le revenu foncier permet la compensation des pertes et profits (son'eki tsūsan) et, en déclaration bleue (aoiro shinkoku), le report du déficit sur trois ans ; ces deux mécanismes sont fermés aux gains crypto.
  • L'amortissement (genka shōkyaku) réduit le revenu imposable sans sortie de trésorerie — un atout propre à l'immobilier ; la détention de cryptomonnaies n'ouvre droit à aucun amortissement.
  • Les deux catégories relèvent de l'imposition globale (sōgō kazei, 総合課税), cumulée avec les autres revenus au barème progressif de 5 % à 45 % : le montant net dépend du taux marginal et des déductions.
  • Comme les pertes de l'un ne compensent jamais les gains de l'autre, gérer les deux actifs dans des enveloppes séparées, avec une stratégie de sortie de long terme, est la clé d'une construction patrimoniale cohérente.

Immobilier vs cryptomonnaies au Japon : où se situe vraiment la différence fiscale ?

La différence tient à deux points : dans quelle catégorie de revenu (shotoku kubun, 所得区分) le gain est classé, et si la perte est imputable sur d'autres revenus (son'eki tsūsan). Les loyers relèvent du fudōsan shotoku, la cession de cryptomonnaies en principe du zatsu shotoku. Ce point d'entrée détermine ensuite tout le reste : traitement des pertes, amortissement, tranche d'imposition. C'est une architecture propre au droit japonais : contrairement à l'Occident, qui distingue surtout « revenus » et « plus-values », le Japon découpe le revenu en une dizaine de catégories aux règles très différentes. Voici une vue d'ensemble.

Critère de comparaisonInvestissement immobilier (revenus locatifs)Cryptomonnaies (crypto-actifs)
Catégorie de revenuFudōsan shotoku (不動産所得, revenu foncier)En principe : zatsu shotoku (雑所得, revenu divers) ; revenu professionnel (jigyō shotoku) sous conditions
Mode d'impositionImposition globale (sōgō kazei, 総合課税)Imposition globale (sōgō kazei, 総合課税)
Compensation des pertes avec d'autres revenusPossible (hors intérêts d'emprunt affectés au terrain)Impossible
Report des pertesReport du déficit net sur 3 ans en déclaration bleue (aoiro shinkoku)Impossible
AmortissementPossible sur le bâti et les équipements (terrain exclu)Exclu pour la simple détention
Principales charges déductiblesAmortissement, intérêts d'emprunt, travaux, gestion, taxe foncière, etc.Coût d'acquisition et frais annexes ; périmètre restreint
Intérêt de la mise en société (hōjinka)Important (répartition des revenus, indemnités de départ, etc.)Existant (taux et méthode d'évaluation modifiés)

Le mode d'imposition est identique dans les deux cas, mais la gestion des pertes et l'amortissement changent tout. En France, cette différence n'est jamais aussi tranchée : le déficit foncier des particuliers reste plafonné à 10 700 € par an imputable sur le revenu global, alors qu'au Japon aucun plafond équivalent n'existe (seule l'exception des intérêts liés au terrain s'applique). Approfondissons chaque régime.

La fiscalité du revenu foncier japonais : compensation des pertes, amortissement et report des déficits

Le fudōsan shotoku est la catégorie la mieux dotée en mécanismes de protection fiscale. L'Agence nationale des impôts (Kokuzeichō, 国税庁) le définit comme le revenu de la location de terrains et bâtiments, calculé selon « recettes totales moins charges déductibles ». Cette largeur des charges, combinée à l'usage des pertes, est l'atout central du propriétaire de long terme — un avantage qu'en France seul le statut de loueur en meublé (LMNP au réel) approche, hors du régime de droit commun des revenus fonciers.

Catégorie de revenu et logique des charges déductibles

Loyers, charges locatives et dépôts non restituables entrent dans les recettes, dont on déduit les charges : taxe foncière, assurance dommages, amortissement, travaux, selon l'Agence nationale des impôts. Seul le profit résiduel après intérêts d'emprunt et frais de gestion est imposé : la trésorerie peut rester intacte alors que le résultat comptable est comprimé. C'est proche du régime réel foncier français, sauf que l'amortissement du bâti, lui, n'est en France généralement pas admis hors statut LMNP.

L'amortissement (genka shōkyaku) : comprimer le revenu imposable sans sortie de trésorerie

Le levier le plus caractéristique est la charge d'amortissement : le bâti et les équipements se répartissent sur leur durée d'utilisation légale (taishitsu nendo, 耐用年数), réduisant le revenu imposable sans sortie de trésorerie réelle. Le terrain, dont la valeur ne se déprécie pas, en est exclu — comme en comptabilité française. La durée légale varie selon la structure : 22 ans pour l'ossature bois, 47 ans pour le béton armé. Plus la durée est courte, plus l'amortissement annuel est élevé ; sur un bien d'occasion, une méthode simplifiée permet parfois d'estimer une durée résiduelle plus courte et d'accélérer l'effet. Le choix de structure et d'ancienneté est donc une stratégie fiscale à part entière. Pour un lecteur français habitué à réserver l'amortissement au seul statut LMNP, ce mécanisme généralisé à tout propriétaire japonais constitue une différence structurelle majeure. Détails dans l'article consacré à l'amortissement immobilier japonais et au calcul de la durée d'utilisation légale (taishitsu nendo).

La compensation des pertes et profits (son'eki tsūsan) : imputer un déficit sur le salaire

Selon l'Agence nationale des impôts, seules quatre catégories ouvrent droit à la compensation : revenu foncier, revenu d'entreprise, plus-value de cession, revenu forestier. Un déficit foncier peut donc s'imputer sur le salaire. Exception : la part des intérêts d'emprunt liée à l'achat du terrain n'est pas compensable et est réputée ne jamais avoir existé. Exemple : un salarié gagne 8 000 000 ¥ (environ 47 200 €) ; son revenu foncier affiche un déficit de 1 000 000 ¥ (environ 5 900 €), imputable sur le salaire, qui retombe à 7 000 000 ¥ (environ 41 300 €). Mais si 300 000 ¥ (environ 1 770 €) de ce déficit correspondent aux intérêts du terrain, seuls 700 000 ¥ (environ 4 130 €) restent réellement déductibles. Ce mécanisme d'imputation sur le revenu global n'a pas d'équivalent direct en France, où le déficit foncier plafonné ne s'impute jamais au-delà de sa limite légale sur un revenu d'une autre catégorie.

Le déficit net en déclaration bleue (aoiro shinkoku) : reporter sur trois années

En déclaration bleue, le déficit net non absorbé dans l'année se reporte sur les trois exercices suivants et se déduit du revenu de chacun. Pour une activité locative aux résultats irréguliers, imputer la perte d'une année déficitaire sur une année bénéficiaire compte. Compensation immédiate et report pluriannuel cumulés constituent l'épaisseur fiscale du revenu foncier japonais — un cumul qu'aucun statut français, LMNP compris, ne réunit à l'identique. Cette perspective est développée dans l'article qui décompose le rendement d'un investissement immobilier entre loyers, charges, emprunt, impôts et sortie.

La fiscalité des cryptomonnaies au Japon : pourquoi le régime du revenu divers est-il défavorable ?

À l'inverse, la fiscalité crypto est difficile à optimiser, en raison de sa catégorie de revenu. Selon la fiche pratique n°1524 de l'Agence nationale des impôts, le profit de cession ou d'usage de cryptomonnaies relève en principe du zatsu shotoku (雑所得, revenu divers), sauf activité relevant du revenu d'entreprise. Le revenu divers ne figurant pas parmi les quatre catégories éligibles à la compensation, une perte crypto ne peut jamais s'imputer sur un autre revenu.

Catégorie de revenu : en principe le revenu divers, le revenu d'entreprise sous conditions

Les gains et pertes crypto relèvent en principe du revenu divers. Si les recettes annuelles dépassent 3 000 000 ¥ (environ 17 700 €) et qu'une comptabilité en bonne et due forme est tenue, le revenu passe en principe en revenu d'entreprise (jigyō shotoku), ouvrant la compensation ; sans comptabilité, il reste un revenu divers lié à une activité. Ce n'est pas une catégorie ouverte à tous. Un lecteur français y retrouvera un écho de la distinction gestion occasionnelle / activité habituelle, mais sans les mêmes seuils : en France, la quasi-totalité des particuliers reste soumise au même flat tax de 30 %, qu'ils tradent souvent ou non.

L'impossibilité de compenser ou de reporter les pertes : un poids sous-estimé

Tant que le gain crypto reste un revenu divers, ni compensation ni report ne sont possibles : une forte moins-value ne s'impute ni sur le salaire ni sur le revenu foncier, et ne se reporte pas. Ce fonctionnement diffère des actions ou du FX japonais (en cas d'imposition séparée sur déclaration), qui admettent report et compensation intra-catégorie. Sur un actif aussi volatil, ne pas pouvoir valoriser fiscalement une perte pèse plus qu'on ne l'imagine — une contrainte plus rigide que le régime français des plus-values mobilières, où le déficit s'impute au moins sur les gains de même nature des dix années suivantes.

Charges déductibles et mise en société : un périmètre limité mais pas nul

Même en revenu divers, les frais directement liés aux transactions (frais de transaction, par exemple) peuvent être déduits. Un équipement coûteux, comme le matériel de minage, peut nécessiter un amortissement selon son montant d'acquisition. Mais jamais la détention elle-même n'est amortissable, et le périmètre reste bien plus restreint qu'en immobilier. Détenir des cryptomonnaies via une société est une option, mais l'évaluation à la valeur de marché en fin d'exercice diffère du régime personnel : pas d'avantage automatique. Le choix entre détention personnelle et société dépasse le seul taux ; il touche aussi l'évaluation et la charge de gestion. Consultez un zeirishi (税理士) avant toute décision.

Comparer les taux d'imposition : progressivité de l'imposition globale et logique du revenu net

Revenu foncier et revenu divers crypto sont tous deux soumis à l'imposition globale, cumulée avec les autres revenus, au barème progressif de 5 % à 45 %. S'y ajoute l'impôt local d'habitation (jūminzei, 住民税), quasi uniforme à 10 %, qui alourdit la charge marginale à mesure que le revenu croît. Voici le barème simplifié 2025 (hors impôt local et surtaxe de reconstruction) — montants convertis en euros sur la base indicative de 170 JPY pour 1 EUR (soit environ 59 € pour 10 000 JPY), taux de mai 2026.

Revenu imposableTaux d'impôt sur le revenuMontant de la déduction
≤ 1 950 000 ¥ (environ 11 500 €)5 %0 ¥ (0 €)
1 950 000 – 3 300 000 ¥ (environ 11 500 – 19 500 €)10 %97 500 ¥ (environ 575 €)
3 300 000 – 6 950 000 ¥ (environ 19 500 – 41 000 €)20 %427 500 ¥ (environ 2 520 €)
6 950 000 – 9 000 000 ¥ (environ 41 000 – 53 100 €)23 %636 000 ¥ (environ 3 750 €)
9 000 000 – 18 000 000 ¥ (environ 53 100 – 106 200 €)33 %1 536 000 ¥ (environ 9 060 €)
18 000 000 – 40 000 000 ¥ (environ 106 200 – 236 000 €)40 %2 796 000 ¥ (environ 16 500 €)
> 40 000 000 ¥ (environ 236 000 €)45 %4 796 000 ¥ (environ 28 300 €)

Ce qui compte, c'est la capacité à comprimer le revenu avant application du barème. Le revenu foncier peut l'être, via amortissement et compensation, ce qui fait parfois basculer le contribuable dans une tranche inférieure à profit égal. Le gain crypto, lui, dispose de peu de leviers : le profit se cumule tel quel, avec un risque accru de tranche haute. Le revenu net dépend donc moins du taux affiché que de la structuration en amont. Pour un lecteur habitué au barème français (0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %, avec plus-values mobilières et crypto généralement à 30 % flat hors barème), la singularité japonaise est de soumettre immobilier et crypto au même barème progressif cumulatif, ce qui rend la structuration en amont d'autant plus déterminante. Cette logique rejoint l'article comparant l'investissement immobilier direct et les REIT sous l'angle fiscal.

La déclaration de revenus en pratique : à partir de quel montant, et comment déclarer ?

Cette différence se retrouve à la déclaration de revenus (kakutei shinkoku, 確定申告). Pour un salarié qui investit, la première règle est la « règle des 200 000 ¥ » (environ 1 180 €) : l'Agence nationale des impôts impose une déclaration dès que la somme des revenus autres que salaire et indemnités de départ dépasse ce seuil. Il s'apprécie sur le cumul du revenu foncier et du revenu divers crypto : 150 000 ¥ (environ 885 €) d'un côté et 100 000 ¥ (environ 590 €) de l'autre, soit 250 000 ¥ (environ 1 475 €), déclenchent l'obligation. Ce seuil cumulé, propre au Japon, n'a pas d'équivalent en France, où toute personne domiciliée doit en principe déclarer l'intégralité de ses revenus sans seuil de dispense pour un salarié.

Les pièces à réunir pour la déclaration du revenu foncier

Le revenu foncier s'obtient en agrégeant recettes et charges (amortissement, intérêts, travaux, gestion, taxe foncière). La déclaration bleue suppose une comptabilité en partie double et des états financiers. Conserver une comptabilité rigoureuse est indispensable pour reporter le déficit net d'une année sur l'autre ; réunir factures, contrats et échéancier de prêt sur l'année évite la précipitation.

Les pièces à réunir pour la déclaration des cryptomonnaies

Pour les cryptomonnaies, le calcul s'appuie sur les rapports annuels et l'historique de chaque plateforme, en cumulant gains et pertes à chaque cession, usage ou échange. L'Agence nationale des impôts fournit un modèle de calcul. Le gain ou la perte est réputé réalisé dès l'usage ou l'échange, même sans conversion en yens. Plus les transactions sont nombreuses, plus l'historique est long à reconstituer ; un récapitulatif avant fin d'année est recommandé.

Même sans obligation de déclaration de revenus, une déclaration séparée de l'impôt local d'habitation (jūminzei) peut rester nécessaire. Croire qu'en dessous de 200 000 ¥ (environ 1 180 €) rien n'est requis est une erreur fréquente à éviter.

Approche par profil d'investisseur : comment structurer sa fiscalité selon sa situation ?

Pour les mêmes deux investissements, l'architecture varie selon la situation. Voici trois profils types : identifiez celui qui vous ressemble.

Profil 1 : le salarié qui réalise des gains en cryptomonnaies

Le gain relève en principe du revenu divers, non compensable, et se cumule directement au salaire, avec un risque élevé de tranche haute. Déclaration obligatoire au-delà de 200 000 ¥ (environ 1 180 €). Plus la plus-value latente est grande, plus il est utile d'étaler la cession et de surveiller le revenu total de l'année — une discipline de calendrier fiscal que ne connaît pas un investisseur français soumis au flat tax quel que soit le montant.

Profil 2 : concilier optimisation fiscale et constitution de patrimoine par l'immobilier

Amortissement et compensation peuvent réduire le revenu imposable, surtout en début de détention, où les charges sont élevées et le déficit imputable sur le salaire. Mais les intérêts d'emprunt liés au terrain restent exclus de la compensation : à intégrer dès le plan de financement. Au-delà d'un certain volume, la mise en société (hōjinka) devient une option.

Profil 3 : le grand patrimoine qui détient les deux catégories d'actifs

La règle la plus importante est de ne pas mélanger : un déficit immobilier n'efface jamais un gain crypto. La gestion de base traite chaque actif dans son enveloppe propre — piloter la réalisation des gains crypto selon leur impact sur le revenu total, calibrer l'amortissement et la sortie côté immobilier. Cette séparation, associée à un horizon long, est notre point de départ dans la structuration patrimoniale de nos clients les plus fortunés.

La perspective à adopter pour construire un patrimoine sur le long terme

Premièrement, l'immobilier et les cryptomonnaies ne se compensant jamais, il faut les gérer dans des enveloppes distinctes : mélanger les deux fait s'effondrer toute stratégie d'optimisation.

Deuxièmement, raisonner sur un horizon long. Amortissement et report des pertes gagnent en valeur avec la durée de détention ; mais une fois l'amortissement achevé, les charges diminuent et le revenu imposable augmente. Penser la stratégie au-delà du rendement d'acquisition, jusqu'à la charge fiscale post-amortissement et au calendrier de cession, est indispensable — c'est pourquoi, en consultation de cession, notre première question porte sur le calendrier de sortie envisagé.

Troisièmement, envisager tôt la mise en société. Au-delà d'un certain revenu, la société devient souvent plus avantageuse que le barème progressif individuel : rémunération des dirigeants, indemnités de départ, salaire familial ouvrent des options inaccessibles au particulier. L'avantage se fait généralement sentir autour de 8 000 000 ¥ (environ 47 200 €) de revenu imposable annuel — un simple repère. Mais frais de création et maintien, hausse des cotisations sociales, taxe forfaitaire même en déficit sont des coûts moins visibles ; une comparaison pluriannuelle est indispensable. Pour un investisseur français, l'équivalent le plus proche serait l'arbitrage entre nom propre, LMNP ou SCI à l'IS. Cette nécessité de penser immobilier, droit et fiscalité de façon transversale est abordée dans l'article sur les compétences transversales nécessaires à l'investissement immobilier.

Penser aussi à la transmission aux générations suivantes

Plus le patrimoine croît, plus se rapproche sa transmission. Là encore, les deux actifs diffèrent : l'immobilier, en générant des loyers, voit souvent sa valeur de succession (droits de succession, sōzokuzei, 相続税) évaluée en deçà du prix de marché — un support de transmission relativement facile à structurer, un peu comme le démembrement de propriété en France. Les cryptomonnaies, très volatiles, sont évaluées à la transmission selon le cours du marché, sans dispositif d'atténuation comparable. Décider, à partir de « à qui transmettre quoi », quel actif loger dans quelle enveloppe est déterminant dans la structuration patrimoniale de nos clients fortunés ; dresser avec des professionnels une vision incluant droits de succession et de donation est rassurant.

Ne pas agir par crainte de l'erreur peut être la plus coûteuse des opportunités manquées ; mais la fiscalité est un domaine où agir sans en connaître les règles empêche souvent l'effet escompté. Nous recommandons de dessiner tôt, avec un zeirishi, l'architecture des enveloppes et le calendrier de sortie. Si cette structuration vous interroge, la consultation gratuite d'INA&Associates est à votre disposition.

Les idées reçues les plus fréquentes : les erreurs fiscales à éviter

Voici les quatre malentendus les plus courants sur la fiscalité immobilier/crypto au Japon, chacun évitable en le connaissant à l'avance.

Idée reçue n°1 : un déficit immobilier peut compenser un gain en cryptomonnaies

La plus répandue. Le déficit foncier est éligible à la compensation, mais le revenu divers crypto n'en fait pas partie : impossible d'effacer un gain crypto avec un déficit immobilier. Les traiter comme une seule poche peut créer un écart entre économie d'impôt espérée et réalité, jusqu'à manquer de trésorerie pour l'impôt dû.

Idée reçue n°2 : les cryptomonnaies ne sont imposées qu'une fois converties en yens

Même sans conversion, utiliser des cryptomonnaies pour un achat ou les échanger contre une autre crypto réalise la plus-value latente ; l'Agence nationale des impôts la considère imposable. Plus les transactions se multiplient, plus il est difficile de retracer le moment exact du gain ou de la perte : tenir un registre régulier protège.

Idée reçue n°3 : l'amortissement permet de réduire ses impôts indéfiniment

Puissant mais pas éternel : une fois la durée légale écoulée, l'amortissement cesse, les charges diminuent, le revenu imposable augmente — le point qui complique la sortie immobilière. Anticiper fin d'amortissement et calendrier de cession est indispensable ; sur un bien d'occasion à durée résiduelle courte, ce basculement peut survenir en quelques années.

Idée reçue n°4 : en dessous de 200 000 ¥ de gain, aucune démarche n'est nécessaire

Sous 200 000 ¥ (environ 1 180 €) de revenus autres que le salaire, la déclaration de revenus peut ne pas être obligatoire — mais cela ne concerne que l'impôt national : une déclaration séparée d'impôt local d'habitation (jūminzei) peut rester nécessaire. Vérifiez les règles de votre municipalité ou consultez un zeirishi.

Questions fréquentes (FAQ)

Q1. Le déficit du revenu foncier est-il compensable avec le salaire ?

Oui, sauf la part des intérêts d'emprunt liée à l'acquisition du terrain, exclue de la compensation et réputée ne jamais avoir existé. Dans un montage financé par emprunt pour un terrain, estimez l'effet réel en tenant compte de cette restriction dès le départ.

Q2. Une perte en cryptomonnaies peut-elle être reportée sur les années suivantes ?

Non, tant que le gain relève du revenu divers : ni report, ni compensation avec un autre revenu, contrairement aux actions ou au FX japonais en cas d'imposition séparée sur déclaration.

Q3. Dans quels cas le gain en cryptomonnaies cesse-t-il d'être un revenu divers ?

Quand les recettes annuelles dépassent 3 000 000 ¥ (environ 17 700 €) et qu'une comptabilité en bonne et due forme est tenue, le revenu passe en principe en revenu d'entreprise ; sans comptabilité, il reste un revenu divers lié à une activité. Vérifiez la qualification auprès d'un zeirishi.

Q4. Quel traitement fiscal si des cryptomonnaies servent d'apport pour un achat immobilier ?

Dès leur cession et conversion en yens, la plus-value est réalisée et imposable, même si le produit finance ensuite un achat immobilier. Vérifiez la charge fiscale globale, autres gains de l'année compris, avant de l'affecter à un apport.

Daisuke Inazawa, President & CEO of INA&Associates Inc.

Auteur

Président-directeur généralINA&Associates Inc.

Président-directeur général d'INA&Associates Inc. Dirige le courtage immobilier, la location et la gestion de biens dans le Grand Tokyo et la région du Kansai. Spécialisé dans la stratégie d'investissement en immobilier de rendement et le conseil aux grandes fortunes.

Daisuke Inazawa est le président-directeur général d'INA&Associates Inc., une société immobilière japonaise dont le siège se trouve à Osaka et qui dispose d'une succursale à Tokyo. Il dirige les trois activités fondamentales du groupe — courtage en vente immobilière, location et gestion de biens — dans le Grand Tokyo et la région du Kansai.

Ses domaines d'expertise recouvrent la stratégie d'investissement en immobilier de rendement, l'optimisation de la rentabilité des opérations locatives, le conseil immobilier destiné aux grandes fortunes (UHNWI) et aux investisseurs institutionnels, ainsi que l'investissement immobilier transfrontalier. Il fournit un conseil de long terme, fondé sur les données, à une clientèle d'investisseurs au Japon comme à l'étranger.

Sous la devise « l'actif le plus précieux d'une entreprise, ce sont ses hommes », il positionne INA&Associates comme une « entreprise d'investissement dans le capital humain » et s'engage à créer une valeur d'entreprise durable par le développement des talents. En tant que dirigeant, il s'exprime également sur le leadership et la culture organisationnelle en période de changement.

Il a obtenu onze qualifications professionnelles japonaises : courtier immobilier agréé (Takken), Master agréé en conseil immobilier, gestionnaire agréé de copropriétés, superviseur agréé de gestion d'immeubles, professionnel certifié de gestion locative, gyōseishoshi (juriste administratif), responsable certifié de la protection des données personnelles, responsable de prévention incendie de classe A, spécialiste certifié de l'immobilier vendu aux enchères, ingénieur de maintenance de copropriétés, et superviseur agréé des opérations de crédit.

  • Courtier immobilier agréé (Takken)
  • Master agréé en conseil immobilier
  • Gestionnaire agréé de copropriétés
  • Superviseur agréé de gestion d'immeubles
  • Professionnel certifié de gestion locative
  • Gyōseishoshi (juriste administratif)
  • Responsable certifié de la protection des données personnelles
  • Responsable de prévention incendie de classe A
  • Spécialiste certifié de l'immobilier aux enchères
  • Ingénieur de maintenance de copropriétés
  • Superviseur agréé des opérations de crédit