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Impôt sur les revenus locatifs au Japon : calcul, déclaration et régime bleu/blanc

Au Japon, l'impôt sur les loyers ne porte pas sur le montant total encaissé mais sur le "revenu immobilier imposable", loyer diminué des charges déductibles. Ce guide, pensé pour un investisseur francophone, détaille le calcul de l'impôt sur le revenu et de la taxe locale, les charges déductibles, le déroulement de la déclaration annuelle, le choix entre déclaration bleue et blanche, et les pénalités en cas d'absence de déclaration.

Dernière mise à jour: Lecture d'environ 9 min

Au Japon, l'impôt sur les loyers perçus ne porte pas sur le montant total du loyer encaissé, mais sur le "revenu immobilier imposable" (fudōsan shotoku, 不動産所得), une catégorie de revenu propre au droit fiscal japonais qui n'a pas d'équivalent direct dans le système français des revenus fonciers. Ce revenu immobilier correspond au loyer annuel encaissé, diminué des charges déductibles de l'année. Pour un salarié japonais, dès que ce revenu immobilier dépasse 200 000 yens par an (environ 1 240 EUR, taux approximatif d'août 2026), une déclaration de revenus annuelle appelée kakutei shinkoku (確定申告, littéralement "déclaration finale", l'équivalent japonais de la déclaration d'impôt sur le revenu) devient obligatoire. Contrairement au régime français où le bailleur choisit entre le micro-foncier et le régime réel selon un plafond de recettes, le Japon organise sa fiscalité locative autour d'un autre repère : le nombre d'immeubles ou de logements détenus, qui fait basculer le propriétaire dans un régime différent de charges déductibles. Pour un investisseur francophone qui envisage d'acquérir un bien locatif au Japon, comprendre ce mécanisme dès le départ évite bien des mauvaises surprises administratives. Cet article détaille, du point de vue d'un lecteur francophone, les types d'impôts qui frappent les loyers japonais, le calcul de l'impôt sur le revenu et de la taxe d'habitation locale (jūminzei), les charges déductibles et non déductibles, le déroulement de la déclaration annuelle et les documents nécessaires, ainsi que les pénalités encourues en cas d'absence de déclaration.

Les points clés de cet article

  • L'impôt ne porte pas sur le montant total des loyers, mais sur le "revenu immobilier imposable" (fudōsan shotoku), c'est-à-dire le loyer diminué des charges déductibles.
  • Un salarié doit déposer une déclaration de revenus dès que son revenu immobilier dépasse 200 000 yens par an (environ 1 240 EUR) ; en dessous de ce seuil, l'obligation de déclarer la taxe d'habitation locale (jūminzei) subsiste néanmoins.
  • L'impôt sur le revenu suit un barème progressif par tranches, tandis que la taxe locale (jūminzei) représente environ 10 % du revenu imposable, un taux quasi proportionnel qui diffère nettement de la logique par tranches à laquelle un contribuable français est habitué.
  • Le régime de la "déclaration bleue" (aoiro shinkoku, 青色申告) ouvre droit à un abattement spécial pouvant atteindre 650 000 yens (environ 4 030 EUR) et à un report des pertes sur trois ans ; son effet est maximal à partir du seuil dit "5 immeubles ou 10 logements".
  • Une absence de déclaration entraîne une majoration de 15 à 20 % du montant dû, pouvant atteindre 35 à 40 % en cas de dissimulation jugée intentionnelle.

Quels impôts frappent les revenus locatifs au Japon ?

Pour un propriétaire qui perçoit des loyers d'un appartement ou d'un immeuble au Japon, l'impôt sur le revenu n'est qu'une pièce du puzzle fiscal. Il est utile de connaître les cinq prélèvements suivants pour anticiper sa trésorerie annuelle. Contrairement au système français, où la taxe foncière et l'impôt sur le revenu forment l'essentiel du paysage fiscal du bailleur, le Japon superpose cinq prélèvements distincts, chacun avec son propre déclencheur et son propre calendrier.

ImpôtBase imposable et moment du prélèvementCe qu'il faut retenir
Impôt sur le revenuPrélevé chaque année sur le revenu immobilierAu-delà du seuil de 5 immeubles ou 10 logements, le revenu est requalifié en "revenu d'activité", ce qui élargit le périmètre des charges déductibles et des abattements
Taxe locale (jūminzei)Prélevée chaque année sur le revenu de l'année précédenteL'impôt sur le revenu n'est pas dû si le revenu annuel est inférieur à 200 000 yens, mais la taxe locale reste due dans tous les cas
Taxe sur la consommationSi le chiffre d'affaires imposable atteint 10 millions de yens (environ 62 000 EUR)Exonérée pour la location résidentielle pure ; il convient de vérifier que le bail mentionne bien un usage "résidentiel"
Taxe foncière et taxe de planification urbaineChaque année, tant que le bien est détenuUne taxe de planification urbaine s'ajoute pour les biens situés en zone d'urbanisation
Droit de mutation (acquisition immobilière)Au moment de l'acquisition (paiement unique)L'avis de paiement n'arrive que six mois à un an et demi après l'achat ; il faut provisionner cette dépense différée

La taxe foncière est une charge fixe qui pèse directement sur le rendement net annuel. Le mode de calcul et le calendrier de paiement sont détaillés dans notre article Comment calculer la taxe foncière japonaise et quand la payer.

La taxe locale (jūminzei) quand on ne veut pas que son employeur sache

La question la plus fréquente posée par nos clients salariés porte justement sur cette taxe locale. En choisissant le mode de paiement "prélèvement direct" (futsū chōshū, 普通徴収, un mode de recouvrement où le contribuable règle lui-même la taxe plutôt que de la voir prélevée sur son salaire), il est possible d'éviter que le montant soit retenu automatiquement sur la fiche de paie. Contrairement à la France, où la déclaration de revenus fonciers ne transite jamais par l'employeur, le système japonais transmet par défaut l'information à l'employeur via la retenue salariale ; il suffit de cocher la case correspondante sur le formulaire de déclaration pour garder la confidentialité vis-à-vis de son employeur.

Qu'est-ce que le revenu immobilier imposable ? La différence avec le loyer perçu

Le revenu immobilier imposable correspond au loyer annuel perçu, diminué des charges déductibles de l'année. Ce n'est en aucun cas le montant brut des loyers encaissés. Pour un lecteur habitué au régime réel français, ce principe de base est familier ; ce qui diffère, ce sont les catégories de charges admises et le taux d'amortissement applicable, propres au droit fiscal japonais.

Revenu immobilier imposable = loyers annuels perçus − charges déductibles annuelles

La période de calcul va du 1er janvier au 31 décembre. C'est sur cette base annuelle que l'impôt de l'année suivante est déterminé. À loyer égal, la précision du suivi des charges fait varier sensiblement le montant qui reste réellement disponible pour le propriétaire.

Ce qui entre dans le loyer perçu

Le "loyer perçu" ne se limite pas au montant mensuel du bail. Les éléments suivants doivent également être intégrés au calcul annuel.

  • Le reikin (礼金, une somme non remboursable versée par le locataire au bailleur à l'entrée dans les lieux, sans équivalent direct en France), les frais de gestion et les frais de renouvellement de bail
  • Les recettes de location de places de parking
  • Les redevances d'installation d'antennes relais
  • Les recettes issues de distributeurs automatiques installés sur le bien
  • L'électricité et l'eau facturées aux locataires au titre des charges communes

Les oublis les plus fréquents concernent les recettes de distributeurs automatiques ou de redevances d'antenne, qui arrivent souvent sur un compte bancaire différent de celui du loyer principal. Un suivi organisé par compte bancaire, plutôt que par bien, permet d'éviter ces omissions dans le calcul annuel.

Comment traiter les loyers impayés

Même en cas d'impayé, le loyer qui aurait dû être perçu doit être comptabilisé comme un revenu. L'absence d'encaissement réel ne permet pas de l'exclure du calcul du revenu imposable. Une fois l'irrécouvrabilité constatée, la perte correspondante peut alors être déduite. Conserver une trace précise de la date de l'impayé et de la date de constatation de l'irrécouvrabilité évite toute ambiguïté au moment de la déclaration.

Quelles charges sont déductibles, et lesquelles ne le sont pas ?

La déduction des charges réduit directement le revenu imposable : c'est la base de toute optimisation fiscale légale. Mais toutes les dépenses ne sont pas admissibles, et une frontière mal tracée expose à un redressement de l'administration fiscale.

Charges déductibles

Poste de chargeContenu
ImpôtsTaxe foncière, taxe de planification urbaine, droit de mutation, droits de timbre (l'impôt sur le revenu et la taxe locale ne sont pas déductibles)
AssurancesAssurance incendie, assurance tremblement de terre et autres polices
Frais de gestion déléguéeHonoraires de l'agence de gestion (environ 5 % du loyer en moyenne)
Honoraires professionnelsHonoraires versés à un fiscaliste (zeirishi) ou à un officier public habilité (shihō-shoshi)
AmortissementRéparti sur la durée légale d'utilisation : 22 ans pour l'ossature bois, 34 ans pour l'ossature acier, 47 ans pour le béton armé
Frais de réparationRemplacement des revêtements muraux, réparations d'équipements, frais de nettoyage, provisions pour grosses réparations, remise en état à la sortie du locataire
Frais de publicitéFrais engagés pour trouver de nouveaux locataires
Intérêts d'empruntIntérêts et frais de dossier du prêt (hors capital)
AutresFrais de déplacement liés à la gestion ou aux visites du bien, ouvrages professionnels sur l'immobilier

Charges non déductibles

  • La part de capital remboursée sur l'emprunt (seule la part d'intérêts est déductible)
  • L'impôt sur le revenu et la taxe locale (jūminzei)
  • Les dépenses de vie courante liées à la résidence personnelle
  • Les frais de formation ou de certification sans lien direct avec l'acquisition du bien

L'erreur la plus courante concerne précisément le remboursement du prêt. Considérer l'intégralité de la mensualité comme une charge conduit à sous-évaluer le revenu immobilier imposable. Il est indispensable de se procurer le tableau d'amortissement du prêt et de séparer la part de capital de la part d'intérêts.

Comment se calcule l'impôt sur les revenus locatifs ?

Calcul de l'impôt sur le revenu

L'impôt sur le revenu se calcule en trois étapes.

  1. Revenu immobilier imposable = loyers perçus − charges déductibles
  2. Revenu imposable global = revenu immobilier + autres revenus − abattements divers
  3. Impôt sur le revenu = revenu imposable × taux − montant de la déduction du barème

Le taux augmente par paliers à mesure que le revenu imposable progresse : c'est un barème progressif par tranches, un mécanisme proche dans son principe du barème progressif français, mais avec des tranches et des taux propres au droit japonais. Voici les principales tranches.

Revenu imposableTaux
Jusqu'à 1 950 000 yens5 %
Jusqu'à 3 300 000 yens10 %
Jusqu'à 6 950 000 yens20 %
Au-delà de 40 000 000 yens45 %

Soit environ 12 090 EUR, 20 460 EUR, 43 090 EUR et 248 000 EUR respectivement, selon un taux de change approximatif d'août 2026. Les tranches intermédiaires et les montants de déduction associés à chacune figurent dans le barème simplifié publié par l'Agence nationale des impôts (Kokuzeichō, 国税庁, l'administration fiscale nationale japonaise, équivalente à la Direction générale des Finances publiques). Les principaux abattements incluent l'abattement de base, la déduction des cotisations sociales, la déduction pour frais médicaux, la déduction pour conjoint, la déduction pour personnes à charge, ainsi que l'abattement spécial de la déclaration bleue (jusqu'à 650 000 yens, soit environ 4 030 EUR). Ces montants évoluant au gré des réformes fiscales, il est indispensable de vérifier les chiffres les plus récents sur le site de l'Agence nationale des impôts pour l'année de déclaration concernée.

Calcul de la taxe locale (jūminzei)

La taxe locale représente environ 10 % du revenu imposable. Pour un revenu imposable de 6 000 000 yens (environ 37 200 EUR), la taxe locale s'élève à environ 600 000 yens (environ 3 720 EUR). Contrairement à l'impôt sur le revenu, cette taxe reste due même lorsque le revenu est inférieur à 200 000 yens : c'est le point de bascule le plus souvent mal compris par les investisseurs étrangers.

Pour une vision d'ensemble de ce qui reste réellement disponible une fois tous les prélèvements effectués, notre article Comprendre le mécanisme de l'investissement locatif et du revenu foncier au Japon détaille le cheminement complet des chiffres.

Quand la déclaration de revenus est-elle obligatoire ?

Le critère déterminant n'est pas le "revenu perçu", mais le "revenu imposable". Un propriétaire dont les loyers annuels atteignent 1 000 000 yens (environ 6 200 EUR), mais dont les charges déductibles s'élèvent à 850 000 yens (environ 5 270 EUR), n'a qu'un revenu immobilier imposable de 150 000 yens (environ 930 EUR) — un salarié n'a alors aucune obligation de déclaration au titre de l'impôt sur le revenu.

Cas où la déclaration est obligatoire

  • Le salarié dont le revenu immobilier imposable dépasse 200 000 yens (environ 1 240 EUR) par an
  • Le travailleur indépendant ou freelance percevant un revenu immobilier
  • Le propriétaire percevant des loyers de plusieurs biens

Cas où la déclaration n'est pas obligatoire, mais reste avantageuse

  • Le salarié dont le revenu immobilier imposable annuel est inférieur ou égal à 200 000 yens (la déclaration de la taxe locale reste néanmoins nécessaire séparément)
  • Le cas où le revenu immobilier, après déduction des charges, devient négatif

C'est précisément en cas de déficit que la déclaration prend tout son sens : le mécanisme de "compensation des pertes et profits" (son'eki tsūsan, 損益通算, un dispositif japonais permettant de compenser un déficit immobilier avec un revenu salarial, sans équivalent exact dans le régime français des revenus fonciers), permet de compenser le déficit immobilier avec le revenu salarial et d'obtenir le remboursement d'un trop-perçu d'impôt. Ce mécanisme est particulièrement utile l'année d'une grosse rénovation, ou lorsque plusieurs remises en état se cumulent après un changement de locataires. Sous le régime de la déclaration bleue, le déficit non compensé peut en outre être reporté sur les trois années suivantes.

Déclaration bleue ou déclaration blanche : quel régime choisir ?

Grâce à l'abattement spécial et au report des déficits, le régime de la déclaration bleue (aoiro shinkoku, 青色申告) est le plus avantageux. Il impose une comptabilité en partie double, mais un logiciel comptable réduit considérablement la charge de saisie. La déclaration blanche (shiroiro shinkoku, 白色申告, le régime simplifié japonais qui ne requiert pas de comptabilité en partie double) reste néanmoins une option pour qui ne souhaite pas s'engager dans ce formalisme, un choix qui n'a pas d'équivalent structurel exact dans le système déclaratif français.

ÉlémentDéclaration bleueDéclaration blanche
Abattement spécialJusqu'à 650 000 yensAucun
Méthode de comptabilitéComptabilité en partie doubleRegistre simplifié suffisant
Report des déficitsPossible sur 3 ansNon possible
Formalité préalableObligatoire (déclaration d'activité + demande d'agrément à la déclaration bleue)Non requise

Pour bénéficier de l'abattement maximal de 650 000 yens (environ 4 030 EUR), il faut atteindre le seuil dit "5 immeubles ou 10 logements" (5棟10室基準, go-tō jisshitsu kijun, le seuil japonais à partir duquel une activité locative est requalifiée en "échelle d'exploitation"). En deçà de ce seuil, un abattement de 100 000 yens (environ 620 EUR) reste toutefois accessible : même un propriétaire d'un seul lot en copropriété a donc intérêt à opter pour la déclaration bleue.

Quel est le déroulement de la déclaration et quels documents rassembler ?

La période de déclaration s'étend chaque année du 16 février au 15 mars. Elle porte sur les revenus de l'année civile précédente, selon les étapes suivantes.

  1. Récapituler les loyers perçus sur l'année : additionner le loyer mensuel, le reikin, les frais de renouvellement, les recettes de parking, etc.
  2. Récapituler les charges déductibles de l'année : rassembler, à partir des factures et justificatifs, toutes les dépenses éligibles sans en omettre aucune.
  3. Calculer le revenu immobilier imposable : soustraire les charges déductibles du loyer perçu.
  4. Établir les états financiers et le formulaire de déclaration : un relevé de recettes-dépenses pour la déclaration blanche, ou un état comptable complet pour la déclaration bleue, à reporter ensuite sur le formulaire de déclaration. Le portail de l'Agence nationale des impôts propose une saisie guidée poste par poste.
  5. Déposer les documents : par e-Tax (le système japonais de télédéclaration et télépaiement), par courrier, ou en se rendant au bureau des impôts. e-Tax permet un dépôt à toute heure, sans déplacement.

Le choix de la déclaration bleue suppose une démarche préalable, avant même d'entrer dans ce processus annuel. Il faut déposer la demande d'agrément à la déclaration bleue dans les deux mois suivant le début de l'activité locative. Passé ce délai, la première année sera automatiquement traitée sous le régime de la déclaration blanche.

Documents nécessaires et où se les procurer

Pour éviter la précipitation de dernière minute, mieux vaut organiser sa collecte par source.

DocumentSource
Formulaire de déclarationBureau des impôts ou site de l'Agence nationale des impôts
Relevé de recettes-dépenses / état comptable de la déclaration bleueBureau des impôts ou site de l'Agence nationale des impôts
Attestation de retenue à la sourceEmployeur
Acte de vente du bien immobilierDéjà remis lors de l'acquisition
Avis de taxe foncièreEnvoyé par la municipalité
Tableau d'amortissement du prêtÉtablissement financier
Police d'assurance incendieCompagnie d'assurance

Les justificatifs, y compris les factures de charges, doivent être conservés pendant sept ans. Pour les biens dont nous assurons la gestion, les demandes concernant les documents de synthèse annuelle se multiplient dès février. Disposer d'un rapport de gestion mensuel directement exploitable pour la déclaration change radicalement la charge de travail à cette période. Pour repenser en profondeur l'organisation de sa gestion locative, notre article Construire une gestion locative sans contraintes au Japon apporte un éclairage complémentaire.

Que se passe-t-il en l'absence de déclaration ?

Lorsqu'une obligation de déclaration existe mais que la démarche n'a pas été effectuée, des pénalités s'ajoutent au montant d'impôt normalement dû.

  • Majoration pour défaut de déclaration (mushinkoku kasanzei, 無申告加算税) : une majoration de 15 à 20 % du montant dû est appliquée.
  • Majoration pour insuffisance de déclaration : appliquée lorsque le montant déclaré est inférieur à la réalité.
  • Intérêts de retard (entaizei, 延滞税) : calculés sur le nombre de jours écoulés entre la date limite et la date de paiement effectif ; plus la régularisation tarde, plus le montant augmente.
  • Majoration pour dissimulation intentionnelle (jūkasanzei, 重加算税) : lorsqu'une dissimulation délibérée est établie, la charge devient particulièrement lourde, entre 35 et 40 %.

Une déclaration rectificative déposée dès la découverte de l'omission permet d'arrêter la progression des intérêts de retard. Plus l'on tarde, plus la situation devient défavorable : agir rapidement allège toujours la charge finale.

Les points de vigilance pour une déclaration sans mauvaise surprise

  • La retenue à la source de l'employeur ne remplace pas la déclaration : même salarié, dès qu'il perçoit des loyers, le contribuable doit déposer une déclaration distincte de celle de son employeur.
  • Rassembler les documents en avance : les attestations de retenue à la source et divers relevés prennent du temps à être réédités. Vérifier ses documents dès janvier permet d'aborder la période sereinement.
  • Éviter de surévaluer les charges : des dépenses sans lien avec la gestion locative, ou des frais de déplacement et de représentation injustifiables, exposent à un contrôle. Une gestion rigoureuse des charges contribue aussi à maintenir la confiance des établissements financiers.
  • Vérifier les règles de gestion locative en parallèle : les décisions relatives à la remise en état ou à la révision du loyer ont également une incidence fiscale. Notre article Le cadre réglementaire de la gestion locative au Japon permet de mieux justifier ses charges déductibles.

Vers qui se tourner en cas de difficulté

Ne pas rester seul face à ces questions constitue, en pratique, la meilleure optimisation fiscale possible. Trois interlocuteurs sont à privilégier.

  • Le guichet de conseil du bureau des impôts : consultation gratuite, avec un accompagnement sur le remplissage du formulaire.
  • Le fiscaliste (zeirishi) : recommandé dès que la gestion de plusieurs biens ou une stratégie d'optimisation complexe entre en jeu.
  • Les logiciels de déclaration : un simple guidage à l'écran suffit à générer le formulaire ; ces outils sont particulièrement adaptés à la comptabilité en partie double exigée par la déclaration bleue.

En résumé

L'impôt sur les revenus locatifs au Japon s'articule principalement autour de l'impôt sur le revenu et de la taxe locale (jūminzei), mais doit être appréhendé globalement avec la taxe sur la consommation et la taxe foncière. Ce qui est imposé n'est jamais le montant total des loyers, mais le revenu immobilier une fois les charges déductibles soustraites. Bien distinguer les charges déductibles des charges non déductibles, remplir les conditions de la déclaration bleue, et déclarer dans les délais : ces trois réflexes suffisent à changer sensiblement ce qui reste réellement disponible pour le propriétaire. La fiscalité japonaise évoluant régulièrement, les taux et montants de déduction doivent toujours être vérifiés sur le site de l'Agence nationale des impôts pour l'année de déclaration concernée. En cas de doute, n'hésitez pas à consulter un fiscaliste japonais ou à contacter INA&Associates : pour un investisseur francophone détenant un bien au Japon, s'appuyer sur un interlocuteur local qui maîtrise à la fois la langue et les usages administratifs fait souvent toute la différence.

Questions fréquentes (FAQ)

Une déclaration est-elle nécessaire si le revenu locatif est inférieur à 200 000 yens ?

Pour un salarié, la déclaration de l'impôt sur le revenu n'est pas obligatoire, mais la déclaration de la taxe locale (jūminzei) reste requise. De plus, en cas de déficit, le mécanisme de compensation des pertes et profits permet de le compenser avec le revenu salarial et d'obtenir un remboursement : il est donc souvent avantageux de déclarer malgré tout.

Une déclaration est-elle nécessaire pour un seul lot en copropriété ?

Cela peut être le cas. Le critère n'est pas le nombre de lots détenus, mais le montant : pour un salarié, tout dépend de savoir si le revenu immobilier imposable dépasse 200 000 yens par an. En dessous de ce seuil, la déclaration de la taxe locale reste néanmoins nécessaire séparément.

Quelles charges ne sont pas déductibles des revenus locatifs ?

La part de capital remboursée sur l'emprunt, l'impôt sur le revenu, la taxe locale, ainsi que les dépenses de vie courante liées à la résidence personnelle ne sont pas déductibles. Les frais de certification sans lien avec la gestion locative, ou des frais de déplacement et de représentation excessifs, sont également susceptibles d'être remis en cause.

Faut-il choisir la déclaration bleue ou la déclaration blanche ?

La déclaration bleue est en principe la plus avantageuse. À partir du seuil de 5 immeubles ou 10 logements, elle ouvre droit à un abattement spécial pouvant atteindre 650 000 yens et à un report des déficits sur trois ans. Même à petite échelle, un abattement de 100 000 yens reste accessible, ce qui justifie de déposer la demande d'agrément en amont.

Daisuke Inazawa, President & CEO of INA&Associates Inc.

Auteur

Président-directeur généralINA&Associates Inc.

Président-directeur général d'INA&Associates Inc. Dirige le courtage immobilier, la location et la gestion de biens dans le Grand Tokyo et la région du Kansai. Spécialisé dans la stratégie d'investissement en immobilier de rendement et le conseil aux grandes fortunes.

Daisuke Inazawa est le président-directeur général d'INA&Associates Inc., une société immobilière japonaise dont le siège se trouve à Osaka et qui dispose d'une succursale à Tokyo. Il dirige les trois activités fondamentales du groupe — courtage en vente immobilière, location et gestion de biens — dans le Grand Tokyo et la région du Kansai.

Ses domaines d'expertise recouvrent la stratégie d'investissement en immobilier de rendement, l'optimisation de la rentabilité des opérations locatives, le conseil immobilier destiné aux grandes fortunes (UHNWI) et aux investisseurs institutionnels, ainsi que l'investissement immobilier transfrontalier. Il fournit un conseil de long terme, fondé sur les données, à une clientèle d'investisseurs au Japon comme à l'étranger.

Sous la devise « l'actif le plus précieux d'une entreprise, ce sont ses hommes », il positionne INA&Associates comme une « entreprise d'investissement dans le capital humain » et s'engage à créer une valeur d'entreprise durable par le développement des talents. En tant que dirigeant, il s'exprime également sur le leadership et la culture organisationnelle en période de changement.

Il a obtenu onze qualifications professionnelles japonaises : courtier immobilier agréé (Takken), Master agréé en conseil immobilier, gestionnaire agréé de copropriétés, superviseur agréé de gestion d'immeubles, professionnel certifié de gestion locative, gyōseishoshi (juriste administratif), responsable certifié de la protection des données personnelles, responsable de prévention incendie de classe A, spécialiste certifié de l'immobilier vendu aux enchères, ingénieur de maintenance de copropriétés, et superviseur agréé des opérations de crédit.

  • Courtier immobilier agréé (Takken)
  • Master agréé en conseil immobilier
  • Gestionnaire agréé de copropriétés
  • Superviseur agréé de gestion d'immeubles
  • Professionnel certifié de gestion locative
  • Gyōseishoshi (juriste administratif)
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