Skip to content
Real Estate Intelligence
FinanceCOLUMN

Succession immobilière au Japon : shihō shoshi, zeirishi ou bengoshi, qui consulter ?

Au Japon, même les familles sans patrimoine exceptionnel connaissent des conflits de succession immobilière. Ce guide explique le rôle du shihō shoshi, du zeirishi et du bengoshi, les tarifs indicatifs en euros et l'obligation d'enregistrement des successions en vigueur depuis 2024.

Dernière mise à jour: Lecture d'environ 3 min

Contrairement à un héritage en numéraire ou en valeurs mobilières, la succession d'un bien immobilier au Japon (不動産相続, fudōsan sōzoku) ne se résume jamais à un simple partage : il faut évaluer le bien, transférer officiellement le titre de propriété (名義変更, meigi henkō) et déposer une déclaration fiscale — trois démarches distinctes qui, contrairement au système français où le notaire constitue un guichet unique obligatoire, ne passent pas nécessairement par un seul et même professionnel au Japon. Avec le vieillissement rapide de la société japonaise, le nombre de successions augmente chaque année, et même des familles sans patrimoine exceptionnel se retrouvent aujourd'hui exposées au risque de « sōzoku arasoi » (相続争い), une bataille de succession entre héritiers.

Pourquoi les successions immobilières donnent-elles lieu à autant de conflits au Japon ?

Ce qui rend la succession immobilière si conflictuelle tient à l'association de deux facteurs : la difficulté objective du partage et la charge émotionnelle qui l'accompagne. Plus le nombre d'héritiers augmente, plus le risque de désaccord grandit. Il n'est pas rare qu'un héritier jusque-là inconnu se manifeste après le décès, ou qu'un enfant ayant assumé les soins d'un parent âgé revendique une part plus importante au nom de cet investissement personnel. L'idée reçue selon laquelle « notre famille n'est pas assez fortunée pour que cela pose problème » est une erreur : ce sont en réalité les familles au patrimoine modeste, composé pour l'essentiel d'un bien immobilier peu liquide, qui connaissent le plus de tensions, faute de liquidités faciles à répartir à parts égales. En France, le mécanisme de l'indivision successorale organise juridiquement cette copropriété temporaire entre héritiers ; au Japon, en l'absence d'un cadre équivalent aussi structuré en amont, c'est la négociation directe entre héritiers — le 遺産分割協議 (isan bunkatsu kyōgi, littéralement « conférence de partage des biens successoraux ») — qui doit aboutir à un accord unanime, ce qui explique la fréquence des blocages.

Pourquoi consulter un professionnel est-il indispensable en cas de succession immobilière ?

La succession immobilière relève simultanément du droit, de la fiscalité et de l'enregistrement foncier — trois domaines qu'une seule et même personne maîtrise rarement. Se fier à sa propre expérience ou à des connaissances juridiques dépassées expose à des erreurs de jugement coûteuses. Contrairement à l'intuition selon laquelle « ce qui a fonctionné pour la succession précédente fonctionnera à nouveau », la loi japonaise sur les successions est révisée fréquemment : une expérience familiale vieille de dix ou vingt ans peut se révéler totalement inadaptée à la situation actuelle. C'est une différence structurelle marquante avec le système français : là où le notaire couvre à lui seul l'essentiel du processus successoral, aucune profession japonaise ne joue ce rôle unique, ce qui fait du choix du ou des bons interlocuteurs une décision stratégique à part entière pour un héritier — y compris pour un héritier résidant à l'étranger.

Le point d'entrée pour une succession immobilière au Japon : quel professionnel choisir ?

Shihō shoshi (司法書士, scribe judiciaire spécialisé dans l'enregistrement) : l'expert du changement de nom et des démarches d'enregistrement

Le shihō shoshi détient le pouvoir de représenter les héritiers dans les démarches d'enregistrement immobilier (登記, tōki) : transfert de la propriété, vérification (検認, kennin) d'un testament olographe, et changement de nom du titulaire au registre foncier. Il n'a en revanche pas compétence pour arbitrer un conflit entre héritiers, ce qui en fait l'interlocuteur adapté lorsque la succession se déroule sans litige. Ce rôle rappelle en partie celui du notaire français pour la publicité foncière, à ceci près qu'au Japon il ne s'agit ni d'un officier public ni d'un passage obligé : les démarches peuvent en théorie être effectuées seul, mais leur technicité rend le recours à un shihō shoshi largement recommandé.

Zeirishi (税理士, expert-comptable fiscaliste japonais) : l'expert de la déclaration et de l'évaluation pour l'impôt sur les successions

Le zeirishi intervient pour l'évaluation du bien immobilier, la rédaction du procès-verbal de partage (遺産分割協議書, isan bunkatsu kyōgisho) et, surtout, la déclaration de l'impôt sur les successions (相続税, sōzokuzei) lorsque celle-ci est requise. Le montant final de l'impôt dû peut varier sensiblement selon le professionnel choisi, tant l'évaluation d'un bien immobilier japonais laisse de marge d'appréciation légale ; il est donc essentiel de choisir un zeirishi disposant d'une expérience solide et récente en matière de succession. Pour un lecteur habitué au système français, où le barème est appliqué de façon plus normée par le notaire, cette variabilité liée au choix du professionnel peut surprendre — elle reste pourtant une réalité admise du système fiscal japonais.

Bengoshi (弁護士, avocat) : l'expert de la résolution des conflits entre héritiers

Dès qu'un héritier refuse de dialoguer ou se montre non coopératif, le recours à un bengoshi devient indispensable pour engager une médiation (調停, chōtei) devant le tribunal familial, voire une procédure judiciaire (審判, shinpan). Le bengoshi peut également rédiger le procès-verbal de partage, mais ses honoraires sont généralement plus élevés que ceux d'un shihō shoshi ou d'un zeirishi — un écart de coût à mettre en balance, dès le départ, avec la gravité réelle du désaccord familial.

Quel est le tarif indicatif d'une consultation ?

  • Shihō shoshi et zeirishi : pour une simple consultation, comptez environ 5 000 ¥ de l'heure (env. 29 €, taux indicatif 170 ¥/€)
  • Bengoshi : comptez environ 10 000 ¥ de l'heure (env. 59 €, taux indicatif 170 ¥/€)
  • Consultations gratuites des municipalités : utiles pour un premier repérage, mais limitées dans le temps et peu adaptées à un dossier complexe

Au-delà de ces honoraires de consultation, l'enregistrement de la succession entraîne des droits d'enregistrement (登録免許税, tōroku menkyozei), et la déclaration fiscale génère ses propres frais annexes. Une fois la succession réglée, l'héritier doit également s'acquitter chaque année de la taxe foncière (固定資産税, kotei shisanzei), puis, en cas de revente ultérieure du bien, de l'impôt sur le revenu (所得税, shotokuzei) applicable à la plus-value. Un lecteur habitué au système français, où les droits de succession sont calculés et prélevés en une seule fois par le notaire, doit donc anticiper cette accumulation de charges récurrentes propre au marché immobilier japonais.

FAQ : questions fréquentes sur les interlocuteurs de la succession immobilière au Japon

Q. Faut-il consulter un professionnel même en l'absence de conflit entre héritiers ?
A. Oui. En raison de la complexité des démarches et de la fréquence des réformes légales japonaises, il est recommandé de consulter un shihō shoshi ou un zeirishi même lorsque la succession se déroule sans litige — une précaution que le système français, plus centralisé autour du notaire, rend moins indispensable.
Q. Comment savoir si l'impôt sur les successions est dû ?
A. Une déclaration est obligatoire dès lors que l'actif successoral total dépasse l'abattement de base, calculé ainsi : 30 000 000 ¥ (env. 176 000 €, taux indicatif 170 ¥/€) + 6 000 000 ¥ (env. 35 000 €) × nombre d'héritiers légaux. L'évaluation du bien immobilier doit impérativement être vérifiée par un zeirishi, car elle conditionne directement ce calcul.
Q. Que faire si l'un des héritiers refuse de coopérer ?
A. La médiation puis, si nécessaire, la procédure judiciaire par l'intermédiaire d'un bengoshi restent la voie la plus sûre pour parvenir à une résolution.
Q. Avant quelle échéance le changement de nom du titulaire d'un bien immobilier doit-il être effectué ?
A. Depuis avril 2024, l'enregistrement de la succession (相続登記, sōzoku tōki) est devenu obligatoire au Japon, avec un délai de dépôt de trois ans à compter de la date à laquelle l'héritier a eu connaissance de la succession — une différence notable avec la pratique française, où le changement de titulaire, bien que fortement recommandé, n'est pas assorti d'une obligation légale strictement équivalente.
Daisuke Inazawa, President & CEO of INA&Associates Inc.

Auteur

Président-directeur généralINA&Associates Inc.

Président-directeur général d'INA&Associates Inc. Dirige le courtage immobilier, la location et la gestion de biens dans le Grand Tokyo et la région du Kansai. Spécialisé dans la stratégie d'investissement en immobilier de rendement et le conseil aux grandes fortunes.

Daisuke Inazawa est le président-directeur général d'INA&Associates Inc., une société immobilière japonaise dont le siège se trouve à Osaka et qui dispose d'une succursale à Tokyo. Il dirige les trois activités fondamentales du groupe — courtage en vente immobilière, location et gestion de biens — dans le Grand Tokyo et la région du Kansai.

Ses domaines d'expertise recouvrent la stratégie d'investissement en immobilier de rendement, l'optimisation de la rentabilité des opérations locatives, le conseil immobilier destiné aux grandes fortunes (UHNWI) et aux investisseurs institutionnels, ainsi que l'investissement immobilier transfrontalier. Il fournit un conseil de long terme, fondé sur les données, à une clientèle d'investisseurs au Japon comme à l'étranger.

Sous la devise « l'actif le plus précieux d'une entreprise, ce sont ses hommes », il positionne INA&Associates comme une « entreprise d'investissement dans le capital humain » et s'engage à créer une valeur d'entreprise durable par le développement des talents. En tant que dirigeant, il s'exprime également sur le leadership et la culture organisationnelle en période de changement.

Il a obtenu onze qualifications professionnelles japonaises : courtier immobilier agréé (Takken), Master agréé en conseil immobilier, gestionnaire agréé de copropriétés, superviseur agréé de gestion d'immeubles, professionnel certifié de gestion locative, gyōseishoshi (juriste administratif), responsable certifié de la protection des données personnelles, responsable de prévention incendie de classe A, spécialiste certifié de l'immobilier vendu aux enchères, ingénieur de maintenance de copropriétés, et superviseur agréé des opérations de crédit.

  • Courtier immobilier agréé (Takken)
  • Master agréé en conseil immobilier
  • Gestionnaire agréé de copropriétés
  • Superviseur agréé de gestion d'immeubles
  • Professionnel certifié de gestion locative
  • Gyōseishoshi (juriste administratif)
  • Responsable certifié de la protection des données personnelles
  • Responsable de prévention incendie de classe A
  • Spécialiste certifié de l'immobilier aux enchères
  • Ingénieur de maintenance de copropriétés
  • Superviseur agréé des opérations de crédit