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L'assurance tremblement de terre est-elle nécessaire ? Fonctionnement, primes et procédure de déclaration

Faut-il souscrire une assurance tremblement de terre au Japon ? Découvrez le fonctionnement de cette assurance, comment les primes sont calculées et comment effectuer une déclaration en cas de sinistre.

Dernière mise à jour: Lecture d'environ 6 min

On dit souvent du Japon qu'il est un pays de séismes, tant les tremblements de terre dévastateurs y sont fréquents. Le séisme de la péninsule de Noto, dans la préfecture d'Ishikawa (intensité maximale de 7 sur l'échelle japonaise), ou le grand séisme de l'est du Japon en 2011, restent des exemples marquants encore présents dans les mémoires.

Face à des séismes dont on ne peut jamais prévoir le moment, cet article explique de façon claire le fonctionnement de l'assurance tremblement de terre japonaise, la procédure d'indemnisation et la manière de bien choisir son contrat. Les personnes vivant en location y trouveront également un intérêt réel à souscrire une telle couverture ; n'hésitez pas à vous y référer. Il faut préciser d'emblée, pour un lecteur francophone, que ce dispositif japonais n'a pas d'équivalent direct en France : le régime français des catastrophes naturelles, dit « CatNat », repose sur un mécanisme de garantie obligatoire intégrée aux contrats d'assurance habitation, avec intervention de l'État en réassurance, alors que l'assurance tremblement de terre japonaise est un produit facultatif, distinct, cogéré par l'État et les assureurs privés selon des règles très spécifiques.

Qu'est-ce que l'assurance tremblement de terre au juste ?

L'assurance tremblement de terre est une assurance qui indemnise les dommages subis par un bâtiment ou par les biens mobiliers du foyer à la suite d'un séisme, d'une éruption volcanique ou d'un tsunami. Même un bâtiment à structure parasismique ou antisismique peut subir des dommages provoqués par un incendie consécutif à un séisme.

De nombreux contrats d'assurance incendie japonais excluent de leur couverture les incendies ou les dommages causés par un séisme, une éruption volcanique ou un tsunami : souscrire une assurance tremblement de terre revêt donc une importance considérable. Ce point constitue une différence majeure avec le régime CatNat français, où l'indemnisation des catastrophes naturelles, séismes compris, est intégrée de plein droit au contrat multirisque habitation dès lors que l'état de catastrophe naturelle est reconnu par arrêté interministériel.

Quelle est la différence entre l'assurance tremblement de terre et l'assurance incendie ?

L'assurance tremblement de terre et l'assurance incendie diffèrent par leur mode de tarification, leur contenu de garantie et leur traitement fiscal.

La différence de tarification

La prime de l'assurance incendie peut être fixée librement par chaque assureur, tandis que celle de l'assurance tremblement de terre est uniformisée, ce produit étant cogéré par l'État et le secteur privé. Il est donc inutile de comparer les tarifs d'un assureur à l'autre pour ce type de garantie. Le régime CatNat français fonctionne sur un principe assez proche pour la part « catastrophe naturelle » : la surprime CatNat est fixée par l'État à un taux uniforme, applicable à tous les contrats d'assurance habitation, ce qui rend là aussi toute comparaison entre assureurs sans objet sur ce point précis.

La différence de garantie

L'assurance incendie couvre les dommages liés à l'incendie et, plus largement, à l'ensemble des catastrophes naturelles, tandis que l'assurance tremblement de terre se concentre spécifiquement sur les dommages causés par un séisme, une éruption volcanique ou un tsunami. Elle ne couvre que le bâtiment d'habitation et les biens mobiliers du foyer, et n'inclut pas, contrairement à l'assurance incendie, le vol ou la foudre pris isolément.

La déductibilité fiscale

L'assurance tremblement de terre ouvre droit à une déduction de revenu, alors que l'assurance incendie n'y donne plus droit depuis 2007. En France, la logique est différente puisque la cotisation d'assurance habitation, surprime CatNat comprise, n'est pas déductible du revenu imposable pour un particulier occupant son logement.

Comment est déterminée la prime de l'assurance tremblement de terre ?

La prime de l'assurance tremblement de terre dépend de quatre éléments : la structure du bâtiment, sa performance antisismique, sa localisation et la durée du contrat.

La structure du bâtiment

Les bâtiments sont classés en « structure I » (béton armé, charpente métallique, etc.) et « structure II » (structure bois, etc.), la structure I bénéficiant d'une prime plus avantageuse.

La performance antisismique du bâtiment

Des réductions de prime existent selon le niveau de performance antisismique : réduction pour bâtiment à structure parasismique (50 %), réduction selon le grade de résistance sismique (10 à 50 %), réduction pour diagnostic antisismique (10 %) et réduction selon l'année de construction (10 %). Ces réductions ne sont toutefois pas cumulables entre elles.

La localisation du bâtiment

Le taux de prime est fixé préfecture par préfecture, sur la base de données telles que les cartes de prévision des mouvements sismiques. Les préfectures situées sur le littoral du Pacifique ont tendance à supporter des taux plus élevés. Le régime CatNat français, à l'inverse, applique un taux national uniforme quelle que soit la zone d'habitation, la sinistralité locale n'étant pas répercutée sur la prime individuelle.

La durée du contrat

La durée maximale d'un contrat d'assurance tremblement de terre est de cinq ans. Un contrat de deux ans ou plus bénéficie d'une réduction liée à un coefficient de longue durée, la réduction étant d'autant plus importante que la durée du contrat est longue. Le paiement en une seule fois permet une économie supplémentaire.

Faut-il souscrire une assurance tremblement de terre même en tant que locataire ?

En résumé, la souscription d'une assurance tremblement de terre est vivement recommandée, même pour les personnes vivant en location. Voici trois raisons qui l'expliquent.

Le Japon est un pays fréquemment touché par les séismes

Un séisme d'intensité 5 ou plus sur l'échelle japonaise entraîne un risque élevé de destruction totale ou partielle d'un bâtiment, et de nombreux cas sont classés en dommage partiel. Le fait d'être locataire n'offre aucune garantie que le logement résistera sans dommage.

Les frais de réparation ou de rachat des biens mobiliers peuvent devenir très élevés

Lors du grand séisme de l'est du Japon, environ la moitié des personnes ayant sollicité le dispositif public d'aide à la reconstruction de la vie quotidienne des sinistrés ont dépensé plus de 500 000 yens pour racheter meubles, appareils électroménagers et literie.

La charge financière est lourde en cas d'impossibilité de continuer à habiter le logement

Frais de déménagement, frais d'installation dans un nouveau logement, nuitées d'hôtel : les dépenses liées à l'impossibilité de continuer à habiter son logement actuel peuvent être très importantes. C'est précisément lorsque l'on dispose de peu de marge financière qu'il convient de s'en prémunir grâce à l'assurance tremblement de terre.

Comment bénéficier de la déduction liée à l'assurance tremblement de terre ?

Le paiement d'une prime d'assurance tremblement de terre ouvre droit à une déduction de revenu.

Les conditions de la déduction

Ouvre droit à la déduction le contrat d'assurance tremblement de terre portant sur un bâtiment d'habitation ou des biens mobiliers appartenant au souscripteur lui-même, à son conjoint ou à un membre de sa famille, et affectés à l'habitation. Les résidences secondaires et les logements vacants ne sont pas concernés, mais un immeuble à usage mixte commerce-habitation peut bénéficier de la déduction intégrale si la surface d'habitation représente 90 % ou plus du total.

Le montant de la déduction

Au titre de l'impôt sur le revenu, la prime annuelle est déductible en totalité jusqu'à 50 000 yens, et de manière forfaitaire à hauteur de 50 000 yens au-delà. Au titre de la taxe d'habitation locale, la déduction est de la moitié du montant versé jusqu'à 50 000 yens, et forfaitaire à hauteur de 25 000 yens au-delà.

La procédure de demande

Un salarié peut effectuer cette démarche dans le cadre de la régularisation annuelle de fin d'année réalisée par son employeur. Il doit remettre à son employeur l'attestation de paiement de la prime d'assurance tremblement de terre envoyée par l'assureur, et renseigner la rubrique correspondante des documents de régularisation. Les chefs d'entreprise et les travailleurs indépendants doivent, quant à eux, effectuer une déclaration de revenus.

Selon quel déroulement demande-t-on l'indemnisation de l'assurance tremblement de terre ?

La demande d'indemnisation au titre de l'assurance tremblement de terre se déroule en cinq étapes, de la constatation des dommages jusqu'au versement de l'indemnité.

1. Constatation des dommages et de la situation

Il s'agit de constater l'état des dommages subis par le bâtiment et les biens mobiliers. Cette constatation doit se faire une fois la sécurité vérifiée, et il est important de photographier les dégâts sous plusieurs angles avant tout rangement ou nettoyage.

2. Contact avec l'assureur

Il faut contacter l'assureur auprès duquel le contrat a été souscrit, et lui indiquer la date du séisme ainsi que l'état des dommages. Si la ligne téléphonique est difficile à joindre, il est possible d'effectuer la démarche via le site internet de l'assureur. Le délai pour demander l'indemnisation est de trois ans.

3. Visite de constatation sur place

Un expert mandaté par l'assureur se rend sur place pour constater l'état des dommages. Sa présence nécessitant que le sinistré soit également présent, il convient de s'organiser en conséquence. Noter par écrit le détail des dommages permet d'éviter d'oublier des éléments importants lors de l'échange avec l'expert.

4. Évaluation et confirmation du montant de l'indemnité

Sur la base du rapport d'expertise, l'assureur notifie l'une des quatre catégories de dommage suivantes : « perte totale », « perte majeure », « perte partielle importante » ou « perte partielle légère ». Le taux d'indemnisation correspondant est de 100 % pour la perte totale, 60 % pour la perte majeure, 30 % pour la perte partielle importante et 5 % pour la perte partielle légère. En cas de désaccord avec le résultat, il est possible de demander une nouvelle expertise en apportant des éléments de preuve concrets.

5. Versement de l'indemnité

Une fois les documents nécessaires et la demande d'indemnisation déposés, le versement intervient en principe sous 30 jours. En cas de catastrophe de grande ampleur, ce délai peut être plus long.

Quels points faut-il surveiller au moment de demander l'indemnisation de l'assurance tremblement de terre ?

Pour percevoir l'indemnité dans de bonnes conditions, il convient de garder à l'esprit les points suivants.

Comprendre le plafond du montant assuré

L'assurance tremblement de terre est fixée dans une fourchette de 30 à 50 % du montant assuré au titre de l'assurance incendie, avec un plafond de 50 millions de yens pour le bâtiment et de 10 millions de yens pour les biens mobiliers. Cette assurance ayant pour objectif de stabiliser la vie quotidienne des sinistrés, elle n'a pas vocation à couvrir l'intégralité du dommage.

Conserver des photographies des biens mobiliers

Il est indispensable de photographier les biens mobiliers endommagés avant de les ranger ou de les jeter. Ces photographies constituent une preuve essentielle au moment de la demande d'indemnisation.

Ne pas jeter ni démonter les biens de sa propre initiative

Il convient de conserver en l'état les biens mobiliers endommagés jusqu'à la fin de l'expertise, l'expert pouvant avoir besoin d'examiner les objets eux-mêmes.

Faire part de son désaccord en cas d'insatisfaction concernant l'expertise

Si le résultat de l'expertise ne semble pas satisfaisant, il est possible de demander une nouvelle évaluation. Si la situation ne se règle toujours pas, il est également possible de s'adresser au centre de médiation des assurances dommages, le « Sonpo ADR Center », géré par l'Association japonaise des assureurs dommages.

Comment choisir son assurance incendie pour pouvoir souscrire une assurance tremblement de terre ?

L'assurance tremblement de terre ne peut pas être souscrite seule : elle doit obligatoirement être adossée à une assurance incendie. Voici les points à examiner pour bien choisir cette assurance incendie.

Toujours adosser l'assurance tremblement de terre

On souscrit une assurance tremblement de terre en l'adossant à une assurance incendie au moment de sa mise en place. L'assurance tremblement de terre étant cogérée avec l'État, son contenu de garantie ne varie pas d'un assureur à l'autre.

Vérifier l'étendue de la garantie

Si le contenu de l'assurance tremblement de terre est identique partout, l'étendue de garantie de l'assurance incendie varie en revanche d'un assureur à l'autre. Pour un logement locatif, il convient de vérifier si une garantie couvrant les dégâts des eaux et incidents similaires est incluse.

Choisir un montant assuré adapté à la valeur du bâtiment

L'indemnisation ne pouvant excéder le montant du dommage réellement subi, il convient de fixer un montant assuré cohérent avec la valeur estimée du bâtiment.

Adapter la durée du contrat et le mode de paiement

Un contrat de longue durée payé en une seule fois permet de réduire au maximum le montant de la prime. Cette approche est particulièrement efficace dans un contexte de hausse des tarifs de l'assurance incendie.

Quels sont les points de vigilance au moment de souscrire une assurance tremblement de terre ?

Ne pas bien comprendre le fonctionnement de l'assurance tremblement de terre peut créer des difficultés le moment venu.

Connaître la règle des 72 heures

Tout séisme survenant dans les 72 heures suivant un premier séisme est comptabilisé, quelle que soit son ampleur, comme un seul et même sinistre.

La reconnaissance de perte totale met fin au contrat

Lorsque le dommage est reconnu comme une perte totale et que l'indemnité est versée intégralement, le contrat d'assurance tremblement de terre prend fin. En cas de reconstruction du bâtiment, il faut souscrire un nouveau contrat. En dehors de la perte totale, le montant assuré ne diminue pas et le contrat se poursuit.

La reconnaissance de perte totale reste rare

D'après les données du grand séisme de l'est du Japon, les bâtiments reconnus en perte totale représentent 3,3 % des cas, contre 54,6 % pour la perte partielle légère, catégorie la plus fréquente. Il faut garder à l'esprit qu'il est difficile de couvrir l'intégralité des besoins liés à une catastrophe par la seule assurance tremblement de terre.

Pour un propriétaire bailleur, l'assurance constitue également une précaution importante. Mettre en place une gestion locative sans contrainte permet aussi de gérer plus sereinement la relation avec les locataires en cas de catastrophe.

Questions fréquentes (FAQ)

Peut-on souscrire une assurance tremblement de terre sans assurance incendie ?

Non, l'assurance tremblement de terre ne peut être souscrite qu'en complément d'une assurance incendie. Il est possible d'en demander l'adossement au moment de la souscription de l'assurance incendie, ou de l'ajouter en cours de contrat à une assurance incendie déjà en vigueur.

En location, faut-il assurer le bâtiment ou les biens mobiliers ?

Pour un logement locatif, le bâtiment appartenant au propriétaire bailleur, le locataire souscrit une assurance tremblement de terre portant uniquement sur ses biens mobiliers. Cette garantie couvre le mobilier, l'électroménager et les vêtements, et il est recommandé de la souscrire pour sa tranquillité d'esprit.

La prime de l'assurance tremblement de terre change-t-elle chaque année ?

La prime de l'assurance tremblement de terre peut être révisée tous les quelques années. Toutefois, pour un contrat de longue durée déjà souscrit, la prime reste inchangée pendant toute la durée du contrat. Souscrire un contrat de longue durée avant une révision peut donc, dans certains cas, s'avérer avantageux.

Faut-il déclarer aux impôts une indemnité d'assurance tremblement de terre perçue ?

L'indemnité d'assurance tremblement de terre est en principe non imposable. Aucune déclaration de revenus n'est nécessaire à ce titre, mais si le montant perçu dépasse le montant du dommage subi sur le bien, le traitement fiscal peut être différent : il est alors recommandé de se renseigner auprès du centre des impôts.

Daisuke Inazawa, President & CEO of INA&Associates Inc.

Auteur

Président-directeur généralINA&Associates Inc.

Président-directeur général d'INA&Associates Inc. Dirige le courtage immobilier, la location et la gestion de biens dans le Grand Tokyo et la région du Kansai. Spécialisé dans la stratégie d'investissement en immobilier de rendement et le conseil aux grandes fortunes.

Daisuke Inazawa est le président-directeur général d'INA&Associates Inc., une société immobilière japonaise dont le siège se trouve à Osaka et qui dispose d'une succursale à Tokyo. Il dirige les trois activités fondamentales du groupe — courtage en vente immobilière, location et gestion de biens — dans le Grand Tokyo et la région du Kansai.

Ses domaines d'expertise recouvrent la stratégie d'investissement en immobilier de rendement, l'optimisation de la rentabilité des opérations locatives, le conseil immobilier destiné aux grandes fortunes (UHNWI) et aux investisseurs institutionnels, ainsi que l'investissement immobilier transfrontalier. Il fournit un conseil de long terme, fondé sur les données, à une clientèle d'investisseurs au Japon comme à l'étranger.

Sous la devise « l'actif le plus précieux d'une entreprise, ce sont ses hommes », il positionne INA&Associates comme une « entreprise d'investissement dans le capital humain » et s'engage à créer une valeur d'entreprise durable par le développement des talents. En tant que dirigeant, il s'exprime également sur le leadership et la culture organisationnelle en période de changement.

Il a obtenu onze qualifications professionnelles japonaises : courtier immobilier agréé (Takken), Master agréé en conseil immobilier, gestionnaire agréé de copropriétés, superviseur agréé de gestion d'immeubles, professionnel certifié de gestion locative, gyōseishoshi (juriste administratif), responsable certifié de la protection des données personnelles, responsable de prévention incendie de classe A, spécialiste certifié de l'immobilier vendu aux enchères, ingénieur de maintenance de copropriétés, et superviseur agréé des opérations de crédit.

  • Courtier immobilier agréé (Takken)
  • Master agréé en conseil immobilier
  • Gestionnaire agréé de copropriétés
  • Superviseur agréé de gestion d'immeubles
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