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COLUMN

Le shikikin au Japon : comment récupérer son dépôt de garantie locatif et le coût réel de la remise en état

Combien du shikikin (敷金), le dépôt de garantie locatif japonais, est réellement restitué au départ ? Ce guide décrypte, du point de vue d'un gestionnaire actif au Japon, le coût de la remise en état, la répartition des charges, les réflexes pour se protéger (photos, état des lieux) et les recours en cas de désaccord.

Dernière mise à jour: Lecture d'environ 6 min

Au Japon, le départ d'un logement locatif s'accompagne souvent d'un différend autour du remboursement du shikikin (敷金), le dépôt de garantie versé au bailleur avant l'entrée dans les lieux — une notion sans équivalent direct dans la plupart des baux occidentaux, où le dépôt de garantie est en général unique et remboursable en totalité hors dommages constatés. « Je n'ai pas été remboursé autant que prévu » ou « on m'a facturé des frais de remise en état exorbitants » : ces plaintes, venues aussi bien des locataires que des bailleurs, restent fréquentes aujourd'hui encore. Dans la plupart des cas, elles proviennent d'une méconnaissance du système plutôt que d'un abus réel, et une bonne compréhension des règles permet de les prévenir. Cet article détaille, du point de vue d'un gestionnaire immobilier en activité au Japon, les fondamentaux du shikikin, l'ordre de grandeur du remboursement, la répartition des charges de remise en état, ainsi que les réflexes pratiques pour protéger la somme restituée.

Qu'est-ce que le shikikin, au juste ?

Le shikikin (敷金) est une somme d'argent que le locataire dépose auprès du bailleur avant son entrée dans les lieux, afin de garantir ses obligations financières issues du bail. Depuis la réforme du Code civil entrée en vigueur en 2020, il est explicitement défini comme « une somme remise par le locataire au bailleur, quel qu'en soit l'intitulé, dans le but de garantir toute dette pécuniaire du locataire résultant du bail, y compris les loyers impayés ». Au départ, le solde restant après déduction des loyers impayés et des frais de remise en état est restitué au locataire.

Le montant usuel correspond, pour un logement résidentiel, à un ou deux mois de loyer. Avec la généralisation des sociétés de garantie locative et la diffusion des directives du ministère de l'Aménagement du territoire, de l'Infrastructure, des Transports et du Tourisme (MLIT, 国土交通省), les biens dits « zéro-zéro » (ゼロゼロ物件), sans shikikin ni reikin (礼金, l'« argent de courtoisie » non remboursable versé au bailleur), se multiplient ces dernières années. Contrairement à ce qu'un investisseur habitué aux baux occidentaux pourrait supposer, l'absence de dépôt n'élimine pas les frais de sortie : elle ne fait que déplacer cette charge, qui reste due au moment de quitter le logement.

Shikikin, reikin, hoshōkin, shikibiki : quatre notions à ne pas confondre

Plusieurs types de sommes forfaitaires sont versés à l'entrée dans les lieux au Japon, et leur caractère remboursable ou non diffère radicalement. Les confondre est une source fréquente de litiges ; mieux vaut les distinguer avant de signer le contrat.

NomNatureRemboursement
Shikikin (敷金)Dépôt de garantie couvrant les dettes du locataireOui, en principe (solde après régularisation)
Reikin (礼金)Somme de courtoisie versée au bailleurNon
Hoshōkin (保証金)Dépôt utilisé notamment dans la région du KansaiGénéralement remboursé, hors shikibiki
Shikibiki (敷引き)Part non remboursable déduite du hoshōkinNon (montant fixé au contrat)

Dans la région du Kansai (autour d'Osaka et de Kyoto), le système « hoshōkin / shikibiki » est courant : une part fixe du dépôt est automatiquement retenue au départ, indépendamment de l'état réel du logement. Cette clause de shikibiki est en principe valable, mais plusieurs décisions de justice l'ont invalidée lorsque le montant retenu était jugé excessif au regard du loyer. Vérifiez donc, avant la signature, l'existence et le montant exact d'un éventuel shikibiki.

Quelle part du shikikin est réellement restituée ?

Le montant restitué se calcule simplement : shikikin déposé moins les frais imputables au locataire, loyers impayés compris. Voici un ordre de grandeur des principaux postes de remise en état (moyennes indicatives, variables selon la région et le prestataire) :

PosteCoût indicatif
Remplacement du papier peint (kabegami)Environ 6 à 9 € le mètre carré (1 000 à 1 500 ¥, au taux indicatif de 170 ¥/€)
Retournement des tatamis (tatami omote-gae)Environ 29 € par natte (5 000 ¥ environ)
Remplacement des cloisons coulissantes (fusuma)Environ 12 à 18 € par panneau (2 000 à 3 000 ¥)
Nettoyage professionnel complet du logementEnviron 88 à 177 € pour un studio (15 000 à 30 000 ¥)

Moisissures dues à une condensation négligée, dégâts ou odeurs causés par un animal, jaunissement lié au tabac, clé perdue ou cassée : ces dommages sont typiquement mis à la charge du locataire, et le montant en jeu peut être élevé. Lorsque les frais de remise en état dépassent le shikikin, un complément est réclamé au locataire. Il faut donc retenir que le shikikin n'est pas « de l'argent qui revient automatiquement », mais un capital de régularisation.

Bien comprendre la répartition des charges de remise en état (genjō-kaifuku)

La plupart des litiges liés au shikikin proviennent d'un désaccord sur l'étendue de la remise en état (genjō-kaifuku, 原状回復) due par le locataire. Les directives du MLIT intitulées « Trouble et directives concernant la remise en état » (原状回復をめぐるトラブルとガイドライン) clarifient ce partage et servent de référence de fait dans la pratique du secteur.

Ce qui reste à la charge du bailleur (ōya)

L'usure naturelle liée au temps, dite keinen-henka (経年変化) ou tsūjō-son'mō (通常損耗), incombe en principe au bailleur : marques de meubles, décoloration du papier peint due au soleil, petits trous d'épingle. Ces éléments sont considérés comme déjà compris dans le loyer, et le bailleur ne peut, en principe, en réclamer le coût au locataire.

Ce qui reste à la charge du locataire

Les dommages résultant d'une faute intentionnelle, d'une négligence ou d'un manquement à l'obligation de diligence raisonnable (zenkan-chūi-gimu, 善管注意義務) sont à la charge du locataire : tache d'une boisson renversée, éraflure profonde d'un déménagement, moisissure née d'une condensation négligée. Le critère qui sépare les deux catégories est simple : s'agit-il d'une usure survenue en vivant normalement dans le logement, ou d'un dommage causé par négligence ?

La prise en compte de la durée d'occupation

Les directives introduisent une logique de dépréciation dans le temps pour les matériaux comme le papier peint : plus la durée d'occupation est longue, plus la part à la charge du locataire diminue. Ainsi, même en cas de tache causée par négligence, une occupation longue limite la responsabilité à la valeur résiduelle du matériau, non à son coût de remplacement intégral — un mécanisme d'amortissement peu courant dans les baux occidentaux classiques, où la faute engage en général la totalité du coût de réparation.

Les réflexes pratiques pour maximiser le remboursement du shikikin

Photographier les dégradations existantes dès l'entrée dans les lieux

Conserver des photos datées des dégradations déjà présentes à l'entrée est la protection la plus efficace contre une facturation abusive au départ. Prenez ces photos avec votre smartphone en conservant la date de prise de vue. Vérifiez en particulier dès l'emménagement :

  • Entrée : état et fonctionnement de la porte, de la sonnette et de la boîte aux lettres
  • Cuisine : état du chauffe-eau, de la hotte aspirante et du robinet
  • Toilettes : débit d'eau, fuites éventuelles, état des équipements
  • Salle de bain : eau chaude, ventilation, douche, état de l'évacuation
  • Pièces de vie : rayures ou trous au sol, au plafond et sur les murs, moisissures, fonctionnement de l'éclairage et de la climatisation

Assister systématiquement à l'état des lieux de sortie (tachiai)

Ne pas assister au tachiai (立ち会い, l'état des lieux de sortie) expose à un risque réel : se voir imputer des dégradations inexistantes ou des frais imprévus. Apportez les photos prises à l'entrée et démontrez, preuves à l'appui, que telle marque existait déjà avant l'emménagement. Nettoyer le logement avant le départ améliore l'impression laissée sur le gestionnaire et peut réduire les frais facturés. Ne laissez jamais un désaccord se régler à l'oral seul : consignez-le par écrit ou par e-mail.

Vérifier les clauses particulières (tokuyaku) avant la signature

Il est fréquent que le contrat comporte des clauses particulières (tokuyaku jikō, 特約事項) mettant à la charge du locataire le retournement des tatamis, le remplacement des fusuma ou le nettoyage professionnel. Ces clauses sont en principe valables dès lors que leur contenu est clair et que le locataire y a consenti. Dans les logements acceptant les animaux, les dommages liés à l'animal restent généralement à la charge du locataire, de même que le jaunissement dû au tabac. Vérifiez donc soigneusement, à la signature, le contenu et le montant de chaque clause, et posez toute question en cas de doute.

Pour prévenir les litiges après le départ, il est indispensable, tant pour le bailleur que pour le locataire, de mettre en place un contrôle rigoureux avant l'entrée dans les lieux. Une entrée bien documentée réduit considérablement les litiges à la sortie.

Du préavis de départ à la restitution du shikikin : les étapes

La restitution du shikikin suit généralement la séquence suivante :

  1. Préavis de résiliation (généralement un mois avant le départ, selon le contrat)
  2. Fixation de la date de départ et déménagement
  3. État des lieux de sortie (tachiai) et vérification du logement
  4. Devis des frais de remise en état et présentation du décompte
  5. Régularisation sur le shikikin et restitution du solde

Le délai de restitution est généralement fixé par le contrat, avec un ordre de grandeur usuel d'environ un mois après le départ. Si le décompte présenté ne vous satisfait pas, demandez un détail écrit poste par poste.

Que faire en cas de désaccord sur le montant restitué ?

En cas de doute sur le décompte proposé, mieux vaut avancer étape par étape et garder son calme plutôt que d'entrer en conflit direct :

  • Demander d'abord au gestionnaire ou au bailleur un décompte détaillé et en discuter directement
  • Vérifier la répartition des charges au regard des directives du MLIT
  • En l'absence de solution, consulter le Centre national de la consommation (国民生活センター) ou un centre local de consommation (消費生活センター)
  • En dernier recours, envisager la procédure de petites créances (少額訴訟)

La procédure de petites créances (shōgaku soshō, 少額訴訟) est une procédure simplifiée, tranchée en une seule audience, réservée aux demandes n'excédant pas 600 000 ¥ (environ 3 530 €, au taux indicatif de 170 ¥/€). La demande de restitution du shikikin en est l'un des cas d'usage typiques. Dans tous les cas, le contrat, les photos, le décompte de régularisation et l'historique des échanges constituent la base de toute négociation. Rassembler ces preuves à l'avance reste la meilleure des précautions.

Le point de vue d'INA & Associates

En tant que gestionnaire immobilier, nous considérons la régularisation du shikikin non pas comme un simple recouvrement de frais, mais comme un moment où bailleur et locataire vérifient mutuellement la confiance qu'ils se portent. L'une de nos valeurs fondamentales est d'être honnête, y compris sur ce qui est défavorable à court terme. C'est pourquoi nous tenons à expliquer avec soin, en nous appuyant sur les directives du MLIT, ce qui relève de la charge du locataire et ce qui n'en relève pas.

Gonfler artificiellement le montant facturé finit, à long terme, par éroder la confiance des locataires et se retourne contre le bailleur sous forme de vacance locative accrue. C'est au contraire une régularisation équitable et transparente qui garantit la satisfaction et la tranquillité durable de toutes les parties. Même dans un échange portant sur une somme modeste comme le shikikin se joue, à nos yeux, ce que nous considérons comme le principe le plus fondamental de notre métier : la confiance et l'honnêteté. Pour approfondir d'autres aspects pratiques de la location au Japon, consultez également notre guide sur les baisses de loyer.

En résumé

Le shikikin n'est ni « une somme intégralement restituée », ni « une somme perdue d'avance » : c'est un dépôt destiné à une régularisation au moment du départ. La clé pour éviter les litiges réside dans la documentation photographique à l'entrée, la vérification du contrat et de ses clauses particulières, la participation à l'état des lieux de sortie, et une bonne compréhension de la répartition des charges selon les directives du MLIT. Bien informé, le locataire peut se protéger contre une facturation abusive, et le bailleur éviter des conflits inutiles. Préparez-vous soigneusement, afin qu'une régularisation équitable vous permette d'aborder sereinement la suite.

Questions fréquentes

Quand le shikikin est-il restitué ?

Cela dépend des termes du contrat, mais l'ordre de grandeur usuel est d'environ un mois après le départ. Le solde est restitué dès que la régularisation des frais de remise en état est achevée. En cas de retard important, contactez le gestionnaire ou le bailleur pour connaître l'état d'avancement du décompte.

Un bien sans shikikin (zéro dépôt) présente-t-il des inconvénients ?

L'absence de shikikin signifie que les frais de remise en état devront être réglés directement, en espèces, au moment du départ — l'inconvénient étant l'absence d'un « coussin » financier en cas de facture élevée. Utilisez le logement avec soin durant tout le bail, et anticipez la possibilité que les frais de sortie dépassent les prévisions.

Que faire si le montant restitué semble anormalement bas ?

Demandez d'abord un décompte détaillé par écrit, vérifiez la répartition des charges au regard des directives du MLIT, puis engagez la discussion avec le gestionnaire ou le bailleur. Si cela ne suffit pas, une consultation auprès du Centre national de la consommation ou d'un centre local de consommation, voire le recours à la procédure de petites créances, sont des options efficaces.

Quelle différence entre usure naturelle et dommage causé par faute ou négligence ?

Les frais de réparation liés à l'usure naturelle du temps ou à un usage normal du logement incombent en principe au bailleur. À l'inverse, les dommages résultant d'une faute intentionnelle, d'une négligence ou d'une imprudence du locataire restent à sa charge. Le critère retenu par les directives est de savoir si le dommage dépasse ou non le cadre d'un usage normal du logement.

Daisuke Inazawa, President & CEO of INA&Associates Inc.

Auteur

Président-directeur généralINA&Associates Inc.

Président-directeur général d'INA&Associates Inc. Dirige le courtage immobilier, la location et la gestion de biens dans le Grand Tokyo et la région du Kansai. Spécialisé dans la stratégie d'investissement en immobilier de rendement et le conseil aux grandes fortunes.

Daisuke Inazawa est le président-directeur général d'INA&Associates Inc., une société immobilière japonaise dont le siège se trouve à Osaka et qui dispose d'une succursale à Tokyo. Il dirige les trois activités fondamentales du groupe — courtage en vente immobilière, location et gestion de biens — dans le Grand Tokyo et la région du Kansai.

Ses domaines d'expertise recouvrent la stratégie d'investissement en immobilier de rendement, l'optimisation de la rentabilité des opérations locatives, le conseil immobilier destiné aux grandes fortunes (UHNWI) et aux investisseurs institutionnels, ainsi que l'investissement immobilier transfrontalier. Il fournit un conseil de long terme, fondé sur les données, à une clientèle d'investisseurs au Japon comme à l'étranger.

Sous la devise « l'actif le plus précieux d'une entreprise, ce sont ses hommes », il positionne INA&Associates comme une « entreprise d'investissement dans le capital humain » et s'engage à créer une valeur d'entreprise durable par le développement des talents. En tant que dirigeant, il s'exprime également sur le leadership et la culture organisationnelle en période de changement.

Il a obtenu onze qualifications professionnelles japonaises : courtier immobilier agréé (Takken), Master agréé en conseil immobilier, gestionnaire agréé de copropriétés, superviseur agréé de gestion d'immeubles, professionnel certifié de gestion locative, gyōseishoshi (juriste administratif), responsable certifié de la protection des données personnelles, responsable de prévention incendie de classe A, spécialiste certifié de l'immobilier vendu aux enchères, ingénieur de maintenance de copropriétés, et superviseur agréé des opérations de crédit.

  • Courtier immobilier agréé (Takken)
  • Master agréé en conseil immobilier
  • Gestionnaire agréé de copropriétés
  • Superviseur agréé de gestion d'immeubles
  • Professionnel certifié de gestion locative
  • Gyōseishoshi (juriste administratif)
  • Responsable certifié de la protection des données personnelles
  • Responsable de prévention incendie de classe A
  • Spécialiste certifié de l'immobilier aux enchères
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  • Superviseur agréé des opérations de crédit