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Qu'est-ce que la « pierre de fondation » (定礎) ? Pourquoi est-elle installée dans les immeubles et que contient la boîte de fondation ?

La « pierre de fondation » ou 定礎 (teiso) est un élément emblématique des immeubles japonais. Découvrez son origine, sa signification et ce que contient généralement la mystérieuse boîte de fondation.

Dernière mise à jour: Lecture d'environ 11 min

Avez-vous déjà vu une pierre gravée du mot « 定礎 » (teiso, pierre angulaire) installée sur des immeubles de bureaux, des immeubles d'habitation (mansions) ou des écoles ?
Beaucoup l'ont vue au moins une fois, mais peu de personnes savent vraiment ce qu'est le teiso.
Aussi, dans cet article, nous vous présentons les divers secrets méconnus du teiso.
Nous éclaircirons de nombreuses énigmes intrigantes, telles que la raison de son existence et son histoire.

Dans la seconde partie, nous parlerons aussi de ce qui se trouve à l'intérieur du teiso, alors si cela vous intéresse, lisez l'article jusqu'à la fin.

Qu'est-ce que le teiso ?

Le teiso n'est pas seulement installé sur les bâtiments récents : il est également présent sur des édifices anciens.
Son histoire est longue et on lui attribue diverses significations.
Avant de mieux le comprendre, commençons par sa lecture.

Comment se lit-il, au juste ?

Au Japon, parmi les kanji que l'on rencontre fréquemment, beaucoup ont une lecture méconnue ou sont souvent mal lus.
« 定礎 » fait partie de ces cas.
Certaines personnes lisent « 定礎 » comme « jōseki » ou « jōso », mais la lecture correcte est [teiso].
Comme on le rencontre rarement dans la vie quotidienne, il est naturel que beaucoup ne sachent pas le lire.
Le teiso a la signification suivante.

À propos de la signification du teiso

Comme le suggèrent les caractères, teiso signifie « fixer la pierre fondatrice (ishizue) ».
« Ishizue » désigne la pierre de soubassement placée sous une colonne ou la pierre sur laquelle un bâtiment est édifié ; le fait de fixer cette pierre s'appelle teiso.
Toutefois, peu comprendront la finalité du teiso à partir de cette seule explication.
« Ishizue » porte aussi le sens de « fondement d'une chose », c'est-à-dire un élément essentiel.
Comme dans l'expression « Le prince devint la pierre angulaire qui soutient le pays », le teiso ne s'applique pas qu'aux bâtiments.
Cependant, dans les temps anciens du monde de la construction, on ne pouvait pas bâtir sans poser au sol des pierres dites « soseki » (pierres de fondation).
La raison : si l'on plantait directement les colonnes du bâtiment dans le sol, elles absorberaient l'humidité provoquée par la pluie ou la neige.
Le bois, matériau de construction, est sensible à l'humidité : celle-ci accélère sa détérioration ou peut le faire pourrir.
De plus, les matériaux en contact direct avec le sol sont facilement attaqués par les termites ou les animaux ; sans pierres de fondation, il était impossible de construire.
C'est pour ces raisons que le teiso est devenu un usage du secteur du bâtiment, traité comme l'élément qui fixe la position de la pierre de fondation servant de socle aux colonnes lors de la construction.

Installé en de multiples endroits

Le teiso n'est pas réservé aux édifices élevés tels que bureaux ou immeubles d'habitation : on le retrouve dans une grande variété de lieux.
Écoles, structures d'accueil de la petite enfance, établissements de soins, centres commerciaux : il n'existe pas de règle particulière sur les bâtiments où poser un teiso.
Il est généralement installé près de l'entrée principale ou sur le côté sud-est du bâtiment.
Pourquoi le sud-est ? Parce que le sud-est est considéré comme l'entrée du grand bonheur, et de nombreux immeubles de bureaux, immeubles d'habitation et établissements y placent leur entrée.
Comme on le voit en bien des endroits, beaucoup pensent que son installation est obligatoire.
Toutefois, il n'existe aucune règle imposant son installation sur tout bâtiment.
Il continue d'être posé aujourd'hui en tant que coutume héritée des époques anciennes.

Pierres et designs utilisés pour le teiso sont variés

Il existe de nombreux types de plaques de teiso gravées du mot « 定礎 ».
En observant attentivement un bâtiment, il arrive souvent qu'on ne remarque pas un teiso : « Je ne l'avais pas vu à cause du design audacieux », « Je n'imaginais pas qu'il s'agissait d'un teiso ».
Présentons d'abord quelques exemples typiques.

Les plaques sont le plus souvent en pierre noire, grise ou marron.
Il existe aussi des plaques blanches assorties au bâtiment ; la marge de personnalisation est donc grande.
Les caractères sont généralement gravés, et la police dominante est le Mincho.
Il est rare que les caractères gravés soient colorés ; selon la teinte de la pierre, le texte peut donc être peu visible.
Sur les plaques marron en particulier, les caractères sont peu lisibles.
De plus, lors de la gravure, la date est souvent inscrite en plus petits caractères sous le teiso.
Auparavant, on gravait surtout la date de début des travaux ; aujourd'hui, on peut aussi graver la date de la cérémonie d'installation de la plaque.
La date varie : calendrier grégorien ou japonais, mois seul, ou mois et jour.

De nos jours, on trouve aussi des teiso au design original qui ne s'en tiennent pas à ce cadre de base.
Plaques où sont gravées la philosophie de gestion ou des maximes, plaques portant « ていそ » en hiragana, plaques fantaisistes ornées de fleurs ou d'étoiles en mosaïque… il existe quantité de plaques expressives et originales.
Ces dernières années, des teiso chics en acier inoxydable sont en vogue ; certains ne portent même plus la mention « 定礎 », ce qui les rend difficiles à repérer — mais partir à la recherche des teiso de la ville est aussi un attrait en soi.
Il existe d'ailleurs de nombreux passionnés de teiso.
Pour eux, les villes regorgeant d'immeubles de bureaux, d'habitations et d'établissements doivent ressembler à un véritable trésor.
Installer un teiso démontre la mise en place d'un socle solide, et nous vivons aujourd'hui une époque où l'on peut choisir un teiso assorti au bâtiment en privilégiant l'esthétique.
Mais comment le teiso s'est-il enraciné dans la culture architecturale japonaise ?

Quelles sont les origines du teiso ? Pourquoi cette culture est-elle née ?

Comme « 定礎 » est souvent gravé en grands caractères Mincho, on pourrait croire que la pose d'une plaque de teiso est une coutume propre au Japon, mais ce n'est pas le cas.
Ses origines remontent à environ 5 000 ans, à la civilisation mésopotamienne, où la construction en pierre s'est développée.
À cette époque, le teiso servait de point de référence au démarrage des travaux.
Ce rôle a évolué dans la Grèce et la Rome antiques : on marquait, au début des travaux, la pierre de référence, et on la posait avec le vœu que la construction s'achève sans encombre.
À cette époque, on enchâssait des pierres faites de matériaux résistants à la corrosion comme le plomb ou la pierre, afin de bâtir des édifices solides.
De plus, depuis la Grèce et la Rome antiques, on y mettait aussi le vœu que le bâtiment ne s'effondre pas et perdure ; ces vœux sont encore intégrés au teiso aujourd'hui.

Au Japon, le teiso est utilisé depuis l'ère Meiji.
De la fin de l'ère Edo à l'ère Meiji, le pays s'est ouvert et la culture européenne, alors dominante, a pénétré rapidement le Japon.
Avec la modernisation, de nombreux bâtiments à l'occidentale ont été construits ; les ingénieurs occidentaux ne se chargeaient pas seulement du dessin mais aussi de la supervision, et la culture du teiso s'est ainsi diffusée.
Le plus ancien teiso du Japon a d'ailleurs été découvert sur le site du château de Kanazawa.
Il porte la mention « 宝暦十三癸未年 鍬始 六月廿五日 », ce qui correspond à l'année 1763, au milieu de l'ère Edo.
Considéré comme posé avant la diffusion massive du teiso au Japon, il est extrêmement précieux.
On ne peut déterminer si la date correspond au jour de début des travaux ou à celui de la cérémonie d'installation du teiso.
De nos jours, il devient courant d'installer la plaque de teiso à la fin des travaux.
À l'origine, dans les fondations, il était d'usage au Japon d'enterrer la boîte de teiso au niveau de la base des colonnes.
De plus, dans les bâtiments, elle était souvent placée à l'angle sud-est ; aujourd'hui, elle est dans la plupart des cas posée près de l'entrée.
Les conditions d'installation du teiso ont ainsi évolué selon les époques, mais la cérémonie « teiso-shiki », qui prie pour la sécurité des travaux, demeure indispensable à toutes les époques.
Voyons à présent en quoi consiste la cérémonie teiso-shiki.

À quoi sert la cérémonie teiso-shiki ?

La cérémonie teiso-shiki est un rite par lequel on prie pour que les travaux s'achèvent sans incident et que le bâtiment dure longtemps, mais sa forme a évolué de nos jours.

À propos de la teiso-shiki contemporaine

Dans les techniques de construction modernes, on n'utilise plus de bois pour la base ni de pierre de fondation pour protéger les colonnes.
Comme on emploie des matériaux métalliques résistants à la corrosion, la nécessité même du teiso s'est amenuisée.
Néanmoins, le souhait d'achever les travaux en sécurité et de voir le bâtiment durer longtemps subsiste.
La teiso-shiki contemporaine se tient le plus souvent non au début des travaux, mais lorsque le bâtiment est proche de l'achèvement ou achevé.
Elle devient ainsi une cérémonie commémorant la quasi-fin ou la fin des travaux.
De ce fait, la frontière avec d'autres cérémonies du bâtiment s'estompe et le contenu de la cérémonie devient flou.

Présentation des diverses cérémonies du bâtiment ! En quoi diffèrent-elles de la teiso-shiki ?

Dans le secteur du bâtiment, des cérémonies sont organisées à de nombreuses occasions : avant, pendant et après la construction.
Présentons-en quelques-unes en évoquant ce qui les distingue de la teiso-shiki.

Jichinsai (cérémonie de purification du sol)
Le jichinsai, indispensable avant la construction, est célébré avant le début des travaux.
On annonce aux divinités que l'on va construire un nouveau bâtiment et habiter ce terrain, on apaise les esprits des dieux du sol, on purifie le terrain et on prie pour la sécurité des travaux et la protection divine.

Jōtōshiki (cérémonie de mise en place de la charpente)
Le jōtōshiki est une cérémonie célébrée pendant la construction.
Pour une maison en bois, on célèbre lors de la pose du dernier élément du bois de charpente ; pour une construction en acier, on procède au levage des éléments d'acier par grue.
Pour une construction en béton armé, elle se tient lors de la coulée du dernier béton de la structure ; le moment varie donc selon les matériaux.
Quel que soit le type, le jōtōshiki remercie pour l'achèvement de la mise en place de la charpente et prie pour la sécurité jusqu'à la fin des travaux.
Pour les habitations, le maître d'ouvrage offre repas et boissons aux ouvriers, ou leur remet présents et étrennes pour exprimer sa reconnaissance.

Shunkōshiki (cérémonie d'achèvement)
Le shunkōshiki, aussi appelé « shunkō hōkokusai », est une cérémonie où on annonce aux divinités l'achèvement sans incident des travaux.
La teiso-shiki est souvent tenue avant le shunkōshiki.

Shunkō hirō (réception d'inauguration)
La dernière, le shunkō hirō, est une réception festive pour remercier ceux qui ont coopéré aux travaux.
Elle comprend discours, salutations et remise de lettres de remerciement ; à la différence du shunkōshiki centré sur le rite religieux, elle a plutôt vocation à honorer les parties prenantes et à promouvoir.

Contenu de la teiso-shiki

Voyons à présent en détail le contenu de la teiso-shiki.
Avant d'enchâsser la plaque de teiso dans le bâtiment, principal contenu de la cérémonie, on procède à des purifications et on prie pour la sécurité des travaux et la longévité du bâtiment.
À cette occasion, un prêtre shintoïste est invité du sanctuaire et les rites suivants ont lieu.

Temizu (rite des ablutions) : rite par lequel le prêtre se purifie avant d'entrer sur le site
Shubatsu : rite pour purifier corps et esprit des assistants
Kōjin : rite pour accueillir la divinité sur l'autel purifié
Kensen : rite d'offrandes à la divinité accueillie
Norito sōjō : récitation des paroles de prière aux divinités
Kirinusa sammai : éparpillement des offrandes (sake, riz, sel) aux quatre points cardinaux du terrain en guise de purification

Après ces rites, on passe au rite du teiso à proprement parler.
Dans ce rite, on commence par la lecture des paroles du teiso (jihōdoku), pour prier les divinités que le bâtiment dure longtemps.
Puis on lève le voile recouvrant la pierre de teiso, et l'on enchâsse la plaque à l'emplacement prévu lors du « teisō meiban chinteishiki ».
Lors de l'enchâssement, on coule le mortier dans le rite « imi-gote », puis on installe la pierre de teiso lors du rite « soseki suetsuke ».
On vérifie que la pierre est posée à l'horizontale et bien d'aplomb, puis on conclut par le rite « imi-tsuchi » qui annonce la fin de la pose.
D'autres rites suivent : « tamagushi hōten » pour la stabilité du terrain et la protection du maître d'ouvrage et des intervenants ; « shōjin no gi » pour reconduire la divinité depuis l'autel ; et « shinshu haitai » pour partager le sake offert aux divinités avec les assistants.

Ce que contient la boîte de teiso

De nos jours, on voit moins le teiso lui-même, mais lors de la pose d'un teiso, on enterre parfois en même temps une boîte de teiso.
Le teiso est enchâssé dans le mur du bâtiment comme pierre de teiso ; la boîte de teiso est enterrée derrière elle.
La boîte est le plus souvent en cuivre ou en acier inoxydable, résistants à la corrosion ; il en existe également en bois.
L'usage de la boîte de teiso serait apparu vers la fin de l'ère Meiji.
Auparavant, on se contentait d'enchâsser la plaque ; en ajoutant la boîte, on peut désormais évoquer l'époque de la construction.
Le contenu varie d'une boîte à l'autre.

・Talisman du dieu tutélaire (ujigami)
・Plans du bâtiment
・Plaque portant les noms du maître d'ouvrage et des intervenants
・Photographies prises pendant la construction
・Journal du jour de la teiso-shiki
・Magazines hebdomadaires de l'époque
・Pièces et billets de l'époque
・Articles à la mode (jouets, etc.)

Il n'existe pas de règle stricte sur ce que l'on y met ; comme une capsule temporelle, on y met le plus souvent des objets qui témoignent de l'époque.
Le teiso et sa boîte sont fréquents dans les grands bâtiments comme les bureaux ou les usines ; on les pose aussi de plus en plus dans des maisons individuelles privées.
On y trouve souvent des plans de la maison, des journaux et magazines de l'époque ainsi que des photographies de famille mémorables.
Comme la boîte ne s'ouvre qu'à la démolition du bâtiment, elle est très romanesque.
Pour les grands bâtiments, la boîte n'est pas ouverte avant longtemps ; le simple fait d'y conserver des objets de l'époque en fait des trésors d'histoire.
Aujourd'hui encore, il arrive qu'on parle dans la presse de teiso et de boîtes de teiso retrouvés lors de la démolition de bâtiments historiques.
Cela montre que la boîte de teiso, qui nous fait revivre l'époque, possède une grande valeur historique.

Exemples d'ouverture de boîtes de teiso

Des boîtes de teiso ont été extraites lors de la démolition de divers bâtiments ; on y a retrouvé des objets souvenirs et des éléments d'une grande valeur historique.
Parfois, on y a découvert des documents inédits, ce qui montre que la boîte de teiso est aussi d'une grande valeur dans l'histoire architecturale du Japon.
Si Tokyo et les grandes métropoles voient s'aligner de grands immeubles, on y démolit aussi souvent les bâtiments existants pour reconstruire.
Comme il y a chaque jour, quelque part, des démolitions et de nouvelles constructions, il se peut qu'à cet instant même une boîte de teiso soit découverte et ouverte.
Présentons à présent quatre exemples d'ouvertures dans tout le pays.

Boîte de teiso ouverte au bâtiment n° 5 de la préfecture de Miyazaki

Lors de travaux de déplacement par « hikiya » (déménagement de bâtiment) du bâtiment n° 5 de la préfecture de Miyazaki, une boîte de teiso en bois a été découverte.
Le bâtiment n° 5 lui-même est un édifice moderne de grande valeur, construit à l'origine pour abriter l'ancien siège de la banque agricole et industrielle de Miyazaki.
Acquis par la préfecture, il servait de centre d'archives ; comme un nouveau bâtiment de gestion des catastrophes devait être édifié à son emplacement, des travaux de déplacement ont été menés pour préserver ce bâtiment historique pour les générations futures.
Le bâtiment n° 5 ayant été construit en 1926, soit il y a près de 100 ans, la découverte a été largement rapportée comme la mise au jour d'une source précieuse.
La boîte de teiso était enchâssée derrière le mur extérieur portant la gravure « 定礎 » et mesurait 23 cm × 29 cm × 9 cm en bois de paulownia.
La boîte contenait une plaque d'argent fabriquée en commémoration, le journal Nisshū du 8 avril 1926, jour de la teiso-shiki, et 7 pièces en circulation à l'époque.
Tous donnent à voir l'époque de la construction et constituent des sources de grande valeur.
Le contenu de la boîte, ouverte 91 ans plus tard, peut désormais être observé gratuitement au centre d'archives de la préfecture.
Comme il est accessible à tous, si vous êtes curieux, allez l'observer et imaginez Miyazaki à l'époque de la construction.

Boîte de teiso retrouvée à l'ancien siège d'IBM Japon

L'ancien siège d'IBM Japon se trouvait à Roppongi ; lors de sa démolition liée à un réaménagement, on a retiré la plaque de teiso et trouvé derrière elle la boîte de teiso.
Achevé en 1971, l'ancien siège a été utilisé jusqu'au transfert du siège à Hakozaki.
À sa livraison, l'ancien siège a fait sensation comme un bâtiment intégrant de nombreuses innovations : structure sans poteaux, dispositifs d'efficacité énergétique, etc.
La boîte de teiso retrouvée était en cuivre, fermement scellée.
À l'ouverture, en haut se trouvaient trois journaux de l'époque : un quotidien, un journal en anglais et un journal du secteur du bâtiment.
En particulier, le journal du secteur du bâtiment publiait un grand article de présentation de l'ancien siège, ce qui montre l'attention considérable suscitée par le bâtiment.
Outre cela, on y trouvait les plans, la brochure de recrutement, la brochure du bâtiment, des photos de la livraison et une plaque en laiton portant les noms des intervenants en japonais et en anglais.
Sur les plans figuraient la signature du célèbre architecte Shōji Hayashi (aujourd'hui décédé) et le sceau de Kunihiro Misu, actuel président de la fédération nationale des associations de cabinets d'architectes du Japon, qui avait conçu le bâtiment — autant de pièces historiquement précieuses.
L'existence de la boîte étant peu connue même des employés d'IBM Japon, sa découverte a suscité l'étonnement en interne.
Comme une exposition interne était prévue, ces pièces sont peut-être visibles au siège actuel.
Par ailleurs, une vidéo de l'époque de la livraison de l'ancien siège d'IBM Japon a été conservée et peut être visionnée sur YouTube.
Ce type de vidéo est rare ; ne serait-ce que pour la regarder, faites-le et imaginez l'atmosphère de l'époque.

Boîte de teiso découverte lors du projet de nouvelle bibliothèque de l'Université de Tokyo

L'Université de Tokyo a entrepris, dans le cadre du projet de nouvelle bibliothèque, des travaux pour ériger sur la place devant la bibliothèque centrale un nouvel édifice doté en sous-sol d'un magasin automatisé pouvant stocker 3 millions de livres et d'une « Library Plaza » d'échanges entre disciplines.
Sur le site se trouvait la fondation en briques de l'ancienne bibliothèque, érigée en 1892 et détruite par le grand séisme du Kantō.
Pendant le démontage de cette fondation découverte lors des fouilles archéologiques, une boîte de teiso métallique a été découverte.
La découverte même de cette fondation en briques était d'une grande valeur historique, mais y trouver en plus une boîte de teiso est une découverte exceptionnelle.
Heureusement, le démontage s'est fait à la main et non à la machine, ce qui a permis la découverte.
Bien qu'un trou ait été percé par les outils, un démontage mécanique aurait probablement endommagé ou rendu introuvable la boîte.
La boîte métallique d'environ 10 cm × 17 cm contenait une plaque métallique enveloppée dans un numéro du journal officiel daté du 25 août 1890.
Sur la face avant de la plaque, il était inscrit que la bibliothèque de l'Université impériale avait été achevée en 1890 ; au verso étaient gravés les noms et les origines du superviseur Hanroku Yamaguchi et du concepteur Masamichi Kuru.
Comme le concepteur de la bibliothèque de l'Université impériale n'était pas connu jusqu'à présent, c'est un document particulièrement précieux.
De plus, bien que la coutume des boîtes de teiso ait débuté à l'ère Meiji, aucune n'avait jusque-là été retrouvée dans des constructions de cette époque ; cette découverte est donc importante dans l'histoire de l'architecture japonaise.
Nous n'avons pas pu déterminer le lieu actuel de conservation et la possibilité d'accès, mais étant donné sa valeur, elle est probablement précieusement préservée.

Boîte de teiso découverte lors de la rénovation du campus de Neyagawa de l'Université des télécommunications électriques d'Osaka

L'ancien bâtiment A du campus de Neyagawa, achevé en 1967, a accompagné les étudiants pendant 53 ans.
De grands travaux de rénovation ont commencé pour de bon à l'automne 2018.
Avant la démolition de l'ancien bâtiment A, le bâtiment F situé entre le « OECU Innovation Square » et le bâtiment de cours J a été démoli.
Puis a été menée la dépose de l'antenne parabolique installée sur le toit du bâtiment T, dédié à la recherche en communications par satellite.
Le bâtiment T abrite des données accumulées sur plus de 30 ans portant sur des phénomènes météorologiques tels que les précipitations et est mondialement reconnu comme une installation de recherche de grande valeur au sein de l'UIT-R.
Les antennes BS et d'autres petites antennes ont été déplacées sur le toit du nouveau bâtiment.
Après l'abattage, après purification, du palmier « Phoenix » devant le bâtiment M, symbole du campus, la démolition de l'ancien bâtiment A a commencé.
Avant la démolition, le symbole du campus, l'« orbite électronique », a été retiré du mur.
Au cours des travaux, la plaque de teiso a été retirée et la boîte de teiso située derrière a été extraite.
Métallique, mesurant 32 cm × 15 cm × 7 cm, à double paroi, elle protégeait soigneusement son contenu.
De cette boîte de teiso restée endormie 53 ans dans l'ancien bâtiment A achevé en 1967 sont sortis : une plaque de nom, des cartes de visite des intervenants, les plans du campus, des pièces en circulation à l'époque ainsi que les éditions du Nikkei, de l'Asahi et du Mainichi du jour de l'achèvement.
L'ensemble est considéré comme un matériel précieux.

Peut-on poser un teiso chez soi ?

Le teiso et sa boîte ne sont pas particulièrement connus du grand public, et peu de personnes en posent à leur domicile.
En cas de pose à domicile, il est généralement enchâssé dans le coin sud-est, avec gravure de la date d'achèvement et du nom du maître d'ouvrage.
Comme il est habituellement réalisé pour la construction d'immeubles de bureaux ou d'usines, à titre commémoratif ou de tradition, il est rarement utilisé dans les maisons individuelles ordinaires.
Cependant, le teiso et sa boîte sont enchâssés à l'origine pour prier pour la sécurité des travaux, remercier de leur achèvement et souhaiter la croissance du maître d'ouvrage ou de l'entreprise, et tiennent aussi le rôle d'une capsule temporelle évoquant l'époque de la construction.
Aussi, poser un teiso et sa boîte dans une maison ne pose absolument aucun problème.
Au contraire, en les utilisant comme capsule temporelle, on peut accroître les plaisirs futurs de la famille.
Certains les posent pour des raisons de kasō (étude de la disposition de la maison) ou de feng shui.
Bien que les exemples de pose dans des maisons individuelles soient très rares, ces objets peuvent constituer une présence précieuse, alliant la prière pour la pérennité du bâtiment à l'évocation de l'époque de la construction.
De nos jours, les maisons individuelles ordinaires sont reconstruites au bout de 30 à 40 ans en moyenne.
30 à 40 ans après, le maître d'ouvrage initial est probablement encore en vie et la génération suivante peut déjà être née.
Penser à ouvrir la boîte de teiso lors de la reconstruction pour la génération suivante a quelque chose de romantique.
Comme les motivations pour poser un teiso varient selon les personnes, si vous le souhaitez, pourquoi ne pas en poser un ?
Toutefois, soyez prudent si vous mettez en vente une maison individuelle dotée d'un teiso.
Le teiso étant un signe personnel, il peut faire baisser la valeur du bien.

De plus, des informations personnelles peuvent rester visibles, ce qui peut entraîner des risques d'usage abusif dans certains cas.
Comme il y a peu d'exemples concrets, il est difficile de dire si la valeur baisse réellement — cela dépend du bien — mais soyez conscient que le risque peut s'accroître.

Conclusion

Dans cet article, nous avons abordé la signification du teiso, son histoire et ses origines, la raison d'être de la teiso-shiki, son contenu, ce que contient la boîte de teiso, des exemples d'ouverture, et la pose d'un teiso à domicile.
À l'origine, le teiso revêtait un sens proche d'un signal de démarrage des travaux ; à l'ère moderne, avec l'usage de méthodes différentes, le teiso lui-même est devenu rare.
Cependant, en tant que tradition héritée des anciens, la teiso-shiki est encore pratiquée aujourd'hui.
Derrière le teiso peut se trouver une boîte de teiso, sorte de capsule temporelle contenant des objets de l'époque, dans laquelle on peut découvrir d'importantes sources historiques.
Comme on reconstruit ces dernières années pour des raisons de sécurité, on aura sans doute davantage l'occasion de voir, dans les médias, le contenu de ces boîtes.
Par ailleurs, aucune règle n'interdit la pose d'un teiso dans une maison individuelle ; la poser comme capsule temporelle peut être une bonne idée.
Cependant, comme indiqué plus haut, certains points méritent attention : si vous l'envisagez, discutez-en avec votre constructeur.

Foire aux questions sur le teiso

Q1. La pose d'un teiso est-elle imposée par la loi ?

Il n'existe aucune obligation légale de poser un teiso. Il s'agit d'une coutume du bâtiment, et la décision de le poser ou non revient au maître d'ouvrage.

Q2. Que met-on dans la boîte de teiso ?

On y met généralement les plans du bâtiment, des journaux de l'époque de la construction, la liste des intervenants ou le programme de la teiso-shiki. Elle joue aussi un rôle de capsule temporelle.

Q3. Que signifie la date gravée sur le teiso ?

La date gravée sur le teiso indique généralement le jour de la « teiso-shiki ». Notez qu'il ne s'agit ni de la date d'achèvement ni de la date de début des travaux.

Daisuke Inazawa, President & CEO of INA&Associates Inc.

Auteur

Président-directeur généralINA&Associates Inc.

Président-directeur général d'INA&Associates Inc. Dirige le courtage immobilier, la location et la gestion de biens dans le Grand Tokyo et la région du Kansai. Spécialisé dans la stratégie d'investissement en immobilier de rendement et le conseil aux grandes fortunes.

Daisuke Inazawa est le président-directeur général d'INA&Associates Inc., une société immobilière japonaise dont le siège se trouve à Osaka et qui dispose d'une succursale à Tokyo. Il dirige les trois activités fondamentales du groupe — courtage en vente immobilière, location et gestion de biens — dans le Grand Tokyo et la région du Kansai.

Ses domaines d'expertise recouvrent la stratégie d'investissement en immobilier de rendement, l'optimisation de la rentabilité des opérations locatives, le conseil immobilier destiné aux grandes fortunes (UHNWI) et aux investisseurs institutionnels, ainsi que l'investissement immobilier transfrontalier. Il fournit un conseil de long terme, fondé sur les données, à une clientèle d'investisseurs au Japon comme à l'étranger.

Sous la devise « l'actif le plus précieux d'une entreprise, ce sont ses hommes », il positionne INA&Associates comme une « entreprise d'investissement dans le capital humain » et s'engage à créer une valeur d'entreprise durable par le développement des talents. En tant que dirigeant, il s'exprime également sur le leadership et la culture organisationnelle en période de changement.

Il a obtenu onze qualifications professionnelles japonaises : courtier immobilier agréé (Takken), Master agréé en conseil immobilier, gestionnaire agréé de copropriétés, superviseur agréé de gestion d'immeubles, professionnel certifié de gestion locative, gyōseishoshi (juriste administratif), responsable certifié de la protection des données personnelles, responsable de prévention incendie de classe A, spécialiste certifié de l'immobilier vendu aux enchères, ingénieur de maintenance de copropriétés, et superviseur agréé des opérations de crédit.

  • Courtier immobilier agréé (Takken)
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