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Extincteurs locatifs au Japon : types, placement, normes

Quels extincteurs installer dans un immeuble locatif japonais, et où les placer ? Types, agents, classes d’incendie et obligations de la loi incendie, comparés aux règles des ERP en France.

Dernière mise à jour: Lecture d'environ 13 min

Dans la gestion locative au Japon, l’incendie est un risque auquel il faut accorder une attention particulière. Même si les locataires souscrivent une assurance incendie, un sinistre réel laisse des dégâts matériels et humains considérables.
Pour limiter ces dégâts, l’installation d’extincteurs (shōkaki, 消火器) demeure la mesure de première intervention la plus efficace.
Dans un apāto (アパート, immeuble locatif souvent en bois, de faible hauteur) ou un manshon (マンション, immeuble en béton, en copropriété ou en locatif), les parties communes doivent elles aussi être équipées.
Or les types d’appareils sont nombreux, et beaucoup de propriétaires ne savent pas lequel choisir.
Ce guide présente les familles d’extincteurs, le type adapté à chaque classe d’incendie, et les appareils que nous recommandons pour un bien locatif japonais.
Si le choix vous paraît difficile, lisez jusqu’au bout : le régime japonais n’est pas celui des ERP français, et le bon appareil au mauvais endroit ne compte pas.

Les types d’extincteurs sont nombreux

Commençons par les familles d’extincteurs.
On les classe selon le lieu d’installation, le mode de mise en pression et l’agent extincteur utilisé.
Nous détaillons chacun de ces trois critères, car c’est sur eux que repose le choix dans un bien locatif japonais.

Le lieu d’installation change l’extincteur à poser

Selon l’usage, on choisit entre deux grandes catégories.
Il existe l’extincteur à usage domestique, ou résidentiel (katei-yō / jūtaku-yō shōkaki, 家庭用・住宅用消火器), et l’extincteur à usage professionnel (gyōmu-yō shōkaki, 業務用消火器). Dans un logement locatif, on pose en général un appareil domestique à l’intérieur de la cellule ; dans les parties communes d’un apāto ou d’un manshon, un appareil professionnel.

L’extincteur domestique est plus léger que le professionnel, donc plus simple à manier.
Chacun a des caractéristiques et des avantages distincts, que nous précisons plus loin.
Pour choisir l’appareil adapté à l’usage, retenez d’abord cette bipartition : elle n’est pas cosmétique, elle conditionne la conformité légale.

Deux modes de mise en pression

Pour projeter l’agent, la pression est indispensable.
Les manières de la produire varient, mais les deux modes utilisés au moment de la projection sont le « kaatsu-shiki » (加圧式, à pression auxiliaire, avec cartouche de gaz) et le « chikuatsu-shiki » (蓄圧式, à pression permanente).

Connaître les deux permet de juger lequel installer dans le bien.
Voyons sans tarder les traits de chacun.

L’extincteur « à pression auxiliaire » qui projette sous pression

Le trait distinctif de l’extincteur à pression auxiliaire est la cartouche de gaz logée dans le corps.
Lorsque l’on serre le levier, la cartouche est percée, et le gaz se libère à cet instant.
Le gaz circule par un tube d’amenée, se répand dans tout le récipient et pousse l’agent vers la buse.
Dans ce mode, la pression reste appliquée jusqu’à épuisement de l’agent : on ne peut pas interrompre la projection en cours de route.
Si le corps est dégradé, le sursaut de pression peut aussi faire éclater l’appareil : la prudence s’impose.

La date limite d’utilisation est inscrite sur chaque extincteur ; remplacez-le en fonction de cette date.
Point d’attention : même avant l’échéance, la rouille ou une bosse peuvent provoquer un accident inattendu.
Pour que la dégradation n’accélère pas, le rangement dans un coffret de protection (kakunō-bako, 格納箱) est indispensable.

L’extincteur « à pression permanente », déjà chargé en gaz

Dans l’extincteur à pression permanente, gaz et agent sont mis sous pression dès l’origine.
Serrer le levier ouvre une vanne, et la pression pousse l’agent vers l’extérieur.
Au premier abord, les deux modes peuvent sembler proches.
Pourtant, l’appareil à pression permanente est constamment sous pression : même s’il vieillit, le risque d’éclatement est plus faible, ce qui le rend plus sûr.
Le levier demande aussi moins de force que sur un appareil à cartouche, ce qui le rend maniable pour une personne âgée ou une femme.
Pouvoir arrêter la projection en relâchant le levier est une particularité de ce mode.
Ainsi, parce que ses avantages l’emportent sur l’appareil à pression auxiliaire, l’extincteur à pression permanente est devenu le courant dominant au Japon.

Pour un investisseur francophone, ce basculement va à l’encontre de l’habitude européenne. En France, en Belgique ou en Suisse, l’extincteur à pression auxiliaire (cartouche) reste souvent présenté comme l’appareil « de qualité » en milieu professionnel : l’agent n’est pas sous pression en permanence, la maintenance annuelle est plus simple, et les référentiels NF EN 3 / APSAD l’ont longtemps valorisé dans les ERP. L’appareil à pression permanente y est plutôt vu comme une solution courante, parfois moins chère, pour le particulier. Au Japon, la courbe est inverse, et ce n’est pas une question de coût : c’est la réponse à des accidents graves d’éclatement d’appareils vieillis. N’importez donc pas la règle empirique « la cartouche est forcément le meilleur choix » : à l’achat et à la remise des clés, c’est la pratique locale, et le type réellement posé, qui comptent.

Les agents extincteurs définissent aussi des familles

On classe souvent les extincteurs selon le lieu et le mode de pression, mais on peut aussi les classer selon l’agent utilisé.
L’agent optimal change selon la classe d’incendie : il est donc recommandé de bien maîtriser ce critère.
Voyons les caractéristiques de chaque agent et les incendies auxquels il convient.

Extincteur à poudre ABC

C’est l’appareil qui utilise un agent en poudre, et l’on dit qu’il est le plus répandu.
Lors de la projection, la poudre fond en recouvrant la surface en combustion et coupe l’air, ce qui permet d’éteindre en peu de temps.

Comme l’agent n’éteint pas par imprégnation, le bois, par exemple, peut se rallumer.
Durée et distance de projection relativement courtes, visibilité dégradée pendant l’usage, et remise en état du bien rendue lourde par les résidus : autant de limites à avoir en tête.

Extincteur à liquide renforçant

Par rapport à la poudre, cet appareil a une meilleure capacité d’imprégnation et un effet de refroidissement plus marqué.
Durée et distance de projection sont aussi plus longues, et le liquide incolore et transparent facilite le nettoyage : autant d’avantages.

En revanche, la poudre reste supérieure en vitesse d’extinction, et le prix est plus élevé.

Extincteur à liquide renforçant neutre

Cet appareil utilise un agent de type neutre : il éteint en limitant mieux les salissures et la corrosion que le liquide renforçant ordinaire.
Il agit par étouffement et refroidissement, avec une forte imprégnation.
On dit que son efficacité augmente encore s’il est utilisé avec un extincteur à poudre.

Extincteur à eau (avec agent mouillant)

L’extincteur à eau a pour agent de l’eau pure mélangée à un agent mouillant.
Comme la base est de l’eau pure, la pollution après l’intervention reste limitée : c’est un avantage net.

Forte imprégnation et effet anti-reprise du feu caractérisent aussi cet appareil.
Attention toutefois : il peut être inadapté selon la classe d’incendie.

Extincteur à mousse mécanique

Il recouvre la surface en combustion de mousse, qui étouffe et refroidit.
La mousse adhère longtemps aussi aux murs et aux plafonds, ce qui rend l’étouffement et le refroidissement plus efficaces.

On dit que la mousse a un pouvoir extincteur plus de deux fois supérieur à celui de l’eau.
Les dégâts des eaux diminuent, mais le nettoyage après usage reste lourd : c’est le principal inconvénient.

Extincteur au dioxyde de carbone

L’extincteur au dioxyde de carbone enferme du CO₂ comme agent.
Projeté sur la surface en combustion, il chasse l’oxygène autour de la flamme et éteint le feu.
Le CO₂ est un gaz peu réactif chimiquement, et il ne laisse ni eau ni projections de produit : d’où son usage dans de nombreux incendies.

En revanche, dans une pièce close, étroite ou mal ventilée, le risque d’intoxication au dioxyde de carbone existe.
Des accidents mortels sont possibles : l’usage exige une grande prudence.

Connaître aussi les appareils d’extinction simplifiés

Plus maniable qu’un extincteur domestique, l’« appareil d’extinction simplifié de type aérosol » (earozōru-shiki kan’i shōkagu, エアゾール式簡易消火具) est léger, facile à saisir, et d’un usage très simple.
Sa structure est celle d’une bombe de laque : en urgence, on a plus de chances de réagir sans se tromper de geste.
Il faut toutefois retenir que le temps de projection n’est que d’une dizaine de secondes : c’est un outil de première intervention, rien de plus.
Sa capacité est inférieure à celle d’un extincteur domestique ; le poser comme seul appareil d’un bien locatif serait insuffisant. Mieux vaut installer un extincteur domestique ou professionnel, puis informer le locataire à l’entrée dans les lieux.

La classe d’incendie change l’extincteur adapté

Les incendies se répartissent, au Japon, en trois grandes classes.
Utiliser l’appareil adapté à chaque classe rend l’intervention plus efficace.
Nous présentons ci-dessous l’extincteur qui convient à chacune.

Incendies de bois, papier, fibres

Les incendies de bois, papier, fibres, caoutchouc ou résines s’appellent « incendie ordinaire » ou « incendie de classe A ».
Presque tous les extincteurs peuvent servir sur un incendie ordinaire.
Les plus adaptés sont l’extincteur à poudre et l’extincteur à liquide renforçant neutre.

Seul l’extincteur au dioxyde de carbone ne convient pas à l’incendie ordinaire.

Incendies de pétrole et d’huiles

Les incendies d’essence, de pétrole lampant ou d’huile de friture sont des « incendies d’huile » ou « incendies de classe B ».
Les appareils adaptés sont l’extincteur à liquide renforçant et l’extincteur à mousse mécanique.
L’appareil qui ne doit pas servir est l’extincteur à eau (avec agent mouillant).

L’extincteur au CO₂ peut servir, sauf dans le cas de l’huile de friture.

Incendies d’équipements électriques

Un incendie sur une prise encore sous tension s’appelle « incendie électrique » ou « incendie de classe C ».
L’appareil destiné à l’incendie électrique est l’extincteur à eau (avec agent mouillant).
L’appareil qui ne convient pas est l’extincteur à mousse mécanique.

Cette grille est propre au Japon et ne recouvre pas la classification européenne que vous connaissez. La norme EN 2 distingue cinq classes : A pour les solides, B pour les liquides, C pour les gaz, D pour les métaux, F pour les huiles et graisses de cuisson. Au Japon, le « C » désigne l’incendie électrique, pour lequel l’Europe n’a pas de classe propre : seulement une mention d’aptitude aux installations électriques, avec une tension et une distance minimales. La confusion est réelle : un « C » sur l’étiquette, à Tokyo, ne dit pas la même chose qu’à Lyon ou à Genève. Le Japon n’a pas non plus de classe F autonome ; l’extincteur « feux de graisse » si courant dans une cuisine professionnelle française n’existe pas comme segment de produit. La protection contre l’huile de friture passe par le liquide renforçant (kyōkaeki, 強化液). Si vous achetez un immeuble avec un restaurant en rez-de-chaussée, jugez l’équipement à l’aune japonaise, pas à l’aune ERP.

Différences entre professionnel et domestique

Pour distinguer un extincteur professionnel d’un extincteur domestique, regardez d’abord l’étiquette.
Nous examinons maintenant les caractéristiques de chacun.

Caractéristiques de l’extincteur professionnel

L’extincteur professionnel équipe les bâtiments, restaurants, stands et tous les lieux où la loi impose une installation.
Sa capacité d’extinction est supérieure à celle de l’appareil résidentiel.
Dans un apāto ou un manshon, les parties communes doivent en être pourvues.
Outre le contrôle périodique du propriétaire, un contrôle légal par une personne qualifiée peut être exigé.
De plus, une règle impose que 25 % de la surface du récipient soit rouge.
La durée d’usage est longue, de huit ans et plus, et l’on peut recharger l’agent.
Là où l’installation est obligatoire, il faut poser un « extincteur professionnel ».
Un appareil domestique posé à la place n’est pas reconnu comme satisfaisant à l’obligation : attention à ce piège, fréquent à l’achat d’un immeuble ancien.

Caractéristiques de l’extincteur domestique

L’extincteur domestique est à pression permanente et souvent compact, ce qui le rend maniable pour une personne âgée ou une femme.
Beaucoup de modèles sont efficaces sur un feu d’huile de friture ou de poêle, mais nombreux sont ceux qui choisissent l’appareil universel ABC, capable de couvrir les trois classes.
Comme il n’existe pas de règle de couleur pour le corps, on peut choisir un design qui ne détonne pas dans le logement.
Les classes d’incendie adaptées sont indiquées par des pictogrammes, ce qui permet à un non-spécialiste de juger d’un coup d’œil.
En revanche, la durée d’usage est d’environ cinq ans, plus courte que celle de l’appareil professionnel, et l’on ne peut pas recharger l’agent.

Sur le plan réglementaire, l’écart avec la France, la Belgique ou la Suisse est net. Dans l’habitation française, l’extincteur portatif n’est en général pas une obligation légale dans le logement ; l’obligation pèse surtout sur les ERP, au titre du règlement de sécurité contre l’incendie. Une copropriété peut en poser dans les parties communes, mais ce n’est pas l’équivalent d’une prescription générale. Au Japon, la loi sur les services d’incendie (Shōbō-hō, 消防法) impose des extincteurs dans les logements collectifs (kyōdō jūtaku, 共同住宅) d’une surface de plancher totale de 150 m² ou plus, et ces appareils font l’objet d’un contrôle légal périodique, dont le résultat est porté à la connaissance des pompiers. Côté coût, l’ordre de grandeur reste modestement planifiable : environ 8 000 à 15 000 yens par appareil professionnel (soit environ 50 à 90 EUR, à 1 EUR ≈ 163 JPY, août 2026), et environ 15 000 à 30 000 yens (environ 90 à 185 EUR) pour un cycle de contrôle sur un petit collectif. Ces sommes incombent au propriétaire et passent souvent par les charges communes (kyōekihi, 共益費). Un appareil domestique, même flambant neuf, ne « compte » pas pour cette obligation : c’est le point que beaucoup d’acheteurs non résidents découvrent trop tard, à la visite des pompiers.

Comment inspecter un extincteur pour un usage sûr

Poser un extincteur ne sert à rien s’il ne fonctionne pas le jour J.
Il existe des appareils déjà défectueux à la livraison, ou devenus inutilisables pour une cause quelconque.
Pour qu’ils répondent vraiment au moment critique, le contrôle à réception et l’inspection périodique sont essentiels.
Voici les points à vérifier.

Le récipient

・L’agent extincteur ne fuit-il pas ?
・L’agent n’est-il pas aggloméré (à vérifier en secouant) ?
・Le récipient n’est-il ni déformé, ni endommagé, ni corrodés ?

Si une déformation ou un endommagement peut compromettre le fonctionnement, ou si la rouille s’écaille, l’appareil doit être mis au rebut.

La goupille de sécurité

・Le scellé de la goupille est-il bien en place ?
・N’y a-t-il ni déformation ni endommagement qui gênerait la manœuvre ?

Si la goupille présente une anomalie, la pièce doit être remplacée.

Le témoin d’utilisation

Les extincteurs portent un témoin qui indique si l’appareil a déjà servi.
Ce témoin est conçu pour se détacher lorsque l’on serre la poignée.

S’il a basculé alors que l’appareil n’a jamais été utilisé, il faut le remplacer ou le mettre au rebut.

Poussoir et levier

・N’y a-t-il ni déformation ni endommagement ?
・L’ensemble est-il correctement monté ?

Vérifiez aussi avec soin la présence de rouille ou de corrosion à l’intérieur du levier.

Le chapeau

・N’y a-t-il ni déformation ni endommagement ?
・N’y a-t-il ni jeu ni décalage ?
・Le filetage n’est-il pas décalé ?

S’il existe une soupape de décompression, le joint peut être décollé ou déchiré.
Dans ce cas, contrôlez aussi le desserrage de la soupape.

Le flexible

・N’y a-t-il ni déformation, ni endommagement, ni vieillissement ?
・L’intérieur n’est-il pas obstrué ?
・N’y a-t-il ni jeu ni décalage ?

Si une entaille ou une fissure atteint l’intérieur du flexible, le danger est réel.
Surveillez aussi le changement de qualité du caoutchouc.
Vérifiez enfin si le flexible retrouve sa forme après une déformation ou un écrasement.

Buse et pavillon

・N’y a-t-il ni déformation, ni endommagement, ni vieillissement ?
・L’intérieur n’est-il pas obstrué ?
・Le bouchon de buse n’est-il pas décroché ?

Sur un extincteur au CO₂, il faut aussi vérifier que la poignée du pavillon n’est pas détachée.
S’il existe une plaque d’étanchéité entre la buse et le pavillon, elle peut être déchirée ou desserrée.
Lorsqu’une telle plaque est présente, contrôlez aussi ce point avec soin.

Le manomètre

・N’y a-t-il ni déformation ni endommagement ?
・La valeur se situe-t-elle dans la zone verte ?
・L’agent extincteur n’a-t-il pas fuité à l’intérieur du manomètre ?

Le manomètre n’équipe que les extincteurs à pression permanente.
Si l’aiguille est dans la zone verte, l’appareil peut servir en sécurité.
Hors de cette zone, il faut contrôler la quantité d’agent.

Le contrôle de résistance à la pression devenu obligatoire

À compter du 1er avril 2011, les arrêtés ministériels relatifs aux extincteurs ont été révisés au Japon.
Cette réforme des critères d’inspection a rendu obligatoire un « contrôle de résistance à la pression / épreuve hydraulique » (taiatsu seinō tenken / suiatsu tenken, 耐圧性能点検/水圧点検) pour tout extincteur dont la fabrication remonte à dix ans.
Il s’agit d’appliquer à l’appareil une pression d’eau prescrite et de vérifier l’absence de déformation, d’endommagement ou de fuite.
Nous exposons ici le contexte de la réforme et la manière de procéder.

Que signifie l’obligation de contrôle de résistance à la pression ?

Cette obligation naît d’une série d’accidents d’éclatement d’extincteurs.
En 2009, à Osaka, un élève du primaire a été blessé par l’éclatement d’un appareil vieilli.
Cette affaire a lancé une campagne de retrait des extincteurs abandonnés ; or, là encore, des appareils ont éclaté et les blessés se sont succédé.
La présence d’extincteurs vieillis dans l’environnement immédiat a été reconnue comme un danger, et la réforme a suivi pour prévenir les accidents.
La date du contrôle dépend du nombre d’années écoulées depuis l’année de fabrication.
Le lien entre année de fabrication et échéance de contrôle est le suivant.

・Un extincteur de dix ans depuis la fabrication doit subir le contrôle de résistance à la pression
・Un extincteur déjà âgé de dix ans au moment de la mise en place doit être éprouvé dans un délai de grâce de trois ans
(après ce contrôle, une nouvelle épreuve est requise tous les trois ans)
・Les extincteurs de l’ancienne norme, fabriqués avant 2011, ne peuvent plus être utilisés à compter du 1er janvier 2022

Même pendant une période où le contrôle n’est pas requis, une corrosion du corps ou une anomalie de la goupille, constatée à l’examen visuel, rend le contrôle nécessaire.

【Par type d’extincteur】 Contrôle de la résistance à la pression

Quels points vérifie-t-on concrètement lors du contrôle de résistance à la pression ?
Les items changent selon le type d’extincteur et le mode de mise en pression.

Nous présentons ici les méthodes, type par type.

Extincteurs à pression auxiliaire autres que mousse chimique

1. Si la quantité d’agent est indiquée en masse (poids), on pèse la masse totale et l’on confirme la quantité d’agent.
2. S’il existe une soupape de décompression, on l’ouvre ; sinon, on desserre lentement le chapeau pour évacuer complètement la pression interne par l’orifice de décompression.
3. On retire le chapeau, puis le support de la cartouche de gaz et la cartouche elle-même.
4. Si la quantité d’agent est indiquée en volume, on vérifie que le niveau coïncide avec le repère.
5. On transvase l’agent dans un autre récipient (agent aqueux dans un seau, poudre dans un sac plastique).
6. On nettoie l’intérieur et l’extérieur, par exemple à l’air comprimé, et l’on vérifie l’absence de corrosion et d’écaillage du traitement anticorrosion.
7. On démonte le flexible et la cartouche, puis l’on retire la goupille de sécurité.
8. On retire la plaque anti-remontée de poudre.
9. On remplit le corps d’eau du robinet jusqu’à ras bord et, levier serré, on visse le chapeau.
10. On raccorde solidement, sans risque de décrochement, le raccord d’épreuve hydraulique à la connexion du flexible.
11. On met en place le cadre de protection et l’on vérifie l’absence de fuite aux serrages et aux raccords.
12. On monte progressivement jusqu’à la valeur d’épreuve inscrite sur le corps, sans à-coup, en surveillant le manomètre.
13. On maintient cette pression pendant cinq minutes et l’on observe déformation, endommagement et fuites.
14. On évacue la pression d’eau par la soupape de l’appareil d’épreuve.
15. Lorsque l’aiguille du manomètre est à « 0 », on vidange l’eau du corps.
16. On essuie l’humidité du corps et des pièces au chiffon ou à l’air comprimé.
17. Après s’être assuré qu’aucune humidité ne reste, on contrôle l’écaillage du revêtement, on remonte les pièces et l’on recharge l’agent.

Extincteur à pression auxiliaire / mousse chimique

1. On retire le chapeau et l’on extrait le cylindre intérieur.
2. On vérifie que la quantité d’agent coïncide avec le repère de niveau.
3. On transvase l’agent dans un autre récipient, par exemple un seau.
4. On lave à l’eau l’intérieur et l’extérieur de l’extincteur, le cylindre intérieur, le chapeau, le flexible, la buse et le tamis filtrant.
5. On vérifie l’absence de corrosion et d’écaillage du traitement anticorrosion sur les faces interne et externe du corps.
6. On démonte le flexible.
7. On remplit le corps d’eau du robinet jusqu’à ras bord et l’on visse le chapeau.
8. On raccorde solidement, sans risque de décrochement, le raccord d’épreuve hydraulique à la connexion du flexible.
9. On coiffe l’extincteur du cadre de protection et l’on raccorde l’appareil d’épreuve.
10. On met l’appareil d’épreuve en marche ; tout en vérifiant l’absence de fuite aux serrages et aux raccords, on monte progressivement, sans à-coup et en surveillant le manomètre, jusqu’à la pression prescrite inscrite sur le corps.
11. On applique cette pression pendant cinq minutes au corps et au chapeau, et l’on confirme l’absence de déformation, d’endommagement et de fuite.
12. On évacue la pression d’eau par la soupape de l’appareil d’épreuve.
13. Lorsque l’aiguille est à « 0 », on vidange l’eau.
14. On essuie l’humidité du corps et des pièces au chiffon ou à l’air comprimé.
15. Après s’être assuré qu’aucune humidité ne reste, on contrôle l’écaillage du revêtement, on remonte les pièces et l’on recharge l’agent.

Extincteur à pression permanente

1. Si la quantité d’agent est indiquée en masse (poids), on pèse la masse totale et l’on confirme la quantité d’agent.
2. On vérifie que le manomètre indique la zone verte.
3. S’il existe une soupape de décompression, on l’ouvre ; sinon, on retourne l’appareil et l’on serre progressivement le levier jusqu’à évacuation complète de la pression interne (ou l’on évacue par l’orifice de décompression).
4. Lorsque l’aiguille du manomètre est à « 0 », on retire le chapeau ou le corps de vanne du récipient.
5. On transvase l’agent dans un autre récipient, par exemple un sac plastique.
6. On nettoie l’intérieur et l’extérieur, par exemple à l’air comprimé, et l’on vérifie l’absence de corrosion et d’écaillage du traitement anticorrosion.
7. On démonte le flexible.
8. On remplit le corps d’eau du robinet jusqu’à ras bord et, levier serré, on visse le chapeau.
9. On raccorde solidement, sans risque de décrochement, le raccord d’épreuve hydraulique à la connexion du flexible.
10. On coiffe l’extincteur du cadre de protection et l’on raccorde l’appareil d’épreuve.
11. On met l’appareil d’épreuve en marche ; tout en vérifiant l’absence de fuite aux serrages et aux raccords, on monte progressivement, sans à-coup et en surveillant le manomètre, jusqu’à la pression prescrite inscrite sur le corps.
12. On applique cette pression pendant cinq minutes au corps et au chapeau, et l’on confirme l’absence de déformation, d’endommagement et de fuite.
13. On évacue la pression d’eau par la soupape de l’appareil d’épreuve.
14. Lorsque l’aiguille est à « 0 », on vidange l’eau.
15. On essuie l’humidité du corps et des pièces au chiffon ou à l’air comprimé.
※ Pour un extincteur à poudre, l’humidité est strictement interdite : sécher soigneusement à l’air comprimé sec.
16. On vérifie, pièce par pièce, l’absence d’écaillage du revêtement à l’intérieur du corps.

Cinq points pour choisir un extincteur domestique

Les extincteurs domestiques s’achètent aussi en grande surface de bricolage et en vente par correspondance au Japon.
Les types sont nombreux, les usages diffèrent, et beaucoup hésitent sur le modèle à retenir.
Nous présentons ici les points à retenir pour choisir un appareil recommandé.
Tenez-vous aux cinq critères suivants.

・Adapté à « l’usage »
・Qui « couvre toutes les classes d’incendie »
・Vérification de la « capacité d’extinction »
・Porteur de la « marque de certification nationale » de l’Association japonaise de certification des équipements d’incendie
・Doté d’un « design » soigné

Nous détaillons chacun de ces points.

Choisir l’agent extincteur adapté à l’usage

Les extincteurs domestiques se déclinent en trois types : « poudre », « liquide (liquide renforçant) » et « appareil d’extinction simplifié de type aérosol ».
Identifiez les traits de chacun et choisissez le type adapté.

・L’extincteur « poudre », bon marché et léger
La poudre, au fort pouvoir extincteur, se projette sur une large surface et casse l’élan du feu.
Par rapport au type liquide, elle est plus légère, moins chère et plus facile à se procurer.
Comme l’imprégnation est plus faible, un feu né dans un tissu ou un bois peut se rallumer.
Il est prudent d’utiliser la poudre en première intervention et de tenir un type liquide en réserve contre la reprise du feu.
La poudre se disperse largement : la visibilité baisse, ce qui peut gêner l’extinction et l’évacuation.
Prenez aussi en compte le nettoyage après usage, qui est lourd.

・L’extincteur « liquide », au fort pouvoir extincteur et commode en intérieur
Contrairement à la poudre, il refroidit l’objet visé.
Il réduit le risque de reprise du feu et n’obscurcit pas la vue, ce qui permet de viser le foyer avec précision.
En revanche, la vitesse d’extinction est inférieure à celle de la poudre.
Le corps pèse souvent près du double d’un appareil à poudre : choisissez une taille que vous pouvez encore manœuvrer.

・L’appareil d’extinction simplifié « aérosol », simple à manier
Si la simplicité d’usage prime, le type spray léger est recommandé.
Le geste est celui d’une bombe de laque : même sous le choc d’un incendie, on s’en sert sans hésiter.
Le format compact passe dans une chambre, un séjour ou une cuisine, sans choisir le lieu.
Il existe aussi des modèles à fixer au mur, utiles si l’on veut gagner de la place.
La petite taille se paie en pouvoir extincteur, inférieur à celui de la poudre ou du liquide.
Considérez-le uniquement comme un appoint.

・« Boule extinctrice et couverture antifeu », des appointes que chacun peut manier
Si un extincteur à poudre ou à liquide est déjà en place, regardez aussi ces appointes commodes.
Nous recommandons la boule extinctrice et la couverture antifeu, simples à utiliser, y compris pour un enfant ou une personne âgée.
Ils ne conviennent pas à un feu étendu, mais chacun peut s’en servir sur-le-champ : leur présence est utile.
La couverture se pose sur le foyer, par exemple une casserole.
Elle n’a pas de date limite et n’a pas à être remplacée.
La boule se jette sur le foyer, éclate et étouffe le départ de feu.
Il existe des boules à base d’eau et des boules contenant un liquide aussi efficace sur un feu d’huile.
Pour un feu de cuisine, comme l’huile de friture, choisissez le type « feu d’huile ».

Choisir un extincteur qui couvre toutes les classes d’incendie

Selon le produit, les classes d’incendie couvertes sont fixées à l’avance.
Sur le flanc du corps, outre l’étiquette « incendies A・B・C », figurent les mentions « pour incendie ordinaire », « pour incendie d’huile » et « pour incendie électrique ».
Au moment du feu, on est trop bouleversé pour vérifier à quoi l’appareil est homologué.
C’est pourquoi nous recommandons de choisir d’emblée un extincteur qui couvre toutes les classes.

Vérifier la capacité d’extinction

Si vous visez une forte capacité d’extinction, regardez la quantité d’agent.
En règle générale, plus la quantité d’agent est élevée et plus le temps de projection est long, plus la capacité est jugée haute.
Mais plus l’agent est abondant, plus l’appareil est grand et lourd.
Le poids rend la manœuvre plus difficile : prenez l’appareil en main en magasin.
Le type (kata, 型) est fixé par la quantité d’agent ; servez-vous des repères ci-dessous.
Type 3 (1,0 kg), type 4 (1,2 kg), type 5 (1,5 kg), type 6 (2,0 kg), type 10 (3,0/3,5 kg), type 20 (6,0 kg).

Contrôler la date limite, la marque nationale et la marque NS

Pour un usage sûr, vérifiez la date limite et les marques de certification.
L’Association japonaise de certification des équipements d’incendie (Nihon Shōbō Kentei Kyōkai, 日本消防検定協会) procède à l’essai de type ; les produits admis portent une marque de certification.

Ces appareils satisfont aux exigences de capacité d’extinction et leur qualité est garantie.
À l’achat, choisissez un produit porteur de la marque NS.

Un design qui s’intègre sans gêner l’intérieur

Pour l’extincteur professionnel, une règle impose que 25 % au moins du corps soit rouge.
Pour l’extincteur domestique, aucune règle de couleur n’existe.
Si l’on range l’appareil au fond d’une pièce parce que le rouge détonne, on ne le saisira pas à temps le jour J.
L’extincteur doit être posé dans un endroit visible et facile d’accès.
C’est pourquoi nous recommandons un appareil dont la couleur et le dessin se fondent dans l’intérieur.

Les extincteurs domestiques existent en de nombreuses couleurs, y compris avec des motifs de personnages.

【Sécurité】 Prévoir une réserve dans un autre lieu

Un extincteur permet une première intervention fluide et évite l’aggravation des dégâts.
Mais si le foyer est trop proche de l’appareil, on ne peut plus le saisir, et le sinistre s’étend.
Pour éviter ce cas, il est important de préparer une réserve d’équipement d’urgence dans un autre lieu.
Nous recommandons un appareil simplifié près de la plaque de cuisson, et un extincteur à liquide renforçant, un peu plus grand, près de l’entrée (genkan, 玄関).

Nous avons présenté les types et les différences d’extincteurs, ainsi que les appareils recommandés pour un bien locatif.
Même parmi les extincteurs domestiques, l’offre est large, et comme la taille et les classes d’incendie varient, il faut choisir l’appareil adapté avant de l’installer.
Pour éviter un incident d’usage le jour J, appuyez-vous sur ce guide et choisissez l’extincteur qui convient à votre bien japonais.

Questions fréquentes sur les extincteurs en locatif

Q1. L’installation d’extincteurs est-elle obligatoire par la loi ?

Dans les logements collectifs d’une surface de plancher totale de 150 m² ou plus, l’installation d’extincteurs est obligatoire au titre de la loi sur les services d’incendie (Shōbō-hō, 消防法). En deçà, nous la recommandons tout de même. L’obligation porte sur les parties communes, avec des appareils professionnels : un extincteur domestique dans la cellule ne suffit pas à y satisfaire.

Q2. Quelle est la durée d’utilisation d’un extincteur ?

Pour un extincteur professionnel, la durée d’usage est d’environ dix ans à compter de la fabrication ; pour un extincteur résidentiel, d’environ cinq ans. Remplacez sans délai un appareil hors délai. Même avant l’échéance, rouille, bosse ou manomètre hors zone verte imposent le remplacement.

Q3. Pression auxiliaire ou permanente : que choisir ?

Nous recommandons l’extincteur à pression permanente (chikuatsu-shiki). On peut interrompre la projection, le risque d’éclatement est plus faible, et c’est aujourd’hui le courant dominant au Japon. Ne transplantez pas l’habitude française de préférer la cartouche en milieu professionnel : sur un bien locatif japonais, c’est le type localement courant, et conforme, qui protège réellement.

Daisuke Inazawa, President & CEO of INA&Associates Inc.

Auteur

Président-directeur généralINA&Associates Inc.

Président-directeur général d'INA&Associates Inc. Dirige le courtage immobilier, la location et la gestion de biens dans le Grand Tokyo et la région du Kansai. Spécialisé dans la stratégie d'investissement en immobilier de rendement et le conseil aux grandes fortunes.

Daisuke Inazawa est le président-directeur général d'INA&Associates Inc., une société immobilière japonaise dont le siège se trouve à Osaka et qui dispose d'une succursale à Tokyo. Il dirige les trois activités fondamentales du groupe — courtage en vente immobilière, location et gestion de biens — dans le Grand Tokyo et la région du Kansai.

Ses domaines d'expertise recouvrent la stratégie d'investissement en immobilier de rendement, l'optimisation de la rentabilité des opérations locatives, le conseil immobilier destiné aux grandes fortunes (UHNWI) et aux investisseurs institutionnels, ainsi que l'investissement immobilier transfrontalier. Il fournit un conseil de long terme, fondé sur les données, à une clientèle d'investisseurs au Japon comme à l'étranger.

Sous la devise « l'actif le plus précieux d'une entreprise, ce sont ses hommes », il positionne INA&Associates comme une « entreprise d'investissement dans le capital humain » et s'engage à créer une valeur d'entreprise durable par le développement des talents. En tant que dirigeant, il s'exprime également sur le leadership et la culture organisationnelle en période de changement.

Il a obtenu onze qualifications professionnelles japonaises : courtier immobilier agréé (Takken), Master agréé en conseil immobilier, gestionnaire agréé de copropriétés, superviseur agréé de gestion d'immeubles, professionnel certifié de gestion locative, gyōseishoshi (juriste administratif), responsable certifié de la protection des données personnelles, responsable de prévention incendie de classe A, spécialiste certifié de l'immobilier vendu aux enchères, ingénieur de maintenance de copropriétés, et superviseur agréé des opérations de crédit.

  • Courtier immobilier agréé (Takken)
  • Master agréé en conseil immobilier
  • Gestionnaire agréé de copropriétés
  • Superviseur agréé de gestion d'immeubles
  • Professionnel certifié de gestion locative
  • Gyōseishoshi (juriste administratif)
  • Responsable certifié de la protection des données personnelles
  • Responsable de prévention incendie de classe A
  • Spécialiste certifié de l'immobilier aux enchères
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  • Superviseur agréé des opérations de crédit