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Applications et crowdfunding immobilier au Japon : le guide pour investir dans l'immobilier japonais dès 59 €

Comment les applications et le crowdfunding immobilier japonais (不動産クラウドファンディング) permettent d'investir dans l'immobilier nippon dès environ 59 €, sans l'apport traditionnel de plusieurs centaines de milliers d'euros. Fonctionnement, types de services, critères de choix, risques et fiscalité, expliqués avec le regard d'un professionnel de terrain à Tokyo.

Dernière mise à jour: Lecture d'environ 10 min

Au Japon, il est désormais possible de se constituer un patrimoine immobilier depuis son smartphone. Ce phénomène est particulièrement japonais : dans un marché où l'investissement immobilier direct exigeait traditionnellement un apport personnel de plusieurs dizaines de millions de yens (soit l'équivalent d'environ 176 000 à 294 000 €) associé à un financement bancaire, l'essor des applications d'investissement immobilier et du crowdfunding immobilier japonais (不動産クラウドファンディング, fudōsan crowdfunding) a fait chuter le ticket d'entrée à environ 10 000 yens (env. 59 €). Cet article propose une analyse structurée des applications d'investissement immobilier et du crowdfunding immobilier japonais : leur fonctionnement, les caractéristiques de chaque type de service, les critères de choix et les points de vigilance, jusqu'au traitement fiscal. Pour un lecteur francophone habitué aux SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) ou au financement participatif immobilier encadré par l'AMF, ce marché japonais repose sur un cadre juridique et des pratiques sensiblement différents, qu'il est utile de comprendre avant d'envisager d'y investir. Nous partageons ici notre point de vue de professionnels de terrain, pour aider les lecteurs qui souhaitent découvrir l'immobilier japonais à petite échelle à choisir la porte d'entrée qui leur correspond.

Ce contexte mérite d'être précisé pour un lecteur français ou plus largement francophone. En France, le financement participatif immobilier est encadré depuis 2022 par le règlement européen ECSP et supervisé par l'AMF sous le statut de PSFP (Prestataire de Services de Financement Participatif), tandis que les SCPI existent depuis les années 1960 dans une logique de détention de parts sur le très long terme. Le Japon, de son côté, a construit un cadre distinct dès 2017 avec la réforme de la loi sur les activités conjointes spécifiques immobilières : un cadre plus récent, mais tout aussi structuré, avec ses propres exigences de licence, de fonds propres et de transparence sur les opérations. Comprendre cette différence de génération réglementaire aide à situer le marché japonais, qui n'est ni moins encadré ni identique à ce que connaît un investisseur européen.

Qu'est-ce qu'une application d'investissement immobilier et le crowdfunding immobilier au Japon ?

Une application d'investissement immobilier (不動産投資アプリ, fudōsan tōshi apuri) désigne, au Japon, l'ensemble des services permettant de consulter des informations sur les biens, de simuler des revenus et charges, ou de gérer un portefeuille, le tout depuis un smartphone. Certaines sont de simples outils d'information pour rechercher un bien, d'autres permettent de souscrire un investissement directement dans l'application : leur rôle n'est donc pas uniforme. Le premier réflexe à avoir est de distinguer « l'application qui informe » de « l'application qui fait réellement investir de l'argent ».

Le crowdfunding immobilier japonais (不動産クラウドファンディング, fudōsan crowdfunding), quant à lui, est un mécanisme qui collecte de petites sommes auprès de nombreux investisseurs pour financer un bien immobilier, puis leur reverse les revenus locatifs ou la plus-value réalisée à la revente. La société gestionnaire sélectionne et acquiert le bien, puis redistribue aux investisseurs les loyers ou la plus-value selon une répartition définie à l'avance. La plupart des plateformes acceptent une participation minimale d'environ 10 000 yens (env. 59 €), ce qui abaisse considérablement la barrière d'entrée par rapport à l'investissement immobilier direct traditionnel — c'est là sa principale caractéristique. Contrairement aux SCPI françaises, dont les parts se négocient généralement à partir de plusieurs centaines d'euros, ce ticket d'entrée extrêmement bas est une spécificité du marché japonais.

Pour un investisseur résidant en zone euro, l'intérêt de ce marché ne réside d'ailleurs pas seulement dans ce ticket d'entrée modique, mais dans la possibilité de diversifier une partie de son épargne vers un actif libellé en yens, dont la dynamique de prix reste largement déconnectée des marchés immobiliers européens. C'est un axe de diversification de devise autant que de classe d'actifs, à condition d'en accepter le risque de change en plus du risque immobilier proprement dit.

Pourquoi l'investissement immobilier à petit budget se développe-t-il aujourd'hui au Japon ?

Ce développement s'explique par la réforme de 2017 de la loi sur les activités conjointes spécifiques immobilières (不動産特定共同事業法, Fudōsan Tokutei Kyōdō Jigyō Hō — l'équivalent japonais d'un cadre réglementaire propre au financement participatif immobilier), qui a officiellement autorisé les transactions électroniques et permis l'émergence de services entièrement en ligne. À cela s'ajoute un contexte durable de taux d'épargne très bas au Japon, qui a renforcé la demande de diversifier une petite part de son épargne vers l'immobilier, dont le comportement de prix diffère de celui des actions ou des fonds. Ce montage — bénéficier des revenus de l'immobilier sans en détenir directement le bien physique — constitue une option réaliste pour des particuliers disposant de peu de temps ou de connaissances spécialisées. C'est précisément pour cette raison qu'il est essentiel de bien comprendre le fonctionnement de chaque mécanisme avant de choisir celui qui convient.

Il faut également resituer ce mouvement dans l'histoire économique japonaise récente. Après l'éclatement de la bulle immobilière du début des années 1990, plusieurs générations d'investisseurs japonais sont restées prudentes vis-à-vis de l'immobilier détenu en direct, jugé risqué et illiquide. Le crowdfunding immobilier, en fractionnant le risque et en confiant la gestion à un professionnel encadré par la loi, a permis de reconquérir une partie de cette confiance, notamment auprès de jeunes actifs urbains qui n'avaient jamais investi dans la pierre auparavant. Pour un lecteur français, où l'immobilier reste culturellement une valeur refuge peu contestée, cette méfiance historique japonaise envers l'immobilier direct — puis sa réhabilitation progressive via des véhicules encadrés — est un point de contexte qui éclaire pourquoi ces plateformes ont rencontré un tel succès en si peu d'années.

Les principaux types d'applications d'investissement immobilier

Type information et simulation financière

Ce sont des applications permettant de rechercher et comparer des biens destinés à l'investissement, de calculer un rendement locatif ou de simuler un cash-flow. Elles servent d'outil d'analyse avant l'achat effectif d'un bien. Rakumachi (楽待) et Kenbiya (健美家) en sont des exemples représentatifs, permettant d'estimer instantanément le rendement prévisionnel ou le taux de remboursement d'un emprunt. Ces outils aident néanmoins uniquement à la décision : la transaction d'achat elle-même doit être conclue séparément, par contrat, avec un agent immobilier agréé (宅地建物取引業者, takuchi tatemono torihiki gyōsha — l'équivalent japonais d'un professionnel titulaire d'une licence immobilière, comparable à un agent immobilier titulaire de la carte professionnelle en France). Ces plateformes n'ont pas d'équivalent direct dans l'écosystème français, où l'information sur les biens à vendre transite plutôt par les portails d'annonces classiques ou par les réseaux d'agences ; le degré de granularité financière — calcul de rendement, simulation de charges, comparaison de biens — qu'offrent Rakumachi ou Kenbiya, orientées spécifiquement vers l'investisseur, reste un service assez spécifique au marché japonais.

Type crowdfunding immobilier

Ces services permettent d'investir indirectement dans l'immobilier physique à partir de petits montants (à titre indicatif, de 10 000 à 100 000 yens, soit environ 59 € à 588 €). CREAL, Rimple ou Jointoα en sont des exemples, avec des durées de placement allant de quelques mois à environ deux ans, et des rendements prévisionnels le plus souvent compris entre 3 % et 8 % par an. La sélection, la gestion et la revente du bien sont entièrement prises en charge par la société gestionnaire, ce qui rend l'accès facile même sans expertise préalable — à condition, en contrepartie, de vérifier soi-même sérieusement le contenu de chaque opération proposée.

Ce modèle rappelle, dans son principe, des plateformes françaises telles que Homunity ou Fundimmo, à ceci près que le crowdfunding immobilier français finance le plus souvent des opérations de promotion immobilière sur une durée courte de 12 à 24 mois, avec un rendement fixe contractuel, alors que le modèle japonais finance plus fréquemment l'exploitation locative d'un bien déjà existant, avec un rendement variable lié aux loyers effectivement perçus — une nuance qui change la nature du risque réellement pris par l'investisseur.

Type REIT (fonds de placement immobilier coté)

Ce sont des services permettant d'acheter, de vendre et de gérer, via une application, des parts de J-REIT (les foncières cotées japonaises, équivalent des SIIC françaises ou des REIT internationaux) négociées en bourse. Les transactions passent par l'application d'un courtier en valeurs mobilières (SBI Securities, Rakuten Securities, etc.) et permettent de diversifier son investissement sur plusieurs biens immobiliers à partir de quelques dizaines de milliers de yens par part (soit environ 118 € et plus). Comme pour les actions, ces parts se négocient en temps réel, ce qui offre une forte liquidité — mais implique, à la différence du crowdfunding immobilier, d'assumer un risque de fluctuation quotidienne des cours, plus proche en cela d'une foncière cotée en bourse que d'une SCPI classique à capital variable.

Le marché des J-REIT existe depuis 2001, soit une décennie avant l'essor du crowdfunding immobilier japonais, et compte aujourd'hui plusieurs dizaines de foncières cotées sur le marché de Tokyo, réparties par typologie d'actifs (bureaux, résidentiel, logistique, commerces, hôtels). Pour un investisseur français plus familier des SIIC comme Unibail-Rodamco-Westfield ou Gecina, le fonctionnement est similaire dans sa logique, mais l'univers d'investissement sous-jacent — immobilier résidentiel et logistique tokyoïte notamment — diffère nettement du marché parisien ou francilien.

Comparer les trois approches

Même sous l'appellation commune d'« investissement immobilier à petit budget », l'approche adaptée varie selon la nature des fonds disponibles et le rendement recherché. Le tableau ci-dessous récapitule les caractéristiques principales de chaque option. Les chiffres ne sont que des repères généraux ; les conditions réelles varient selon chaque service et chaque opération.

Critère de comparaisonType crowdfundingType REITType application d'information et de simulation
Montant minimal indicatifÀ partir d'environ 10 000 yens (env. 59 €)À partir de quelques dizaines de milliers de yens (env. 118 € et plus)Gratuit (l'investissement lui-même s'effectue séparément)
Rendement prévisionnel indicatifEnviron 3 à 8 % par anDistributions + plus-value potentielleNon applicable
Liquidité (facilité de revente)Faible (résiliation anticipée en principe impossible)Élevée (négociable sur le marché)Non applicable
Sensibilité aux fluctuations de prixFaibleÉlevéeNon applicable
Charge de gestionQuasiment nulleQuasiment nulleAnalyse à effectuer soi-même
Principaux risquesPerte en capital, faillite de la société gestionnaireBaisse du prix de marchéNon applicable

Si la liquidité est votre priorité, le type REIT est plus adapté ; si vous préférez immobiliser des fonds sur une période donnée sans être affecté par les fluctuations de cours, le crowdfunding immobilier conviendra mieux. Aucune des deux approches n'est cependant supérieure dans l'absolu : il est plus réaliste de les combiner selon vos objectifs. Nous abordons également ces réflexions dans notre liste d'articles consacrés à l'investissement immobilier.

Il faut ajouter à cette grille de lecture une dimension propre à un investisseur non-résident : le risque de change entre le yen et l'euro. Un rendement affiché de 5 % en yens peut se traduire par un rendement en euros sensiblement différent selon l'évolution du taux de change au moment de la distribution ou du remboursement — un facteur qui n'existe pas pour un investisseur japonais résident, et qui doit être intégré à toute décision prise depuis la France ou un autre pays de la zone euro.

Comment choisir pour éviter les erreurs

Vérifier la fiabilité de la société gestionnaire

Au Japon, seuls les opérateurs disposant d'un agrément ou d'un enregistrement au titre de la loi « sur les activités conjointes spécifiques immobilières » (不動産特定共同事業法) sont autorisés à exploiter un service de crowdfunding immobilier — un encadrement réglementaire à rapprocher, pour un lecteur francophone, du statut de société de gestion de portefeuille agréée par l'AMF en France. Commencez donc par vérifier l'existence de cet agrément, puis examinez le track record de la société gestionnaire, son capital social, et son historique de distributions et de remboursements. Le fait que toutes les opérations passées aient été distribuées et remboursées dans les délais prévus constitue un indice essentiel de fiabilité. Nous estimons d'ailleurs que ce point doit être vérifié avant même de s'intéresser au niveau du rendement affiché. Sur le marché français, cette vérification correspondrait à consulter le registre des PSFP tenu par l'AMF avant de s'engager sur une plateforme de financement participatif ; au Japon, le registre équivalent est tenu par le ministère du Territoire, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme (国土交通省, MLIT) ou par les autorités préfectorales, selon le périmètre géographique de l'agrément accordé à l'opérateur.

Comprendre le rendement espéré et l'absence de garantie du capital

Le crowdfunding immobilier japonais ne garantit pas le capital investi. Plus le rendement prévisionnel affiché est élevé, plus le bien concerné ou le plan d'exploitation comporte généralement un risque proportionnel. De nombreuses plateformes adoptent une structure dite « prioritaire-subordonnée » (優先劣後方式, yūsen retsugo hōshiki — un mécanisme comparable à la tranche subordonnée d'une titrisation), dans laquelle la société gestionnaire investit elle-même une part subordonnée du capital et absorbe en premier les pertes éventuelles. Plus cette part subordonnée est élevée, plus le risque de perte en capital pour l'investisseur est, relativement, réduit.

Il est utile de noter qu'en France, les parts de SCPI ne garantissent pas non plus le capital investi, mais le risque y est généralement mutualisé sur un très grand nombre de biens et de locataires au sein d'un même véhicule. Le crowdfunding immobilier japonais, à l'inverse, finance le plus souvent une opération unique, adossée à un seul bien ou à un petit ensemble de biens : le risque y est donc concentré sur l'opération choisie, ce qui rend d'autant plus important l'examen individuel de chaque dossier plutôt qu'une confiance générale envers la plateforme.

Vérifier les conditions de liquidité (sortie anticipée)

En principe, il n'est pas possible de résilier un contrat de crowdfunding immobilier avant la fin de la période d'exploitation. Il faut donc partir du principe que les fonds seront immobilisés de quelques mois à environ deux ans, et ne jamais y engager de l'argent nécessaire à la vie courante ou déjà destiné à une dépense proche. Contrairement au marché des SCPI françaises, où la revente de parts, bien que parfois longue, reste théoriquement organisée par la société de gestion, le crowdfunding immobilier japonais ne prévoit généralement aucune sortie anticipée contractuelle. Pour faire face à un besoin de liquidités imprévu, les REIT, négociables à tout moment sur le marché, sont mieux adaptés.

Comparer les frais et le rendement net perçu

Dans le crowdfunding immobilier, les frais de gestion sont le plus souvent déjà intégrés au rendement prévisionnel affiché, si bien que l'investisseur ne paie généralement pas de commission supplémentaire — il faut néanmoins bien comprendre la relation entre le rendement affiché et le montant net réellement perçu. Pour les REIT, des frais de transaction et des frais de gestion s'appliquent séparément. Comparez donc non pas seulement le rendement affiché, mais ce qu'il reste réellement après déduction de l'ensemble des coûts.

Pour un investisseur non-résident fiscal au Japon, un point additionnel mérite l'attention : les distributions versées peuvent faire l'objet d'une retenue à la source japonaise, dont le taux et les modalités de crédit d'impôt dépendent de la convention fiscale bilatérale entre le Japon et le pays de résidence de l'investisseur. Ce point, propre à l'investissement transfrontalier, s'ajoute aux frais de gestion à intégrer dans le calcul du rendement net réellement perçu.

Les étapes pour démarrer et la logique de l'investissement à petit montant

Voici le déroulement général pour démarrer concrètement un investissement en crowdfunding immobilier au Japon. Les détails varient d'une plateforme à l'autre, mais la structure globale reste commune.

  1. Comparer plusieurs plateformes en vérifiant leur agrément, leur track record et le taux de la part subordonnée
  2. S'inscrire comme membre et transmettre les documents d'identification requis (numéro My Number マイナンバー — l'équivalent japonais du numéro d'identification fiscale individuel — et une pièce d'identité officielle)
  3. Approvisionner son compte d'investissement, puis choisir une opération parmi celles en cours de souscription
  4. Examiner, pour chaque opération, le rendement prévisionnel, la durée de placement et le dossier de présentation du bien concerné
  5. Souscrire l'investissement, puis attendre les distributions et le remboursement une fois l'exploitation lancée

Plutôt que d'engager d'emblée un montant important, il est plus prudent de faire d'abord l'expérience d'une seule opération à petit montant, de vivre concrètement le déroulement d'une distribution puis d'un remboursement, avant d'augmenter progressivement le montant et le nombre d'opérations. C'est pourquoi nous recommandons de diversifier, dans la limite d'une épargne disponible que vous pouvez vous permettre d'immobiliser, entre plusieurs opérations et plusieurs approches.

Il convient de préciser qu'un certain nombre de plateformes de crowdfunding immobilier japonaises réservent leur service aux résidents fiscaux japonais disposant d'un compte bancaire local et d'un numéro My Number, ce qui limite en pratique l'accès direct pour un investisseur résidant en France ou ailleurs en zone euro. Les J-REIT, en revanche, restent accessibles via certains courtiers internationaux proposant l'accès au marché tokyoïte, ce qui en fait souvent la porte d'entrée la plus réaliste pour un investisseur non-résident souhaitant s'exposer à l'immobilier japonais sans y résider.

Risques à connaître et fiscalité

Les principaux risques à connaître

Même accessible à petit montant, il s'agit d'un investissement, et le risque existe donc bel et bien. Les principaux risques sont la baisse des distributions liée à la vacance locative ou à une baisse des loyers du bien concerné, la perte en capital en cas de prix de revente inférieur aux prévisions, et le risque de faillite de la société gestionnaire elle-même. Certaines opérations atténuent ce risque grâce à la structure prioritaire-subordonnée ou à un contrat de master lease (マスターリース契約, une garantie locative par laquelle un tiers loue l'ensemble du bien et en assure les loyers), mais il faut bien comprendre qu'il s'agit là d'une « atténuation » et non d'une « élimination » du risque. Nous tenons systématiquement à présenter honnêtement les inconvénients autant que les avantages.

À ces risques s'ajoute une dimension proprement japonaise, absente ou marginale dans la plupart des analyses de risque immobilier françaises : le risque sismique et, plus largement, le risque de catastrophe naturelle, qui pèse sur la valeur et l'assurabilité de tout bien japonais. Les opérateurs sérieux intègrent généralement une assurance dédiée et des normes de construction antisismiques renforcées, mais un investisseur venu d'un pays où ce risque est quasi inexistant doit prendre le temps de comprendre comment ce facteur est pris en compte dans le dossier de présentation de chaque opération.

Le traitement fiscal des distributions

Le traitement fiscal diffère selon l'approche choisie. Le tableau ci-dessous en donne une indication générale ; le traitement réel peut varier selon la situation de chacun. Pour une décision définitive, consultez toujours un comptable fiscal (税理士, zeirishi — l'équivalent japonais d'un expert-comptable/fiscaliste) ou le bureau des impôts (税務署) compétent.

ApprocheCatégorie de revenu indicativePoints clés
Distributions du crowdfunding immobilierEn principe des « revenus divers » (雑所得, zatsu shotoku)Même un salarié peut devoir déposer une déclaration de revenus si le montant dépasse un certain seuil
Distributions de REITRevenus de dividendes (配当所得, haitō shotoku)Les REIT cotés font l'objet d'une retenue à la source, avec possibilité d'opter pour une imposition séparée sur déclaration
Plus-value de cession de REITPlus-value de cession (譲渡所得, jōto shotoku)Traitement en principe identique à celui des actions

Si vous combinez plusieurs comptes ou plusieurs approches, il est préférable d'identifier tôt vos gains et pertes annuels ainsi que la catégorie fiscale applicable à chacun, afin d'éviter toute précipitation au moment de la déclaration de revenus. Contrairement au régime français des revenus fonciers, où loyers et charges se déclarent dans un cadre relativement unifié, le système fiscal japonais répartit ces revenus entre plusieurs catégories distinctes selon l'instrument utilisé — une nuance qu'il est utile d'anticiper. À titre de comparaison, en France, les revenus fonciers sont, pour la plupart des contribuables, soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu additionné des prélèvements sociaux, tandis que les dividendes et plus-values mobilières relèvent le plus souvent du prélèvement forfaitaire unique (PFU, ou « flat tax ») de 30 %. Le système japonais ne se superpose donc pas directement à cette grille française, et un investisseur imposé en France doit en outre vérifier comment ces revenus japonais s'articulent avec sa déclaration de revenus mondiaux au titre de la convention fiscale franco-japonaise.

Le point de vue d'INA&Associates

Les applications et le crowdfunding immobilier constituent un excellent dispositif, qui a considérablement élargi la porte d'entrée vers l'investissement immobilier au Japon. Mais cette facilité d'accès va de pair avec le risque d'un jugement trop léger. Dans notre pratique quotidienne, ce que nous privilégions n'est pas le rendement affiché à court terme, mais la localisation du bien concerné, la pertinence du plan d'exploitation, et la mesure dans laquelle la société gestionnaire conduit son activité avec sérieux et dans une perspective de long terme. Nous constatons, par exemple, qu'un opérateur ne devrait jamais être jugé sur le seul affichage d'un rendement à deux chiffres : nous avons vu des opérations affichant un rendement prévisionnel élevé masquer un plan d'exploitation fragile, ou un bien situé dans une zone dont la population décroît structurellement — un facteur démographique proprement japonais qui pèse sur la valeur locative à long terme d'une manière que ne connaît pas nécessairement un marché comme celui de l'Île-de-France.

L'immobilier est un actif dont la valeur se construit dans la durée, plutôt que par des fluctuations de court terme. C'est précisément pour cette raison que nous souhaitons que chaque investisseur, même à petit montant, puisse expliquer avec ses propres mots « pourquoi cette opération en particulier ». En cas de doute, il est également utile de faire appel à un regard extérieur. Nous vous invitons à consulter également nos articles d'analyse consacrés à l'investissement immobilier, qui pourront vous aider à construire votre propre stratégie d'investissement.

En résumé

Les applications d'investissement immobilier et le crowdfunding immobilier constituent, au Japon, des moyens modernes de s'initier à l'immobilier à petit montant. S'informer et simuler avec une application, faire l'expérience des revenus de l'immobilier physique via le crowdfunding, puis sécuriser de la liquidité grâce aux REIT : comprendre et combiner les caractéristiques propres à chaque approche permet de construire un patrimoine de façon raisonnable. L'essentiel est de ne pas se laisser porter par la seule facilité d'accès, et de fonder sa décision sur la fiabilité de la société gestionnaire, les risques encourus et le traitement fiscal. Commencez modestement, dans la limite de votre épargne disponible, et faites évoluer progressivement votre approche à mesure que vous gagnez en expérience — un principe qui, tout en prenant sa source dans les spécificités du marché japonais, rejoint la prudence que tout investisseur francophone appliquerait avant de s'engager depuis l'étranger sur ce marché.

Questions fréquentes

Le crowdfunding immobilier japonais est-il vraiment sûr ?

Le capital n'est pas garanti, et le risque de faillite de la société gestionnaire existe bel et bien. Toutefois, en choisissant un opérateur agréé ou enregistré au titre de la loi sur les activités conjointes spécifiques immobilières, et une opération adoptant la structure prioritaire-subordonnée, ce risque peut être atténué dans une certaine mesure. Plutôt que d'affirmer une sécurité absolue et uniforme, il est essentiel d'examiner le contenu de chaque opération au cas par cas.

Quelle approche privilégier pour démarrer à petit montant ?

Le type crowdfunding, accessible à titre indicatif à partir de 10 000 yens (env. 59 €), est le plus facile d'accès. Nous recommandons de comparer le track record des opérateurs, le nombre d'opérations proposées, ainsi que l'historique des distributions et remboursements passés, puis de faire d'abord l'expérience d'une seule opération à petit montant avant d'élargir progressivement.

Quelle est la différence entre un REIT et le crowdfunding immobilier ?

Le REIT se négocie sur le marché boursier et offre donc une forte liquidité, au prix d'un risque de fluctuation quotidienne des cours. Le crowdfunding immobilier, à l'inverse, est difficile à revendre avant terme, mais présente l'avantage d'être peu sensible aux variations du marché. Le choix se fait donc selon que vous privilégiez la liquidité ou la stabilité des prix.

Comment la fiscalité est-elle traitée ?

Les distributions issues du crowdfunding immobilier sont généralement traitées comme des « revenus divers » (雑所得), tandis que celles des REIT relèvent des revenus de dividendes (配当所得). Même un salarié peut être amené à devoir déposer une déclaration de revenus. Le traitement variant selon la situation individuelle, nous recommandons de consulter un comptable fiscal ou le bureau des impôts compétent.

Daisuke Inazawa, President & CEO of INA&Associates Inc.

Auteur

Président-directeur généralINA&Associates Inc.

Président-directeur général d'INA&Associates Inc. Dirige le courtage immobilier, la location et la gestion de biens dans le Grand Tokyo et la région du Kansai. Spécialisé dans la stratégie d'investissement en immobilier de rendement et le conseil aux grandes fortunes.

Daisuke Inazawa est le président-directeur général d'INA&Associates Inc., une société immobilière japonaise dont le siège se trouve à Osaka et qui dispose d'une succursale à Tokyo. Il dirige les trois activités fondamentales du groupe — courtage en vente immobilière, location et gestion de biens — dans le Grand Tokyo et la région du Kansai.

Ses domaines d'expertise recouvrent la stratégie d'investissement en immobilier de rendement, l'optimisation de la rentabilité des opérations locatives, le conseil immobilier destiné aux grandes fortunes (UHNWI) et aux investisseurs institutionnels, ainsi que l'investissement immobilier transfrontalier. Il fournit un conseil de long terme, fondé sur les données, à une clientèle d'investisseurs au Japon comme à l'étranger.

Sous la devise « l'actif le plus précieux d'une entreprise, ce sont ses hommes », il positionne INA&Associates comme une « entreprise d'investissement dans le capital humain » et s'engage à créer une valeur d'entreprise durable par le développement des talents. En tant que dirigeant, il s'exprime également sur le leadership et la culture organisationnelle en période de changement.

Il a obtenu onze qualifications professionnelles japonaises : courtier immobilier agréé (Takken), Master agréé en conseil immobilier, gestionnaire agréé de copropriétés, superviseur agréé de gestion d'immeubles, professionnel certifié de gestion locative, gyōseishoshi (juriste administratif), responsable certifié de la protection des données personnelles, responsable de prévention incendie de classe A, spécialiste certifié de l'immobilier vendu aux enchères, ingénieur de maintenance de copropriétés, et superviseur agréé des opérations de crédit.

  • Courtier immobilier agréé (Takken)
  • Master agréé en conseil immobilier
  • Gestionnaire agréé de copropriétés
  • Superviseur agréé de gestion d'immeubles
  • Professionnel certifié de gestion locative
  • Gyōseishoshi (juriste administratif)
  • Responsable certifié de la protection des données personnelles
  • Responsable de prévention incendie de classe A
  • Spécialiste certifié de l'immobilier aux enchères
  • Ingénieur de maintenance de copropriétés
  • Superviseur agréé des opérations de crédit