Les familles monoparentales dirigées par une mère peuvent, au Japon, bénéficier de nombreux dispositifs mis en place par l'État. Pourtant, beaucoup de mères célibataires connaissent mal les aides et systèmes de soutien qui leur sont destinés. Cet article présente, à l'intention des mères célibataires japonaises confrontées à des difficultés financières, les dispositifs d'aide disponibles ainsi que les logements locatifs recommandés. Le système japonais diffère sensiblement de celui que connaissent les lecteurs francophones, habitués par exemple à la Caisse d'allocations familiales (CAF), aux aides personnalisées au logement (APL) ou au logement social de type HLM : nous nous efforçons ici d'en expliquer la logique par comparaison avec ces repères familiers.
Quelle est la situation actuelle des familles monoparentales au Japon ?
Le nombre de familles monoparentales dirigées par une mère est en augmentation au Japon. Selon une enquête du ministère japonais de la Santé, du Travail et des Affaires sociales datant de 2016, le pays comptait 1 232 000 foyers de ce type. Le phénomène de progression du nombre de familles monoparentales n'est d'ailleurs pas propre au Japon : il se retrouve, sous des formes et des proportions différentes, dans la plupart des pays développés, dont la France.
La situation des revenus
Le revenu annuel moyen d'une mère célibataire japonaise qui travaille s'élève à 2 430 000 yens. Si l'on fixe à 100 le revenu moyen des foyers avec enfants, les foyers de mères célibataires se situent à un niveau nettement inférieur, à 49,2. Cet écart rappelle celui que l'on observe en France entre le niveau de vie moyen des familles monoparentales et celui des couples avec enfants, quoique les montants et les mécanismes de calcul ne soient bien sûr pas comparables terme à terme.
Le niveau de loyer à viser
La règle de référence veut que le loyer ne dépasse pas un tiers du revenu. Pour limiter au maximum cette charge, l'entrée dans un logement social public (koei jutaku) est recommandée, mais les places libres y sont rares : il convient donc de consulter fréquemment les annonces disponibles. Ce logement social public japonais joue, dans son principe, un rôle assez proche de celui des HLM en France, même si les modalités d'attribution et de gestion diffèrent nettement d'un pays à l'autre.
Qu'est-ce que l'aide au loyer, et comment en bénéficier ?
L'aide au loyer est un dispositif de soutien au logement mis en œuvre par les collectivités locales ; son nom et son contenu varient donc d'une municipalité à l'autre. Contrairement à l'APL française, qui relève d'un cadre national unique géré par la CAF, il s'agit ici d'une mosaïque de programmes locaux, chacun ayant sa propre durée de versement, comprise entre un an dans les municipalités les plus restrictives et six ans environ dans les plus généreuses.
Les principales conditions à remplir
- Percevoir l'allocation familiale pour enfant, ou disposer d'un revenu inférieur au plafond de ressources fixé
- Résider de façon continue dans la commune depuis au moins six mois
- Vivre dans le même foyer que l'enfant ou les enfants
- Ne pas percevoir l'aide sociale (seikatsu hogo)
- Être titulaire du bail à son propre nom et s'acquitter personnellement du loyer
- N'avoir aucun retard de paiement du loyer ni de la taxe d'habitation locale
Exemples de collectivités qui appliquent ce dispositif
| Collectivité | Nom du dispositif | Montant de l'aide |
|---|---|---|
| Arrondissement de Setagaya, Tokyo | Aide à la réduction du loyer pour les familles monoparentales | Jusqu'à 40 000 yens par mois |
| Ville de Kunitachi, Tokyo | Aide aux frais de logement | 10 000 yens par mois |
| Ville de Musashino, Tokyo | Dispositif d'aide au logement pour les familles monoparentales | 10 000 yens par mois |
| Ville d'Atsugi, préfecture de Kanagawa | Aide au loyer pour familles monoparentales | De 1 300 à 10 000 yens par mois |
| Ville de Kobe, préfecture de Hyogo | Dispositif d'aide au loyer pour familles monoparentales | Jusqu'à 15 000 yens par mois (pendant six ans) |
Il est recommandé de vérifier, auprès de la collectivité dont on dépend, si un tel dispositif existe, ainsi que les conditions qui s'y appliquent.
Quelles autres aides au logement existent en dehors de l'aide au loyer ?
Le système de prêt de secours aux familles monoparentales et aux veuves
Il s'agit d'un dispositif de prêt national, accessible quelle que soit la commune de résidence — une logique qui rapproche ce dispositif d'un prêt d'aide sociale centralisé, à la différence des aides au loyer qui, elles, varient localement.
- Prêt logement : destiné à la construction, à l'achat ou aux travaux de réparation. Plafond fixé à 1 500 000 yens (2 000 000 yens dans certains cas particuliers). Remboursable sur six ans maximum
- Prêt de déménagement : couvre les frais de déménagement. Plafond fixé à 260 000 yens. Remboursable sur trois ans maximum
Le prêt est sans intérêt si un garant se porte caution, et à un taux de 1,0 % par an en l'absence de garant.
L'accès prioritaire au logement social public
Les familles monoparentales peuvent candidater dans un contingent séparé pour le logement social public, ce qui augmente leurs chances d'être sélectionnées. À Sendai, par exemple, en plus des quatre sessions annuelles de candidature ordinaire, deux sessions supplémentaires réservées aux familles monoparentales sont organisées chaque année.
Les établissements d'accueil et de soutien pour mères et enfants
Ces établissements accueillent les enfants de moins de dix-huit ans avec leur mère, en leur offrant à la fois une protection et un accompagnement vers l'autonomie. Les foyers bénéficiaires de l'aide sociale ou exonérés de la taxe d'habitation locale ne paient aucun frais d'occupation du logement. Ce type de structure d'hébergement protégé n'a pas d'équivalent exact en France, où le soutien aux mères en difficulté passe davantage par les centres d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) ou les dispositifs d'urgence, dont le fonctionnement et le public accueilli diffèrent néanmoins sensiblement.
Quels logements locatifs recommander aux familles monoparentales ?
Le logement social public (koei jutaku)
Sa principale caractéristique est un loyer nettement inférieur à celui du parc locatif privé. À Tokyo, alors que le loyer moyen dans le parc privé se situe autour de 80 000 à 90 000 yens, le loyer moyen dans le logement social public de la préfecture n'est que d'environ 23 000 yens.
Le logement locatif UR
L'accès y est possible sur la seule base d'un examen des revenus, sans commission d'agence ni dépôt de garantie non remboursable (reikin), et sans frais de renouvellement de bail. Des dispositifs de réduction tels que le « rabais grossesse et maternité » ou le « rabais familles avec enfants » sont également proposés aux ménages avec enfants.
Les logements réservés aux mères célibataires
Certaines colocations sont réservées exclusivement aux mères célibataires, ce qui présente l'avantage de réduire le coût du logement tout en permettant d'échanger avec des personnes vivant une situation comparable. Cette formule ne convient toutefois pas aux personnes qui trouvent la vie en communauté source de stress.
Quels critères retenir pour choisir un logement ?
La disposition des pièces
Pour un enfant de moins de six ans, un logement de type une pièce avec cuisine séparée (1DK) suffit généralement ; à partir du collège, un deux-pièces avec cuisine (2DK) est préférable. Il faut se méfier des studios (1R), destinés aux personnes seules, où l'entrée d'un parent avec enfant peut être refusée.
L'environnement du quartier
La présence d'un enfant justifie une attention particulière portée au quartier. Il est conseillé de privilégier un secteur suffisamment habité, et de vérifier la distance jusqu'à l'école.
La sécurité
La présence, dans le même immeuble, de foyers ayant des enfants du même âge tend à créer une meilleure compréhension face aux pleurs des jeunes enfants et à réduire les conflits de voisinage. Un quartier proche d'établissements scolaires ou éducatifs offre également davantage de tranquillité sur le plan de la sécurité.
La présence d'un ascenseur
Lorsqu'on a un jeune enfant, monter et descendre les escaliers avec une poussette est éprouvant. En l'absence d'ascenseur, il est préférable de privilégier un logement situé au rez-de-chaussée ou au premier étage.
Le fait d'être une famille monoparentale influence-t-il l'examen du dossier de location ?
Le statut de famille monoparentale ne constitue pas, en tant que tel, un motif de refus du dossier. Ce qui compte avant tout, c'est la capacité à régler le loyer chaque mois.
Les critères examinés
- La profession et l'ancienneté dans l'emploi
- Le revenu annuel (un revenu mensuel équivalant à trois fois le loyer sert de référence)
- La présentation et le profil général du candidat
- L'âge de l'enfant ou des enfants
- L'existence d'un garant, personne physique ou organisme de cautionnement
Si aucun garant personnel ne peut être présenté, il est possible de recourir à un organisme de cautionnement, une pratique qui rappelle celle de la garantie Visale en France, bien que les modalités concrètes diffèrent.
Quelles sont les autres allocations et aides mobilisables ?
| Nom du dispositif | Bénéficiaires | Montant versé |
|---|---|---|
| Allocation familiale pour enfant | De 0 à 15 ans (jusqu'à la fin du collège) | De 10 000 à 15 000 yens par mois |
| Allocation de soutien aux familles monoparentales | Familles monoparentales, mère ou père seul | Versement intégral : 43 160 yens par mois (pour un enfant) |
| Allocation spéciale de soutien aux enfants | Enfants en situation de handicap de moins de 20 ans | Variable selon le degré de handicap |
| Aide aux frais médicaux pour familles monoparentales | Foyers avec un enfant de 0 à 18 ans | Prise en charge du reste à charge par la collectivité |
| Allocation d'éducation des enfants | Familles monoparentales avec enfant de 18 ans ou moins | 13 500 yens par mois et par enfant |
Ces dispositifs comportent tous un plafond de ressources : il convient donc d'en vérifier le détail auprès de sa collectivité de résidence.
Conclusion
De nombreux dispositifs de soutien au logement sont accessibles aux mères célibataires au Japon. En combinant aide au loyer, accès prioritaire au logement social public et diverses allocations, il est possible d'alléger sensiblement la charge financière. Si l'un de ces dispositifs correspond à votre situation, n'hésitez pas à déposer une demande et à vous renseigner auprès du guichet de votre collectivité.
Questions fréquentes (FAQ)
Une mère célibataire peut-elle louer un logement au Japon ?
Oui. Le fait d'être une famille monoparentale ne peut à lui seul justifier un refus de dossier. Un revenu mensuel supérieur ou égal à trois fois le montant du loyer permet en général de passer l'examen sans difficulté. Le recours à un organisme de cautionnement est également possible.
L'aide au loyer est-elle accessible dans toutes les collectivités ?
Non, toutes les collectivités ne proposent pas ce dispositif. Même lorsqu'il existe, son contenu, son montant et sa durée varient d'une commune à l'autre : il est donc nécessaire de se renseigner directement auprès du guichet de sa collectivité de résidence.
Quel est le niveau de loyer dans le logement social public ?
Il varie selon le revenu du foyer, mais reste nettement inférieur à celui du parc locatif privé. Dans le logement social public de la préfecture de Tokyo, le loyer moyen avoisine 23 000 yens.
Peut-on cumuler l'allocation de soutien aux familles monoparentales et l'allocation familiale pour enfant ?
Oui. L'allocation familiale pour enfant et l'allocation de soutien aux familles monoparentales relèvent de dispositifs distincts, si bien qu'il est possible de percevoir les deux sous réserve de remplir les conditions requises. Les deux dispositifs comportent toutefois un plafond de ressources, qu'il convient de vérifier au préalable.
Le logement locatif UR propose-t-il des réductions pour les mères célibataires ?
Oui. Des dispositifs comme le « rabais grossesse et maternité » ou le « rabais familles avec enfants » existent pour les ménages avec enfants. L'absence de commission d'agence, de dépôt de garantie non remboursable et de frais de renouvellement de bail constitue également un avantage notable.
